dimanche 19 novembre 2017

ALL BORDERS KILL 'Nuclear dancing'

2017 All Borders Kill - Démo cd
On change de registre avec cette chronique. Venant de Montpellier, avec un tiers de Zoldier Noiz à l'intérieur, découvrez et prenez une claque avec ce groupe qui officie dans un registre punk metal mais punk avec une tendance crust quand même.
3 titres, juste ça. Mais alors qui dynamitent tout! Urgence des morceaux oblige, pas de place à la délicatesse. Ici, c'est juste pour tout défoncer, sans compromis. Trois titres sans concessions, fortement jouissif!
Le son est juste top, ça aussi c'est clair. Pas de compromis non plus ici avec les instruments, tous bien présent. Alors oui, c'est vraiment à cheval entre le punk, que l'on retrouve dans le chant et certaines lignes de guitares, mais un punk vers les extrêmes, lorgnant vers le crust et le metal où il y a le reste, mais un metal sérieux, pas de un metal calme. La rencontre des deux est explosive, violente et fait vraiment plaisir!
Sur la démo, on perd un peu de la folie en live mais qu'importe, car ça reste juste jouissif!

ARMOR 'Je n'ai pas les yeux des hommes'

2017 Custom West records

Mathieu Clobert est un artiste belge qui officiait sous son nom de 2010 à 2016. Et puis, zou, folie, il se créé l'identité Armor. Et sort un ep, du nom de 'Je n'ai pas les yeux des hommes'. Puis, il trouve mon mail et me contacte, complètement dans un accès de folie, pour soumettre son projet à mes oreilles et avoir une chronique. Quel courage, quelle abnégation!!!
La forme du projet est clairement la chose la plus abordable, musicalement, que j'ai eu à écouter. Dans une veine pop-rock, où la pop domine pas mal, Armor assure déjà sur une chose: l'aspect rock se retrouve dans le son (excellent!!!!) qui est assez brut (dans le registre) et puissant quand même. Citer des artistes pop pour situer l'auditeurs ne sera point possible, n'ayant franchement aucun repère pour cela. Le coté rock, il faut lorgner vers Noir Désir, Luke ou encore Saez. Les paroles sont en français, ce qui aide bien pour comprendre le sens des paroles, qui au-delà d'un premier abord consensuel, s'avère être réfléchie à ce qu'il me semble (face à ce que peuvent apporter les artistes radiophoniques). On ressent une certaine envie de tout défoncer, d'exploser ce monde aseptisé.
4 titres et une outro composent cet EP qui s'avère pas mal foutu. Les sonorités que l'artiste utilise sont assez accrocheuses, avec un coté industriel pas dégueulasse, bien au contraire.
Les titres alternent des passages très pop, c'est indéniable, tranquille, histoire de poser son constat. Mais lorsque ce sont les phases rock qui prennent le dessus, c'est beaucoup plus intense, proche d'une agressivité, jusque dans le chant qui est plus rugueux, va-t-on dire. Et c'est cet aspect qui me plait le plus. Parce qu'au fil des 4 titres, on a bien l'impression que le coté rock va prendre le dessus (l'outro renforce vraiment cette impression) et franchement, ça serait foutrement accrocheur.
Ce qui m'ennuie un peu, c'est qu'il n'y ait pas plus de titres. car il y en clairement une envie d'en découdre qui couve, certes dans une voie rock, mais putain, si l'évolution se fait dans un registre plus rock, on aura quelque chose de vraiment sympa à découvrir.
Et oui, dans les phases rock, le son est plus énergique et Armor y va même en poussant plus loin ses possibilités vocales. Certes, on est loin de tout ce qui est blast beat, descente de manches, shred et autres délicatesses sonores. Mais je dois bien avouer que c'est vraiment plaisant, ça change du grind ou du death mais ça change en étant intéressant. Les plus ouverts ou les amateurs de rock devraient pouvoir adhérer à la cause d'Armor.

mercredi 1 novembre 2017

WITH THE DEAD 'Love from With the dead'

2017 Rise Above records - CD 


Joie et bonheur de savoir quoi qu'est-ce: https://youtu.be/gJK7AEocCP8

En ce jour des morts, quoi de mieux qu'un peu de musique pour se mettre en joie? Et bien, jour de chance, j'ai ce qu'il vous faut!!! Voici les types les plus joyeux du jour, les guillerets With The Dead.
Et coté joie, c'est intense! 7 titres pour 65 minutes... Ah ben vous allez en manger de la joie!!
Derrière ce groupe on retrouve un certain Tim Bagshaw et un certain Lee Dorian. Donc, globalement, on sent que ça va pas être trop joyeux et le rythme risque d'être... assez lent. Et surtout d'une folle gaieté. Je vous l'ai dit non?
D'entrée de jeu, outre un son vraiment massif et puissant, bien lourd, on découvre, après une intro quelque peu rugueuse, un doom stoner où l'équilibre des deux genres se fait à l'idéal. D'un coté, la lenteur du doom, la lourdeur vraiment caractéristique, sans être étouffante et de l'autre, le stoner, avec une certaine chaleur dans le chant (mais en restant doom quand même hein, on ne va pas faire trop festif) et cette 'profondeur' que l'on croirait venu de loin, tout là bas (tend ton doigts à l'extérieur, vers un point perdu de l'horizon).
Si le son accroche d'entrée de jeu (malgré la lourdeur, il y a un coté chaleureux assez étonnant), c'est surtout la construction des morceaux et le rythme assez tranquille (voire vraiment lent mais toujours avec cette lourdeur) qui attrape vraiment pour ne plus nous lâcher. Bon, il faut dire qu'avec les deux gars cités, on est entre de très bonnes mains pour le genre.
Les titres prennent leur temps. Même un vieux en déambulateur va plus vite. Certes c'est lent mais cette lenteur a la vertu de leur laisser explorer leur univers et de faire ce qu'ils veulent, sans se trahir eux-même. Ils peuvent prendre un aspect fleuve mais sans être chiant, allant jusqu'au vice de la limite du sludge parfois mais sans jamais la franchir, restant sur cette lame de rasoir, en maîtrisant vraiment leur sujet.
Coté bonne humeur, ce n'est pas trop à l'ordre du jour. Les titres respirent une certaine noirceur mélancolique, pas dégueulasse, avec un sens très nette de la mélodie et de savoir poser l'élément qu'il faut au moment opportun. La section rythmique est d''une grosse importance, ainsi que cette envie de laminer mais d'une façon peut conventionnelle. Et ça fonctionne.
Le chant aussi vaut le détour. Clair mais quelque part entre un chant déclamatoire et incantatoire. On est assez proche de litanies, participant à l'ambiance particulière de l'album.
Et tout cet ensemble nous mène dans un voyage intense à sa façon, nous éloignant de nos ennuis quotidien à l'écoute de cet album. Les fans de doom doivent vraiment avoir cet album. Obligé.

samedi 28 octobre 2017

WILDSPEAKER 'Spreading Adder'

2017 Prosthetic records - CD digipack

Joie de vivre et bonheur ici: https://youtu.be/4ll-YlUTMg0

Wildspeaker est aussi un jeune groupe intéressant, venant de Dallas où il me semble, à l'écoute de leur album, que la vie là-bas, ce doit être un sacré tas de merde. Ou cette ville est la plus chiante du monde, à cause de son univers impitoyable (ou pitoyable?). Alors pour les amateurs, ce groupe est un groupe à chanteuse. Mais pas du tout à la Nightwish ou je ne sais quoi d'autre. ici, c'est du sérieux. Du bon gros sérieux. Il suffit de voir la pochette, sobre, sombre et d'une rare subtilité.
Wildspeaker offre une musique assez caractéristique, bien éloignée de ce que l'on tendrait à connaitre. Intense, sombre, limite idéal pour un enterrement (genre rapide l'enterrement...), le groupe balance quelque chose que l'on pourrait nommer black sudge hardcore avec relent crust. Rien que ça.
L'aspect black sludge marque directement l'oreille et notre attention. Tour à tour rapide puis lent, très lourd, l'ensemble dépote vraiment, même dans les phases les plus engluées dans le sludge. Pour donner une idée du truc, ce n'est pas possible. Il faut vraiment écouter ce mélange improbable.
L'aspect hardcore de l'objet se retrouve à la fois dans la musique, lors de passages caractéristiques mais aussi dans la voix, sur laquelle je vais revenir plus loin.
Les titres sont indifféremments longs ou courts, ce n'est pas là une importance dans la musique du groupe. Les longs peuvent être à la fois  lents et très rapides et les titres courts, intense et furieux mais lourds. Le groupe aime mêler ces aspects à priori contradictoires dans une musique qui s'apparente au fur et à mesure de l'écoute d'une expérience et d'un voyage dans les méandres de ce qu'il y a de plus sombre dans notre société et de régurgiter le constat. Une sorte d'éructation contestataire quoi.
Le groupe utilise pour ce savoir faire tout ce qu'il peut, au travers de larsens, de breaks, de dissonances, de vélocité, de dextérité... Tout en prenant soin de garder l'ambiance délétère sombre créée dès les premières notes de l'album. c'est à la fois un mur qui s'écroule sur nous comme un kidnapping dans un monde sombre (et accessoirement, cet album peut être une bonne bande sonore pour écrire ou dessiner). Il n'en demeure pas moins que l'impact du groupe touche à l'âme et confère dans certains passages au sublime en injectant une mélodie aérienne soudaine.
La voix, elle, est donc celle d'une dame, Natalie. Et elle est très loin des standards en règle dans le genre. Très plaintive, à la fois black et hardcore, tout en ayant cette spécificité vocale lié au sludge, la décrire n'est point aisé pour moi. Mais elle est bien présente, aspect essentiel du groupe. Parfois lente, déclamante, elle n'hésite pas à aller dans la rapidité, se percher dans un mixe black sludge assez détonant. Et participe clairement aux ambiances qui font l'identité d'un album fort riche et que les amateurs d'extrêmes devraient au moins écouter.

WORMWITCH 'Strike mortal soil'

2017 Prosthetic Records - CD digipack


Douceur et volupté ici même: https://youtu.be/24v_bUwCJJU

Jeune groupe de Vancouver, plein de fougue et de colère, Wormwitch laisse dans son sillage ce genre d'album, petit condensé énervé assez furieux, 10 morsures pour 39 minutes d'agression sonore pure.
Après une intro fort sobre, tout en mélancolie et douceur ('As above') arrive la première déflagration qui inaugure la violence du disque. Avec une base black bien marqué, le quator s'est dit: "Tiens, si on y ajoutait du crust, histoire de faire plus violent?" Et ils l'ont fait. Ce qui n'est pas con non plus, au regard des origines du black.
Le résultat donne un véritable brûlot qui respire l'énergie mais très intense. Mais le groupe installe aussi des plages beaucoup plus calmes, apportant une lourdeur très malsaine, assez typique de variante black dépressive. Et ce mélange de hargne, d'énergie et de noirceur presque introspective assumé offre une vision fortement intéressante et accrocheuse à leur musique.
Le groupe ne choisit pas toujours un rythme soutenu, aimant apporter lors des passages évoqués précédemment, une lenteur voulue qui lie l'ensemble à une certaine ambiance malsaine. Le chant s' y adapte aussi, souvent typé black mais parfois clair et alors plutôt incantatoire. L'ensemble n'en demeure pas moins catchy voir rouleau compresseur avec cet aspect crust évoqué. Un des titres qui en donne un bon exemple est 'Relentless death', titre rapide à mi-chemin entre black et crust justement.
On retrouve beaucoup d'éléments disséminés dans les titres, dont certains sont très crsut'n'roll, nous livrant une forme sonore fortement appréciable et un mélange fortement addictif, à l'instar de 'Cerulean Abyss' passant sans vergogne du black au crust en une fraction de seconde, par une transition subtile et qui fait taper du pied ou te déboîter les cervicales.
Et à l'écoute de l'album, d'accord, ce ne sont pas des titres qui vont rester en tête, mais bien des fragments de bravoures ou ciselés qui impressionnent la mémoire, jouant sur l'attachement que l'on a pour cet album. Va-t-on s'en plaindre au final?

vendredi 27 octobre 2017

HAEMORRHAGE 'We are the gore'

2017 Relapse Records - CD


Haemorrhage, c'est ça: https://youtu.be/fVp2ogOxOwo

Quelle bien belle fin d'année! Septicflesh, maintenant Haemorrhage (en attendant Misanthrope et Cannibal Corpse...). Haaaaaa, Haemorrhage...Autre groupe parmi mes favoris. Découvert avec l'album Grume (puis j'ai complété au fur et à mesure...), je n'ai jamais été déçu par ces sympathiques espagnoles respirant le bonheur, la tendresse (du marteau sur la chair) et la douceur (d'un coup de scie circulaire).
We are the gore est un foutu bon album, offrant ce qu'est Haemorrhage: un album intègre, dédié au goregrind mais toujours avec ce petit plus qu'il y a sur chaque album. En l'occurrence, ici on retrouve un élément originel du grind, dans une touche qui rend l'album ultra attrayant: le punk.
Les titres sont très efficaces, alternant certains progressifs (ben oui, plus de 3 minutes, flirtant avec les 4 minutes!! Putain, 4!!) et d'autres semblant juste une urgence absolu ('bathed in bile', 1'47 emballé pesé!!). Bon après même les titres longs ne sont pas là pour conter fleurette. Ça bastonne sévère, toujours dans cet univers merveilleux de la médecine / médecine légale qui part en couille direct.
On retrouve ce son caractéristique du groupe, associé à une production massive, idéale pour réveiller des voisins qui t'ont pourri ta nuit.
J'évoquais quelques lignes plus haut l'aspect punk. On le retrouve aussi bien dans des rythmiques, des solos parfois mais aussi dans l'ambiance générale, baignant dans le gore le plus jouissif. La voix est fidèle à elle-même, reconnaissable d'entre toutes. Impossible de ne pas identifier le groupe avec ces deux caractéristiques!
L'album déborde forcément d'énergie, assez positive malgré le registre du groupe. Et ça rend leur goregrind fort attachant en plus de bien te défoncer le crâne. Le groupe profite des titres plus longs pour explorer un peu ce mélange punk/gore, offrant une certaine ouverture pas dégueulasse du tout mais non plus oublier ce coté gore qui dépote mamie. Les rares moments plus 'lents' ne sont là que pour contraster avec la violence du reste et donner un sentiment de bonheur brutal. Incontournable pour les fans de grind et du groupe.

SEPTICFLESH 'Codex omega'

2017 Season of myst - Double CD digipack qui claque sa mère


Pour ceux qui ne sauraient point ce qu'est ce groupe, un petit extrait: https://youtu.be/gSE0UPuiVnM

Ça y est, il est là! Le dernier Septicflesh, avec le nouveau batteur (qui avait un véritable challenge avec le niveau du précèdent batteur). Du coup, certains ou certaines auraient pu douter et craindre un virage étrange (hip hop jazz, rap à la Jul...). Alors pour ces personnes, allez vite consulter un super spécialiste, parce que vous m'inquiétez beaucoup.
Bon, commençons. Cet album comprend deux CD, offrant les deux facettes du groupe. Ce qui est cool d'ailleurs, la seconde facette n'étant pas la moindre non plus en intérêt. Le premier disque offre donc l'album dans sa forme pure et dure, à savoir 10 titres très travaillés et ciselés pour 47 minutes d'intensité. Fidèle à lui-même, le combo explore cette voie qui lui sied, celle d'un death symphonique ne reniant pas la brutalité.
Et dès le début, ça fait très mal et ça rassure le fan qui aurait pu craindre je ne sais trop quoi, comme le prouve 'Dante's Inferno'. Et celui-ci n'est qu'une ouverture sur un univers très riche, repoussant les limites de l'univers musical que créer ces grecs. Et on comprend aussi très vite qu'ils ne sont pas là pour faire de la décoration ou être de simples figurants. Alors oui, il y a des passages clairement symphoniques, dans le sens strict du terme, offrant des plages d'ambiances juste hallucinantes, permettant de faire sentir par un certain contraste la violence que maîtrise le groupe, au travers des morceaux parfois très alambiqués.
L'utilisation de l'orchestre philharmonique de Prague ainsi que d'instruments traditionnels offre aussi une part importante de cette dimension particulière de la musique de Septicflesh.
 La violence n'est pas non-stop, c'est aussi un point fort du groupe. Il sait mener des sections entières dans des sphères plus 'calmes', mais sans non plus tomber dans la niaiserie ou une voie type metal tapette (oui, c'est un concept à saisir).
Les rythmiques peuvent allègrement passer d'un tempo régulier assez martial à une déferlante de violence avant un passage symphonique où la lourdeur de la base death offre des relents de doom.
Les titres sont vraiment travaillés, offrant une très grande variété entre eux, tout en conservant cette voie de base du groupe. Bon alors oui, je dois bien l'avouer, étant un mordu du groupe, je ne peux pas dire vraiment du mal (de toute façon, rien à dire de mauvais...).
Certains titres dégagent vraiment une très grande intensité, très marquante. Je pense notamment à 'Faceless Queen' ou 'Dark art', avec sa rythmique parfois rouleau compresseur.
Autre point essentiel de la musique du groupe, ce sont les vocaux et notamment les apports de ténors, bassons, altos et sopranos, dans les choeurs ou bien en retrouvant cette voix si caractéristique qui les accompagne depuis au moins Revolution DNA ('Faceless Queen' vous donnera exactement ce que je veux dire, en plus de son apparition sur d'autres titres). Et putain, ça fait du bien, cette voix un peu nasillarde, dérangeante mais au chant juste sublime. En parfait contraste/mariage du chant guttural qui déboîte toujours autant.
Le second disque offre 24 minutes et 3 titres directement dans la musique classique contemporaine, offrant une vision du travail effectué par Christos sur les parties symphonique et de sa façon de concevoir l’univers musical, que l'on retrouve dans Chaostar, en plus sombre. Et cela permet de pendre la mesure de cette facette, d'où son intérêt important, nous ouvrant une porte sur un univers musical que l'on ne connait pas trop nécessairement.
Un putain d'album à avoir, une autre pièce majeure des grecs incontournables.

jeudi 26 octobre 2017

WAKE INITIATION LUCID DREAM 'Purgatorius'

W.I.L.D 2017 - Cd digipack

Ca ressemble à cela: https://youtu.be/yi_HT70hmDo
Wild! Un nom, tout un programme! Mieux que tous les programmes politiques de merde, parce que là, en plus, ils tiennent leur promesse, au vu du nom du sympathique combo! Ces jeunes gens du nord ont formé WILD à la suite du changement de nom de WILD KARNIVOR (de 2000 à 2011) pour le nom actuel. Avec un nom comme ça, il n'y a pas trop de doute au registre dans lequel pourrait évoluer les joyeux lurons, pleins de douceurs. Celui qui à dit hip-hop sort. Merci.
Bon, reprenons. La rondelle renferme pour 44 minutes astucieusement réparties en 11 titres une violence quand même assez furieuse, genre ils sont très énervés. Je ne sais pas ce que quelqu'un leur à fait, mais ce ne doit pas être gentil-gentil.
Après une intro tout en émeute, cris et guerre civile déboule le premier vrai titre au nom évocateur 'Drugs by way of flood'. Et là, le décor sonore est planté. Très gros son bien épais et ultra massif au service d'un hip-hop... et merde, non. Le con... D'un gros thrash death bien énervé où le death domine quand même pas mal. Et putain, que ça fait du bien! C'est un déboitage en règle mais qui ne rejette pas non plus de petites délicatesses ici et là, comme un solo de malades, bien thrash ou des parties faites pour se jeter dans un mur!
Les titres ne font pas dans la délicatesse et sont efficaces, voire redoutables (un truc de fou: le début de 'purgatorius' ressemble au riff de 'Black out' de Scorpions.... étrange mais efficace!) et n'oublie jamais d'assumer leur position idéale pour faire la guerre!
L'aspect thrash se retrouve plus au travers de typiques du genre, avec des breaks de malades, des passages très sautillants, assez groovy et l'autre aspect, le death est plus dans le rythme soutenu intense et surtout les vocaux qui nous gratifient ici et là de bon cris porcins qui détonnent sévèrement!
Wild n'est pas là pour faire rire, loin de là. C'est assez intense, franchement bien fichu (bien mieux que du Pokora par exemple) et absolument pas redondant, bien au contraire, le groupe jouant avec les deux registres pour offrir une grande variété de violence et de charmes sonores.
Les musiciens ne sont pas des manches et tiennent vraiment la cadence même si le titre pète le fion des 5 minutes. Le chaos n'est parfois pas loin, mais sans jamais verser dans une facilité qui pourrait être facile. Non, le groupe se met le curseur vers galère pour un résultat vraiment convaincant. Un bon disque, bien cool!

mardi 24 octobre 2017

ONIRIK ILLUSION 'the 13th hour...'

2017 ONIRIK ILLUSION - CD - ELLIE PROMOTION


Onirik illusion... c'est ça: https://youtu.be/MROc1B5ROzE
Ce groupe de six personnes respectant la loi de parité nous vient de Paris et a déjà 11 ans d'existence. Putain, 11 ans déjà... Bon alors je serais honnête: 1) je ne connaissais pas, 2) c'est seulement mon second disque de gothic (le premier, c'est TON 'October rust') et c) ce n'est pas un style après lequel je cours. Donc la question est: quoi qu'est-ce don qu'est-ce que donne ce disque compte tenu des points d'hypothèses de travail (1), 2) et c))? Quoi de mieux que de reprendre les points et de les développer?!
1) Je ne connaissais pas. Et oui. Il y a tellement de groupes que c'est presque impossible de tous les connaître, ne serait-ce déjà dans les styles que j'affectionne (ceux qui arrachent les boyaux de la tête). En l'occurrence, les parisiens sont passés loin de moi, jusqu'à cet envoi bienvenu jusque chez moi. Et donc de faire une authentique découverte. Un groupe de 6 membres dont 3 chanteuses...
2) et c) sont liés en fait. Donc... Je ne suis pas un fan de gothic. C'est même un style qui ne m'attire pas des masses donc l'occasion d'avoir un regard à part. Mon point de référence étant alors Type O Negative et leur album October Rust.
Ici on en est loin. Onirik illusion porte bien son nom, offrant donc un gothic qu'ils épicent de métal et d'ambiant, pour les ambiances. et je dois bien avouer que je trouve ça foutrement bien foutu, très structuré. Le groupe tient un concept qu'il explore à merveille. Outre les ambiances assez sombres, renvoyant vers une vision baroque de la vie, il n'hésite pas à tenir des passages assez soutenus par instant.
Sur cet album, plutôt que baroque, on va plus vers la période victorienne et tout son barda qu'elle évoque. Et c'est ça que le groupe décortique aux travers des 13 titres transpirants la joie de vivre mais en étant un poil dépressif. Musicalement, c'est bien ficelé, bien réfléchi, afin d'appuyer les vocaux et de coller à cette poisseur environnante du Londres victorien. Un point que j'aime beaucoup, c'est l'usage ponctuel des vocaux gutturaux, se retrouvant dans des sections qui s'avère assez rentre dedans, offrant un angle d'intérêt inédit pour moi, même si je regrette que ce soit un peu trop parcimonieux mais parfois associés aux chants clairs. Mais bon, ce n'est point grave.
D'ailleurs les chants sont très lyriques (à par ces rugosités gutturales) et sont foutrement bien maîtrisés. Chapaeu mesdames!
Chaque titre, tout en ayant sa dimension reste lié au reste de l'album, levant des passerelles entre le disque, la culture et l'histoire telle qu'elle est. Pouvant passer de thèmes assez réalistes, peut-être fantasmés par l'imagination collective à des thèmes touchant de plein fouet le fantastique (vampirisme notamment). Et ça permet de mettre des ambiances très subtiles et festives (l'intro de Bathory... ça respire le bonheur de vivre à cette époque merveilleuse).
Qui dit gothic, dit instruments genre violons. Et bien oui, ils sont présents mais franchement bien intégrés, pas là pour faire bien mais là pour souligner les ambiances. Il y a aussi les claviers, utilisé de la même façon et tout ça donne une épaisseur à la musique du groupe.
La plupart des titres dépassent les 4 minutes, sans que l'on s'en aperçoive, permettant au groupe de clairement distiller sa vision idyllique par des mélodies qui sont très accrocheuses, voire même envoûtantes (soyons fous!). Un disque fait pour les amateurs d'ambiances malsaines et pour Halloween.
Le groupe déploie un savoir faire que je ne moquerais pas parce qu'il n'y a pas la moindre raison, bien au contraire. C'est la première fois, qu'au travers d'un groupe gothic, je prend une claque musicale. Et ben, je dois l'avouer, le groupe fait fort! Une véritable vision artistique!

Z 'No loose behavior'

Z 2017 - CD digipack - Ellie promotion


On continue avec ce groupe étrange et merveilleux, venant de Belgique et œuvrant dans un rock énergique louchant parfois vers autre chose. Ca ressemble à ça: https://youtu.be/LpDrhg3s2Lw
12 titres pour un temps de 42 minutes... ça laisse la marge au jeune quator d'explorer sa vision du rock, très différente de celle de Migaso. Ici on tend vers un rock punchy, évoquant parfois Red Hot Chili Peppers ou d'autres, au détour d'une vicieuse mélodie qui te capte direct. Ou une ambiance qui te renvoie soudainement à... ZZ Top. Bon, il y a pire!
Ce qui est cool aussi et donne une densité certaine (ouah, cette rhétorique!!) est cette recherche perpétuelle de moyens de donner le change et évité que l'on s'emmerde à l'écoute. On peut retrouver des éléments propres au swing, des bouts de jazz rock ou d'autres choses tout aussi bien pensées.
Z est sûrement un état d'esprit plutôt qu'un groupe. Parce qu'il en ressort aussi un coté positif très frais qui met quand même le sourire et la banane à l'écoute. Le groupe transfuge son énergie via la musique (et sa bonne humeur).
Le chant n'est pas non plus linéaire, offrant moult variations agréables, participant aussi à cette variété dont j'ai évoqué l'existence juste au-dessus. Et il s'adapte aussi à l'ambiance des morceaux. Ambiance pouvant passer d'un truc youpi c'est la fête à attention, c'est flippant quand même.
Mais ce n'est pas tout. Car le groupe joue sur le rasoir et oscille parfois vers un metal grand public certes (genre le heavy des famille, le Hard FM, tout ça quoi) qui colle bien au reste et sans doute à leur vision des choses.
Tout ça tient peut-être de la culture du pays. Ou alors le groupe s'en tape et se fait plaisir. Et c'est tant mieux! Parce que écouter quelque chose qui peut évoquer RHCP, TheWho, ZZ Top, AC/DC dans une mélodie, une intonation, une phrase musicale... c'est cool, ça touche les souvenirs et aussi la fibre émotionnelle (même pour les fans de Prince et de Lenny Kravitz).
Le son du disque est aussi à remarquer, car on entend bien chacun des instruments et j'aime beaucoup quand la basse est audible! Yeah!
Alors oui, il y a sûrement mieux dans le genre mais je pense que là on a quelque chose qui est dans le haut de gamme du genre. A découvrir pour les amateurs de rock assumé.


MIGASO 'Nickanika'

2017 MML MUSIC - CD digipack qu'il est beau! Ellie Promotion


Pour vous faire une idée: https://youtu.be/EU_O3moXbFs

Migaso est un artiste qui s'est entouré de deux autres musiciens pour s'extirper ses pensées à travers la musique. Il a choisi une voie à la cool, à travers un rock posé, que je trouve parfois un poil pépère (mais sans avoir le coté péjoratif du terme) qui est quand même inspiré.
Alors oui, il ne faut s'attendre a du gros son, aux murailles sonores. ici, on est dans la subtilité, la délicatesse, la finesse et une certaine forme de poésie. Ce qui est possible mais bon, voilà, le garçon chante en italien, langue que je ne maîtrise point du tout.
Pour situer ceux qui recherche un peu plus vers quels artistes cela peut tendre, je dirais entre du Zucchero, Laura Pausini plus énervée et le rock italien fin 80 début 90.
Les 10 titres (bon, il y en a 11 mais dans le contexte, 0'59'' ce n'est pas vraiment un titre...) nous offre ainsi une sorte de voyage en Italie, assez onirique parfois, par cette guitare posée, d'un peu plus d'une demi heure.
Il a a aussi une grosse dose de mélancolie qui découle du disque, je ne sais pas pourquoi. C'est clairement le disque le plus calme que j'ai eu entre les mains depuis... heu... le plus calme que j'ai eu entre les mains.
Certains titres ont un rythme plus rapide par instant (dans la gamme dévolue du disque, hein, ne vous attendez-vous à une fulgurance grind crust). Ce qui est aussi sensible, c'est le coté assez moderne, avec samples et claviers, donnant des ambiances vachement sympas aux titres, toujours sur cette ligne entre mélancolie et poésie.
Alors oui, ça fait très musique qui pourrait passer à la télé mais bon, il y a franchement nettement plus décati que ce que nous offre cet artiste qui semble quand même ne pas trop se prendre la tête pour savoir si ça va plaire ou pas et joue avec ses tripes. C'est déjà pas mal non?


dimanche 22 octobre 2017

WOLF REPORT : BLAZING WAR MACHINE

CHAOS NUCLÉAIRE






C'est en 2006 que Blazing War Machine incorpora la scène du métal extrême, armés de leur métal symphonique et industriel, passant de Deathstars à Fear Factory et de Rammstein jusqu'à Dimmu Borgir. Durant leurs voyages à travers l'Europe, le groupe a semé le chaos aux côtés de comparses destructeurs comme Arch Enemy, Debauchery, ETHS, Abigail, Gojira, etc... Et en 208, le groupe montra une belle prouesse de l'extrême sur la scène mythique du Hellfest, conquérant le coeur de nombreux métalleux présents à ce festival. Cette fois-ci, ils sont revenus pour faire valser la scène montpelliéraine, plus précisément à  l'Antirouille et c'est sans hésitation que je m'y suis rendu pour y délivrer un live report personnel sur mes gros coups de coeur de leur set list infernale. Petit big up personnel avant de commencer, je peux vous assurer que tous les membres du groupe sont des crèmes, j'ai pu discuter avec eux et quel plaisir ce fut, un grand merci tout particulier et personnel également à Irina (chant), Izakar (guitares et choeur) et Franky (batterie), vous gérez les amis, you rock my friends, thank you so much for everything !

Lorsque l'intro DESTRUCTION PROCESS 2.0 commence, la couleur est annoncée : l'ambiance est sombre, glauque avec une sensation de chaos imminent, plaisant à souhait tout cela. Puis ça commence avec RIGOR MORTIS, premier coup de coeur de ce début de concert, où les membres montrent bien leurs marques ! En particulier le légendaire batteur Franky Costanza : il frappe ses toms avec un talent naturel et si puissant que s'en est dévastateur, sa rage et sa hargne de vouloir faire vriller nos âmes se manifeste à merveille à travers ses enchaînements de blasts infernaux, accompagnés des riffs bourrins et rythmiques de Fab à la guitare, ce dernier maîtrisant son manche comme l'on manipule une buster sword, du grand art ! 

S'enchaînent alors ensuite NATURE OF WAR et POLARITY sur lesquelles je suis tombé sous le charme du chant de Irina, véritable maîtresse de cérémonie.. Qui a dit qu'une fille ne pouvait pas faire de métal ? Allez vous faire foutre ! Belle et sans pitié, Irina nous délivre un chant guttural mixé avec un growl brutal qui fait asseoir le diable pour qu'il prenne des notes, une prestance absolument inégalée comme je n'en n'avais jamais vu et je vois dans ses yeux qu'elle est la même à qui j'ai parlé avant le concert mais avec une touche de Hel, déesse nordique de la mort et de la destruction ! Puis deux roquettes nous arrivent en pleine gueule, MANU MILITARY et GUIDED, avant la prochaine plaie.

Cette plaie, c'est ce cher Izakar, guitariste et choeur, qui nous l'annonce et je l'attendais avec impatience : LIQUID CHAOS. Ce morceau fut pour moi la pièce-maîtresse de ce concert, Izakar manipule sa guitare et son chant comme un Space Marine tronçonnant avec rage et haine un monstre, c'est un colosse à lui seul sur ce morceau et rien n'arrête non plus son coéquipier Adam qui groove de façon ultra-bourrine sa basse, faisant trembler les murs de la salle !

Sur les deux derniers morceaux de la fin, CHARMING FACE et SWAMP, Phil montre davantage sa place au sein du groupe et y laisse sa marque : son doigté du clavier fait qu'il est le maître absolu de l'ambiance sombre et chaotique qui règne dans la musique de Blazing War Machine, il est l'âme et du groupe pour moi car les sons émanant de son clavier de l'enfer nous rappelle Mustis de Dimmu Borgir, j'ai l'impression que j'ai trouvé le successeur de dernier. Durant tout le concert, c'est Phil qui a su maintenir l'atmosphère lourde et pesante du concert avec l'aide de ses frères et soeur d'armes !

Le concert se termine, c'est avec émotion et joie intense que je remercie le groupe pour ce concert magnifique, et lorsque je vois Irina je ne peux m'empêcher de la serrer dans mes bras, tellement son chant m'a comblé et c'est avec surprise et bien plus d'émotion que je vois qu'elle m'accueille à bras ouvert, heureuse de voir que le concert m'a énormément plu ! J'ai été au concert d'un groupe où chaque membre est très chaleureux et patient, toujours de bonne humeur et qui ose se mêler au public. Je les admire à la fois pour leur musique et pour cet état d'esprit que beaucoup de groupes prenant le melon semblent oublier aujourd'hui : l'ouverture d'esprit

See you in hell ! 


T H O R W A L D

dimanche 10 septembre 2017

WOLF REPORT LIVE : My Secret Safe + Right To The Void + Théia




Une ôde au Métal..


Mon absence s'est faite longue, je le reconnais. Puis les enfers sont venus me chercher mercredi 6 septembre avec un putain d'incendie, mais je suis toujours là et je suis sorti de ce qu'il reste de ma tanière pour m'aérer et vous faire ce petit live report sur un concert qui a eu lieu à la maison-mère de Montpellier : le Black Sheep. Le combo ? C'était Metalcore et Death Mélo avec My Secret Safe, Right To The Void (RTTV et vous excuserez ma flemmardise dans cet article) et Théia, inconnu de mes radars lupiens avant, connu depuis ce soir-là. Autant vous dire que j'avais déjà vu RTTV en live avant mais les deux autres groupes, jamais. Ben je peux vous assurer que j'ai pris une claque monumentale à ce concert, mais vraiment.

C'est donc Théia qui ouvre le bal. L'intro nous laisse dans une ambiance mélancolique et méchante comme si la nature avait décidé de faire venir l'hiver en avance, puis ça commence. Je vous préviens d'avance, je ne prends que les morceaux qui m'ont le plus marqué et avec Théia, ce fut Alter Ego, Vertige et Les Violons Ivres qui m'ont fait bien planer. On a l'impression de lire du Beaudelaire après un shoot d'héroïne, tellement la mélancolie et la ténacité des riffs se font entendre, la batterie martèle comme si elle écrasait des asphodèles dans une prairie, la basse groove comme si des bulles de cyanure éclataient au visage du public. J'aime beaucoup cette ambiance sombre, triste et violente, c'est du métalcore progressif, méchant, et bien dosé. Concernant le chanteur, il assure : son chant est déterminé à nous conter ses vers et rimes dans une dépression et une colère sans nom. J'adhère et applaudit bien fort à la fin de leur set. Bravo les gars, vous avez su me faire planer !

Les choses sérieuses arrivent avec les papas du death mélo gardois, mais ce que j'ai en face de moi, c'est un parrain de la brutalité, un mastodonte sans pitié ni compassion, deux mots pour les faibles. Guillaume et sa bande nous envoie un boulet de canon dans la gueule nommé "Through The Graves" : les riffs des guitares sont aiguisés comme des haches de guerre et ne font pas dans la dentelle, donnant le ton aux nombreux mosh pits et pogos dans la fosse. Sur "The One...", on peut imaginer le bassiste et le batteur sur un tank russe, tant la puissance des grooves et des blast sont écrasants, donnant du peps au chanteur. J'ai devant moi un nouveau RTTV : du vrai death mélo qui a évolué et qui a su faire comprendre le sens de ce mot qui est "Impartial", impartial dans sa composition musicale, dans son rythme, dans sa frénésie, dans son état d'esprit, c'est ça le nouveau RTTV et c'est un monstre qui a un avenir bien plus grand que ce que l'on peut imaginer pour moi. Je prends une dernière dérouillée avec "This Is Our Time" où le groupe demande une dernière fois au public de foutre le bordel et c'est ce qui se passe : un circle pit se forme alors, tel un maelström et engloutit tout le monde dans un vortex de violence et de chaos, mais c'est jouissif. Belle prestation, belle musique, un son neuf, RTTV est bel et bien de retour.

Les favoris, les chouchous de la soirée font enfin leur entrée sur scène : My Secret Safe ! C'est une première pour moi et je suis pas du tout déçu : Ben, le chanteur, est un véritable maître de cérémonie, je n'ai jamais vu un mec aussi proche du public, aussi dynamique, aussi énergique, il est la voix du groupe. "Lost Paradise" est un diamant en live, Thomas tricote ses riffs comme un s'il venait de prendre un rail de poudre noire, tant il sait s'y prendre avec, rien ne l'arrête ! Sur "Storytelling", ce putain de bon groover de Roch montre qu'un bassiste ne fait pas que branler son manche dans un groupe : il est l'essence même de ce bolide qu'est MSS, bien entendu il le fait escorté d'un compagnon de choix : Dav. Ce dernier n'est pas au commande d'une simple batterie, c'est une artillerie lourde qui fait trembler la terre, notamment sur "Can't Go Back", tous ses blasts qu'il enchaîne sont des obus de gros calibre et il ne fait pas de quartiers, n'épargne personne. Puis vient la fin, mais pas n'importe quelle fin, celle d'une soirée mémorable avec du beau monde et des protagonistes excellents, et MSS boucle le cours de tuerie avec ce morceau légendaire : "Revocation". Dès qu'il est joué, le groupe devient un centrale électrique survoltée à lui seul et c'est une ambiance conviviale qui se fait dans l'apocalypse la plus totale !

Je repars de ce concert avec des étoiles dans les yeux, ces 3 groupes m'ont fait passer une soirée purement magique et le public en est très fier aussi, je ne sais pas quoi dire pour boucler ce live report alors je remercie ces 3 groupes qui ont su faire de cette soirée une ôde au Métal, car tout le monde a sa place sur scène et dans l'histoire.

Voilà, à bientôt !

T H O R W A L D

mardi 15 août 2017

MOSHPIG '... my world keeps turning'

2017 MOSHPIG - CD digipack cartonné

Nouvel album du trio grind crust local! Un petit clip à l'arrache ici:
https://youtu.be/ZGzu2vyIzu4
Et de la folie, on enchaîne encore dans la folie avec le trio déchainé qui sent bon le sud! Le groupe balance 21 titres (plus un délire sonore*) pour un petit quart d'heure d'intensité maximale!! Le premierr titre annonce la couleur: Fast as zombies est rapide, rageur et furieux! La direction est donné! Les titres sont concis, non dénué d'humour là aussi, propice à la bonne humeur en se foutant sur la gueule. Car oui, ça dépote mais ça donne envie de bouger ou, à minima, te péter les cervicales. Alors, même si les titres s'avère relativement courts (mention spéciale au titre KTSMM, un condensé de concision 😆. Ça part cash aux baguette pour avoir la pêche! ), il n'en demeure pas moins que le trio s'évertuent à offrir des titres parfois assez épais, du fait de la rapidité et de, parfois, comme ça, paf, je te met du n'importe quoi mais qui le fait. On choppe des clins d'oeil à d'autres styles ou groupes, très ponctuels mais putain d'efficace (Blind and lost par exemple). Le groupe offre de la bonne humeur par un registre violent.
Mat, au chant, n'est pas en reste, avec un registre sur ce coup très percutant, auquel les deux frères ajoutent des chœurs. Le chant est assumé agressif et ça ne peut être QUE ce chant, un autre ne collerait pas à la vision musicale du groupe.
Certains pourraient objecter qu'avec des titres aussi concis dans ce registre, c'est forcément répétitif voir rébarbatif (scandale!!!). Alors, soyons clair: faut arrêter la drogue (ou s'y mettre si tu cherches une excuse). Car l'un des points forts du groupe, malgré ce coté concis et cette limitation des instruments. Le groupe offre des titres certes axés dans un style mais ayant suffisamment de personnalité pour exister seul. Ha! Tu ne la voyais pas venir celle-là, hein! Et puis, on s'en fout parce que, tout simplement, c'est du tout bon!
L'ensemble de la détonation sonore est ultra jouissive car on peut avoir une partie de la folie de ce qu'est le groupe en live et ça fout la pêche! Il devrait être imposer aux suicidaires même!
Niveau production, il y a un coté live qui est très accrocheurs, qui rend bien ce coté brut de décoffrage et prenant aux tripes. Rien de brouillon, loin de là, tout est clairement audible, au-delà du mur de la déflagration sonore. Alors oui, 15 minutes, c'est court. Trop court. Alors, il suffit de remettre en lecture!
* le dernier titre est très en décalage! Hahaha!

PORNOPETROSJAN / KYST 'FR UA FASTFOODSPLIT'

2017 INHUMAN HOMICIDE RECORDS - CD

Ben tiens, on enchaîne, comme ça, sans transition avec du hautement improbable, avec ce split qui est aussi fou que complètement en marge, surtout par le premier groupe/projet/truc sonore.
Donc le premier qui ouvre la rondelle magique c'est PORNOPETROSJAN, un combo/groupe/projet/truc sonore ukrainien.Et qui nous offre six titres dans un registre de base grind/porn un truc très à part car très expérimental, avec des passages typés jazz, rock'n'roll, stoner... et des titres qui sont, dans le domaine, longs. Hop, un lien, pour te faire une vague idée (parce cette fois, il va loin dans le délire):
https://youtu.be/sBoJzJtNUec
Sur les 6 titres, 3 explosent les 4 minutes large, un gros feet fucking aux règles. Et permet au gars derrière de partir dans des délires franchement très aériens parfois! Et ce mélange étonnant prend bien, apportant une sacré dose d'oxygène! C'est complètement barge et à part mais qu'importe, ça le fait vraiment bien et il assume (tout en assurant sévère!!). Les vocaux sont peu présent et foutrement gores, dans la lignée de ceux de Tumour, ce qui n'est pas gênant pour les amateurs avertis.
Et on se prend au jeu de suivre le rythme qui a un coté rock'n'roll par piquets des asticots hannetons.
La production, quand à elle, il faut bien l'avouer, il y a apporté un soin très particulier. Le son est très bon, permet de profiter des pérégrinations musicales du gars. Excellent!
Kyst arrive ensuite. Et là, ça devient de la folie pure, un truc bien tordu, bien fun! Pour avoir une idée, aller sur la page de Kyst sur facebook.
Kyst est un one man band né en 2012, un projet raw grindcore complètement azimuté, à l'humour assumé dans les titres ou dans le développement des morceaux tournant au pire autour des 2'30''. Et ici, les 13 titres semblent développer un concept sur les chats. Ouais. Tu as bien lu. Les chats. Mais sous un angle très décalé, sans la moindre prise de tête, là n'est pas le but. Son seul but est de se faire plaisir et de s'amuser. Et aussi de se livrer à une sorte d'expérimentation hasardeuse complètement braque qui me fait bien marré.
Les vocaux ne sont là qu'un support de plus pour la folie de la musique et un exutoire assumé, lui aussi.
Evidemment, le son n'est pas le point le plus important, celui-ci étant volontairement saturé pour délivrer une impression grumeleuse qui colle bien au truc. Un split de grind freaks pour des grind freaks qui s'assument!!

SUBLIME CADAVERIC DECOMPOSITION 'Raping Angels in Hell'

2017 ANIMATE RECORDS - CD Digipack Sortie en septembre 2017

Le nouvel album des parisiens de SCD, formé en 1996 (putain, 21 ans déjà!!!) est arrivé! Et il faut bien l'avouer, celui-ci fait très, mais alors, très mal! Un véritable album de malades pour des malades! Un thérapie par la violence! Le groupe, dans le cadre du Mosh fest 3 en mai dernier, nous avait fait la surprise de jouer, dans la moitié du set, la moitié du nouvel album. En live, c'est clair que cela a été furieux!! (https://youtu.be/pb797kRby5I , pour vous faire une idée de la furie!)
Et là, ô joie immense, voici l'objet de bien des envies (surtout en ce qui me concerne, lorsque le groupe était passé en 2013, avec l'info que le groupe bossait sur ce nouvel album, avec un retour à l'esprit gore, après leur précédent opus de 2011, lui aussi excellent. Alors me direz-vous (ou pas, c'est selon en fait...)?
Et bien, la réponse se fait en 43 minutes et 12 arguments clairement imparables! Je ne parlerais pas de la production ou du son, qui sont juste irréprochables et bien puissant, dégageant brutalement l'énergie (nucléaire?) enfermée (magiquement?) sur cette rondelle de plastique qui transpire la brutalité! Bon, si un peu quand même: celle-ci est nickelle et vraiment puissante, sans non plus noyer un éléments au milieu des autres. Un juste milieu qui permet de profiter de toutes les subtilités que le groupe à glisser dans cet album. Je vous ai dit que c'est un album de malades?
Dès le premier titre, Sabbth nights (The impure reptile) donne le ton: violence, technicité et surtout, le groupe se fait plaisir! Le chant entame directement le morceau, qui passe sans la moindre fioriture! C'est très intense, très direct! Le groupe, dans une base death grind, injecte d'autres éléments, se faisant clairement plaisir. Et on retrouve du coup cet esprit sur tous les titres.
Et le mélange se veut juste une tuerie: on retrouve des éléments aussi divers que des lignes black metal ou presque deathcore, mais toujours en touches subtiles, sans que ce soit trop. car là est le secret: le dosage millimétré pour bien te détruire le crane lorsque ta tête se déboîtera de ton coup pour s'éclater contre un mur (car tu te seras un poil trop agité... Tssss, petit maladroit!). Ce mélange de style, dans la structure, me direz-vous, d'autres l'on fait avant. Et le font. Certes, c'est vrai. Mais là, le groupe attaque la chose par un angle différents, réussissant à créer une sorte d'alliage musicale qui n'offre pas de rugosités sur lesquelles on pourrait tiquer (tac).
Certains titres prennent le temps d'explorer un peu le temps et leur univers musical, toujours en restant dans la brutalité efficace. Mais il y a aussi deux titres nettement plus concis, comme Spark of Being, dans un esprit gore grind.
Et oui, car c'est aussi ça que signe cet album: un retour du porno gore, au travers des vocaux. Car Seb aussi se fait plaisir, avec une variété de vocaux, lui permettant tout simplement de s'éclater! Il n'hésite pas le moins du monde à basculer dans différents registres, sans prévenir, apportant un impact plus important encore aux morceaux. L'intensité des morceaux vient donc de cette combinaison alchimique entre techniques musicales et vocaux chirurgicaux. Et cela créer des ambiances de titres, auxquelles des breaks très intenses donnent une dimension particulière. Comme le prouve Ruddy Sleep (the remains), avec sa rythmique presque industrielle, toujours dans cet esprit death/gore grind, permettant au groupe de viré dans des passages rapides en subtilités.
Dans cet album, tout va vite, même dans des passages plus 'relaxes', qui ne sont qu'un leurre subtile pour mieux dépoter derrière! Et putain, ça le fait vraiment! L'auditeur est pris dès le début dans la toile musicale tendue par le groupe. Et il n'y a rien auquel on peut résister. Et le coup de grâce est asséné avec le magistrale titre éponyme Raping angels in hell, qui est un véritable condensé d'intensité et de ce que l'on retrouve dans l'album. Le titre est encore plus dense que les autres, retrouvant des lignes black metal par petites touches, offrant une autre dimension à la brutalité du groupe, surtout en arrivant à le fusionner avec leur vision du gore grind. Des breaks sont là pour bien marquer le coup, créer de véritables parties indissociables des autres. Et la ligne mélodique qui domine dans ce titre est un véritable piège, gravant le titre complet dans ta tête, pour ton karaoké mental personnel.
Et c'est aussi une des force de cet album, en plus de ce qui est déjà cité. C'est même une force du groupe de faire des titres qui se grave dans ton esprit (une preuve? Duty, le premier titre de l'album  Sheep'n'Guns. Te restera en tête!)
Et cet album n'a strictement rien à jeter dedans ou à dire 'Ha oui mais là, c'est bof...'. Clairement pas. Et comme toujours, Seb signe aussi l'artwork de l'objet qui est superbe et très soigné, offrant au son une imagerie qui lui colle parfaitement, dans la continuité de ce retour à l'esprit porno gore mixé à ce death grind de malade. C'est clairement un album incontournable que tout fan d'extrême se doit de posséder et qui entre dans le panthéon du genre. Six ans entre Sheep'n'guns et ce brûlot qu'est Raping Angels in hell, signant un retour de l'esprit porno gore au service de SCD et putain, ça valait vraiment le coup d'attendre. Car on a là leur album le plus abouti, alors que le groupe s'est lâché! Juste parfait.

CANNIBE / BBARBAPAPPA BUTCHERY

2017 INHUMAN HOMICIDE RECORDS - CD

Aller, on commence gaiement ce jour de chronique avec de l'underground, comme je l'aime et en prime, dans la veine grind/cyber/gore, ce qui est très festif!
Un magnifique split du label parisien de Yoann (Salut Yoann!!) qui fait la part belle à l'underground, dans sa forme la plus large.
Le split commence par les italiens complètement cramés (et dans le bon sens!!!) de CANNIBE. Hop, j'ai pas trouvé mieux qu'un bout de live pour vous faire une bonne idée:
 https://youtu.be/UAkP7NNGaWE 
Comme vous pouvez admirer le détail de la musique si délicate, les deux italiens évoluent dans un registre très cool, le gore grind. Sur ce split, on a une boite à rythme, ce qui n'est pas en choix bien gênant, la folie dominant bien le truc!
Les 6 titres qui leur sont dédiés ne sont pas nécessairement pied au plancher, ni expéditifs. En effets, certains tournent autour de 2'30'' / 3'15'', ce qui laisse un peu de place à une certaine variations de tempos, ponctuellement. Oui, parce que c'est quand même du gore grind bourrin. Pas de place pour les délicatesses, ici ça va à fond, histoire de bien te décalquer la face. Papy aime bien, ça relance son pacemaker qu'il dit. Des samples servent d'intros sur certains titres, courtes quand même parfois face à la durée du titre. Certains pourraient reprocher une certaine redondance mais il y a bien assez de variété pour éviter pareille récrimination.
Musicalement, on sait que ça bourrine bien. Mais le son me demanderez-vous peut-être (surtout toi et toi...)? Et bien, il est plus que correct, et dégage bien ce qu'il faut, gore et puissance! Et avec la discographie du groupe (formé en 2004), il y a vraiment du matériel à écouter!
Et voilà le cas BBARBAPPAPA BUTCHERY. Hop, un lien pour vous donner une idée du projet:
https://youtu.be/UAkP7NNGaWE
14 titres orientés cybergore grind, dans un esprit complètement taré, bien fun et pas prise de tête. Derrière, on retrouve Yoarghhh (pilier et activiste très active de la scène) avec en guest un autre ami, Pigy Perv sur Delta.. India.. Echo, Increase tension et Definitively inimical. Pour ceux qui ont cliqué ou copié le lien, vous savez à quoi vous attendre. Du cyber gore grind, bien allumé, sauf que là, les titres font dans l'expéditif.
Et ce, dès l'intro qui sonne un peu black metal, histoire d'être bien en décalage! Et s’enchaînent ensuite les titres, qui vont vite, font efficaces et sans chercher à être chiant. On comprend bien les paroles parfois, très simples: blablabla, par exemple. Pas de vrai paroles, ici, ce qui prime, c'est le fun qui déboîte mamie (la perverse!!!). Le son est aussi plus que très correct, toujours en ayant en tête le registre exploré par le projet ravagé.
Un split clairement cool, qui fout la patate et qu'il est conseillé d'avoir, pour les amateurs ou les aficionados de l'extrême!

dimanche 6 août 2017

DYING FETUS ' Wrong one to fuck with'

Relapse records 2017 - CD fourreau pour la censure

Ha, voici un bien bon brûlot très concentré à la bien belle pochette, pleine de bruits et de fureur! L'un des groupes vétérans du grind death nous revient avec un album vraiment, mais alors vraiment intense et technique. Et c'est simple, il fait mal. Ça va vite, très vite, non sans se laisser aller régulièrement à des breaks brise nuque ou des parties parfois plus lourdes, toujours empreintes de violence vraiment hargneuse.
Et c'est un véritable périple qui attend l'auditeur car les 11 titres prennent vraiment le temps de se déployer (comprenez exploser à la gueule de l'auditeur) pendant presque une heure, qui s'avère à la fois courte et intense mais longue dans les subtilités (si, il y en a...) que distille le groupe dans ses compos.
Et oui, car là on a vraiment un mixe entre le death, dans sa forme la plus brutale et du grind, que l'on retrouve par touches fulgurantes, intensifiant des titres déjà très intenses de base. Ici par question de délicatesse, on laisse ça aux groupes de pop et aux émos (c'est mort ça, non?)!
Il est impossible de rester sans réactions face à de tels titres. Soit tu jubiles, tu remues, soit tu es mort. Et dans ce cas, je ne comprend pas comment tu peux lire cette chronique...
Les morceaux sont foutrement bien prenant, sans que l'un ne ressemble à un autre, la technique ne les empêchant pas de se faire plaisir dans des solos de furieux, des breaks impromptus bien violents ou encore des changements de rythme très particuliers, offrant un aspect parfois haché de celui-ci, correspond foutrement bien avec le titre sur lequel ça arrive (un peu comme sur 'Reveling the abyss'.
Dying Fetus n'a plus rien à prouver et montre bien qu'ils sont encore là, non pas dans la cour des grands mais dans celle des Maîtres du genre.
Ils ne prennent pas de pincettes (plutôt des hallebardes à mon avis...) pour asséner  leur vision de la musique et déployer leur univers, bien à eux, qui ressemble à un exutoire de fous furieux armés lâchés dans une mégapole démunie.
Comme je le disais, on ne voit pas l'album passer, malgré des titres parfois long en matière de temps, grâce à l'expérience du groupe et leur dextérité. De prime abord, ça peut paraître être un véritable obstacle au novice mais si il prend le temps de se pencher sur ce groupe, il découvrira de nombreuses subtilités qui demandent vraiment plusieurs écoutes, la violence des morceaux offrant une cache parfaite pour celles-ci.

HUMAN ERROR/PSYKOANALYYSI

TRISMUS RECORDS 2014 - CD digipack


Et hop, on revient à Human Error avec ce split tout en finesse, associé au groupe Psykoanalyysi, un groupe finlandais.
Pour Human Error, on a droit a 12 titres de grind, dont des relents punk hardcore s'extirpent un peu du terreau ('can you see' est un bon exemple) offert par certains. Globalement, ben ça va vite, c'est concis et c'est vraiment efficace. Ce groupe est à mettre dans la catégorie des groupes engagés et enragés, de fort bien belle manière! Avec ce précipité de violence, ils revendiquent la liberté pour tous, en mettant les armes là où ça fait mal. Le son est très bon, offrant aux titres le moyen de lâcher toute leur puissance. La partie concernant Human Error nous offre donc un brûlot de violence vindicative en environ 16 minutes sur les 28 du split. Ils ne sont pas là pour déconner ou faire de la dentelle!
Psykoanalyysi, groupe finlandais, à les préférences de mamie. Je ne sais pas pourquoi mais je crois que c'est parce sa table n'a que quatre chaises et que c'est un trio de hardcore punk, qui rappelle les jeunes années à mamie.
Musicalement, ils n'ont rien à envier à Human Error, ayant une approche différente mais, ô putain de merde, ça envoie aussi sévère! Les titres sont vraiment courts, eux aussi très intense, avec un chant punk hardcore à la tonalité très particulière. 11 titres jubilatoire en finlandais, ultra efficace et qui me font dire que je ne comprend pas le finlandais mais je m'en fout, je suis de tout cœur avec eux. Bref, c'est du tout bon.
Un excellent split qui est là pour mettre la pêche et être un putain de bon défouloir!!

VIDEOTOPSIE n°19

Sortie en mai 2017



Un peu de lecture maintenant! Cela fout fera du bien et vous cultivera dans un domaine très pointu, que David Didelot gère totalement et en est un érudit!
Concrètement, ce zine est une mine d'infos sur le cinéma de genre, axé années 60/70, bis, avec la culture autour et un coté musicale qui varie du hardrock au thrash*, selon les numéros.
Et c'est vraiment une masse à lire, préparez vous à un long périple culturel à chaque fois, celui-ci ne faisant pas exception.
Que ce soit les entretiens ou les dossiers, chaque élément est fouillé, très pointu, regorgeant d'informations et de d'anecdotes directement avec les intervenants des œuvres autopsiées. Car c'est exactement cela le concept de ce zine: une autopsie complète d'une oeuvre. 
Et on retrouve cet esprit érudit jusque dans les reviews de films, allant explorer les détails qui apportent un éclairage et une connaissance pointu de l'oeuvre éviscérée en détail.
Les 154 pages qui composent ce numéro sont vraiment travaillées, que ce soit du coté informations mais aussi dans la composition ou la mise en page, en plus d'un papier de qualité. L'équipe qui apporte son aide à David est aussi composée de gens de savoir.
Et quand on lit les numéros, on prend la mesure de l'ampleur du travail nécessaire pour offrir un tel fanzine, qui est dans ce domaine une référence.
ici, le gros des sujets concernent un retour sur la série des Amityville mais en explorant, outre les suites, les liens et autres qui jalonne à la fois la série mais aussi les films exploitant le filon. un dossier sur Frank de Felita, explorant son oeuvre et des liens autour, une interview de Bernard Rose, aux questions pertinentes et là encore, fouillées, amenant ainsi des réponses très riches, celle avec Alan Perez, un dossier sur Necrophagia (excusez du peu!), des reviews en pagaille de films dont certains me sont inconnu (et du coup, faut les traquer), les livres à lire (autour de la thématique du fanzine...). Oui, c'est très dense. Mais ce n'est pas chiant non plus. Les différents intervenants (des rédacteurs aux interviewés, en passant par les explorateurs du genre) ayant un angle de vue évitant de ce faire chier, parfois avec un brin d'humour ici et là, offrant une impression de décontraction éducative.
Et c'est là aussi un des secrets de ce fanzine! Sans doute même une partie de son Essence, ce partage d'un savoir et d'une passion intacte, cet amour d'un univers cinématographique boudé souvent par les grands médias, relégué au rang de sous-culture alors que non,c'est clairement une Culture mais étant d'un angle différent du point de vue du 'grand publique' et bien, ça gêne.
Si il y a bien un zine pour en apprendre sur le cinéma bis, c'est clairement celui-ci, offrant un Himalaya de savoir, avec les 18 autres numéros, dont certains reviennent au besoin finir l'exploration de thème (blackploitation et autre).
C'est clairement un travail de fou, chronophage et méticuleux mais putain, quel travail: c'est vraiment pointu sans être barbant, écrit sans prise de tête. Là où c'est hélas triste, ce numéro sera sans doute l'un des derniers de David mais qui semble préparer un chant du cygne qui sera plus un festival des feux d'artifices. Merci David!

* et sûr qu'il y a d'autres genres aussi...

BODYSNATCH 'Universe of gory tales'

Risng Nemesis Records 2009 - CD

Il a fait bien chaud dernièrement par ici, au sud. Alors, un peu de fraîcheur en provennance de Suisse ne peut que faire du bien, non? Du genre du brutal death d'un trio bien dégueulasse, bien gore? Et bien si c'est votre rêve le plus cher, je vous l'offre ici même! Bande de veinard(e)s!
Cet Ep de 2009 nous offre une fenêtre ouverte sur un univers flippant de dégueulasseries. d'emblée, le son est énorme, très percutant, avec une voix d'ogre intense.
C'est fidèle, dans l'ensemble, au registre, très gustatif (ou pas). Mais même si le tout est assez rapide, le tour de force du groupe est d'avoir des passages lourds aux guitares avec une batterie très rapide, donnant une impression de décalage qui s'avère tout bonnement jouissif. Et quand ça part dans le vraiment rapide, ben... mamie fume toujours des oreilles. Ça ne rigole pas et ça fait mal et, cons que l'on est (ou pervers?), on aime ça!
Les titres, même si ils peuvent pêcher (dans un lac? Ok, je sors... ha ben non, c'est moi qui écrit...) par un coté légère ressemblance parfois n'en sont pas moins individuels entre eux (hop, sujet bac philo 2018).
Les trois titres sont longs, de l'ordre des 6 minutes, permettant au groupe d'explorer justement ce coté rythmique très particulier, à la fois très saccadé et puissant. Alors oui, trois titres, ça fait court. Mais ceux là permettent d'entrevoir que le groupe ne fait pas dans la demi mesure et a un putain de gros potentiel!

RESTOS HUMANOS sans titre

INTO THE RAVECORPSORATION 2017 - Cassette limité à l'Europe

Restos humanos est un groupe de grind death deux tiers colombien et un tiers Italien. Point de mystère, ce groupe envoie vraiment du lourd, sur album ou en live (il faut voir cette énergie de malade lâchée en direct!!). Ce nouvel album sans titre ne faut pas classe à part. Les huit titres répartis de façon équitable sur les deux faces, malgré un son volontairement un peu grumeleux s'avèrent être autant de titres qui défoncent, offrant un véritablement carnage sonore, succédant parfois après des intros dégageant une atmosphère macabre ou malsaine, ne surpassant nullement celle qui fait office de premier titre, la sinistre 'Incipit della morte'. Mais toujours ce mot d'ordre de tout détruire, comme le prouve directement 'Aquel aquel ojo' et son précipité de violence débridée. Oui, ça fait mal!! Et c'est ça qui est bon!!
Les titres sont très puissants, vindicatifs et ne n'ont pas peur d'aller loin. Alors oui, la cassette passe vraiment vite, en environ 23 minutes. La plupart des titres oscillent entre 1'30'' et 2''30, à l’exception de 'Creaturas desde la Selva' et du long et fascinant 'Black sunday' sur lequel je vais m'attarder un instant.
Ce titre, après une intro pas très festive débute sur un registre doom death lancinant, au chant très marqué où la violence n'est pas dans le rythme (si ce n'est peut-être dans les cymbales...) mais dans ce coté doom death, très martial dans le rythme imposé. Une sorte de vision de cauchemar auditif que le groupe dévoile ici un aspect intéressant, très différents des autres titres clairement rentre-dedans et vas-y que je t'enfonce le pick-up dans ta gueule.
Un excellent album à posséder, quelque soit le support que tu choisis (mais un support physique pour soutenir le groupe, hein. Sinon, tu crains.).

HUMAN 'Bloody history Bloody today"

HUMAN ERROR 2011 - Cassette grise argenté très sympa

Human Error... Ceux qui ne connaissent pas ce groupe hongrois de grind ultra rentre-dedans, je ne peux rien pour vous, sauf vous dire d'y poser une oreille.
Ici, on a le droit à 22 titres concentrés sur une seule face, visant l'essentiel: déboîter sa race (ou mémé, c'est selon...)! Donc point de mystère.
Les titres viennent de divers enregistrements, datant de 2010 et 2011, dont seul 'Szürke beton, szines képek' est un titre inédit. Deux reprises sont dissimulé dans les pistes, 'Police bastard' de Doom et 'Robbanj fel te negédes vilag' de Marina revue (excusez la faute avec l'absence d'accent sur le a de vilag...).
Point de temps mort, les titres filent vite et bien, avec un son très correct (compte tenu que c'est une cassette, pour ceux qui n'écoutent que des CDs ou pire, du mp3)... qui ajoute un coté à l'arrache qui s'avère excellent.
C'est clairement une bonne entrée en matière pour découvrir un groupe qui sort d'une scène très prolixe, ne reniant pas ses origines et proposant toujours un grind ultra efficace et carré!

dimanche 16 juillet 2017

GOATWHORE 'Vengefull ascension'

2017 Metal Blade Records - CD digipack


On change directement de registre avec des gars de la Nouvelle Orléans nous offrant un véritable concentré de colère. Et pas de blues, ni de cajun festif (si ça existe...). Non. Point de ça. Ici, on a le droit à un black death très incisif, avec un coté rock'n'roll pas piqué des hannetons!
En 10 titres le groupe te met à genoux (sauf si tu n'en as pas, là, du coup, je ne sais pas quoi dire...), avec un album tout en finesse et en raclage de restes.
Le groupe n'hésite pas à poser des tempos nettement plus lents, en contraste avec les parties suintants un black assez sombre, aux ambiances assez macabres, aidé en cela par deux chants qui renforcent cette impression.
Alors oui, effectivement, il ressort quand même aux écoutes un aspect mélodique qui pourrait clairement gâcher tout (moi le premier, habituellement, ça m'irrite les nerfs...). Mais là, le groupe imbrique vraiment ces aspects malsains, macabres et ces parties tantôt plus mélodiques, tantôt plus rapides, tout en gardant en tête de garder un aspect agressif (et pas nécessairement en passant uniquement par la violence pure).
La rondelle n'est qu'une offrande d'efficacité sans vraiment de concessions, visant la douleur et un certain énervement vis-à-vis de la religion.
Le groupe prend le temps de poser des titres pour développer un univers sombre où le futur de Terminator 2 est un vrai paradis en comparaison. On retrouve cette agressivité dont je parlais à travers cet univers aux ambiances pas vraiment festives, que les voix, dont une vraiment éraillée ajoute à ce coté pas youpi du tout. Ici, on est loin du pays des bisounours.
Vengefull ascension fait mal, même si cette douleur ne se fait pas par le biais habituelle d'un tempo pied au plancher mais plutôt par un coté insidieux qui ressort nettement. Si vous aimez le malsain, le malaise et le macabre, alors penchezz vous sur cet album.

HYPNOTIC DRIVE 'Full throttle'

2017 Hypnotic Drive - Avec Ellie Promotion- CD digipack

Outre une bien belle voiture le devant de l'objet, le contenu devrait combler les amateurs de mélanges appréciables, qui ici nous mène dans un voyage à travers les routes poussiéreuses et écrasées de soleil des déserts américains.
Concrètement, le groupe s'y prend de la plus simple (et du coup, efficace) manière, en manipulant un stoner bien gras, aidé par le chant assez râpeux du chanteur (et qui colle bien à la musique). Les 9 offrandes que font les 4 gaillards au dieu de l'asphalte s'avèrent être de très bonne facture, sachant que le stoner n'est pas un genre que je côtoie souvent ou qui m'attire tel un papillon suicidaire va se coller à une lampe à insectes.
Ce qui ressort d'office, ce sont les riffs bien gras, suintants la lourdeur que nous balance le groupe, dès le début et ce, sans nous prévenir auparavant.
Les titres sont très riches en eux-même, en plus d'être différents et évitant une certaine redondance qui pourrait nous gâcher la vie heu non, l'écoute.
Il est vrai qu'au début de mes écoutes, j'ai un peu buté sur la chose. Puis j'ai été pris dans le sillage du groupe, aidé par cette voix qui devient familière, pour un disque qui nous inviterait à manger du kilomètre.
Certains titres sont nettement plus pêchus que d'autres, qui à l'inverse laisse la rugosité prendre le dessus, offrant un contraste et un univers bien à eux. Complètement incapable de citer des références aux amateurs de stoner, hormis Karma to Burn, qui semblent être un point d’intérêt du groupe, le reste, hahahaha, je ne sais pas. En tout cas, il y a du lourd dedans, et pas que dans la musique et ce sans être péjoratif.
Comme je le disais quelques lignes plus haut, j'ai eut un peu de mal au début. Mais au final, une fois pris au jeu, j'ai trouvé dommage que le disque ne soit pas plus long (oui, bon, il y a quand même presque 40 minutes à savourer, sois en conduisant ou alors avec un bon bourbon à la main). Et l'on n'hésite pas à refaire une seconde écoute. Puis une troisième, car les morceaux sont denses et recèlent mille détails demandant clairement un long temps pour tous les capter. Car le groupe varie les plaisirs, entre tempos lent, presque hypnotiques parfois et d'autres, vraiment plus énervés (dans un registre stoner hein, ne mélangeons pas non plus tout...). Le son aussi participe à la magie de la chose, à la fois gras, rugueux, avec un coté propre aux années 70, renforçant clairement l'impression d'être emmené en voyage. Ce qui est certain en tous les cas, c'est l'adhésion obligatoire de tout fan de stoner à ce groupe et l'achat obligatoire pour soutenir le groupe.

dimanche 2 juillet 2017

TREPANATOR

Une fois Deep Vein sclérosé (hahahahaha, humour médical) est venu le temps de Trepanator qui nous a offert déjà une démo ici même (http://margothpdf.blogspot.com/2016/11/trepanator-mutant-birth.html). Et il germa dans ma tête, bien content de cette démo qui poutre d'en savoir plus et de partager les sages paroles de Trepanator. Et donc, voici pour vous l'interview ici même, bien dense et sans photo car il y a bien de la lecture! Merci à Trepanator!


1- Bonjour à vous ! Comment allez-vous en ce guilleret moi de février qui va mourir et précéder un mois de mars douteux ? Bon, commençons de façon factuelle : contez nous la grande histoire de Trepanator, celle pleine de bruits et de fureur !

G : Salut à toi ! Ben ça va bien, on a bien traîné pour répondre, du coup on est fin juin, mais juillet s'annonce peut être tout aussi douteux, voir pas du tout. On a formé Trepanator avec Cyril (le batteur) quand Deep Vein a cessé d'être, en 2012 si je raconte pas de conneries, histoire de continuer à faire du death metal. On a pas mal passé de temps à jouer d'abord à 2, puis on a été rejoint par Wortan (guitare, ex-Angmar, Mantras, Abducius), ensuite par son frangin Ogmor (basse, Bottle Doom Lazy Band, Mantras, Abdicius) et finalement par Steph (chant, Iris Somnium). Niveau enregistrements on a sorti un EP autoproduit « Mutant Birth », qu'on peut trouver via notre bandcamp, un split qui devait sortir prochainement avec les copains de Fall Of Seraph (death metal, Chevanceaux) et on bosse sur un album.

2- Parlons du mystère entourant le nom du groupe. Trepanator. C’est quand même fort de choisir un nom, qui dans l’acte fait bien death mais rappelle pourtant la période thrash de groupes en ‘Or’, comme Profanator, Megazetor, Annihilator, Kreator, Agressor… Est-ce voulu ? Est-ce un clin d’oeil mais quand même, vous jouez du violent ? Est un accident, sorti lors d’une soirée scrabble arrosé de banga et que vous trouviez que ça sonnait bien ? Pas du tout ça ? Un peu de tout ça ?

G : C'est en effet fort mystérieux. Oui c'est en partie un clin d'oeil à toute la plétore de groupes de thrash en -or (il y a d'ailleurs un groupe de thrash brésilien qui s'appelle Trepanator). Pour respecter le protocole on aurait du s'appeler Trepanation, mais bon. C'est aussi un clin d'oeil à un nanard de Norbert Moutier, avec des acteurs à l'accent marseillais qui sont censés être ricain, ça vaut le coup d'y jeter un ou deux yeux!

3a- Votre death est très ciselé, un peu comme de l’ail (clin d’oeil aux cuisiniers qui liront peut être – ou pas), alternant des passages sacrément rapides avec d’autres nettement plus posés, aux solos plein de tendres sensibilité. Aviez-vous l’idée de faire ainsi ou est-ce venu naturellement, du fait de vos connaissances approfondi du 5è mouvement de la quatrième partie de la symphonie presque achevée de Strading Vladinisk ?
3b- Plus sérieusement ?
3c- Mutant birth, votre Ep, est-il là pour fêter et montrer la naissance d’un mutant musical et que ça va chier? Juste pour montrer que maintenant ça suffit et ça va chier ? Est issu d’une longue démarche de réflexion intérieure et de montrer que putain, ça va chier ?
3d- Comment définiriez-vous ce que vous jouer (genre un nom qui claque. Ben oui, death c’est tellement lambda…) ?

G :
a) Absolument !
b) Difficile de répondre à ça, en gros la composition dans Trepanator fonctionne comme ça : j'écris les riffs de gratte et les 2èmes grattes que je verrais bien, soit seuls soit par « groupe » de riffs, une fois une ébauche de morceau faite je fais écouter à Cyril, on vire les riffs un peu nazes, du coup en rajoute d'autres et on refait une structure. Ensuite Wortan ajoute des harmonies, Ogmor fait sa basse et on rajoute le chant en dernier. Au final ça peut donner des morceaux qui alternent parties lentes et rapides. C'est pas vraiment une volonté de casser le rythme ou d'alterner en permanence, c'est juste le résultat du processus de composition, si on a mis une partie rapide à tel endroit c'est qu'on trouvait que c'était trop mou du cul sans, en gros.
c) oui
d) Pour nous on fait du death metal, je pense que ça correspond bien.

4- Y’a t-il des fans de fantasy dans le groupe ou du Seigneur de anneaux ? Hein ? Gran ? Ogmor ? Quels sont les origines du choix de ces bien mystérieux et intrigants pseudonymes ?

G : Ce sont malheureusement nos réels prénoms.
W: On parlera de la misère social que ça engendre dans une prochaine interview si tu veux !

5- Quel est le mot caché derrière les picots qui tiennent le CD ? Pour le lire, il faut péter ces putains de picots de merde et je n’ai pas envie. Et d’après mes recherches doctorales et un large sondage auprès d’un échantillonnage représentatif de la population de 1 personne, la frustration étant à son comble, pouvez-vous révéler ce secret ?

G : Si tu regardes bien, tu vas trouver tout seul.

W: Indice, ça figure déjà ailleurs sur la pochette.

C : Indice : il y a un rapport avec Erik von Däniken,

6- Je pense que les paroles parlent de choses comme la bienséance dans une soirée mondaine lors d’un gigantesque gangbang ou comment découper proprement avec la fourchette et le couteau adéquates sa victime. En fait, non. Je suis sûr que vous avez mieux en paroles. Plus sérieusement, qu’abordez-vous dans les paroles et qui est donc ce Bottleben (un gars bien… il y a Ben dedans…) ? Ne seriez-vous pas en fait qu’une bande de potes un peu dégueux dans leur conversation et qui on l’envie de partager ces conversations ?

G : Pour être honnête je ne sais pas de quoi parlent les paroles, je vais laisser les autres répondre. Bottleben c'est le chanteur de The Bottle Doom Lazy Band, il a écrit certains de nos textes.

W: On est bien une bande de potes un peux dégueux, mais pas dans nos conversations.

C : Bben c'est un vieux poteau, on échangeait déjà des textes entre Deep Vein et TBDLBand à l'époque.... Les paroles traitent du chaos, de mort, d’altération de la réalité, du nihilisme vu par le prisme déformant de la transsubstantiation, de tranches de vie, de points de vues anti-religieux et anarcho-libertariens....rien de très original.

7- Que pensent vos proches de Trepanator ? Un soutien indéniable ? Une phobie du groupe ? Un soutien certain mais ils ne comprennent pas les tenants de l’aboutissant ?

C : Ils nous soutiennent du fond du cœur.

W : Ma mamie aime bien, ça me suffit.

G : Nos proches adorent tous Trepanator.

8- Que faites-vous à coté du groupe ? D’autres projets ? Des métiers fascinants (comme déboulonneur de panzer, chauffagiste en fluide glacial…) ? Pas trop compliqué de pouvoir assembler le tout ?

G : On a tous d'autres groupes en parallèle, Cyril et moi jouont aussi dans The Last Tomb (thrash), Cyril joue aussi dans Rotten (death old school) Ogmor et Wortan jouent ensemble dans Mantras (stoner psyché) et Abducius (black metal), Ogmor dans The Bottle Doom Lazy Band (doom) et Valuatir (Black metal à tendance Pagan, mais Pagan véner, pas Pagan musette) et moi dans Klootzak (heavy/thrash).
W: En plus de la Zic, je brasse de la bière avec mon frère (Ogmor), c'est bien raccord avec le metal.

C : C'est effectivement un peu compliqué à concilier, il s'agit ici de conserver de la détermination et une sorte de résilience afin d'assouvir une passion encrée profondément. C'est d'autant plus dur et irrémédiable avec les années.

9- Quels sont vos goûts musicaux, littéraires et cinématographiques ? Se reflètent-ils dans Trepanator ? L’un de vous a-t-il des goûts honteux que les autres vont vite balancer, un peu comme dans la presse people mais qu’au fond, c’est pas honteux car c’est très pointu et dénote d’un certain élitisme peu accessible au commun des mortels ? Ou c’est juste pour m’embrouiller, avec mes questions que même le journal Le Monde m’envie (mais pas les inrocks, qui ne captent rien...)?

G: La mort, on aime tout ce qui est la mort mec. Sinon j'écoute principalement du metal, j'aime beaucoup des groupes comme Coroner, Death, Vektor, Martyr, avec des gratteux qui arrachent bien ou sinon des trucs un peu plus posés. Je suis pas sûr que tout ça se reflète dans Trepanator.

W: Pour ma part, j'aime tout ce qui est bien. Donc toute une chié de groupe dans un paquet de style, Black, death, thrash, post rock, classique, rap, trip hop, electro, jazz, stoner, blues...

10- Que pensez-vous de la Seine ? Elle est craspec, hein ? Vous ne voyez pas le rapport, hein ? Et quels regards ou sentiments avez-vous sur la scène métal (on va se cantonner sur l’underground foisonnant) ? Et que pensez-vous de la mentalité qui est apparu dans le public (cette sorte de dédain des groupes pas connus ou le snobisme des premières parties, le mépris et les idées de merde qui se développent…) ? N’est-elle pas une aberration par rapport à ce qu’est censé représenter le métal ? Comment voyez-vous l’évolution de celle-ci ?

G: Je ne sais pas, je ne connais pas assez la Seine, on est de Poitiers, nous c'est le Clain. Pour la scène métal, on s'en fout, on joue partout qu'elle soit en bois, métal ou plastique peu importe, même sur la terre. Sinon je ne sais pas ce qui est censé représenter le métal, sûrement un marteau et une enclume, non ? Autrement on a la chance d'avoir une scène locale qui se bouge bien le cul, avec des gars comme Hilde son asso Anthems Of Steel qui organisent de bons concerts underground à Bressuire et à Poitiers, sinon je vais avoir du mal à te donner un avis sur le reste de la scène française, vu que je la connais pas très bien, on est loin d'avoir joué partout en France, pour l'instant on a généralement été assez bien accueillis, malgré quelques plan bien moisis...

C : Entre les groupes modernes sans âme et un mouvement rétro métal pas tout le temps bien inspiré on est pas gâtés. Il y a eu et il y a encore de très bon groupes, rares, à mon avis, dans l'UG français, mais la plupart passent à la trappe ou tombent dans l'oubli (Carmina, Affliction Gate, Mercyless, Massacra ….) et c'est peut être aussi bien comme ça …. Internet et l'enregistrement numérique avec les outils informatiques arrangent rien à l'affaire. Tout un tas de blaireaux te sortent des galettes surproduites, avec une batterie recalée, des riffs copiés collés, un son de bulldozer en plastique... tout en se faisant encenser par des webzines tenus par des trous du cul ego-centrés en mal de reconnaissance, et possédant une culture métal douteuse. Suffit de s'bouger aux concerts en France et à l’étranger et de fouiller les distros adéquates (ce que je fait depuis un bail...) pour se faire une idée. A mon sens c'est un peu similaire en Espagne et en Italie, tandis qu'à l'est et au nord c'est bien plus riche et inscrit dans la culture des différents pays. La scène d’Améique du sud est mortelle aussi (Escarnium etc...), on fait bien pale figure en face......, en Turquie y'a du bon death aussi avec des groupes comme Engulfed ou Burial Invocation par exemple....Enfin y'a la scène ricaine qui continue à produire de bon trucs, Morfin, Rude, Scorched etc....

11- Quels sont vos projets et les espoirs que vous portez pour 2017 ? Des dates ? Un album qui cartonne, vous ramassez des millions et prenez une retraite bien méritée ? Tourner, poutrer un max et vous faire plaisir en jouant pour le plaisir des amateurs avertis ?

G: On espère pouvoir ouvrir un salon de massage thaïlandais ou un magasin pour vendre des accessoires de tuning, un truc classe, qu'a la cotte tu vois. Pour les dates... On ouvrira sûrement cet hiver car il fait trop chaud sinon et on a pas de local encore.

C : Rien à branler de la thune, on est pas du style ambitieux carriéristes comme on en rencontre d'ailleurs de plus en plus, ça fait plus de 20 ans que je joue donc pour moi, tant que ça continue comme ça, c'est bien....répéter, sortir un album après le split, trouver quelques dates, continuer à organiser quelques concert, boire des bières ….. amen.

12- Merci à vous d’avoir pris le temps de répondre à mes questions qui, quelque fois, ont pu légèrement tordues. Le dernier mot est à vous !

G: D'accord !

C : Pour le moins atypiques.....merci à toi.