lundi 11 avril 2016

DEPARTMENT OF CORRECTION / PROLETAR

2016 Give Praise Records CD

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Ho, que voici un bien beau split à offrir à tes amis, ta grand-mère et ses amis. Un monument de brutalité et d'extrême, une autre facette différente de MULK. Un exemple de ce que la mondialisation devrait être: festive. D'un coté, qui ouvre les hostilités avec leur grind ultra direct et technique, nous avons les parisiens de Department of Correction qui nous balancent sans crier 'Attention, ça va gicler!' 10 titres hyper rapides, massifs et totalement furieux. Ils visent l'efficacité avec une durée n’excèdant pas la minute, ne laissant pas de place à l'ennui (c'est juste impossible: ça bourrine sec pour le plus grand plaisir des amateurs de furies). On retrouve l'humour du groupe au travers des titres donnés aux morceaux ('Grindcore 2 peps', 'peplum house'...). Toujours ce chant hystérique hallucinant opposé à un autre schyzo à fond, les deux tenu par Greg. Les deux compères ne sont pas en reste, que ce soit Yo derrière ses fûts (un jour, ils vont surement s'enflammer...) ou Flo qui assure guitare et basse. J'ai dit que ça bourrinait? Bref, ça ouvre la voix en tout honneur avec une transition sur le titre Peplum house à Proletar, la seconde partie de la rondelle.
Proletar nous vient d'Indonésie, de Jakarta exactement et un grind pas piqué des hannetons (en fait, je ne crois pas qu'il y en ait là-bas...) avec un petit relent pas désagréable de death metal qu'il fait mal. Proletar nous offre 6 titres engagé politiquement, avec un son plus gras. Le chant oscille sans prévenir entre un chant typé grind (renvoyant à celui de Bombarde) et un chant très death. Les titres, bien que concis (entre 1'20 et 2'20) amènent néanmoins des breaks soudain entre un aspect grind débridés et un coté plus death et une rythmique plus posée. Assez étonnant. Le propos reste énervé, avec un son live propre à la batterie. Pour se faire une idée de l'engagement du groupe, il y a la reprise d'un titre d'Agathocles ('A for arrogance'). Le groupe n’hésitant pas à amener dans un morceau une rythmique syncopée, tout ça sans prévenir.
Là encore, Department permet de faire découvrir un groupe que l'on n'a pas nécessairement la chance de pouvoir attraper une de leur prod facilement. Et ça fait un split qu'il est super bien aussi et que tu dois avoir.

DEPRAVED 'Dive into psycho terror'

2014 Depraved CD digipack


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Ho putain! Ho putain! Ho puuuuttttaaaaaaiiiiiiiinnnnnnnn!! Un autre album des furieux Depraved! Quand Gabriel de Nihilistic holocaust m'a dit qu'il avait leur dernier, j'ai mis aussi sec une option. Et putain que j'ai bien fait. Connaissant le groupe depuis leur méfait Depraved, un Ep qui faisait dans l'efficacité puis leur album Sexual depravity... and pleasure to suffer, je ne pouvais qu'adhérer.
Bien qu'il y avait possibilité que le groupe ait changé de voie pour de la pop chiante (qui sait?). Et bien, cher(e) lecteur (trice), sache que non! C'est toujours un putain de brutal death forniquant avec le grind!
Dès que le disque commence, ce qui marque est la même puissance sonore qui m'avait marqué à l'époque avec ce son caractéristique. Massive, brutale et efficace. Puis la seconde claque arrive avec le chant, qui est le même, et Kristoff au sommet de son art. A savoir un chant très guttural non sans évoqué un aboiement de chien, auquel il a ajouté des facettes qui le densifient. Il a parfois des aspects plus subtils, amenant parfois un aspect "discution"non moins percutant, en rapport avec le titre et apportant un coté enrichissant dans les morceaux.
13 titres constituent l'album qui s'avère très riche, avec de nombreux aspects mais qui gardent aussi ce coté marquant des productions précitées plus haut.
Beaucoup de titres ont l'empreinte de l'urgence grind, avec une rythmique soutenue voire franchement pied au plancher, offrant un vrai plaisir récessif. Mais paradoxalement, ce sont les titres les plus longs qui s'avèrent donner une richesse par des structures variables, des passages parfois plus lents qui embraient soudainement sur autre chose, à l'image du titre 'I'm war' où des parties clairement rentre-dedans côtoient des rythmiques très martiales, tout cela dans le but de trépaner l'auditeur.
Les titres sont clairement travaillés, œuvres de gars qui maîtrisent le sujet depuis 1992 (putain! Ils sont parmi les vétérans!). Même si certains titres appellent juste à défoncer et bourriner (putain, en live, ça doit être une tuerie), les gars gardent néanmoins dans un coin de leur tête l'idée d'offrir plus que du bourrin. Et donnent donc à chaque titres une identité propre.
La thématique n'a pas changé, restant dans le festif et la bonne humeur, l'atteinte mentale, la dépravation et surement une dose de sexualité très déviante. C'est frais,c'est joyeux, c'est le printemps.
Le groupe ne s'emmerde pas avec des fioritures et quand il sent que ça doit péter la cervicale, ça y va en direct (Humans meat scraps, Fascinating dead woman...).
Globalement, l'album est une tuerie, me ramenant en direct vers 1997/1998, avec la découverte de se groupe. Le groupe a évolué mais en gardant ses aspects percutants et caractéristiques qui péter la gueule.
La production est juste énorme, très nette, rendant à chacun sa juste place et son efficacité. Sachant que c'es une autoproduction, je dis chapeau bas!



MOSHPIG 'Démo'

Autoprod 2016. CD

Tiens, une démo de locaux! Ça c'est youpi! Moshpig est donc de Montpellier et nous offre sa première démo qui est dans un registre remuant Sur une place grind, le groupe y ajoute du thrash direct dans la gueule avec un soupçon de crust. 8 titres directs, ultra efficaces, pas nécessairement à fond mais avec une rythmique assez soutenue. Il y a un coté enregistré dans l'urgence qui est bien agréable, en plus d'avoir gardé un son limite live pour les instruments.
Bon, la démo s'avère courte avec ses 9 minutes mais on peut toujours (et on le fait) laisser tournéer en boucle.
Ça poutre sévère quand même, Les gars visant l'efficacité, ils utilisent les armes susmentionnés plus haut. Parfois, certains cotés me font penser à du Rot ou Violent Headache, groupes de crust par excellence, fort caractéristiques. Les rythmiques sont clairement thrash parfois, très soutenues et le mix passe très bien. Le chant est caractéristique (il me semble reconnaître la voix de Mat (Reptilicus) et je ne serais pas surpris, car on trouve une spontanéité dans les titres qui rafraîchissent très bien, comme dans Reptilicus justement.
Huit titres, plein de grand n'importe quoi ( au hasard: FPF, Lyrics?; You desserve to die...) qui fout la banane et qui souffle un vent de folie sur ta ville. La démo est dispo en direct pour 4€ (bien mieux investit que dans le dernier Avenged sevenfold, soyons honnête) ou peut-être par correspondance  (je ne sais pas: contact le groupe via un réseau social: www.facebook.com/moshpig.
Autre point intéressant est la production qui est propre, en gardant un coté un peu sale mais très audible, laissant le plaisir d'entendre toute la musique, sans crainte d'un son brouillon. Un groupe à suivre!

MULK 'Testo(y)sterie'

Putrid attitude Records  2014 CD digipack

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Hop, on passe totalement à autre chose. Et là, on vise les spécialistes, les amateurs avertis éclairés, les pointus du genre, les amateurs de gros dégueulasses. Oui, toi qui aime les plaisirs coupables et interdits, la transgression en tous genres, cette chro est pour toi!
On part donc dans l'extrême de chez extrême avec ce chiffoné du bulbe français qui nous balance sans le moindre complexe du cyber goregrind dans la gueule. La folie est omniprésente, ainsi que la recherche de l'extrême, en repoussant les limites des limites. D'aucun diront que c'est du bruits, c'est brouillon et j'en passe. Et bien, je dis non, c'est pas de la noise, ne confondons pas les styles, un peu de tenue voyons! Le gentil monsieur derrière Mulk vous le confirmera (ou pas, il fait comme il veut).
Les 16 titres (plus en bonus un magnifique clip du titre 'PornHamster') foncent comme un train fonce dans une foule en délire. Les titres sont globalement concis mais 6 d'entre eux sont néanmoins des rebelles et affichent des durées jusqu'à plus de 3'30! Du progressif?
La production et le son sont très bons, malgré le genre (ça n'empêche pas la qualité) et le domaine qu'affectionne le gars, à savoir le gore et l'horreur (si il aurait appelé son projet 'Milk', on aurait droit aux laitages... on a échappé à ça...).
C'est clairement immonde pour les esprits sensibles mais il y a aussi de l'humour qui surnage dasn la mare de tripes. Une grosse bouffée d'humour vient d'un featuring avec Jean louis Costes, offrant un ntitre complètement barré, à mille lieues des autres (qui sont aussi bien barrés dans le genre).
Tout va dans le sens du gore sans limite, mixé avec de la musique électronique et qui fait de Mulk l'un des représentant du cyber goregrind à mon avis les plus sérieux, du fait de la qualité sonore (certains ont résolument un son vraiment pourris, inaudible alors que là, même si ça blaste dans le cradingue, on saisit les subtilités de l'esprit tordu). Un disque idéale pour un barbecue, unesoirée chips ou un enterrement, pour mettre de l'ambiance.

VERDUN 'The eternal drift's canticles'

Lost Pilgrims records 2016 - CD digipack très classe

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Voici en provenance de la riante et ensoleillé Montpellier l'un de ses groupes les plus festifs, j'ai nommé Verdun, qui nous offre son premier album, en suite directe de son ep 'The cosmic espace of admiral Masuka' et qui, du coup, continue les aventures de ce cosmonaute perdu dans l'espace.
Cinq titres constituent l'album, qui nous offre un pur moment de doomcore, bien poissuex parfois, aux rythmes parfois lancinants sans renier non plus des escalades dans la rapidité, offrant une véritable richesse musicale.
Chacun des titres s'avère être un voyage à part, faisant de l'ensemble un voyage initiatique du bonhomme (et peut être de l'auditeur, hé oui, qui sait?). Certains passages frôlent la musique cinématographique, et pourrait bien être la bande son d'un film de science-fiction, dans ce qu'il y a de plus tordu au niveau scénario.
On retrouve ce chant très caractéristique, qui est sans le moindre doute l'un des secrets de Verdun. Il s'offre des plaisirs par des variations très bien vues, sans compter les choeurs de Jay qui offre une dimension supplémentaire aux titres, flirtant parfois avec un hybride qui serait un rock lourd dans l'espace. Musicalement, c'est quelque chose de très dense qui se dévoile sur plusieurs écoutes, une seule ne suffisant pas pour capter toutes les subtilités et facettes de l'album.
Tu vas me dire: 'Ô peuchère, ton disque il n'a que 5 titres' (avec l'accent provençal). Hé dude, regarde la durée des titres! Et oui, les titres sont longs, voire très longs mais sans laisser la place à un quelconque ennui bâtard, grâce à l'intelligence de la structure des morceaux (variant de 9'30 à plus de 13'). Et qui nous en fout plein les yeux (enfin les oreilles)! Je parlais d'un voyage initiatique, je pense vraiment que c'est le cas, si on écoute le skeud en égoïste, avec un casque sur les oreilles.
Verdun touche l'âme en direct, dégageant vraiment quelque chose de charnel presque, du moins épidermique par instant.
Outre la musique qui est dense, on retrouve cette densité dans la production elle-même de l'album, avec une basse bien présente, un son presque grumeleux (comme j'aime), gavé dans les basses et chaleureux.
Bonus extra: l'illustration, superbe, faite par le chanteur, un homme aux multiples talents.
Un album indispensable aux amateurs de musique grasses, qui aiment voyager par le biais d'un album.

dimanche 3 avril 2016

MUDBATH et VERDUN

Au Black Sheep, Montpellier, le 2 avril 2016


Et voici pour vous le premier report dans ce blog. Bon, j'avais pas mon appareil photos donc pas de photos. Na!
Bref, en cette soirée humide du 2 avril, je suis allé traîner mes pieds (ou plutôt mes pieds m'ont traîné) dans une cave (bon, une salle de concert en sous-sol de pierres et de plafond en voûtes) où je n'ai jamais trouvé Batman. Avec un peu de retard, le premier groupe que je connaissais de nom monte sur scène et balance la sauce. Enfin, plutôt la boue. Mudbath (Avignon) est dans la place et laisse s'écouler des enceintes son sludge tout ce qu'il y a de plus poisseux, lourd et lent. Mais lent parfois à un point que ça devient long. Peu de vocaux (faut dire que je pense que ça occupe environ 10% au plus du total de tous les titres), qui sont répartis à 85% pour le batteur, 12% à un des guitaristes et les 3% restant à l'autre guitariste ou le bassiste ou l'inverse des trois possibilités, la fumée était opaque... juste pour un titre (et qui a offert un mouvement de personnes sur scène). Bon, comme je ne suis pas adepte de cigarettes qui font rire ou de toutes autres drogues, je me suis un poil fait chier, car c'est vraiment lent. Néanmoins, parfois le tempo devient fout et s'accélère de façon significative (bon, on passe de la vitesse d'une moule à celle d'un escargot en fuite). Musicalement ça se tient mais vraiment pas pour moi. Plus espérer plus lent, faut écouter des groupes comme Statik ou Linear...
Changement de plateau, récupération d'une démo auprès d'Adrien de Moshpig (chronique à venir) et retour dans la cave.
Et Verdun (Montpellier) prend place, pour fêter la sortie de leur premier album 'The eternal drift's canticles'. Et je comprend la réputation scénique du groupe. Le groupe occupe la salle complètement, occultant la prestation de Mudbath. Et nous livre son nouvel album en live. Et le doomcore de Verdun frappe fort, le chant oscillant entre un chant incantatoire et un typé hardcore. Des titres longs mais riches et denses, au rythme assez lent (la base reste du doom) mais n'empêche pas de subites accélérations dignes de ce nom. Le chanteur Paulo est clairement habité par le personnage récurrent des paroles de Verdun, l'astronaute perdu dans l’espace. Et cette entité qu'est l'espace se retrouve aussi dans le concert, au travers d'ambiances parfois spatiales. Le groupe n'est pas statique sur scène, que ce soit les guitaristes (dont Jay assure le chant secondaire et incluant le bassiste) ou Paulo qui domine la scène et transmet leur énergie à la salle. Derrière ses fûts, Géraud assure aussi.
Le public présent est réactif, nombre de personnes rentrent dans le jeu du groupe. Une vraie tuerie, en live ou sur disque.
Une bonne soirée pour moi, même sur Mudbath m'est passé un peu au-dessus (mais avec des passages qui scotchent quand même).

FACTOR HATE 'Scary Tales'

2016 auto-production CD

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Le heavy metal n'est pas un genre que je fréquente beaucoup. C'est plutôt rare que j'en écoute/observe/essaie de comprendre, car globalement un ennuie m'étreint rapidement. Ça tombe, parce que cette rondelle en est. Mes références culturelles à ce genre sont assez limitées, mis à part quelques grands noms (Iron Maiden, Judas Priest, Manowar, Mötley Crue ou encore Alice Cooper) donc autant dire qu'il y avait des chances que je ne sache pas où j'allais m'échouer quand Elodie m'a envoyé le disque en question. Heureusement, le groupe a dû anticiper car je suis tombé dans un monde pas trop étranger dans ce cas.
Ô joie, le groupe, dès la première écoute, lorgne très sérieusement vers Alice Cooper (Houhooou!) mais en ayant aussi ses propres caractéristiques.
Des l'intro d'ouverture (judicieusement nommé 'Overture') l'ombre d'Alice Cooper plane. Et le reste du disque en est imprégné (mais pas à l'overdose non plus). Les 14 titres qui composent la galette rappelle souvent dans les structures (mais pas continuellement...) et le chant (certains passages donne presque l'impression d'entendre Alice Cooper, dans certaines sonorités vocales), hors les samples d'introductions des morceaux. J'avoue qu'il y a pire comme influence. De la folie pour les fans de heavy en fait (Houhoooou!!).
Les titres évoquent très clairement cet univers de la folie d'ailleurs, comme vous pourrez l'écouter ou lire les quelques titres ici: Asylum, Schyzophrenia, Lunatic world ou The eyes in the dark...
Mais l'ombre d'Alice Cooper n'est pas la seule chose qui marque le disque. Il y a d'autres éléments, qui du coup, rendent l'écoute dense et demande plusieurs écoutes pour pouvoir capter toute l'essence de l'album. Certains sont typiques du heavy ai sens large, le groupe ayant de larges influences qui sont digérés dans leur offrande mais d'autres viennent sûrement des goûts personnels des membres. Il y a en tout cas une osmose. N'étant pas un fan du style, j'y trouve néanmoins du plaisir et il y a des subtilités qui apparaissent lors des autres écoutes.
Les fans retrouveront ce qui fait le charme de leur style préféré: des envolées guitaristiques, des rythmiques parfois soutenues (mais pas trop, hein, ça reste du heavy dans la plus pure tradition) et du chant propre au genre, avec des chœurs parcimonieux...
Le détail qui me titille un peu est à mon avis un poil de manque de puissance dans la production mais ne gâche rien car le reste est aux petits oignons, que ce soit pour entendre les instruments (on distingue même la basse!), tous bien ajustés dans les hauteurs et la voix n'est pas mise trop en avant ou trop en retrait, mais juste ce qu'il faut.
Bref, une bonne surprise pour moi, qui fait plaisir!