mardi 29 novembre 2016

TREPANATOR 'Mutant birth'

Trepanator 2016 - Digipack


Tiens, un groupe avec un nom qui évoque: a) le vieux thrash
                                                                     b) un film d'horreur tout pourri
                                                                     c) un surnom de neurochirurgien
                                                                     e) un possible cas d’Alzheimer zikaïsé

Alors? Bon, allez, fin du suspense. jeune groupe poitevin formé en 2012, ces troubadours de l'extrême (car, vous le verrez dans 20 mots, c'est de l'extrême...) sorte cette année leur premier Ep et propose, en brouillant les pistes avec leur nom, un death très typé, dans une veine entre tradition et modernisme.
Le cul entre deux chaises demandez-vous alors, impavides, l'écume aux lèvres? Et bien, je dois bien vous avouez que... non. Point du tout. Le groupe réussit bien ce mélange digne de l'alchimie en coffret deluxe.
Les cinq titres que nous offrent le groupe sont assez directs, non sans certaines lignes mélodiques qui surgissent parfois, de façons très pertinentes néanmoins, ne sont pas non plus dans le concis. Ils prennent le temps de développer leur fumet putride, d'élever leur arômes au rang d'art. Il y a des solos et avec les mélodies, c'est ça qui le place dans le traditionnel. Mais, oui, MAIS (Ho mon dieu, il a mis un MAIS, c'est horrible, que quoi qui va suivre?) aussi il y a la violence maîtrisée et contenue, alliées à une dextérité qui apparaît dès le début du disque et à une vitesse d’exécution assez soutenue. Dans les parties les plus rapides, on frôle clairement le freestyle dans la violence folle mais le groupe ne choisit pas cette facilité, provoquant une vague frustration balayée ensuite par les placements des fameuses mélodies ou solos qui sont fusionnées avec ses parties rapides proches de la démence et ouvrant une perceptive musicale qui s'avère, finalement, plus satisfaisante à l'écoute. Certaines passages ne sont rien d'autres que des mosh parts, faites pour se déboîter les cervicales (bande de petits violents!! Pauvre jeunesse...).
Le son est très bon, très massif, n'ayant rien à envier aux grosses pointures. Les instruments sont tous clairement audibles et le batteur aime ses toms, c'est un trucs de fou! Ce qui est sur, c'est que ça envoie sévère et que le groupe n'est pas là pour faire de la figuration en ouverture de Céline Dion.
La voix est aussi très virulente, dans un registre très guttural mais le chanteur n'hésite pas à en sortir, offrant une variété dans les intonations, ce qui est un choix payant, celle-ci renforçant l'impact qu'à le groupe.
Un premier Ep qui fait mal, très efficace, montrant un putain (oui, j'écris putain!) de potentiel que détiens le groupe. Quand vous voulez, vous venez jouer chez moi!

Concert DETOXED au Black Sheep le 26 novembre 2016

Samedi soir, au Black Sheep, tu pouvais boire une bière (ou plusieurs ou même faire des mélanges avec d'autres boissons enivrantes) tout en écoutant le groupe Detoxed (Thrash, Montpellier) qui s'offrait à la foule délurée et avide de son pour la release party de son nouvel album 'Modern Slavery' (à prononcer avec une grosse voix, parce que ça le fait!).
Pas de première partie, Eightfist ayant dû annuler pour cause de perte de voix dûe à une bien méchante maladie. Tristesse dans nos cœurs et bon rétablissement à Nelly.

Detoxed est donc monté sur scène. Et d'entrée de jeu, la différence entre le EP 'It was written in blood' et les nouveaux titres est énorme. Fini le thrash death mélodique, place à un thrash efficace, massif et rentre-dedans. Le set est focalisé sur le nouvel album (et ça le fait foutrement bien). Le quator est heureux d'être sur scène, ça se voit, ça se sent et le public lui rend son énergie.
Que ce soit Loïc, David ou Benoit, les trois offrent un spectacle en complément de la musique, avec Camille qui s'énerve derrière ses fûts. Les titres sont concis, très directs. La voix de David colle parfaitement à cette voix choisie et assumée. Agressive, faisant quelques incursions dans un chant guttural un instant, les titres offrent aussi des chœurs des trois autres musiciens, renforçant ce coté massif et brut de décoffrage. C'est parfois assez intense, pas dans la demi-mesure et ça suit le fil rouge de l'efficacité.
Le groupe nous prouve d'ailleurs que c'est ça leur style, en nous offrant une reprise de Sepultura, "Roots", qui n'a clairement rien à envier à l'originale, avec un public qui accompagne le groupe. Puis le groupe reprend ses titres, qui ne souffrent aucunement d'une quelconque comparaisons, ne laissant pas apparaître une quelconque baisse de régime.
Et une autre reprise, avant un dernier titre, assoit la maîtrise du groupe. Cette fois, c'est "Bulls on Parade" de RATM. Là aussi, c'est carton.
Le nouveau Detoxed est bien là, près à en découdre sur scène. Sept années entre le Ep et cet album, avec le départ du premier chanteur. Mais sept années qui ont permis au groupe de peaufiner son style avec art.
Chronique de l'album à venir dans les 7 ou huit jours et quelques photos sur la page facebook du blog (www.facebook.com/MargothPdf).

Interview de COLOSSUS OF DESTINY

Groupe parisien œuvrant dans les méandres du sludgecore, COD suit un petit bonhomme (pas en mousse) de chemin, traçant lentement un sillon. Le groupe nous avait contacté via ma femme par facebook en 2009, lors de leur premier Ep qui m'avait bien plu. 7 ans plus tard, un second Ep et un album en plus, le groupe prépare un second album. Julien, tout en discrétion, a répondu à mes question très pertinentes, pleines de mysticismes et de... de... de je ne sais pas. Un groupe à découvrir pour les aventuriers de la musique et aux amateurs d'émotions, même énervées.




1- Salut à vous ! Comment allez-vous ? Bien ou bien ? Pour vous lancer, racontez la formidable aventure qu’est Colossus of Destiny, pour ceux qui ne vous ne vous connaissent pas.

Wesh ! Tranquillement t'as vu ?! (Hahaha)

Et bien pour pas faire trop long, on a monté C.O.D. en 2009, puis sorti 2 Eps (2010/2011) et un album In Lesser Brightness en 2013... Quelques petits changements de line-up (oui ! faut pouvoir me supporter). Et hop un nouveau single en décembre 2016 répondant au nom de "Nothing Seems To Wonder"

On bosse sur l'album, et on tourne début 2017 à Cuba, et sans doute fin 2017 en Russie.

2- Depuis vos début, vous avez évolués d’une forme de stoner/doom vers du sludgecore (« In lesser brightness », 2013 (pour faire simple, on y reviendra plus loin, même si vous ne voulez pas…). Est-ce un processus naturel, du fait des évolutions personnelles ou en fait non, c’est une sorte de business plan musical dont le but secret est de faire ployer la masse des gens sous votre musique et vous instituer Maîtres du monde ? Ou pas du tout, aucune des deux propositions, totalement à coté, la honte pour moi ?

Hahaha, oui comme tu peux t'en douter c'est venu très naturellement, et je crois que le même genre de changement s'opère à l'heure actuelle du fait notamment du changement de line-up et aussi, et des influences toujours un peu nouvelles. On garde une base identique à celle du début, mais en découvrant de nouveaux groupes on en vient très vite à de nouvelles idées de riffs, structures ou autre.

3- Ce choix/évolution/on fait ce que l’on veut vous permet très clairement d’instaurer des parties pouvant être très différentes au sein d’un même morceau. Pouvez-vous ainsi jeter tout ce qui vous tente ou ressentez-vous néanmoins le besoin de canaliser un peu votre douce folie musicale, pour garder une certaine cohérence ?

Très bien vu ! on a vraiment envie de garder le champ des possibles grand ouvert. Si une partie sortie de nulle part nous fait plaisir à jouer et sert le morceau alors on y va.

4- Tiens, d’ailleurs, comme on parle canalisation, pas de fuit, Colossus of Destiny ne serait-il pas un moyen de canaliser de frustrations liées à la vie intense que vous avez (ben oui, Paris = stress = pollution = des gens pas toujours cool ≥ colère…) ? Plus sérieusement, quel est le secret sous-jacent de COD ?

Je crois que la musique en général, celle que l'on joue mais aussi celle que l'on écoute joue ce rôle au quotidien.
Pour CO.D, nos textes sont très blues, voir un peu noirs... ils servent aussi peut-être un peu de psychanalyse... C'est vrai que sans ce projet, pour ma part, je ne sais pas ou j'en serais dans la vie... mais certainement pas bien du tout, hahaha.

5- Et si on se projetait (contre un mur?) dans le futur : que pouvez-vous dire du successeur de ‘In lesser brightness’ ? Des infos pour faire baver ?

Je pense qu'on prépare vraiment quelque chose d'original, on a mit la barre beaucoup plus haut, on mijote aussi un album plus varié... je pense qu'on va en surprendre plus d'un.

6- Continuez-vous dans cette voix sludgecore ou plus fort que Yoda, vous explosez les limites vers une nouvelle évolution somme toute assez logique ? Peut-on s’attendre à du déstabilisant ?

Je crois qu'on va rester Sludgecore par essence, mais je sais qu'on va repousser un peu les limites de ce genre avec les prochains morceaux.

7- Explorez-vous un concept général depuis vos débuts (Hahaha, je vous vois venir : « Oui mec, la musique ! »), auquel vous pourriez introduire un second concept le complète au sein de chaque disque ?

On est bien trop con pour conceptualiser quoi que se soit !..

Mais blague à part, du fait de notre coté blues dans l'approche des textes, à mon sens on amène un coté introspectif et très personnel, dans lequel je pense, tout le monde peut se retrouver... donc sans être un concept c'est quelque chose qui revient systématiquement.

8- Est quand est-il de l’aspect concert ? Arrivez-vous à en faire assez régulièrement ? Pourrait-on vous espérer sur Montpellier (vu qu’il y des groupes de doom et sludge dans le coin, genre comme ça, au hasard, Verdun) ?

On aimerait vraiment jouer au maximum, Montpellier ce serai avec plaisir.
Si quelqu'un veut nous booker un mail ici : juliancito75@hotmail.com (NdB :Les gens, booker ou alors il y aura une malédiction infernale de Bieber en duo avec Gim’s qui vous chanteront du matin au réveil jusqu’à votre coucher une reprise toute pourrie de Stromae)

9- Ho la bonne question qui éclot dans ma tête : avez-vous envisager un split avec un ou plusieurs autres groupes, comme avec mon exemple cité à la question précédente ? Ou même carrément, soyons tarés, poser les bases d’un concept de mélange des différents univers (si univers il y a) ?

Pour le moment la question ne s'est pas posée, mais l'idée peut-être intéressante !

10- D’ailleurs, quel est votre univers à vous ?

"Cause we are quite alone
Neither with stars falling
Nor looking back from heaven
White pages
Dark clouds"
Colossus of Destiny - In Lesser Brightness

"I'm a thousand years from now
Looking forward to see backward
But they ain't got nothing to say
They're silent and stoned
But I ain't got nothing to sell
I'm distant and closed"
Colossus of Destiny - Heavy Loads

11- Dans la question deux, j’évoquais le sludgecore, pour faire simple (Hahahahahahahahahahaha (rire sardonique), vous pensiez que je l’avais oublié?). Compte tenu des structures parfois allambiquées que vous posez, ne serait-il pas plus simple de compliquer les choses avec une définition plus longue, histoire de bien faire chier ceux qui aime coller une étiquette ? N’y aurait-il pas quelque part des influences loin du metal (mais pas genre salsa, hein. Quoique… heu… non…) ?

Comme "Heavy Melodic Sludgecore" !?
Pour les influences c'est vrai que ça va du jazz au rock et du rap/hip-hop, au brutal death metal... oui oui !

12- Comment se porte la scène doom/sludge sur Paris ? Des conseils où jeter une oreille ? Des groupes qui offrent un mélange chelou mais qui le fait ? Joker ?

Ben on aime bien Hangman's Chair.

13- Quels sont vos derniers coups de cœur musicaux ? Ne seraient-ils pas des jardins secrets qui se trouvent violés par ma question ?

Nick Cave & the Bad Seeds, Opeth !

14- Comment voyez-vous le futur concernant Colossus of Destiny ? Vous voyez vous sous les feux de la rampe, nimbés d’une céleste lumière, le monde entier à vos pieds, ou non, vous êtes beaucoup plus humbles ? Plus sérieusement, avez-vous des projets concrets à court terme (concert sur notre balcon, par exemple?) ?

On a un line-up stable alors on va beaucoup jouer cette année !

15- Merci à vous d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. C’est à vous de conclure cette interview !


Grand merci à toi comme toujours c'est un vrai plaisir !

jeudi 24 novembre 2016

DYING EMBRACE / DUSK 'Through corridors of dead centuries'

2014 Cyclopean Eye Production - CD

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On pourra dire ce que l'on veut sur moi mais on ne pourra pas me reprocher de ne pas vous choyer avec des groupes exotiques et des styles variés. Comme autre preuve, ce merveilleux split à la bien belle illustration. Et de bien belles contrées rarement explorées dans ce registre musicale (alors que moult groupes existent...).
C'est un split qui aborde comme une bonne grosse faciale le courant très particulier (ben si, un peu...) qu'est le doom death. Deux groupes, deux pays, deux visions.
Dying Embrace est un groupe originaire d'Inde, de l'état du Karnataka et de sa capitale, Bangalore. Le groupe étire sa vision sur 5 titres, très doomisant. Alors, bien évidemment, le rythme est assez lent (mais pas autant que ce que proposait Cadaverous condition (avec 'In melancholy'), pour ceux qui connaissent), œuvrant plus dans une veine qui pose des lignes harmonieuses mais avec des instants très 'droooooogue' qui pondent des structures complètement chelous.. Le son est très correct, permettant de savourer la musique sans frustration. Le groupe ne se borne pas nécessairement à faire du très lent, se lâchant parfois sur des rythmes plus rapides, prenant au dépourvu et qui rendent très attractifs les titres par cet apport inattendu. Les trois premiers titres sont assez longs, très fouillez et du coup, les deux derniers qui ferment leur partie sont très différents. 'Sky chariots of the Annunaki' tient plus d'un court instrumental alors que 'Twwisted mass of burnt decay' est dans la lignée du doom death que j'évoquais avec Cadaverous condition. Un morceau court qui commence rapidement avant de se ralentir fortement.
La voix est très particulière. Elle collerait parfaitement à un groupe de black sans concession mais ici, ça ne pose aucun souci, celle-ci collant bien à ce que propose le groupe.
Dusk nous vient du Pakistan et leur doom death s'avère plus lent, parfois avec des relents thrash. Le groupe ouvra sa partie sur un instrumental à la guitare sèche, très lent, assez mélodique mais qui dégage un coté mélancolique très dense (suicidencolie?). Enchaine 'Shadow poet', au rythme très lent, à la guitare lancinante, qui ressemble à une déclamation d'une poésie dépressive, très prenante malgré ses 2'51''. Et ce titre impose d'emblée l'essence de ce que sont les deux autres: un doom death lent, lourd, pataugeant dans la vase. Sauf que les deux suivant sont de bien belle longueur, permettant au groupe d'explorer et de développer sa vision du doom death, très prenante, offrant une certaine efficacité dans la lenteur. La voix n'y est pas pour rien, très gutturale, posée, parfois proche de la déclamation. Ajoutée aux riffs lents évoquant parfois du heavy des années 80, l'approche est pour le moins originale et ça le fait bien. Mais la perle du split est clairement la reprise de Bomber de Motorhead, hybride bâtard entre le rock'n'roll et le doom death, offrant une sorte de rock'n'doom death rapide, véritable ovni sur la galette.
Un split réservé néanmoins aux curieux et amateurs avertis mais qui vaut clairement le détour.

mercredi 23 novembre 2016

PARANOIA / PRO-PAST

2014 GOZER RECORD - CD 3 pouces (limité à 60 exemplaires)


Hop, on enchaîne dans l'urgence sonore, sale et méchante. Deux groupes, 20 titres, 17 minutes! Autant dire que ce disque va vous mettre sur les rotules!
Paranoia ouvre les hostilités. Groupe indonésien, le combo évolue dans un grind crust sans concession et sans prise de tête, non sans évoquer les maîtres Rot. Avec des titres ultra concis et un son assez crade qui colle bien à l'esprit (certes le son est assez crade, mais rien à voir avec un son dégueulasse. Ici, c'est un son de l'urgence), il est clair que ça fait mal. Les titres filent vite mais le chanteur à quand même des choses à hurler à ta face, tes oreilles (et celles du monde). Pas de pitié ici, ce ne sont pas des faibles. Certains vont peut être soulever le fait que l'on ne saisit pas toute la subtilité des propos du groupes. Certes. Qu'ils sachent au moins que le propos énervé est engagé.
Au-delà du 10è titre, on entre de plein pied dans le monde de Pro-past, un duo serbe de grind. Là aussi ça va vite, dans l'urgence, avec un son différent et deux chants. Alternant chant en anglais et en serbe, cela apporte une touche d'originalité pas piquée des hannetons. Le chant vire parfois au gore, sans que l'on sache trop pourquoi mais qu'importe, car ça ne pose pas de problème. Le duo se permet même de développer des errances musicales un peu éloignées du grind (bon, développer est un grand mot sur un titre d'une minute...). A noter deux titres au son live, enregistrés comme ça, hop, je t'offre un cadeau!
Un bon petit split à l'arrache, tel que l'underground nous en offre parfois. Et ça fait du bien pour se lâcher.

ELIGORIUM 'Antihuman process misanthropic progress'

2015 Zombie records - CD

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Ce qui est bien avec les chroniques, c'est la possibilité de voyager entre tes oreilles, découvrir d'autres contrées aux mélopées incroyables. Comme ici, avec ce groupe qui nous vient de Russie, du sud de la Sibérie (pas loin de la frontière avec la Mongolie, hop, minute de culture) et aime faire de la musique pour occuper les soirées hivernales qui peuvent être un poil longues.
On a ici ainsi le 3è album du groupe, que j'en suis sur, nombre d'entre vous n'ont probablement jamais entendu parler. Ce qui ne sera plus le cas du coup (magique, n'est-il pas?).
Avec un tel titre d'album et un aussi beau logo, pas de doute à avoir, le thème qui est abordé sera l'aspect idéologique du satanisme. Que voilà un thème bien festif n'est-ce pas?
Concrètement, ici, ça se déploie sur 7 titres offrant 35 minutes de musique pour auditeurs avertis. Le groupe a porté son choix sur un thrash death aux relents black qu'il est bien coquin et très malsain.
L'ambiance se fait dans la noirceur et le malaise avec un titre à la limite de truc très rituel. C'est plein de dissonances, de disharmonies, d'accords tout glauque avec un chant extrêmement malsain, presque une voix digne de démon, répétant sans cesse le titre en boucle. Et instaure un décor qui pourrait bien se rapprocher de celui de la fin du film l'Au-delà. Assez déstabilisant.
Puis ça enchaîne directement avec 6 titres rapides, énergiques et très typés thrash death, avec des lignes de guitares parfois orientées black. Mais c'est surtout la voix qui s'avère très dérangeante,malsaine, à mi-chemin du thrash sale et du black. Et cet ensemble prend aussitôt, la noirceur des morceaux combinée à ce chant est une tuerie.
Musicalement, ça va vite. Le duo assure vraiment. Les 5 vrais titres qui sont présents sont tous  avec une identité propre. Pas de redondance. L'aspect thrash se démarque dans le solos de malades, avec ce coté percutant très bon.
Au premier titre faisant lieu d'intro, on entend bien que la batterie est programmée. Et c'est là aussi un point fort du groupe, car sur les titres qui suivent n'ont pas cette impression et on oublie vite que la batterie est programmée.
Un autre point intéressant est le dernier titre qui clôture la bête. Reprenant l'essence des cinq titres précédents, ils y ajoutent une note de malaise et de malsain en reprenant les éléments du premier titre-intro, clôturant ainsi cet album sur une entité bicéphale très sombre et dérangeante, qui laisse entrevoir ce que le groupe peut faire, avec cette fois un chant très différent qui s'ajoute, associés à des chœurs juste flippants. Et putain, c'est bien! Donnez-vous du mal pour pouvoir écouter ça, ça vaut le détour!

mardi 22 novembre 2016

Interview avec Dro de DYING FLAG

Une poutre inoubliable !

A Nîmes, ya plein de groupes excellents si on compte All Dogmas We hate, Eclypse, Epilepsy ou même 8More8, mais il y a un groupe que je tenais à vous présenter et qui a sa place dans la cour des grands. Un groupe qui mêle du punk à la sauce thrash et death, un groupe qui gueule sur les méandres et controverses de notre société, et l'espèce humaine. Je veux bien évidemment parler de DYING FLAG. Ce groupe poutre chaque public qui vient les voir en concert, provoque pogos sur pogos et enchaîne les dates comme jamais. Penchons-nous davantage sur le groupe en compagnie du bassiste Dro qui a répondu à l'appel du Loup de Margoth pour en dire plus !



Thorwald : Salut Dro, alors pour commencer, peux tu me parler de Dying Flag ? Comment le groupe est né ? Vous fracassez des gueules musicalement depuis combien de temps maintenant ?

Dro : Le groupe s'est créé en 2009 avec Steven le guitariste rythmique et Laurent qui était à l’époque à la guitare et au chant (il se consacre uniquement au chant aujourd’hui). Puis Tonin le batteur les a rejoint assez rapidement. Ensuite je les ai rejoint en 2011 et derrière ya eu Veuch, le guitariste soliste qui est arrivé en 2013. Donc ce n’est que depuis 2013 que la formation est vraiment complète !

Thorwald : La première fois que je vous ai vu jouer, c'était au Headbang Contest à Montpellier il y a 4 ou 5 ans je crois, puis je vous ai vu revu à la finale qui a eu lieu au Rockstore et que vous aviez gagné. C'était votre première victoire sur un tremplin musical ou vous en avez connu d'autres bien avant ?

Dro : Oui c'est la première fois qu'on a gagné dans un tremplin. A noter qu’il y a eu une finale aux alentours de Paris et que sur 5 groupes on a fini 3ème ! La finale s'est déroulé précisément dans le cadre d'un festival qui s'appelle le "Triel Open Air " et dans lequel on a joué aux côtés de groupes assez sympas comme par exemple Blazing War Machine et Witches ! On a donc gagné la finale au niveau régional au Rockstore, mais au niveau national on a manqué de peu de pouvoir accéder au Motöcultor Fest' puisque c’était ce qu’il y avait à la clé !

Thorwald : Votre musique est de mon point vue explosive : votre alchimie mélange du Punk, du Thrash, du Death Metal et du Hardcore ! Avez-vous des influences précises niveau groupe qui vous donne cette force et cette inspiration ?

Dro : Entre autres, Steven a pour influence Pantera et Hatebreed, Laurent a Trivium et Devildriver, Tonin a Feared et Lamb Of God, Veuch a Gojira et Exodus et pour moi Death et Opeth ! Les influences sur lesquelles on se rejoint tous sont Metallica et Slayer pour ne citer qu’eux. Au final, on a des influences diverses. La plupart d'entre nous n'écoute pas ce que l'autre écoute et je trouve que ça participe à la richesse de ce que l'on produit !

Thorwald : Sachant que vous incorporez chacun votre touche personnelle, ce qui rend votre musique putain de dynamique, quels sont les touches de tes comparses ? Et la tienne bien évidemment ?

Dro : Alors déjà ce qu'il faut savoir, c'est qu'on compose tous ! La plupart du temps on commence par la guitare. Steven et Veuch sont donc compositeurs naturels. Laurent a longtemps été guitariste dans le groupe, donc il compose autant que nous. Tonin compose aussi beaucoup les parties guitares (même si ça se voit direct que c’est un batteur dans la façon dont il compose !). Pour ma part j'étais guitariste avant d'être bassiste donc je compose tout autant que les autres ! Ensuite on apporte chacun notre patte ! Tonin aime clairement ce qui est rapide et technique, ensuite Steven aime ce qui est YEAAAAAAAAAAH ! (rires) ! Veuch a une vraie sensibilité en termes technique, c'est-à-dire que quand il écoute une musique il a une facilité pour capter l'émotion qu'elle dégage ! Vu que c'est le guitariste soliste, on va retrouver dans ses solos quelque chose qui va transmettre cette émotion ! Pour moi, si on regarde vraiment mes influences directes que sont Opeth et Death, j'aime le côté bien bourrin qui transperce et lacère les tympans tout en se mêlant au côté poétique. En gros, ce que j'aime c'est l'alliance entre les mélodies et le côté bourrin, j'aime que la musique raconte une histoire. Opeth par exemple, sont les maîtres ! Quand tu les écoutes, qu'il y a un growl bien sauvage et qu’une guitare acoustique arrive à la perfection pour calmer le jeu, ça me prend aux tripes et j'adore ! Ce que j'essaye d'apporter, c'est de faire vraiment en sorte que la basse aie une place à elle. Il faut qu'elle laisse de la place aux autres instruments, et d'un autre côté je veux pas qu'elle soit un mouton qui suit les pêches de la batterie. C'est pourquoi je me base sur Obscura et Necrophagist qui ont des bassistes exceptionnels ! J'essaye donc par exemple d'incorporer des solos de basse, c'est très difficile ! Je sais pas si j'arrive à le faire mais ça me plaît vraiment ! Quant à Laurent, il faut savoir que c'est une pile électrique, il arrête pas de bouger, fait du chant death mais a aussi le mérite de trouver, de chercher et d'apporter de la musicalité dans son chant. J'aime beaucoup qu'il ne chante pas qu'en death. Il module sa voix et apporte une très belle touche !

Thorwald : Votre EP qui date d'un an je crois maintenant est juste excellent, ma préférée est bien évidemment "Jack" ! As-tu un morceau de ton groupe que tu adores jouer en concert et que tu aimes écouter en b
oucle de ? Si t'aime la pression, lâche-toi !

Dro : L'EP date de début 2015 donc ça fera plutôt 2 ans. Par rapport à l'EP, il y a Boss et Painful Revenge. Boss est très Punk au niveau du chant, Thrash au niveau de composition. Painful Revenge a un côté indus' que j'aime beaucoup et elle symbolise l'arrivée de Veuch dans le groupe. Je peux pas me départager donc je dirai ces deux-là ! Boss correspond à notre univers et Painful Revenge à ce côté évident de la valeur sûre !

Thorwald :  Vous avez fait des premières parties plutôt sympa je trouve ! Notamment au Secret Place de Montpellier ! Que ressentez-vous tous quand vous savez que vous allez ouvrir le bal du chaos pour un groupe plus ou moins connu ?

Dro : Je pense qu'il y a deux aspects qui se démarquent ! Le premier, on prend du plaisir à monter sur scène et on veut donner aussi du plaisir à tout le monde, ça fait partie des moments d'une vie de groupe qu'il faut savoir savourer ! Et le second, on a quand même une part dans laquelle on se dit "Putain, faut qu'on les poutre ! Que le public retienne notre nom quand même !". Je veux pas qu'on pense que c'est élitiste de notre part, on est quand même assez humble pour savoir que c'est le deuxième groupe qui est sensé tout déchirer, mais on fait aussi partie du show donc « on va les poutrer les premiers ! ».

Thorwald : Ok poto, alors maintenant dis-moi 3 mots qui résument ta niak de zikos !

Dro : Ok alors passion, ensuite langage universel et énergie !

Thorwald : Un album de prévu ? Ce serait dantesque si c'est le cas !

Dro : Effectivement, l'album est prévu et je peux pas te dire où on en est actuellement, mais ya des teasers qu'on peut retrouver sur Youtube et la page Facebook pour donner envie au gens !

Thorwald :  Quand tu vois où tu en es avec Dying Flag actuellement, ça te fait quelle impression ?

Dro : Pour moi ya toujours deux aspects assez importants ! D'un côté, je regarde derrière car ça fait 7 ans que le groupe existe et 4 ans qu'on a vraiment bien démarré. Je pense qu'on aurait pu faire plus. Maintenant que je vois le chemin qu'on a parcouru, je me dis que j'ai été privilégié, qu'on a vécu des trucs extras ! Et quand je me tourne vers l'avenir, je me dis qu'on a un long chemin à parcourir. Je ne sais pas si on va y arriver mais en tout cas, je sais qu'on a une belle page à écrire !

Thorwald : Cet espace là est pour toi ! Si t'as des messages à faire passer pour les fans, tes comparses, tes copains, ta famille, etc, fais-toi plaiz' !

Dro : Pour commencer, je te remercie toi de t'être consacré à cet interview, de t'intéresser à nous, Ensuite je remercie mes potos avec qui j'évolue dans ce groupe parce que je délire bien avec eux et je fais une musique que j'aime donc je suis vraiment content que l’on partage ça ensemble ! De façon personnelle, je remercie aussi tout mon entourage parce que ya toujours eu quelqu'un soit pour me pousser, soit pour me lancer sur une voie. Par exemple mon père m'a lancé dans la guitare, ma mère et ma chérie m’ont soutenu (et il y en a d’autres encore…). Et bien sûr, pour terminer, je remercie vraiment les gens qui nous suivent ! C'est pas évident pour moi de me mettre à leur place. En tant que zikos, la plupart des concerts que j'ai vécu, c'est moi qui ai joué et du coup c'est difficile de s'extraire du côté de la scène pour se mettre à la place du public. On a pas souvent de critiques vraiment poussées. Du coup ça reste un peu mystérieux pour moi le fait que des gens nous suivent, mais ils sont vraiment sincères et nous donnent beaucoup d’énergie. Qu’ils soient 200 ou 15 devant nous, ils continuent de nous pousser. Sans eux on ne serait clairement pas là. Merci à eux !

Thorwald : Merci beaucoup Dro !

Dro : Yes, c'était cool !

jeudi 10 novembre 2016

INSTANT ZIIIIIIIIIK' : ECLYPSE

Le Clan revient sur ses anciennes terres conquises !





Guerriers vikings et fiers païens, relevez vos boucliers et dégainez vos épées, je vais vous parler d'un groupe exceptionnel de la nouvelle génération de Pagan Métal : Eclypse. Le clan étant originaire de Nîmes, il se fit remarquer une première fois au Headbang Contest de Montpellier il y a 4 ans maintenant, le festival eut lieu au Secret Place à Saint Jean-de-Védas précisément et ce fut la guerre. Le groupe ayant subi plusieurs changement de line-up, cela ne les empêcha pas de continuer leur avancé et de se rendre sur les terres du Ragnard Rock Festival par exemple ou encore au Hellfest off pression live où ils ont partagé la scène avec des groupes d'enfer comme 8More8 ou When Reasons Collapse !

Concernant leur musique, les influences de Eclypse vont de Ensiferum en passant par Eluveitie, Skyforger et Finntroll et même Arkona. La hardiesse et la force de leur Järl chanteur Nestor renforce cette puissance païenne folkloriquement envoûtante, guerrière et nostalgique, leur EP que je vous recommande est "Heart Of The North", il est sur leur site web que vous découvrirez lorsque vous irez checker leur page facebook ! Si vous êtes curieux et que vous voulez découvrir ce groupe, je vous conseille FORTEMENT d'aller les soutenir au Festival Emergenza qui aura lieu au Black Sheep de Montpellier les 9 et 10 décembre ! D'après mes oreilles lupiennes, ils ont un nouveau guitariste qui a priori envoie du lourd !

En gros ? Il s'agit d'un groupe qui mérite d'être soutenu et qui mérite tous les honneurs y compris leur place au Valhalla ! Pour plus d'infos, allez sur leur page facebook !

T H OR W A L D

lundi 7 novembre 2016

HYMEN HOLOCAUST 'Kissed by the dead... touched by the deformed'

2014 Splatter zombie records - CD

                          
Que voilà un one man band des Pays-bas qui aime la joie, la tendresse et l'amour. Si possible le plus dégueulasse et avec des cadavres. Bien fermenté. Donc, pas de miracle, on a ici un concept album autour de la nécrophilie, inspiré par un film canadien sur la nécrophilie, 'Kissed' (moi je suis plus vers 'Blue Holocaust' tout en malaise et tabous transgressés ou 'The necrofiles' (les deux), beaucoup plus direct et outrancier)). Et tout naturellement, le style est bien évidemment du goregrind (je verrais mal du heavy pour ça...).
Le son est d'entrée excellent, très massif, avec une batterie qui sonne live (rhaaaaaaaaaa, la caisse claire!!!). Et c'est très rapide, sans concession. Vraiment aucune. Et c'est assez fort car bien que ce soit du goregrind, les titres dépassent les 3 minutes à l'aise Blaise, sans que les samples servant d'intro ne soit la cause ou la conséquence des durées. Car c'est bel et bien le parti pris de Morris, faire des titres qui poutrent sur la longueur, amenant des passages plus lents voir lourds sans pourtant oublier le style dévoyé.
Et cela donne une demi heure pour 12 titres qui fleurent le rance et la putréfaction. Et impossible pour moi de rapprocher vraiment sa musique d'un groupe particulier, Morris ayant pris le parti d'explorer son univers, tout en respectant les codes du style.
Et l'un d'entre eux est une forme d'humour que l'on retrouve dans les titres ('Cock Rubbin', 'No milf today', 'Steak and blowjob day'...), a l'opposé même de l'essence des titres qui eux, ne prétent pas à rire, ni même à sourire. Aspect se retrouvant dès le début face à ce mur de guitares, très rapides, offrant une déferlante de violence, semblant parfois hors de contro^le alors que non, celle-ci est bien maîtrisée, comme l'apport de rythmes plus lourds le prouve.
La nécrophilie en thématique forte lui permet ainsi d'avoir perpétuellement une ambiance glauque et poisseuse,, dérangeante (ha non? Ben fais écouter l'album à tes voisins et fais un deuil sur tes rapports amicaux éventuels avec...).
Et dans tout ça, on se prend au jeu de suivre les rythmiques, qui nous captent dans les méandres putrides de l'album, nous offrant une certaine forme de romance, mais bien déviante. c'est bestiale, brutale, immonde et pourtant, l'album est une véritable bombe d'efficacité!

MORBID CRUCIFIXION 'Decaying human flesh'

2014 Morbid generation records - CD

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Amateur d'exotisme, voici une petite pépite rien que pour vous. Nous venant de la ville de Haifa en Israël, ce one man band (Rot que le gars se nomme) balance sans prévenir (enfin si, on se doute un peu, entre le logo et la pochette), un brutal death à voix très gore mais qui aborde des thématiques axées blasphèmes, satanisme et du cul.
Le son n'est pas mauvais du tout, compte tenu que tout est fait et géré par le gars. Son death est efficace, bien qu'il lorgne plus vers le slam death, plus lent et paradoxalement, cela s'avère plus percutant.
Hormis 'last hope' et ses 2'36'', les titres pètent à l'aise les 3'30 et même plus, je vais y revenir pour un titre en particulier. 10 titres, 50 minutes, il y a de quoi se balancer contre les murs en cadence.
Les vocaux ont tendances à sembler assez répétitif parfois mais la musique permet d'oublier ce détail. Vocaux qui rappellent un peu un petit groupe nommé Mortician, avec cette approche très particulière et assez peu répandue.
La musique est assez variée, du fait du choix des durées variables selon les titres et d'approches diversifié, tout en gardant en tête que c'est du death qu'il fait. Et quand même énervé. Et ça lui permet de faire des titres aux structures parfois alambiquées, très torturé et d'aller loin dans le cheminement et dans sa logique, imposant sa vision des choses.
C'est ainsi que le titre fleuve 'Jdarasa' et ses 10 minutes s'expliquent. Ce titre, loin d'être chant, développe une approche très particulière au regard des autres titres, amenant des embryons d'ambiances parfois fortement malsaine, couplées à des rythmiques alternant blasts sans concessions et d'autres, plus vers une forme binaire. L'architecture du morceau est ainsi très torturée, collant bien à la vision du death que nous offre Rot avec cette offrande.
L'album s'avère assez dérangeant dans cette approche, clairement extrême, tout en caressant le désir secret de te faire te péter les cervicales.

VILE DISGUST 'Love all the pigs'

2014 Bizarre Leprous Production - CD
 


Dans une précédente chronique, je parlais de la scène hongroise, dense et très active. En voici un nouvel exemple, dont vous noterez la bien belle pochette très raffinée, subtile et de bon goût. Ici, point de mystère: avec le label Bizarre Leprous, c'est forcément du bourrin. Et ici, on va direct dans un goregrind avec chant de goret.
S'ouvrant sur un magnifique rot proche de la régurgitation, l'album part pied au plancher. Et ce qui marque d'emblée, c'est la qualité sonore de la bête: très propre, permettant de savourer chaque part du groupe.
Les 15 titres emboîtent le pas, pour 26 minutes de délicatesse. Ici la règle c'est le défourraillage direct, sans fioritures. Ça va vite et c'est dégueulasse, comme tout bon goregrind qui se respecte.
Néanmoins, le groupe ne se borgne pas nécessairement à rester bloqué dessus et distille par moments de bonnes idées, Comme par exemple un titre qui n'est rien de plus que du grind rock, tendance gore bien sûr, évoquant Mucupurulent. Ou carrément apporter une base slamgore, tout aussi efficace!
Ce qui est aussi percutant chez le groupe, c'est le chant. Que dis-je, les chants. Ils sont deux, donnant une densité à cet aspect, l'un très guttural, le second tout en gruik. Très efficace et complémentaire, l'approche se révèle parfois plus comme un instrument de plus.
Les rythmiques sont rapides mais parfois échappent au contrôle et partent en sucette, avec des rythmes syncopés ou plus proche de courant musicaux moins adéquate en approche mais qui réussissent bien à la faire.
Le mieux est de vous faire une idée par vous-même, en vous préparant à une grosse claque.

samedi 5 novembre 2016

BAIN DE SANG 'We are the blood we are the fear'

2016 Dingleberry records and distribution -  CD et vinyle 12" (en fait le cd est bonus du vinyle...)

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Amateurs de stoner doomisant et de pop acidulé, passez votre chemin. Rien de tout cela ici. Alors, vu le visuel, vous fomentez une suspicion d'un vil groupe de black metal très méchant (ben oui, il y a une église en feu!!!Et puis, Bain de sang en nom... quand même!
Et bien non. Point du tout. Mais c'est très violent quand même. Ce délicat groupe de Paris balance un Ep très concis (9 titres pour 13 minutes) de grind hardcore saupoudré de powerviolence. Alors donc, on peut le dire, ils ne sont pas là pour faire décoration.
Les titres sont ultra concis, allant au direct, en choisissant le piétinement en règle par une horde de bisons en rut (le rut, c'est bonus). C'est très intense, les titres dépassant à peine, pour les plus longs, la minute trente. Les rythmiques se rapprochent fortement de la cadence de tir d'une arme automatique, associé à une muraille de guitares. Ici, on s'en tape de la douceur que je vous dit.
Néanmoins un titre plus long que les autres surnage dans le déferlement de violence, posant une sorte d'intermède plus relaxe, mais qui déboîte quand même, faut pas déconner.
Le chant est principalement entre le chant hurlé et crié, très énervé, d'une rare rugusité pour les cordes vocales. Très délicat le matin pour vos collègues de travail.
Le son est ultra massif. L'ai-je dit que c'est rapide? L'Ep passe donc très vite, sans laisser une seconde de répit. Et malgré cet état de fait, les titres arrivent néanmoins à avoir une certaine identité entre eux. Mais putain, quelle densité ce disque!! A découvrir pour les amateurs de violence gratuite mais structurée!