jeudi 26 mai 2016

ANTHRAX 'For all kings'

2016 Nuclear blast records - CD Digipack

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Ho, un album d'Anthrax! Que cela faisait bien longtemps que je n'avais point écouter ce groupe! Alors, quand Lionel me l'a prêté, j'étais youpi, joie et je me voyais déjà me péter les cervicales, tout seul comme un con, dans la voiture à un feu rouge.
Hop, je le met dans le mange-disque fournit avec la voiture et appuie sur lecture. Et la magie s'opère. Sur une ouverture classe, symphonique, qui laisse présager du bon, le genre d'intro qui te laisse imaginer la déflagration à venir. Et avec tout le respect que je peux avoir pour Anthrax, déboule des riffs bien, pas de soucis mais putain c'est quoi ce merdier? Ou qu'il est le Anthrax, le vrai? C'est mou, putain c'est mou... Bon, ce peut être une feinte pour te niquer derrière l'occiput après. Et... suspense... Et non. Non. Pas du tout... Ça reste dans le même genre: mou, assez insipide avec le chanteur qui donne l'impression de s'emmerder grave. Voir même, on a la désastreuse impression d'écouter un album de heavy même pas très bon. Bordel, on parle bien d'Anthrax là? Ben oui, après vérification... Et c'est pareil jusqu'où j'ai pu supporter l'écoute, au 7e titre, Blood Eagle Wings, que j'ai stoppé, pris d'un profond ennui qui pourrait être mortel en voiture (ben oui: endormissement et bam, mur à 140...). Et pourtant, j'ai lutté jusqu'à ce titre mais non. Peux pas.
Suggestion: si au prochain c'est pareil, voire pire, pourquoi ne pas changer de nom? Anthrax deviendrait Rhume. Ce serait bien pour un disque de ce genre. Dommage.

lundi 23 mai 2016

SLAVE ONE 'Disclosed dioptric principles'

Dolorem records 2015 - CD

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Houlà! Attention, car là, on tient un disque de malades (c'est youpi la folie!!!). Slave One... rien à voir avec un quelconque SM softcore ou un quelconque touchage de sexe crypté. Non! Le son est d'entrée marquant: massive, tirant vers les graves et avec un son qui renvoie un peu vers les origines du death (oui, c'est du death ) mais en gardant des éléments résolument modernes (j'y reviendrais). Puis, après une intro orientale, débarque l'artillerie lourde: du death très efficace, très structuré et cette voix d'ogre qui ferait peur dans une crêche ou une maison de retraite (ou alors, c'est une putain de sale angine. Très très sale...).
Le death proposé par Slave One n'est pas linéaire, bien au contraire. le groupe n'hésite pas à injecter des passages en ruptures totales avec le morceau, créant une atmosphère très étrange, tantôt malsaine, tantôt ouverte vers des sphères plus célestes, dira-t-on. En soit, ça densifie un peu la chose. Mais pas assez pour le groupe. Ils privilégient aussi les ruptures de rythmes, permettant de mieux atomiser l'auditeur, allant jusqu'à utiliser le chant comme un des moyen de ruptures. D'ailleurs, le chant offre quelques surprises assez déroutantes, comme l'utilisation d'un vocodeur par moment, créant un malaise malsain collant clairement à l'ambiance du disque ou des murmures, franchement angoissants. Et c'est jouissif, car le groupe se lâche, explore et amène des éléments improbables, comme ces passages orientaux ou des samples venant d'un autre monde, c'est pas possible autrement.
Slave One n'a peur de rien et n'hésite pas à jouer en dissonances ou en disharmonies à certains moments, amenant ainsi une approche innovante, qui densifie clairement les structures des morceaux (Aeon dissonances est l'exemple idéal). Je vous l'avais dit qu'ils étaient malades. Une autre preuve?
Parlons de la batterie. Elle sonne à l'ancienne, mais, ô joie et malice, parfois, on a l'impression d'avoir des beats techno. Oui, un truc de fous. Elle peut passer d'un état wesh pépère tranquille à une soudaine frénésie puis hop, ce coté techno (pas longtemps mais c'est très étonnant et ça marche!!). Il y a clairement un vrai travaille derrière les plans (hallucinés?) batterie et une alchimie très nette entre les membres du groupe.
Le groupe travaille aussi un coté progressif vraiment pas dégueulasse car avec tout ces éléments mis bout à bout, il y a de la matière. Il est humainement impossible en une seule écoute de capter toute l'essence du disque, recelant tant de recoins et de trouvailles créant des ambiances de folies. Il suffit d'écouter 'Liquid transcendal echoes' qui recèle mille surprises, comme par exemple, au hasard, des chœurs semblant sortir d'un monastère. Et ce coté progressif, il est aussi dans les structures alambiquées, voire tortureuses de doigts car en plus, pourquoi faire basique quand on peut faire techniques et complexes (ben oui, pourquoi faire un truc chiant...?).
L'aspect death est très net de par le chant, évidemment mais aussi par les parties batteries et les guitares, parfois très syncopés (évoquant le deathcore). Il oscille entre des passages très posés et d'autres, frôlant la folie et/ou la possession (je ne sais pas. Ma théorie est la possession folle ou une folie possessive, ce qui est assez con, on en convient...). Sans compter des passages qui savent faire mal.
Le groupe prend plaisir à mener des breaks complètement décalés, voir exotique mais non d'une pipe en bois orné de jolis dessins d'une classe de CM1 pour la fête des pères, putain ça fonctionne. L’univers du groupe est à part, très riche et en découle une musique très dense, très structurée, offrant moult aspects à découvrir. C'est assez sombre parfois mais ce qui est sur, c'est que ça vise juste! La production permet de profiter de tous les instruments, sauf si vous avez des oreilles en mousse ou avez une déficience auditive ou êtes malheureusement sourds (ce qui pose la question d'écouer un disque... sauf si c'est du deaf métal (et non du leaf métal, pour les écolos)) et là, je m'égare en digression inutile. La basse est très présente, avec un bon équilibre avec les deux guitares.
Pour finir, je vous propose d'admirer l'artwork, sublime, participant aussi à l'univers qui s'étire sur les 37 minutes de mysticisme death et de répondre à une interrogation: homme, femme, déïté, les 3 en même temps, non que 2 ou autre?
Un excellent album à écouter sans faute, à faire écouter à vos voisins, à un enterrement (ben oui, c'est du death), bref à faire connaitre!

VOIVOD 'Post society'

Century Media 2016 - CD (c'est un Ep, soyons fous!)

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Tiens, un Voïvod! Que voilà quelque chose de cocasse (ou pas finalement, avec le recul que vous n'avez strictement aucun contexte de la cocasserie...). Alors, oui, j'eusse entendu du Voïvod, il y a longtemps, quand ils suintaient le thrash à travers tous les pores de leurs peaux. Mais entre ce lointain passé et là, ben je n'ai aucun disque. C'est le premier que j'acquiert, avec cette galette virevoltante et dansante. Du coup,c'est un peu une découverte...
Nous voilà avec ici un ep du groupe, offrant aux fans acharnés (mais pas qu'eux) avec un son qui est très cool car oui, on entend la basse de façon omniprésente (et ça, ça fait plaisir de l'entendre!). On a ainsi 5 titres pouvant faire péter le chrono dans la durée (imagine toi: jusqu'à 7'26''!!!) mais sans avoir la crainte de se faire chier. Rappelons nous que le groupe pète les 35 ans d'existence. Respect.
La trame musicale est clairement du métal progressif, qui s'avère assez accrocheur. Les paroles sont du style livres chez Plon, très dense, offrant à Snake (chant, pas Snake de MGS, pour les geeks qui se seraient perdus sur ce blog) la possibilité de... ben de se faire plaisir, tout simplement. Cela dit, le disque ne reste pas totalement sur un registre métal progressif pur et dur mais recèle en son sein des touches subtiles venant d'ailleurs, voir du passé (quelques relents thrash, dans des riffs notamment), offrant un large panel de sensations et de recoins à l'auditeur, parfois frôlant l'onirisme (We are connected).
Le groupe n'hésite pas à se lâcher dans certains passages, accélérant sensiblement le tempo par-ci, par-là. Le titre qui me parle le plus (oui, j'ai de grands dialogues avec des titres) est 'Silver machine' qui tient l'attention dès le début par une alchimie entre le chant et la mélodie, fil rouge du morceau qui revient.
Mais c'est aussi un ep avec un univers entre science-fiction et la technologie, plongeant l'auditeur dans un univers qu'ils maîtrisent complètement, ambiançant les morceaux de samples recherchés ou d'effets musicaux guitaristiques (basse et guitare) astucieusement mis pile poil où il faut.
Un premier achat et écoutes complètes qui font que je suis bien content de mon achat. Point de déception: la pochette refusé à mon voisin de 5 ans, au profit de celle que vous voyez en haut, que je ne sais pas qui l'a fait mais c'est chelou quand même...

dimanche 22 mai 2016

THE LOSTS

Après la réception du disque de ce groupe courageux (je veux voir et entendre une ola générale), une interview pour creuser un peu ce qu'est le groupe, son univers et d'autres choses s'imposait, histoire d'éclairer un peu le mystère de ces gens qui se sont perdus quelque part qui n'existe pas sur une carte. Et c'est cool car on y apprend des choses qui illumineront vos vie ou du moins, votre instant de lecture. Et soutenez les groupes! Réponses par le chanteur guitariste et qui joue aussi de la mandoline.


The Losts (Photo prise de leur facebook, issu d'un téléphone portable)
  1. Salutations à vous ! Comment allez-vous ? Bonne ambiance ? Préparés psychologiquement à cette interview ?
YGC : Salut Benoît ! Oh tu sais…. Vu les 3 mecs avec qui je traîne, être préparé psychologiquement relève d’une philosophie du quotidien.

  1. Comment s'est formé The losts. Comment ? Où ? Quand ? En diagonal ? Le tout en moins de 750 pages.
YGC : Au départ, c’est l’histoire d’un gars qui jouait de la clarinette, puis du piano jusqu’à ce qu’il découvre la musique en se mettant à la basse. Il y avait aussi celui qui hésitait entre avoir des cheveux longs clairsemés ou plus de cheveux du tout. Lui, il s’est installé à la batterie et ses problèmes se sont résolus. Enfin, il y a celui qui, enfant, en avait marre que son petit frère lui pique et lui casse toutes ses affaires… eux, ils se sont mis à la guitare…. Enfin, le premier… le second, lui, c’était par la force des choses. A piquer la gratte de son aîné, il fallait bien qu’il apprenne à en jouer ! Et puis par un tour de magie, c’est devenu The Losts… ça, c’était vers 2009/2010.

  1. D'où vient le nom ? Est-ce dû à une rencontre autour d'un GPS défaillant, d'une randonnée avec une carte de 1785 ou en perdus en plein milieu d'un supermarché ? Ou pire : perdu en plein milieu d'un GPS périmé au coeur d'une randonnée chez Darty ?
YGC : C'est un peu tout ça à la fois. Plus une histoire de vieux parchemin en papier toilette machonné trouvé dans le grenier de mon grand-père. Et aussi une histoire de cactus... et de baleine aussi...

  1. Bon, il y a un concept derrière The Losts. Pouvez-vous l'expliquer car je pense que ma théorie est foireuse (des types recalés au casting de la série Lost après s'être plantés de porte et avoir attendu aux toilettes leur tour…). Hmmm, je pense que votre concept doit être beaucoup plus profond…Peut-on y voir des liens avec des aspects de notre société déliquescente ? Au bout d'un système vidé ?
YGC : Tu vises assez juste. Enfin pas pour ta première théorie… en fait quand on s’est présenté pour la série Lost, le directeur de casting a complètement flippé…. On s’est fait jeter parce qu’on était trop beaux pour leurs attentes. T’y crois à ça ? (Depuis, j’ai appris que le mec s’était rasé le crâne… mais, moi, je ne trouve pas ça très ressemblant). En ce qui concerne ta seconde hypothèse, effectivement, le concept a une visée satirique relative à la décadence et la complexité noire de la nature humaine. Pour illustrer tout cela, nous utilisons l’histoire des Egarés (la majuscule est importante, c’est elle qui donne sens au « S » de The LostS), êtres nés de nulle-part, dans l’abandon le plus total, qui, cherchant à donner sens à leur vie, se rapprochent des civilisations humaines et tentent de s’y fondre. Seulement, par imitation, et dans leur naïveté la plus totale, ils n’absorbent que la plus profonde nature de l’Homme : une nature faite de tromperie, de machiavélisme, de déséquilibres divers, etc. Et de ce fait, la question restant en suspend est : qui de l’Homme ou de l’Egaré porte le véritable masque de l’imposture ? L’Egaré en plein mimétisme ou la bête humaine cachée derrière de belles apparences ? Avouons tout de même que nous n’avons pas une vision si noire de nos sociétés, nous croyons en l’être humain mais il faut aussi dire qu’il est source intarissable d’inspiration quand il s’agit de sa part de ténèbres.

  1. Ce concept vous est-il lié, d'une manière ou d'une autre, à vos existences et est donc une sorte d'exutoire pour canaliser vos pulsions/visions/colères/envies de coloriage (rayez la mention inutile) ? Est-il lié à une recherche d'un certain idéal ou d'un coté spirituel, par un certain rejet de ce que l'on peut nous imposer de force?
YGC : Euh... oui.

  1. Quel est l'avancée (ou les avancées) majeure(s) du concept entre votre premier Ep et l'album « …of shades & deadlands » ? Et plus personnellement, cela s'est-il traduit chez vous par un quelconque changement ou confirmation de choix ?
YGC : Beaucoup de titres de l’album ont été écrits durant les mêmes sessions de composition que ceux de l’EP. Le concept était donc déjà pensé dans sa continuité. L’EP traite essentiellement de la genèse des Egarés, l’album renvoie à leur avènement parmi les êtres humains et leur décadence (tableau que Stan W. Decker a complétement su représenter pour la cover). Les 2 disques se renvoient la balle également. « Mister The Fake » sur l’EP évoque la question finale de l’imposture alors que « Genesis – Livre III » ou « … Of shades & Deadlands » sur l’album reviennent sur les prémices. Mais attention, les textes ne sont pas narratifs pour autant, il s’agit surtout de descriptions, d’états, de situations qui peuvent également être interprétés de manière décontextualisée. Et puis, notre travail de groupe s’appuie avant tout sur la musique, le concept est l’enrobage, il n’est pas là pour influencer notre manière de composer.

  1. Et vos proches, comment voient-ils ce concept musical ? Quel accueil ont-ils vis-à-vis de celui-ci et de votre musique ? Ont-ils peurs? En rient-ils (jaune) ? Ou de bien grands soutiens ?
YGC : Je ne suis pas certain que nos proches aient tous bien saisi le concept sous-jacent... mais ils ont l'air contents alors on prend ça pour un grand soutien ! Quant à la musique, on peut entendre ce genre de choses, chez moi, entre mes filles : « Tu veux écouter Baby Metal (jeunes mes filles, je précise), Ritchie Blackmore, The Losts ou Star Wars ? »... ça en dit long sur l'adhésion...

  1. Et lors de concerts, développez-vous une certaine scénographie liée au concept ou non, vous êtes des warriors : l'ancienne, direct dans la gueule ? Pouvez-vous décrire un peu l'ambiance/atmosphère qui s'y distille ?
YGC : On tente effectivement de construire du visuel également sur scène, à base de masques, d'éléments de décor... et puis on aime aussi revenir de temps en temps aux fondamentaux avec des concerts plus garage en essayant toujours de communiquer au mieux avec le public... dans tous les cas, on reste des Warriors ! Virgin Steele, c'est un peu un modèle !
  1. Est-ce facile de jongler entre The Losts et vos activités (travail et autres passions éventuelles) ? Des hobbys fascinants ? Des métiers palpitants (accessoiriste chez Lada, encolleur de timbres, dessinateur industriel de briques…) ?
YGC : Il faut effectivement savoir compiler... parfois, on aimerait aller plus loin mais le croisement de nos 4 agendas n'est pas toujours évident... On a tous, à un moment précis, nos indisponibilités mais comme DGC le disait si bien il y a peu : on arrive à comprendre les priorités de chacun , qu'elles soient familiales ou professionnelles, et avancer sans qu'aucun de nous ne se sente sous pression.... Après, c'est sûr que le boulot de tarteur de fesses est chronophage ! Au delà de ça, nous avons des femmes qui nous épaulent à fond... et même des enfants qui participent à nos projets !

  1. Quels sont vos centres d'intérêts hors musique ? Et se retrouvent-ils dans The Losts, car une part de vous-même est ce ou ces centres d'intérêts (ciné, littérature, sculpture de confettis, le mambo depuis le 14è siècle, l'architecture romane…) ? Le groupe n'est-il pas en fait une part de vousmême ?
YGC : Le groupe est complètement une part de nous-mêmes... c'est pour cette raison qu'on n'y parle de choses pas jolies jolies... cela dit, on devrait parler aussi du directeur de casting de la série Lost, lui il était vraiment laid ! En ce qui concerne mes centres d'intérêts hors musicaux, j'aime beaucoup me pencher sur ce que l'Homme est capable de créer, les arts bien sûr, mais aussi ce qu'il est capable de susciter dans ses interactions avec autrui et ça, c'est tout ce dont parle The Losts... dans une version où on raye le positif bien sûr !

  1. Musicalement, quels sont vos goûts (des choses vraiment bizarres genre un mix Bobby Lapointe/André Rieu/Justin Biber) ? Plus conventionnel ? Des conseils de groupes pas connus qu'ils sont vachement bien sauf ……………………. (parce lui non, c'est naze…) ?
YGC : Nous ce qui nous fait kiffer, c'est les vibes qui te font bouger ton boule ! L'éclectro-salsa du démon, par exemple ! Et aussi un peu de Metal mais pas trop parce que c'est un peu violent tout de même... du Heavy (forcément), du Hard, du Black, du Doom, du Thrash, du Rock aussi, des musiques de films, du classique, etc. En ce qui concerne les découvertes, nous attachons une grande importance à notre appartenance à une communauté locale de metalleux alors je conseillerais de se tourner vers tous les groupes que nous citons dans le livret de « … Of Shades & Deadlands » (c'est vendeur ça les mecs ! Vous allez voir, les lecteurs vont se ruer sur notre CD)... et avec ça, en plus, tu couvres un large panel de styles ! Au delà, sur le plan national, s'il y a bien un groupe à découvrir, de mon point de vue, c'est Sanctuaire que j'aime à décrire comme les princes du Dark Heavy français. Et pour ce qui est vachement naze, je vous déconseille... mince... comment il s'appelle... je sais plus... de toute façon, c'est vachement naze ! Par contre, ton mix avant-gardiste, là, il me botte bien. T'as un skeud ?

  1. Quels regards portez-vous sur la scène actuelle (métal et assimilés) ? Vu vos âges, quelle évolution avez-vous pu voir ?
YGC : Personnellement j'ai un avis très tranché sur l'évolution musicale. La notion de production a pris une ampleur telle que, parfois, j'ai le sentiment qu'elle balaie tout le reste... le reste qui me paraît pourtant l'essentiel : la démarche de composition, l'ambiance générale, l'âme d'un groupe. De ce fait, je trouve que la musique, et plus spécifiquement le Metal, est devenue une grande course à celui qui aura le plus gros son, les instruments les plus lissés, le rendu le plus moderne et parfait... jusqu'à te demander s'il s'agit du musicien ou de l'ordinateur qui se trouve aux commandes et jusqu'à ce que, au final, tu te retrouves avec un disque qui sonne comme celui que tu as écouté juste avant, qui sonnait déjà comme celui que tu avais écouté juste avant, qui sonnait comme.... Tu vois, je prends bien plus de plaisir à l'écoute d'un groupe underground au son pas forcément nickel qu'à l'écoute d'un groupe à la prod monstrueuse mais sans personnalité. On joue du Metal bordel, c'est censé être une musique vivante, pas trop propre sur elle... Du point de vue de l'interprétation aussi, les musiciens sont entrés en compétition. C'est à celui qui jouera le plus vite, le plus lourd, avec le plus de breaks de batterie à la demi-seconde possible.... je trouve ça lassant, je préfère m'enfermer à la cave à écouter cette scène, heureusement fourmillante, qui aime à perpétuer d'anciennes valeurs !

  1. J'ai ouïe dire que vous envisagiez un featuring avec Maitre Gim's. Ce ne sera pas trop compliqué à lui faire chanter des paroles qui ne font pas saigner les oreilles ? Et le duo avec Laurent Voulzy, c'en est où ? C'est un truc bidon, c'est ça ? On m'a menti (Quoi ? Deux fois ? Diantre…) ?
YGC : Euh non, c'est juste le téléphone arabe qui a ripé. En fait, on prépare un single avec Laurent Gims, un gars qu'on a rencontré au Delaware.

  1. Avec quels groupes ou artistes (de par sa vision ou autre) aimeriez-vous collaborez musicalement ? Voir explorer un aspect caressé dans The Losts ?
YGC : En tant que fan, je dirais bien sûr des gens comme Snowy Shaw, ou issus de la team King Diamond/Mercyful Fate.... Ce qui m'intéresserait beaucoup, ce serait de bosser avec des gens qui ont le sens du théâtre sur scène. Andre Matos aussi de part la richesse musicale qu'il dégage. Ensuite, comme évoqué plus haut, il y a cet attachement à notre scène locale et collaborer avec les musiciens qui en sont issus représente quelque chose d'important également à nos yeux... c'est le message que nous avons voulu transmettre à travers le bonus présent sur l'album !

  1. Quels sont les projets pour vous ? Des surprises ? Un live sur mon balcon ?
YGC : Ce qu'on aimerait bien, après la série de concerts prévus pour promouvoir « … Of Shades & Deadlands », ce serait simplement se poser un peu pour composer, monter progressivement le prochain album. Tu peux pas savoir comme ça fait longtemps qu'on ne s'est pas juste posés pour mettre des idées à plat. Et puis des dates ailleurs, on pense à de nouveaux territoires de conquête, un clip peut-être, qui sait, avec des dames à moitié nues dans une poissonnerie.... Pour le live sur le balcon, y a barbeuc avec ?

  1. Merci à vous d'avoir répondu à ces quelques questions ! C'est à vous de conclure ! Lâchez vous !!

YGC : Ah non, ne dis surtout pas ça.... tu ne sais pas à quel point l'atmosphère est infectée quand l'un de nous se lâche ! Grand merci Benoît, pour tout l'intérêt que tu nous as porté. Je te ferai des accras de morue quand on viendra jouer sur ton balcon, après le clip! Petit message au public : Continuez à acheter nos CDs, on n'a pas encore assez pour partir aux Bahamas. Sérieusement, au plaisir de se retrouver autour d'une bière lors de nos concerts, vous êtes tous des boss ! Vous êtes tous invités sur le balcon de Benoît ! 

jeudi 5 mai 2016

OCEAN 'C'est la fin...'

AXE KILLER 2016 - Ellie promotion - CD

Voici un groupe que je connaissais point, malgré que ce soit de vieux briscards naviguant depuis longtemps sur l'océan du hard rock (voilà, ça c'est fait). Plus exactement depuis 1974, année de la formation. Donc, en plus, le respect s'impose vis-à-vis de la carrière des gars, même si la discographie n'est pas prolifique, il semble avoir marqué leur époque.
Donc, ils nous délivrent, en cette belle année 2016, un nouvel album de 10 titres de hard rock puriste avec un chant en français qui tient foutrement la route sur la durée. Le hard rock est globalement un genre que j'écoute peu, préférant nettement les courants plus agressifs. Qu'importe, c'est toujours rafraîchissant d'écouter autre chose parfois (dont de sympathiques découvertes) et qu'en plus, ô bonus, je comprend de suite sans me pendre la tête à comprendre en traduisant (du moins en essayant) à la volée.
Les 10 titres sont assez directs dans le genre, avec une approche frontale efficace et des textes qui frôlent l'engagement parfois, de par l'approche choisie des titres, mettant parfois le doigt là où ça peut faire mal. Malgré cela, ce n'est pas vraiment ce qui a retenu mon attention.
Au début de la première écoute, j'ai clairement buté sur le début, ayant faillit même cesser l'écoute. Mais ces vieux pirates sont malins, armés de leur expérience et d'un savoir ancestrale, le groupe referme insidieusement son filet. Et paf, on y est pris. A vouloir savoir ce qu'il y a plus loin. Ce qui a capté mon attention, c'est un aspect qui est distillé tout au long de la galette et qui me renvoie à mon enfance et les années 80. Et oui, car déjà, ça transpire cette période mais restant clairement actuel, que ce soit par les compos ou le son, qui est excellent. Mais c'est surtout ce qui marque l'ensemble des titres, une trace d'un des sous genre du hard rock, qui sent le soleil, le sable et la chaleur (et peut être une téquilla...). Et oui, car le groupe réussit le tour de force de distiller une touche rock sudiste (m'évoquant beaucoup ZZ Top et parfois Lynyrd Skynynd, on va reconnaître franchement qu'il y a pire). Et du coup, cela nous mène dans des endroits improbables, notamment dans les parties les plus instrumentales, un des points forts du groupe, que ce soit une ligne de guitare, une ambiance ou de l'harmonica. Et oui, la musique s'avère dense et riche. Et lorgne vers une forme assez progressive.
Le chant est aussi à signaler, le gars sachant chanter et utilise sa voix avec de par courts instants, un petit coup d'agression vocale. Du moins pour le chant principal. Et oui, car il y a un effet kisscool (pour rester dans l'idée des années 80, les plus vieux comprendront), les chœurs. Et oui, ces derniers appuient de façon ponctuelle et approprié le chant, le mettant en valeur.
La production est très soignée, mêlant puissance et clarté. Et aussi, un petit coté live qui n'est pas déplaisant, donnant une dimension plus chaleureuse (genre tes potes qui jouent pour toi) à la galette.
Les fans de hard rock classique mais soigné devrait y trouver leur compte, sans le moindre problème (ou alors, ils ont un souci...). Les autres, ça dépendra de leur ouverture, mais en gardant l'idée de s’aérer musicalement, c'est une excellente occasion d'en profiter. Ellie promotion semble apporter une importance essentielle à la qualité de ses groupes, à n'en point douter.

mardi 3 mai 2016

THE LOST '...Of shades & deadlands'

Autoprod 2016 CD (with Ellie Promotion)

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Voilà un groupe qui est courageux, voire téméraire, en m'envoyant directement leur album (d'ailleurs, merci pour le geste et respect pour le courage!) directement à ma maison. Surprise et joie au retour d'un week-end qui pique les yeux. Ça fait toujours plaisir.
Une bien belle illustration, assez étrange quand même, posant une coté intrigant et un groupe totalement inconnu pour moi. En mettant le disque dans le mange disque/lecteur/platine/micro-onde (rayez la mention inutile) et en appuyant sur lecture, j'ai une une partie de la réponse du mystère 'quoi qu'est-ce?'
Du heavy metal. Et là, deux cas s'affrontent: soit c'est du tapette metal (voix aiguë de bout en bout, avec des "Aaaaaaaaaaaaaaaaaaaah" que j'imite très mal à l'écrit, soit du heavy metal plus viril. Ben là, c'est youpi et grand ouf de joie, car c'est la deuxième solution. Alors, même si je ne suis pas un grand fan du heavy, The losts m'a bien accroché, par une approche assez sombre quand même, assez éloigné de ce qu'il se fait habituellement. Musicalement, ils prennent parfois des chemins en friches qui rendent les titres plus agressifs, qui ont tendance parfois à te faire taper du pied.. Agressif, c'est aussi le mot qui s'applique au chant, relativement clair mais qui n'hésite pas à être agressif parfois, faisant ressentir une pointe de colère. Puisque l'on  a pas peur non plus de le dire, c'est parfois typé heavy métôôôôl (voix aiguë mais sans excès) des voix, les chœurs sont particulièrement bien trouvés et donnent à l'ensemble des atmosphères très intéressantes. L'aspect voix est clairement recherché et n'est pas une fioriture pour faire joli à l'oreille.
Pas de moment d'ennui sur la galette (sauf si, comme un con, tu oublies d'appuyer sur lecture...). 12 titres et un bonus qui ne laisse pas de place à un quelconque flottement hasardeux. Le groupe explore un concept depuis son premier album (ici, c'est le second) sur des égarés (plus d'infos dans l'interview qui viendra, c'est obligé) et continue donc l'exploration de leur univers.
Alors, heavy metal, c'est assez réducteur en ce qui les concerne. Ça racle dans le speed, des relents thrashy par-ci par là et surement d'autres influences digérés que je ne capte point, dont du dark sur les voix. Des titres sortent vraiment du lot (bien que la base ne soit pas mauvaise du tout, au contraire). Je ne citerais que deux exemple: le speed 'Motörcry', titre assez court par rapport aux autres et 'Lema Sabachthani', avec un coté orientale/arabisant qui emmène l'auditeur carrément ailleurs.
Chaque titre est travaillé sérieusement, que ce soit le liliputien ... of shades and deadlands ou le fleuve Never come, never gone (qui n'est pas sans m'évoquer 'The day that never comes' de Metallica dans sa mélodie et qui est un bon résumé de ce que l'on peut trouver dans l'album).
Le son mérite aussi sa part d'intérêt: bien qu'étant une autoprod, le groupe a vraiment soigné cet aspect (ben oui, sinon il est vrai que sinon ce serait couillon... du deaf metal...), que ce soit au niveau des voix ou des instruments, avec, je tiens à le signaler, la basse qui est nettement audible (alors que souvent, celle-ci est un peu à l'écart, un mystère du je ne sais pas pourquoi...). Quand il le faut, le mur de guitares est là ou bien la batterie sait se montrer méchante. Une production très soignée, qui fait plaisir Cela s'ajoute à l'aspect que les musiciens ne sont pas des manches (hop, blague de merde casée...) et ont un niveau qui n'est pas là pour rigoler.
Globalement, c'est un album assez sombre, dense de par bien des aspects. Le genre d'album qui prend au dépourvu pour une excellente surprise, recommandable aux fans de heavy et à ceux qui sont ouverts