dimanche 10 juillet 2016

SxOxTxEx 'Total environnemental collapse'

POSTHUMAN PRODUCTION 2015 - Cassette



Retour en Hongrie avec ce groupe qui officie dans un registre goregrind teinté de noise. Le groupe laisse d'ailleurs cet album en téléchargement libre ici: https://sxoxtxex.bandcamp.com
Peu d'info sur le groupe lui-même mais musicalement, le groupe balance donc un goregrind des plus rapides et efficaces. Avec le titre le plus long qui dure 1'39'', difficile de ne pas faire concis.
Le chant se partage entre deux chanteurs, l'un avec une voix guttural, le second, plus ponctuel, a choisi une voix criarde, ce qui n'est pas s'en rappeler ROT.
Les titres défilent certes rapidement, mais le groupe arrivent néanmoins à leur donner une identité propre et une certaine variété entre eux. Ils sont énervés et il y a un coté 'enregistré en urgence' qui donne du piment à la chose. Néanmoins, le groupe n'a pas sacrifié le son à l'urgence, la production s'avérant propre, avec une batterie qui sonne live, du fait justement de cet aspect enregistrement en urgence.
Ce qui est aussi intéressant, c'est le contraste entre le choix musical et la thématique abordée, le groupe se focalisant pas mal sur l'écologie au sens large et la déviance de notre société. Ce qui colle bien au final.
Le groupe n'hésite pas à ce lâcher totalement ici et là, laissant alors la place à une véritable déflagration sonore. Ici, très peu d'intro, la plupart du temps étant réservé à la musique. Bonne découverte à suivre.


KILL WITH HATELAND 'Evolution of the beast'

STYGIAN SHADOWS PRODUCTIONS 2011 Ep format cassette

Groupe hongrois formé en 2003, le groupe lâche un Ep très efficace. Il balance sans prévenir un brutal death très brutal, durant les 20 minutes que se partage les huit titres du rectangle magique.
A l’exception d'un titre de 3'13'', les autres ne dépassent les 3 minutes, privilégiant la violence et l'efficacité à la durée, évitant d'office un éventuel problème de longueurs qui pourrait poindre.
Ça va vite, ça tape fort, avec un son un poil grave ou domine une voix très gutturale, qui ne fait pas dans la tendresse. Alors oui, on est assez loin des cadors du genre mais ça reste plus que bon, le groupe n'ayant pas à rougir des références.
Malgré la durée assez courte des morceaux, les paroles sont assez denses et très inspirées par le macabre et la mort. Ce qui colle bien à ce qu'offre le groupe. Comme je le disais, le groupe n'en a rien à foutre des passages à la cool. il est là pour en découdre et ça se sent.
La cassette se termine avec la face B sur 4 titres lives qui lèvent le voile sur les performances du groupes en live et prouvent que le groupes n'est pas là pour faire de la figuration. Et c'est ainsi encore un groupe qui s'impose, dans une scène hongroise très dense.

URAL 'Wasteland'

DEATH CULTURE TAPES 2011 - Ep format cassette (oui, une bonne vieille cassette!)



Ural nous vient nous Piedmont italien, s'est formé en 2010 et officie dans un thrash à l'ancienne, qui va vite et fait mal. Trois titres en moins de 7 minutes, ici pas le temps de s'ennuyer et il faut bien l'avouer, le groupe ne laisse pas le temps de se laisser aller à quelconques rêveries. Bon alors, trois titres, c'est peu normalement pour se faire une idée. Là, c'est frustrant, car le groupe assure vraiment, un thrash efficace, sans fioritures. Pas de temps morts, pas de niaiseries: non, ici c'est directement dans la gueule! On peut ranger Ural dans la lignée des groupes de revival thrash sans honte!
Le chant est très direct, bien agressif, collant parfaitement à la musique qui est proche d'une déflagration. Un son très honnête, bien plaisant s'ajoute à la chose. Que dire d'autre que de vous pencher sur Ural?

BURIAL HORDES 'Devotion to unholy creed'

2008 Pulverised records - CD digipack

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Oui, je sais. Vous allez dire que c'est vieux (ho, pas tant que ça!!) et obsolète (heu... bande de fous!). Mais je m'en fous. Parce que c'est moi qui fait. Et un jour où l'autre, il y aurait eu des productions plus anciennes (pas les moyens d'acheter que du neuf et je n'en reçois que très via la poste...).

On a affaire ici à de sympathiques black metalleux grecques qui jouent donc... oui, gagné! Du black metal! Mais pas celui avec clavier et guimauve mais le vrai, celui qui est vindicatif, malsain et, forcément, énervé.
Le quator balance un black metal, d'obédience traditionnel, alternant passages rapides et d'autres plus lourds, en gardant l'aspect malsain en ligne de mire, bien que ces derniers soient peu nombreux en comparaison.
Dès le premier titre ('Praise the bloodcode of hatred'), on sait à quoi s'attendre et que ça va faire très mal, durant 36 minutes. Le premier titre est aussi une mise en bouche, courte mais redoutable. Le groupe n'en a d'ailleurs rien à branler des durée, les titres variant de 2'49'' à 6'30''. Et cet écart de temps, sur les titres longs, n'est pas gênant, loin de là. Car le groupe met ces durées à profit pour développer des titres variés tout en amenant une certaine vision artistique du black, avec ces fameux instants plus lents voir lorgnant vers une forme titillant l'opéra, mais toujours avec un aspect malsain. Certains titres vont laisser des intros se développer et d'autres enchaînent directement avec le chant d'entrée de jeu. Efficace! Des passages sont aussi à la limite de l'hypnotique, voire rituel. Et quand le groupe se lache, cela donne des passages très glauques, malsains (la fin du titre 'Gods cutthroat').
Cet aspect se retrouve d'ailleurs dans divers aspects du disque, que ce soit le son, assez raw, grave, le chant, assez atypique, entre un chant black criard et le guttural proche du growling, offrant ainsi un chant qui accroche sévèrement et qui colle à la musique que délivre le combo.
Coté musical, les gars ne rigolent pas du tout, même si le son peut paraître brouillon (une bonne chaîne ou un bon casque rend hommage à leur musique, qui dévoile une certaines richesse) mais ça colle avec l'esprit qui se dégage de l'album. On se prend même à remuer les cervicales sur les passages les plus lents, presque martiaux parfois. Et malgré ce son particulier, rien n'empêche d'entendre les instruments, où la basse, déchaînée, n'est ni en reste, ni en retrait.
Le groupe ne met pas non plus de blanc entre chaque titre. Au contraire, ils sont enchaînés non stop pendant les 36 minutes, relevant presque d'une messe noire. Pas le temps de souffler!
Point de mystère sur les thèmes: misanthropie et satanisme sont majeurs dans les titres, leur groupes vomissant sa haine de la religion, sans prendre de pincettes. Je conseille fortement cet album aux amateurs de violence!


CRUSHER 'Act III: the 1992-1993 reissues'

2015 OVERPOWERED RECORDS - Double CD digipack


Pour une fois, ce sera une photo pour une chronique qui ne l'est pas vraiment. Sans doute une découverte pour beaucoup même si le groupe ou du moins son nom est connu des aficionados de l'extrême ou de l'underground.
Crusher, au début des années 90, a marqué l'underground avec deux déflagration, regroupées ici ('Corporal punishment' et le Ep 'Undermine') plus un petit bonus d'un live de mai 2015.
La réédition se fait via deux CDs, un pour chaque enregistrement, le second comptant en plus le live. Sur chaque CD, on retrouve en vignette la pochette de l'enregistrement exhumé.
Cruher, pour ceux qui ne le sauraient point, est le français (plusieurs groupes possédant le même nom) et proposait (et propose du coup toujours) un death metal très énervé, proche des origines du death mais avec un petit quelque chose de plus, une touche crust. Très caractéristique du groupe, ce vision du death tape fort et vite, privilégiant clairement l'efficacité et la violence presque débridée. Il y a un coté urgence, lié au contexte de l'époque.
Crass (le chanteur, seul membre d'origine) prend le temps d'expliquer pourquoi Crusher (qui se nomma brièvement Frayeurs, toujours lié au contexte de l'époque). Ce groupe, clairement culte (à l'écoute vous comprendrez pourquoi) s'avère toujours aussi efficace. Il suffit d'écouter l'extrait du live, dont 2 nouveaux titres issus d'un split de 2015 prouvent que le groupe n'a rien perdu, malgré un line-up très différent mais qu'il maitrise toujours ce putain de death si efficace.
Crusher fait partie de ces retours de groupes qui ont marqué les années 80/90, à l'instar de Massacra qui semble vouloir eux aussi revenir (ne serait que par le signe de la réédition de leurs albums). Du bon va clairement revenir, ouvrant un voile du passé pour ceux qui ne connaissent pas ou peu ce pan de l'underground et faisant simplement un grand plaisir aux autres (et puis à moi aussi du coup).

L'ESPRIT DU CLAN 'Chapitre VI'

2016 VERYCORDS - CD digipack

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Découvert il y a quelques années en concert, coté musical (le nom ne m'inspirait point), j'ai depuis suivi leurs sorties, ayant toujours ce coté puissant et la dualité des chanteurs. Donc, hop, en cadeau de 'Tu as un an de plus', je reçois ce disque. Le chapitre 5 commençant à dater, que voici donc une bonne nouvelle. Du moins à la vue de l'emballage. Mais à l'écoute? Ratage, hiphop, Bon Jovi metal? Suspense! Introduction de la rondelle dans le mange disque et enfoncement de la touche lecture.
D'entrée, le son est massif, restant fidèle à celui qui caractérise le groupe de la Seine Saint Denis. Après une courte intro sur 'Céleste', qui remet en place de façon très simple (mais pas basique), le groupe enchaîne aussitôt avec son hardcore qui lui est si cher. Et crache sa colère, son énervement et son fiel, tout au long du reste de l'album (13 titres pour environ 50 minutes) mais pas de façon anarchique ou rentre dedans non-stop. Car le groupe à de l'expérience (Pensez! Depuis 1995...) et sais y faire. Céleste, justement, en est une bonne preuve, le titre alternant de passages plus léger opposés à d'autres assez surchauffés. Les titres varient, pour la joie de l'auditeur, que ce soit en durée (3'06'' à 5'40''), qu'en terme de structure. Même si la trame reste assez semblable, les titres les plus courts ne sont pas nécessairement les plus violents ou les plus rapides. Le groupe maîtrise, alternant des passages bien excités à d'autres plus posés où la violence ne se situe pas obligatoirement dans la musique mais dans les paroles ou encore plus fort, dans le contexte musical du morceau. Par moments, des plage de calme relatif sont posées. Et c'est là que tout l'art du groupe s'exprime, ce savant mélange de violence maitrisée et de moments plus posés. Dans cet album, le groupe brosse un portrait de la société, qui n'est pas à son avantage (faudrait être cramé neurologiquement pour la trouver super cool, bien, équilibrée et juste...) mais non sans laisser entrevoir un espoir, ne serait que par l'entraide ou la solidarité (mais pas celle dont nous bombarde les médias, qui ressemble furieusement à une mauvaise sodomie).
La production est juste nickelle, avec ce type de son que j'apprécie, gras et agressif mais sans être irritant. Un bon album qui rejoint fièrement les autres chapitres!!