dimanche 16 juillet 2017

GOATWHORE 'Vengefull ascension'

2017 Metal Blade Records - CD digipack


On change directement de registre avec des gars de la Nouvelle Orléans nous offrant un véritable concentré de colère. Et pas de blues, ni de cajun festif (si ça existe...). Non. Point de ça. Ici, on a le droit à un black death très incisif, avec un coté rock'n'roll pas piqué des hannetons!
En 10 titres le groupe te met à genoux (sauf si tu n'en as pas, là, du coup, je ne sais pas quoi dire...), avec un album tout en finesse et en raclage de restes.
Le groupe n'hésite pas à poser des tempos nettement plus lents, en contraste avec les parties suintants un black assez sombre, aux ambiances assez macabres, aidé en cela par deux chants qui renforcent cette impression.
Alors oui, effectivement, il ressort quand même aux écoutes un aspect mélodique qui pourrait clairement gâcher tout (moi le premier, habituellement, ça m'irrite les nerfs...). Mais là, le groupe imbrique vraiment ces aspects malsains, macabres et ces parties tantôt plus mélodiques, tantôt plus rapides, tout en gardant en tête de garder un aspect agressif (et pas nécessairement en passant uniquement par la violence pure).
La rondelle n'est qu'une offrande d'efficacité sans vraiment de concessions, visant la douleur et un certain énervement vis-à-vis de la religion.
Le groupe prend le temps de poser des titres pour développer un univers sombre où le futur de Terminator 2 est un vrai paradis en comparaison. On retrouve cette agressivité dont je parlais à travers cet univers aux ambiances pas vraiment festives, que les voix, dont une vraiment éraillée ajoute à ce coté pas youpi du tout. Ici, on est loin du pays des bisounours.
Vengefull ascension fait mal, même si cette douleur ne se fait pas par le biais habituelle d'un tempo pied au plancher mais plutôt par un coté insidieux qui ressort nettement. Si vous aimez le malsain, le malaise et le macabre, alors penchezz vous sur cet album.

HYPNOTIC DRIVE 'Full throttle'

2017 Hypnotic Drive - Avec Ellie Promotion- CD digipack

Outre une bien belle voiture le devant de l'objet, le contenu devrait combler les amateurs de mélanges appréciables, qui ici nous mène dans un voyage à travers les routes poussiéreuses et écrasées de soleil des déserts américains.
Concrètement, le groupe s'y prend de la plus simple (et du coup, efficace) manière, en manipulant un stoner bien gras, aidé par le chant assez râpeux du chanteur (et qui colle bien à la musique). Les 9 offrandes que font les 4 gaillards au dieu de l'asphalte s'avèrent être de très bonne facture, sachant que le stoner n'est pas un genre que je côtoie souvent ou qui m'attire tel un papillon suicidaire va se coller à une lampe à insectes.
Ce qui ressort d'office, ce sont les riffs bien gras, suintants la lourdeur que nous balance le groupe, dès le début et ce, sans nous prévenir auparavant.
Les titres sont très riches en eux-même, en plus d'être différents et évitant une certaine redondance qui pourrait nous gâcher la vie heu non, l'écoute.
Il est vrai qu'au début de mes écoutes, j'ai un peu buté sur la chose. Puis j'ai été pris dans le sillage du groupe, aidé par cette voix qui devient familière, pour un disque qui nous inviterait à manger du kilomètre.
Certains titres sont nettement plus pêchus que d'autres, qui à l'inverse laisse la rugosité prendre le dessus, offrant un contraste et un univers bien à eux. Complètement incapable de citer des références aux amateurs de stoner, hormis Karma to Burn, qui semblent être un point d’intérêt du groupe, le reste, hahahaha, je ne sais pas. En tout cas, il y a du lourd dedans, et pas que dans la musique et ce sans être péjoratif.
Comme je le disais quelques lignes plus haut, j'ai eut un peu de mal au début. Mais au final, une fois pris au jeu, j'ai trouvé dommage que le disque ne soit pas plus long (oui, bon, il y a quand même presque 40 minutes à savourer, sois en conduisant ou alors avec un bon bourbon à la main). Et l'on n'hésite pas à refaire une seconde écoute. Puis une troisième, car les morceaux sont denses et recèlent mille détails demandant clairement un long temps pour tous les capter. Car le groupe varie les plaisirs, entre tempos lent, presque hypnotiques parfois et d'autres, vraiment plus énervés (dans un registre stoner hein, ne mélangeons pas non plus tout...). Le son aussi participe à la magie de la chose, à la fois gras, rugueux, avec un coté propre aux années 70, renforçant clairement l'impression d'être emmené en voyage. Ce qui est certain en tous les cas, c'est l'adhésion obligatoire de tout fan de stoner à ce groupe et l'achat obligatoire pour soutenir le groupe.

dimanche 2 juillet 2017

TREPANATOR

Une fois Deep Vein sclérosé (hahahahaha, humour médical) est venu le temps de Trepanator qui nous a offert déjà une démo ici même (http://margothpdf.blogspot.com/2016/11/trepanator-mutant-birth.html). Et il germa dans ma tête, bien content de cette démo qui poutre d'en savoir plus et de partager les sages paroles de Trepanator. Et donc, voici pour vous l'interview ici même, bien dense et sans photo car il y a bien de la lecture! Merci à Trepanator!


1- Bonjour à vous ! Comment allez-vous en ce guilleret moi de février qui va mourir et précéder un mois de mars douteux ? Bon, commençons de façon factuelle : contez nous la grande histoire de Trepanator, celle pleine de bruits et de fureur !

G : Salut à toi ! Ben ça va bien, on a bien traîné pour répondre, du coup on est fin juin, mais juillet s'annonce peut être tout aussi douteux, voir pas du tout. On a formé Trepanator avec Cyril (le batteur) quand Deep Vein a cessé d'être, en 2012 si je raconte pas de conneries, histoire de continuer à faire du death metal. On a pas mal passé de temps à jouer d'abord à 2, puis on a été rejoint par Wortan (guitare, ex-Angmar, Mantras, Abducius), ensuite par son frangin Ogmor (basse, Bottle Doom Lazy Band, Mantras, Abdicius) et finalement par Steph (chant, Iris Somnium). Niveau enregistrements on a sorti un EP autoproduit « Mutant Birth », qu'on peut trouver via notre bandcamp, un split qui devait sortir prochainement avec les copains de Fall Of Seraph (death metal, Chevanceaux) et on bosse sur un album.

2- Parlons du mystère entourant le nom du groupe. Trepanator. C’est quand même fort de choisir un nom, qui dans l’acte fait bien death mais rappelle pourtant la période thrash de groupes en ‘Or’, comme Profanator, Megazetor, Annihilator, Kreator, Agressor… Est-ce voulu ? Est-ce un clin d’oeil mais quand même, vous jouez du violent ? Est un accident, sorti lors d’une soirée scrabble arrosé de banga et que vous trouviez que ça sonnait bien ? Pas du tout ça ? Un peu de tout ça ?

G : C'est en effet fort mystérieux. Oui c'est en partie un clin d'oeil à toute la plétore de groupes de thrash en -or (il y a d'ailleurs un groupe de thrash brésilien qui s'appelle Trepanator). Pour respecter le protocole on aurait du s'appeler Trepanation, mais bon. C'est aussi un clin d'oeil à un nanard de Norbert Moutier, avec des acteurs à l'accent marseillais qui sont censés être ricain, ça vaut le coup d'y jeter un ou deux yeux!

3a- Votre death est très ciselé, un peu comme de l’ail (clin d’oeil aux cuisiniers qui liront peut être – ou pas), alternant des passages sacrément rapides avec d’autres nettement plus posés, aux solos plein de tendres sensibilité. Aviez-vous l’idée de faire ainsi ou est-ce venu naturellement, du fait de vos connaissances approfondi du 5è mouvement de la quatrième partie de la symphonie presque achevée de Strading Vladinisk ?
3b- Plus sérieusement ?
3c- Mutant birth, votre Ep, est-il là pour fêter et montrer la naissance d’un mutant musical et que ça va chier? Juste pour montrer que maintenant ça suffit et ça va chier ? Est issu d’une longue démarche de réflexion intérieure et de montrer que putain, ça va chier ?
3d- Comment définiriez-vous ce que vous jouer (genre un nom qui claque. Ben oui, death c’est tellement lambda…) ?

G :
a) Absolument !
b) Difficile de répondre à ça, en gros la composition dans Trepanator fonctionne comme ça : j'écris les riffs de gratte et les 2èmes grattes que je verrais bien, soit seuls soit par « groupe » de riffs, une fois une ébauche de morceau faite je fais écouter à Cyril, on vire les riffs un peu nazes, du coup en rajoute d'autres et on refait une structure. Ensuite Wortan ajoute des harmonies, Ogmor fait sa basse et on rajoute le chant en dernier. Au final ça peut donner des morceaux qui alternent parties lentes et rapides. C'est pas vraiment une volonté de casser le rythme ou d'alterner en permanence, c'est juste le résultat du processus de composition, si on a mis une partie rapide à tel endroit c'est qu'on trouvait que c'était trop mou du cul sans, en gros.
c) oui
d) Pour nous on fait du death metal, je pense que ça correspond bien.

4- Y’a t-il des fans de fantasy dans le groupe ou du Seigneur de anneaux ? Hein ? Gran ? Ogmor ? Quels sont les origines du choix de ces bien mystérieux et intrigants pseudonymes ?

G : Ce sont malheureusement nos réels prénoms.
W: On parlera de la misère social que ça engendre dans une prochaine interview si tu veux !

5- Quel est le mot caché derrière les picots qui tiennent le CD ? Pour le lire, il faut péter ces putains de picots de merde et je n’ai pas envie. Et d’après mes recherches doctorales et un large sondage auprès d’un échantillonnage représentatif de la population de 1 personne, la frustration étant à son comble, pouvez-vous révéler ce secret ?

G : Si tu regardes bien, tu vas trouver tout seul.

W: Indice, ça figure déjà ailleurs sur la pochette.

C : Indice : il y a un rapport avec Erik von Däniken,

6- Je pense que les paroles parlent de choses comme la bienséance dans une soirée mondaine lors d’un gigantesque gangbang ou comment découper proprement avec la fourchette et le couteau adéquates sa victime. En fait, non. Je suis sûr que vous avez mieux en paroles. Plus sérieusement, qu’abordez-vous dans les paroles et qui est donc ce Bottleben (un gars bien… il y a Ben dedans…) ? Ne seriez-vous pas en fait qu’une bande de potes un peu dégueux dans leur conversation et qui on l’envie de partager ces conversations ?

G : Pour être honnête je ne sais pas de quoi parlent les paroles, je vais laisser les autres répondre. Bottleben c'est le chanteur de The Bottle Doom Lazy Band, il a écrit certains de nos textes.

W: On est bien une bande de potes un peux dégueux, mais pas dans nos conversations.

C : Bben c'est un vieux poteau, on échangeait déjà des textes entre Deep Vein et TBDLBand à l'époque.... Les paroles traitent du chaos, de mort, d’altération de la réalité, du nihilisme vu par le prisme déformant de la transsubstantiation, de tranches de vie, de points de vues anti-religieux et anarcho-libertariens....rien de très original.

7- Que pensent vos proches de Trepanator ? Un soutien indéniable ? Une phobie du groupe ? Un soutien certain mais ils ne comprennent pas les tenants de l’aboutissant ?

C : Ils nous soutiennent du fond du cœur.

W : Ma mamie aime bien, ça me suffit.

G : Nos proches adorent tous Trepanator.

8- Que faites-vous à coté du groupe ? D’autres projets ? Des métiers fascinants (comme déboulonneur de panzer, chauffagiste en fluide glacial…) ? Pas trop compliqué de pouvoir assembler le tout ?

G : On a tous d'autres groupes en parallèle, Cyril et moi jouont aussi dans The Last Tomb (thrash), Cyril joue aussi dans Rotten (death old school) Ogmor et Wortan jouent ensemble dans Mantras (stoner psyché) et Abducius (black metal), Ogmor dans The Bottle Doom Lazy Band (doom) et Valuatir (Black metal à tendance Pagan, mais Pagan véner, pas Pagan musette) et moi dans Klootzak (heavy/thrash).
W: En plus de la Zic, je brasse de la bière avec mon frère (Ogmor), c'est bien raccord avec le metal.

C : C'est effectivement un peu compliqué à concilier, il s'agit ici de conserver de la détermination et une sorte de résilience afin d'assouvir une passion encrée profondément. C'est d'autant plus dur et irrémédiable avec les années.

9- Quels sont vos goûts musicaux, littéraires et cinématographiques ? Se reflètent-ils dans Trepanator ? L’un de vous a-t-il des goûts honteux que les autres vont vite balancer, un peu comme dans la presse people mais qu’au fond, c’est pas honteux car c’est très pointu et dénote d’un certain élitisme peu accessible au commun des mortels ? Ou c’est juste pour m’embrouiller, avec mes questions que même le journal Le Monde m’envie (mais pas les inrocks, qui ne captent rien...)?

G: La mort, on aime tout ce qui est la mort mec. Sinon j'écoute principalement du metal, j'aime beaucoup des groupes comme Coroner, Death, Vektor, Martyr, avec des gratteux qui arrachent bien ou sinon des trucs un peu plus posés. Je suis pas sûr que tout ça se reflète dans Trepanator.

W: Pour ma part, j'aime tout ce qui est bien. Donc toute une chié de groupe dans un paquet de style, Black, death, thrash, post rock, classique, rap, trip hop, electro, jazz, stoner, blues...

10- Que pensez-vous de la Seine ? Elle est craspec, hein ? Vous ne voyez pas le rapport, hein ? Et quels regards ou sentiments avez-vous sur la scène métal (on va se cantonner sur l’underground foisonnant) ? Et que pensez-vous de la mentalité qui est apparu dans le public (cette sorte de dédain des groupes pas connus ou le snobisme des premières parties, le mépris et les idées de merde qui se développent…) ? N’est-elle pas une aberration par rapport à ce qu’est censé représenter le métal ? Comment voyez-vous l’évolution de celle-ci ?

G: Je ne sais pas, je ne connais pas assez la Seine, on est de Poitiers, nous c'est le Clain. Pour la scène métal, on s'en fout, on joue partout qu'elle soit en bois, métal ou plastique peu importe, même sur la terre. Sinon je ne sais pas ce qui est censé représenter le métal, sûrement un marteau et une enclume, non ? Autrement on a la chance d'avoir une scène locale qui se bouge bien le cul, avec des gars comme Hilde son asso Anthems Of Steel qui organisent de bons concerts underground à Bressuire et à Poitiers, sinon je vais avoir du mal à te donner un avis sur le reste de la scène française, vu que je la connais pas très bien, on est loin d'avoir joué partout en France, pour l'instant on a généralement été assez bien accueillis, malgré quelques plan bien moisis...

C : Entre les groupes modernes sans âme et un mouvement rétro métal pas tout le temps bien inspiré on est pas gâtés. Il y a eu et il y a encore de très bon groupes, rares, à mon avis, dans l'UG français, mais la plupart passent à la trappe ou tombent dans l'oubli (Carmina, Affliction Gate, Mercyless, Massacra ….) et c'est peut être aussi bien comme ça …. Internet et l'enregistrement numérique avec les outils informatiques arrangent rien à l'affaire. Tout un tas de blaireaux te sortent des galettes surproduites, avec une batterie recalée, des riffs copiés collés, un son de bulldozer en plastique... tout en se faisant encenser par des webzines tenus par des trous du cul ego-centrés en mal de reconnaissance, et possédant une culture métal douteuse. Suffit de s'bouger aux concerts en France et à l’étranger et de fouiller les distros adéquates (ce que je fait depuis un bail...) pour se faire une idée. A mon sens c'est un peu similaire en Espagne et en Italie, tandis qu'à l'est et au nord c'est bien plus riche et inscrit dans la culture des différents pays. La scène d’Améique du sud est mortelle aussi (Escarnium etc...), on fait bien pale figure en face......, en Turquie y'a du bon death aussi avec des groupes comme Engulfed ou Burial Invocation par exemple....Enfin y'a la scène ricaine qui continue à produire de bon trucs, Morfin, Rude, Scorched etc....

11- Quels sont vos projets et les espoirs que vous portez pour 2017 ? Des dates ? Un album qui cartonne, vous ramassez des millions et prenez une retraite bien méritée ? Tourner, poutrer un max et vous faire plaisir en jouant pour le plaisir des amateurs avertis ?

G: On espère pouvoir ouvrir un salon de massage thaïlandais ou un magasin pour vendre des accessoires de tuning, un truc classe, qu'a la cotte tu vois. Pour les dates... On ouvrira sûrement cet hiver car il fait trop chaud sinon et on a pas de local encore.

C : Rien à branler de la thune, on est pas du style ambitieux carriéristes comme on en rencontre d'ailleurs de plus en plus, ça fait plus de 20 ans que je joue donc pour moi, tant que ça continue comme ça, c'est bien....répéter, sortir un album après le split, trouver quelques dates, continuer à organiser quelques concert, boire des bières ….. amen.

12- Merci à vous d’avoir pris le temps de répondre à mes questions qui, quelque fois, ont pu légèrement tordues. Le dernier mot est à vous !

G: D'accord !

C : Pour le moins atypiques.....merci à toi.

dimanche 4 juin 2017

IMMOLATION ' Atonement'

NUCLEAR BLAST 2017 - Superbe cd digipack

Hop, sans la moindre introduction ou quelconque transition, on va parler du nouvel album des incontournables IMMOLATION. Alors, d'entrée, comme ça, à froid, fans d'Epica, Nightwish et autres, ça risque de vous nettoyer les oreilles. Je dis ça, je ne dis rien. C'est juste pour vous prévenir, on ne sait jamais.
Ce groupe fait parti des vétérans de la scène death metal. Formé en 1986, ce groupe est donc âgé de 31 ans. Ha, ça calme, hein!?
12 titres (dont le dernier est un bonus de la version digipack) constitue l'offrande donnée à nos oreilles averties, pour presque 50 minutes de bonheur. Du moins, pour les amateurs de death.

Dès le premier titre, The distorting light, le ton est donné: ça va faire très mal. Le son, à l'image de leur death, est très massif, dégageant un coté très sombre, évoquant un peu du dark dans ce qu'il a de plus malsain. D'ailleurs, c'est ce que l'on ressent aussi à l'écoute: ce coté malsain, distillant un malaise presque palpable. Et c'est le lien qui ficelle l'album.
Musicalement, leur death est technique et il fait vraiment mal. Pas nécessairement bourrin de bout en bout, des passages plus posés (enfin par rapport aux autres parties hein, on ne parle pas de pop ici...) mais sachant, quand c'est utile voire essentiel, devenir franchement bourrin. Et quand ça le devient, avec ce coté sombre, ça prend une voie très intense et ne fais pas dans la dentelle (d'où vous voulez, parce qu'on s'en fout, ils ne font pas de dentelle que je viens de dire... suivez un peu, bande de coquin(e)s).
Et on se prend au jeu de suivre, comme des cons ou des amateurs avertis (c'est selon les points de vue) les rythmiques (parfois foutrement alambiquées) avec notre corps (ben oui, il y a moult possibilités de suivre un tempo, non?). Un exemple de mon propos? Ben écoutez donc Fostering the divide, aux passages parfois hypnotiques et martiaux ou l'énervé Rise the heretics, tout en virulence, même dans ces parties plus 'relaxantes'.
Et jusqu'au bout de l'album, il n'y a rien qui contredit ces arguments. Bien au contraire. Le groupe utilise son savoir faire pour créer des émotions noires, des ambiances glauques. Et le tout, en sachant quand bien te défoncer, le tout sans vraiment prévenir. Et ils ne mentent pas, cette recette étant la base de l'essence qu'est Immolation.
Destructive currents offre lui un coté surprenant. Car on y retrouve un riff thrash pur et dur qui sert de liant au morceau. Et ce riff est exactement le même que celui qui est l'essence de Reptenless de Slayer. Sauf que son utilisation va varier dans le morceau, histoire de bien nous laminer. Ceux qui pourrait penser à un pompage, sachant que les deux albums ont des sorties proches, oubliez cet argument. C'est juste un riff excellent que deux groupes de styles différents ont trouvé et qui, dans chacun des cas, s'avère efficace, le malaise en plus chez Immolation.
Le titre bonus, nommé Immolation est juste un putain de cadeau aux fans: il s'agit du premier titre de la démo de 1988, réenregistrée pour l'occasion et qui montre que déjà, aux débuts du groupe, tout était déjà là, bien que peaufiné par le temps. C'est clairement le morceau le plus rapide, un petit morceau d'histoire en somme.
L'artwork du digipack est à tomber. Il s'agit de l'artiste Rob Kimura, qui outre la cover couleur sublime, a créer dans le packaging d'autres oeuvres, elles en échelles de gris, collant parfaitement à l'ensemble. Un travail magnifique à signaler. Bref, c'est un album incontournable du death, que tout bon amateur de ce style devrait avoir dans sa cdthèque.

samedi 3 juin 2017

PRIMAL AGE

         Résultat de recherche d'images pour "logo primal age"         
Comme cela faisait longtemps qu'il n'y avait pas eu d'interview. Rassurez-vous, cela va se faire plus souvent, juste me laisser le temps (après tout, plus c'est long plus c'est bon, selon le dicton populaire...). Et du coup, en attendant une autre interview à venir, ce sont les normands de Primal Age qui ont joué le jeu, histoire d'éclairer un peu ce groupe et aussi pour la sortie de leur Ep A silent wound. Et c'est avec courage et rapidité que xDimitrix (basse) a répondu à mes quelques questions! Enjoy!


Résultat de recherche d'images pour "a silent wound"

1- Bonjour à vous, ô nobles membres de Primal Age ! Comment allez-vous ? Bon, on va commencer par une succincte présentation du groupe, pour ceux et celles qui ne vous connaîtraient pas.

OK, PxA 2017 c'est Didier au chant, Ben et Flo aux grattes, Mehdi à la batterie, et moi (Dimitri) à la basse. On tourne depuis 22 ans pendant lesquels on a joué dans 12 pays et sur 3 continents, 3 MCDs, 2 full albums, des centaines de concerts avec notamment le Helfest, Sonisphere, Hell on Earth, Paris Xtreme fest, Free Edge... sur lesquels on a eu la chance de jouer avec tous les groupes (presque tous) que l'on adore.


2- Depuis 1993, vous distiller un mélange détonnant de Hardcore metal. Avec la forme de 2017, quelle évolution y voyez-vous ? Partagez-vous l’impression d’une intensité de plus en plus marquée ? Comment percevez-vous cette évolution au regard de vos vies ?

Depuis nos débuts on a vu pas mal de nouvelles vagues arriver sans jamais céder à la tentation de les surfer, car on fait vraiment la musique qu'on ressent depuis nos débuts tant qu'on a la chance de trouver un public. Elle évolue forcément et heureusement car on n'aime pas refaire les mêmes morceaux. Ce qui a beaucoup évolué, c'est la qualité des prods ; aujourd'hui si tu n'arrives pas avec un gros son tu te fais laminer, avant avec des prods en carton tu t'en sortais)).

3- Votre nouveau Ep, A silent wound, comme à chacune de vos productions, marque une évolution par rapport à la précédente, toujours dans une optique d’intensité croissante. Quelle est la genèse de celui-ci ?

Il marque une transition particulière dans la mesure où on a connu le départ de Johann à la gratte qui a joué 10 ans avec nous, et que Ben et Flo sont venus le remplacer. C'est aussi pour cette raison qu'on a opté pour un format court, faute de temps et pour leur laisser prendre leurs marques. Un vieil ami du groupe (Sylvain de Seekers of the Truth) est venu prêter main forte à la composition, avec toute son expérience et s connaissance parfaite de notre son. Pour la prod on est également resté en terrain connu en re travaillant avec Thomas Tibéri, et un master de Chris Zeuss Harris( Sepultura, Hatebreed, Rob Zombie... ). On a pris beaucoup de plaisir, tout en se rassurant avec la nouvelle formation, la mayo a bien pris et on est repartis de l'avant, avec beaucoup d'envie et de projets.

4- Vous êtes depuis vos débuts engagés dans ce que l’on va nommer l’univers du véganisme (et ce que ça implique), l’écologie et les thèmes proches qui y sont liés. Ressentez-vous le passage du message (ou du moins, toucher les consciences) et quelles évolutions voyez-vous aussi par rapport à vos débuts ? Y-a-t-il une partie plus importante plus réceptive à ce message (je parle de façon globale car le domaine est vaste, on en conviendra) ? Et qu’est-ce qui vous pousse à cette persévérance (dont je ne me plains pas et qui force le respect) ?

Cela a énormément progressé et on s'en réjouit, enfin façon de parler car cela signifie que la situation est gravissime. On avait la sensation de s'adresser à un microcosme quand on a débuté, alors qu'aujourd'hui on a de nombreux retours, de personnes qui viennent en discuter après les concerts. On s'attache à avoir un discours positif et constructif par rapport à ça, car il est facile de rebuter les gens quand on attaque frontalement comme on a pu le faire il y a 20 ans. 

5- Quels thèmes abordent vos trois titres de A silent wound ? Y abordez-vous un domaine peut défricher auparavant ? Pourrait-il être une continuité dans un fil rouge commencé depuis vos débuts, au final ?

On a toujours ces thèmes en perspective mais que l'on aborde par différents biais. On a un morceau qui parle de la déforestation, un autre qui traite des "faussaires de la science" et un autre des lobbys pharmatico chimico industriels et leurs soutiens politiques et bancaires. 

6- Malgré la durée des titres qui dépasse les 3 minutes, ceux-ci passent très vite. Est-ce volontaire de rendre un poil frustrant la chose, histoire de faire baver encore plus l’auditeur ?

Non on n'a pas encore ce genre de perversité). Comme je te disais on fait ce qu'on ressent, si un titre doit faire 5 min il le fera, s'il doit durer 3 min c'est la même. L'important pour nous était de faire un bon album, et on est plus que satisfaits du résultat, et visiblement avec les chroniques qui sortent on a fait mouche, donc tout est OK. 

7- Le dernier titre est très à part. To Jeff est clairement un hommage à Jeff Hanneman. Représentait-il une influence pour vous ? Quel est le secret mystique qui se cache derrière ce titre qui est aussi une sorte de blind test du fan ?

Oui c'est une grosse influence pour nous, on est tous fans de Slayer. Jeff Hanneman est responsable des riffs les plus mythiques du metal et on a voulu faire un assemblage cohérent de certains d'entres eux. On a invité Julien Benighted et Koba Loyal to the Grave avec lequel on a joué à Tokyo pour ce morceau qui a une saveur particulière. 

8- On peut clairement vous mettre dans la grande famille du metal extrême. Dans l’esprit, vous offrez des ponts vers le grindcore et dans une certaine mesure, la powerviolence, de part, entre autre, votre engagement et votre intégrité. Votre évolution musicale pourrait elle un jour vous mener à la frontière ténue entre ces différents genres ? Quels sont vos regards et opinions sur ces scènes assez spécifiques ?

C'est franchement pas important, on ne s'attache pas à savoir dans quelle catégorie on va être classés quand on compose, tant que ça pète à nos oreilles, c'est tout ce qui compte. Sur certaines affiches de concerts on a tantôt vu : Primal Age (Hardcore), (Brutal Death), (Trash), (Metalcore)... alors on fait ce qu'on aime sans se soucier de l'étiquette qui va être posée sur la galette. Mais sur ce qu'on commence à composer pour la suite... il semblerait que ça reste du brutal)

9- Quels sont vos regards sur le hardcore metal depuis les débuts du style ? Quels groupes vous ont marqués, dans ce style et dans d’autres (on a tous des groupes qui nous ont marqué qui sont parfois loin du style nous fascinant) ?

Nos influences vont de Slayer à Hatebreed, en passant par Madball, Napalm Death, Sepultura, Morning Again, Arkangel... Le hardcore metal a la chance de passer les époques par rapport à certaines vagues qui retombent vite. C'est une des raisons qui nous ont fait passer de la scène purement hardcore à des shows plus metal dans lequel on se retrouve davantage. 

10- Que pensez-vous de cette montée du véganisme que l’on peut qualifié d’intégrisme ? Ne serait-ce pas une erreur de la part de ceux qui sont dans un mouvement radicale pour faire passer le message, au lieu d’avoir une disposition plutôt à échanger, moyen plus efficace et plus riche, pour faire avancer les choses ? Parfois, dans le cadre des tournées, n’est-ce pas un peu compliqué (oui, je sens que c’est un euphémisme) ? Y-a-t-il des pays plus réceptifs que d’autres, du fait de la culture ?

Comme je te disais plus haut, on a commis des erreurs à nos débuts avec un discours seulement accusateur qui ne nous semble pas productif. Il m'est arrivé de me prendre la tête avec des vegans (depuis 3 mois des fois lol) qui connaissent tout et sont dans le jugement et l'excès. J'en ai juste rien à foutre de ces mecs et trace mon chemin en fonction de mes convictions. Je laisse ceux qui font une compétition du véganisme de coté, se permettant de dire qu'un végétarien est une merde qui tue autant qu'un carniste... A mon sens ils font beaucoup de mal à cette cause car il vont rebuter beaucoup de monde. Il me semble plus intéressant de faire évoluer les consciences de masse que d'avoir un groupuscule vegan 100% irréprochable. Si l'ensemble de la population diminue déjà sa consommation de viande, cela fait des millions d'animaux sauvés. Tout ce qui va dans ce sens est une bonne chose et quand on laisse les gens prendre conscience de l'exploitation animale, ils sont amenés à évoluer, alors que si on les rebute dès leur arrivés ils peuvent décrocher directement.

11- Quels groupes pouvez-vous conseillez sur la région d’Evreux ? Je n’en connais que peu, alors qu’il doit y en avoir pas mal… Existe-il des labels, structures ou associations qui se bougent pour la scène metal/hardcore ?

Sur Evreux... on ne peut pas dire qu'il y ait grand chose de structuré dans ce domaine. Il y a bien sûr des groupes, mais on ne peut pas parler de plaque tournante du metal)) 

12- Du haut de votre expérience et carrière, quel est votre regard sur la scène actuelle et tout ceux qui essaient de la faire vivre et de la soutenir à leur façon ? L’évolution est-elle favorable ou trouvez-vous que c’est plus compliqué ?

Il y a du bon et du moins bon comme souvent. On constate une multitude d'assos qui organisent des fests et malheureusement peut-être trop parfois car beaucoup se plantent. On a vu dans des petites villes 4 ou 5 assos qui se tirent la bourre, et chacune organise son fest qui finit déficitaire. Sur ce genre de ville où le potentiel en public reste limité, il faudrait pouvoir se regrouper pour organiser 1 ou 2 événements viables. Une des difficultés que l'on constate est le manque de structures intermédiaires, où on va passer directement du café concert à la grosse salle de spectacle qui reste peu accessible à ces groupes de musiques extrêmes. 

13- Quels sont vos projets pour Primal Age ? Festivals et vacances ? Pas trop compliqué de conciliez vies privée / professionnelle et Primal Age ? Votre plus grands soutien n’est-il pas en fait vos familles / proches ?

Oh que oui c'est très compliqué de tout concilier, ça relève de l'exploit et il faut une grosse dose de passion pour continuer à avancer. Mais on a cette envie et donc plein de projets avec 2 perspectives de tournées lointaines, un album et d'ici là (car on se projette sur 3 ans), des tas de concerts pour prendre et donner du plaisir.

14- Merci à vous d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Je vous laisse le plaisir de boucler cette interview !


mardi 30 mai 2017

BLISTERHEAD 'Border control'

2017 CRAMADA records - CD dispo depuis le 19 mai 2017

     Résultat de recherche d'images pour "blisterhead border control"
Blisterhead... un autre groupe suédois, donnant aussi une offrande via le punk rock. ici, on a un Ep très concis (10 minutes pour 4 titres), carrément catchy et accrocheur! Pourquoi? Je ne sais pas, je demanderais à mamie. Néanmoins cela tient aussi bien des riffs que du son qui semble venir des années 60, vers le début. Du coup, mélanger à leur punk rock, dans la lignée de The offsprings, pour vous situer, le résultat est très percutant et remuant. Qui plus est, le groupe nous offre des titres en anglais, vachement plus facile à capter que le suédois, en ce qui me concerne!
Les 4 titres passent hélas trop vite et c'est frustrant comme une actrice porno sans orifice (ho la belle comparaison de merde...). L'énergie est bien présente, avec un coté 'je te fous la banane!!', à l'aide de riffs efficaces et de rythmiques bien soutenu pour le style. Le chant n'est pas en reste, plus agressif à mon sens que celui de Mähälium. Alors oui, on va dire que la Suède et le punk rock, globalement, c'est un peu étrange. Et voici donc un deuxième exemple que, ben non en fait, ça le fait (et sur qu'il y a des formations étranges de punk black, de punk rock black ou de death punk...).
Alors oui, c'est vrai que j'accroche plus avec ce groupe, du fait de cette approche très directe et plus incisive et de ce son très caractéristique que développe le groupe. Très bonne découverte pour moi, merci au label de m'avoir envoyer ça comme ça. Les gars, on va discuter ensemble!

MÄHÄLIUM 'Nâr verkligheten golvar dig'

2017 CRAMADA records - CD dispo depuis le 26 mai 2017

              
Groupe suédois de punk rock formé en 1998 et silencieux depuis 2001, le groupe revient avec ce nouvel album qui participe au concours du titre le plus imprononçable de l'année. Chantant dans la langue nationale de ce beau pays plus connu pour le black ou le death, il est vrai que, à moins de maîtriser cette langue, on ne capte pas un mot de ce qui est dit, ce qui s'avère un peu couillon, mais bon, on ne va pas se plaindre!
12 titres pour un peu plus de 34 minutes diffuse un punk rock à l'ancienne, plus marqué par le punk dans le chant et les chœurs, non sans renier ce coté rock dans les structures des morceaux. Morceaux qui sont dans l'ensemble relativement courts, évitant l'écueil d'un ennui quelconque, en dessous de 3 minutes.
Alors oui, cela pose un petit inconvénient, celui qui dessert un peu les titres, une certaine impression de ressemblance parfois entre tout ça. Argument qui se reçoit mais que le groupe essaie de détourner par la gnaque que dégage l'essentiel des titres. Et qui fait assez court au final, parfois semblant plus pop punk dans l'approche.
Néanmoins, des titres ressortent clairement du disque et valent le détour, comme l'excellent Under ditt skinn, à l'accroche très rock et permettant au chant d'être plus modulé et donc plus riche, avec une durée de plus de 3'30''.
L'autre titre s'avérant aussi très bon, toujours dans cette veine rock/punk, très positif dans sa musique, est le titre qui clôture l'album, au nom qui fait gagner au scrabble, Nâr verkligheten golvar dig, dégageant une ambiance très marquée, à travers principalement deux grosses parties, dont la seconde dégage une certaine mélancolie et pourrait être un titre collant à un film noir, à l'ambiance bien poisseuse.
Alors effectivement, moi, je ne connaissais point ce groupe et le label me permet de découvrir celui-ci, ainsi que le suivant dans la prochaine chronique. Les influences de Mähälium, globalement je n'en sais rien, car dans ma cdthèques, en punk rock, c'est limité à The Offsprings et quelques autres comme Dirty Wheels. A vous d'écouter pour vous faire une idée si vous connaissez plus ce style (Bad brains, No Fx, Green day...).
La production est très propre, dégageant ce que l'on attend de ce style: de l'énergie. Et c'est pas mal déjà tout ça!