dimanche 16 juillet 2017

GOATWHORE 'Vengefull ascension'

2017 Metal Blade Records - CD digipack


On change directement de registre avec des gars de la Nouvelle Orléans nous offrant un véritable concentré de colère. Et pas de blues, ni de cajun festif (si ça existe...). Non. Point de ça. Ici, on a le droit à un black death très incisif, avec un coté rock'n'roll pas piqué des hannetons!
En 10 titres le groupe te met à genoux (sauf si tu n'en as pas, là, du coup, je ne sais pas quoi dire...), avec un album tout en finesse et en raclage de restes.
Le groupe n'hésite pas à poser des tempos nettement plus lents, en contraste avec les parties suintants un black assez sombre, aux ambiances assez macabres, aidé en cela par deux chants qui renforcent cette impression.
Alors oui, effectivement, il ressort quand même aux écoutes un aspect mélodique qui pourrait clairement gâcher tout (moi le premier, habituellement, ça m'irrite les nerfs...). Mais là, le groupe imbrique vraiment ces aspects malsains, macabres et ces parties tantôt plus mélodiques, tantôt plus rapides, tout en gardant en tête de garder un aspect agressif (et pas nécessairement en passant uniquement par la violence pure).
La rondelle n'est qu'une offrande d'efficacité sans vraiment de concessions, visant la douleur et un certain énervement vis-à-vis de la religion.
Le groupe prend le temps de poser des titres pour développer un univers sombre où le futur de Terminator 2 est un vrai paradis en comparaison. On retrouve cette agressivité dont je parlais à travers cet univers aux ambiances pas vraiment festives, que les voix, dont une vraiment éraillée ajoute à ce coté pas youpi du tout. Ici, on est loin du pays des bisounours.
Vengefull ascension fait mal, même si cette douleur ne se fait pas par le biais habituelle d'un tempo pied au plancher mais plutôt par un coté insidieux qui ressort nettement. Si vous aimez le malsain, le malaise et le macabre, alors penchezz vous sur cet album.

HYPNOTIC DRIVE 'Full throttle'

2017 Hypnotic Drive - Avec Ellie Promotion- CD digipack

Outre une bien belle voiture le devant de l'objet, le contenu devrait combler les amateurs de mélanges appréciables, qui ici nous mène dans un voyage à travers les routes poussiéreuses et écrasées de soleil des déserts américains.
Concrètement, le groupe s'y prend de la plus simple (et du coup, efficace) manière, en manipulant un stoner bien gras, aidé par le chant assez râpeux du chanteur (et qui colle bien à la musique). Les 9 offrandes que font les 4 gaillards au dieu de l'asphalte s'avèrent être de très bonne facture, sachant que le stoner n'est pas un genre que je côtoie souvent ou qui m'attire tel un papillon suicidaire va se coller à une lampe à insectes.
Ce qui ressort d'office, ce sont les riffs bien gras, suintants la lourdeur que nous balance le groupe, dès le début et ce, sans nous prévenir auparavant.
Les titres sont très riches en eux-même, en plus d'être différents et évitant une certaine redondance qui pourrait nous gâcher la vie heu non, l'écoute.
Il est vrai qu'au début de mes écoutes, j'ai un peu buté sur la chose. Puis j'ai été pris dans le sillage du groupe, aidé par cette voix qui devient familière, pour un disque qui nous inviterait à manger du kilomètre.
Certains titres sont nettement plus pêchus que d'autres, qui à l'inverse laisse la rugosité prendre le dessus, offrant un contraste et un univers bien à eux. Complètement incapable de citer des références aux amateurs de stoner, hormis Karma to Burn, qui semblent être un point d’intérêt du groupe, le reste, hahahaha, je ne sais pas. En tout cas, il y a du lourd dedans, et pas que dans la musique et ce sans être péjoratif.
Comme je le disais quelques lignes plus haut, j'ai eut un peu de mal au début. Mais au final, une fois pris au jeu, j'ai trouvé dommage que le disque ne soit pas plus long (oui, bon, il y a quand même presque 40 minutes à savourer, sois en conduisant ou alors avec un bon bourbon à la main). Et l'on n'hésite pas à refaire une seconde écoute. Puis une troisième, car les morceaux sont denses et recèlent mille détails demandant clairement un long temps pour tous les capter. Car le groupe varie les plaisirs, entre tempos lent, presque hypnotiques parfois et d'autres, vraiment plus énervés (dans un registre stoner hein, ne mélangeons pas non plus tout...). Le son aussi participe à la magie de la chose, à la fois gras, rugueux, avec un coté propre aux années 70, renforçant clairement l'impression d'être emmené en voyage. Ce qui est certain en tous les cas, c'est l'adhésion obligatoire de tout fan de stoner à ce groupe et l'achat obligatoire pour soutenir le groupe.

dimanche 2 juillet 2017

TREPANATOR

Une fois Deep Vein sclérosé (hahahahaha, humour médical) est venu le temps de Trepanator qui nous a offert déjà une démo ici même (http://margothpdf.blogspot.com/2016/11/trepanator-mutant-birth.html). Et il germa dans ma tête, bien content de cette démo qui poutre d'en savoir plus et de partager les sages paroles de Trepanator. Et donc, voici pour vous l'interview ici même, bien dense et sans photo car il y a bien de la lecture! Merci à Trepanator!


1- Bonjour à vous ! Comment allez-vous en ce guilleret moi de février qui va mourir et précéder un mois de mars douteux ? Bon, commençons de façon factuelle : contez nous la grande histoire de Trepanator, celle pleine de bruits et de fureur !

G : Salut à toi ! Ben ça va bien, on a bien traîné pour répondre, du coup on est fin juin, mais juillet s'annonce peut être tout aussi douteux, voir pas du tout. On a formé Trepanator avec Cyril (le batteur) quand Deep Vein a cessé d'être, en 2012 si je raconte pas de conneries, histoire de continuer à faire du death metal. On a pas mal passé de temps à jouer d'abord à 2, puis on a été rejoint par Wortan (guitare, ex-Angmar, Mantras, Abducius), ensuite par son frangin Ogmor (basse, Bottle Doom Lazy Band, Mantras, Abdicius) et finalement par Steph (chant, Iris Somnium). Niveau enregistrements on a sorti un EP autoproduit « Mutant Birth », qu'on peut trouver via notre bandcamp, un split qui devait sortir prochainement avec les copains de Fall Of Seraph (death metal, Chevanceaux) et on bosse sur un album.

2- Parlons du mystère entourant le nom du groupe. Trepanator. C’est quand même fort de choisir un nom, qui dans l’acte fait bien death mais rappelle pourtant la période thrash de groupes en ‘Or’, comme Profanator, Megazetor, Annihilator, Kreator, Agressor… Est-ce voulu ? Est-ce un clin d’oeil mais quand même, vous jouez du violent ? Est un accident, sorti lors d’une soirée scrabble arrosé de banga et que vous trouviez que ça sonnait bien ? Pas du tout ça ? Un peu de tout ça ?

G : C'est en effet fort mystérieux. Oui c'est en partie un clin d'oeil à toute la plétore de groupes de thrash en -or (il y a d'ailleurs un groupe de thrash brésilien qui s'appelle Trepanator). Pour respecter le protocole on aurait du s'appeler Trepanation, mais bon. C'est aussi un clin d'oeil à un nanard de Norbert Moutier, avec des acteurs à l'accent marseillais qui sont censés être ricain, ça vaut le coup d'y jeter un ou deux yeux!

3a- Votre death est très ciselé, un peu comme de l’ail (clin d’oeil aux cuisiniers qui liront peut être – ou pas), alternant des passages sacrément rapides avec d’autres nettement plus posés, aux solos plein de tendres sensibilité. Aviez-vous l’idée de faire ainsi ou est-ce venu naturellement, du fait de vos connaissances approfondi du 5è mouvement de la quatrième partie de la symphonie presque achevée de Strading Vladinisk ?
3b- Plus sérieusement ?
3c- Mutant birth, votre Ep, est-il là pour fêter et montrer la naissance d’un mutant musical et que ça va chier? Juste pour montrer que maintenant ça suffit et ça va chier ? Est issu d’une longue démarche de réflexion intérieure et de montrer que putain, ça va chier ?
3d- Comment définiriez-vous ce que vous jouer (genre un nom qui claque. Ben oui, death c’est tellement lambda…) ?

G :
a) Absolument !
b) Difficile de répondre à ça, en gros la composition dans Trepanator fonctionne comme ça : j'écris les riffs de gratte et les 2èmes grattes que je verrais bien, soit seuls soit par « groupe » de riffs, une fois une ébauche de morceau faite je fais écouter à Cyril, on vire les riffs un peu nazes, du coup en rajoute d'autres et on refait une structure. Ensuite Wortan ajoute des harmonies, Ogmor fait sa basse et on rajoute le chant en dernier. Au final ça peut donner des morceaux qui alternent parties lentes et rapides. C'est pas vraiment une volonté de casser le rythme ou d'alterner en permanence, c'est juste le résultat du processus de composition, si on a mis une partie rapide à tel endroit c'est qu'on trouvait que c'était trop mou du cul sans, en gros.
c) oui
d) Pour nous on fait du death metal, je pense que ça correspond bien.

4- Y’a t-il des fans de fantasy dans le groupe ou du Seigneur de anneaux ? Hein ? Gran ? Ogmor ? Quels sont les origines du choix de ces bien mystérieux et intrigants pseudonymes ?

G : Ce sont malheureusement nos réels prénoms.
W: On parlera de la misère social que ça engendre dans une prochaine interview si tu veux !

5- Quel est le mot caché derrière les picots qui tiennent le CD ? Pour le lire, il faut péter ces putains de picots de merde et je n’ai pas envie. Et d’après mes recherches doctorales et un large sondage auprès d’un échantillonnage représentatif de la population de 1 personne, la frustration étant à son comble, pouvez-vous révéler ce secret ?

G : Si tu regardes bien, tu vas trouver tout seul.

W: Indice, ça figure déjà ailleurs sur la pochette.

C : Indice : il y a un rapport avec Erik von Däniken,

6- Je pense que les paroles parlent de choses comme la bienséance dans une soirée mondaine lors d’un gigantesque gangbang ou comment découper proprement avec la fourchette et le couteau adéquates sa victime. En fait, non. Je suis sûr que vous avez mieux en paroles. Plus sérieusement, qu’abordez-vous dans les paroles et qui est donc ce Bottleben (un gars bien… il y a Ben dedans…) ? Ne seriez-vous pas en fait qu’une bande de potes un peu dégueux dans leur conversation et qui on l’envie de partager ces conversations ?

G : Pour être honnête je ne sais pas de quoi parlent les paroles, je vais laisser les autres répondre. Bottleben c'est le chanteur de The Bottle Doom Lazy Band, il a écrit certains de nos textes.

W: On est bien une bande de potes un peux dégueux, mais pas dans nos conversations.

C : Bben c'est un vieux poteau, on échangeait déjà des textes entre Deep Vein et TBDLBand à l'époque.... Les paroles traitent du chaos, de mort, d’altération de la réalité, du nihilisme vu par le prisme déformant de la transsubstantiation, de tranches de vie, de points de vues anti-religieux et anarcho-libertariens....rien de très original.

7- Que pensent vos proches de Trepanator ? Un soutien indéniable ? Une phobie du groupe ? Un soutien certain mais ils ne comprennent pas les tenants de l’aboutissant ?

C : Ils nous soutiennent du fond du cœur.

W : Ma mamie aime bien, ça me suffit.

G : Nos proches adorent tous Trepanator.

8- Que faites-vous à coté du groupe ? D’autres projets ? Des métiers fascinants (comme déboulonneur de panzer, chauffagiste en fluide glacial…) ? Pas trop compliqué de pouvoir assembler le tout ?

G : On a tous d'autres groupes en parallèle, Cyril et moi jouont aussi dans The Last Tomb (thrash), Cyril joue aussi dans Rotten (death old school) Ogmor et Wortan jouent ensemble dans Mantras (stoner psyché) et Abducius (black metal), Ogmor dans The Bottle Doom Lazy Band (doom) et Valuatir (Black metal à tendance Pagan, mais Pagan véner, pas Pagan musette) et moi dans Klootzak (heavy/thrash).
W: En plus de la Zic, je brasse de la bière avec mon frère (Ogmor), c'est bien raccord avec le metal.

C : C'est effectivement un peu compliqué à concilier, il s'agit ici de conserver de la détermination et une sorte de résilience afin d'assouvir une passion encrée profondément. C'est d'autant plus dur et irrémédiable avec les années.

9- Quels sont vos goûts musicaux, littéraires et cinématographiques ? Se reflètent-ils dans Trepanator ? L’un de vous a-t-il des goûts honteux que les autres vont vite balancer, un peu comme dans la presse people mais qu’au fond, c’est pas honteux car c’est très pointu et dénote d’un certain élitisme peu accessible au commun des mortels ? Ou c’est juste pour m’embrouiller, avec mes questions que même le journal Le Monde m’envie (mais pas les inrocks, qui ne captent rien...)?

G: La mort, on aime tout ce qui est la mort mec. Sinon j'écoute principalement du metal, j'aime beaucoup des groupes comme Coroner, Death, Vektor, Martyr, avec des gratteux qui arrachent bien ou sinon des trucs un peu plus posés. Je suis pas sûr que tout ça se reflète dans Trepanator.

W: Pour ma part, j'aime tout ce qui est bien. Donc toute une chié de groupe dans un paquet de style, Black, death, thrash, post rock, classique, rap, trip hop, electro, jazz, stoner, blues...

10- Que pensez-vous de la Seine ? Elle est craspec, hein ? Vous ne voyez pas le rapport, hein ? Et quels regards ou sentiments avez-vous sur la scène métal (on va se cantonner sur l’underground foisonnant) ? Et que pensez-vous de la mentalité qui est apparu dans le public (cette sorte de dédain des groupes pas connus ou le snobisme des premières parties, le mépris et les idées de merde qui se développent…) ? N’est-elle pas une aberration par rapport à ce qu’est censé représenter le métal ? Comment voyez-vous l’évolution de celle-ci ?

G: Je ne sais pas, je ne connais pas assez la Seine, on est de Poitiers, nous c'est le Clain. Pour la scène métal, on s'en fout, on joue partout qu'elle soit en bois, métal ou plastique peu importe, même sur la terre. Sinon je ne sais pas ce qui est censé représenter le métal, sûrement un marteau et une enclume, non ? Autrement on a la chance d'avoir une scène locale qui se bouge bien le cul, avec des gars comme Hilde son asso Anthems Of Steel qui organisent de bons concerts underground à Bressuire et à Poitiers, sinon je vais avoir du mal à te donner un avis sur le reste de la scène française, vu que je la connais pas très bien, on est loin d'avoir joué partout en France, pour l'instant on a généralement été assez bien accueillis, malgré quelques plan bien moisis...

C : Entre les groupes modernes sans âme et un mouvement rétro métal pas tout le temps bien inspiré on est pas gâtés. Il y a eu et il y a encore de très bon groupes, rares, à mon avis, dans l'UG français, mais la plupart passent à la trappe ou tombent dans l'oubli (Carmina, Affliction Gate, Mercyless, Massacra ….) et c'est peut être aussi bien comme ça …. Internet et l'enregistrement numérique avec les outils informatiques arrangent rien à l'affaire. Tout un tas de blaireaux te sortent des galettes surproduites, avec une batterie recalée, des riffs copiés collés, un son de bulldozer en plastique... tout en se faisant encenser par des webzines tenus par des trous du cul ego-centrés en mal de reconnaissance, et possédant une culture métal douteuse. Suffit de s'bouger aux concerts en France et à l’étranger et de fouiller les distros adéquates (ce que je fait depuis un bail...) pour se faire une idée. A mon sens c'est un peu similaire en Espagne et en Italie, tandis qu'à l'est et au nord c'est bien plus riche et inscrit dans la culture des différents pays. La scène d’Améique du sud est mortelle aussi (Escarnium etc...), on fait bien pale figure en face......, en Turquie y'a du bon death aussi avec des groupes comme Engulfed ou Burial Invocation par exemple....Enfin y'a la scène ricaine qui continue à produire de bon trucs, Morfin, Rude, Scorched etc....

11- Quels sont vos projets et les espoirs que vous portez pour 2017 ? Des dates ? Un album qui cartonne, vous ramassez des millions et prenez une retraite bien méritée ? Tourner, poutrer un max et vous faire plaisir en jouant pour le plaisir des amateurs avertis ?

G: On espère pouvoir ouvrir un salon de massage thaïlandais ou un magasin pour vendre des accessoires de tuning, un truc classe, qu'a la cotte tu vois. Pour les dates... On ouvrira sûrement cet hiver car il fait trop chaud sinon et on a pas de local encore.

C : Rien à branler de la thune, on est pas du style ambitieux carriéristes comme on en rencontre d'ailleurs de plus en plus, ça fait plus de 20 ans que je joue donc pour moi, tant que ça continue comme ça, c'est bien....répéter, sortir un album après le split, trouver quelques dates, continuer à organiser quelques concert, boire des bières ….. amen.

12- Merci à vous d’avoir pris le temps de répondre à mes questions qui, quelque fois, ont pu légèrement tordues. Le dernier mot est à vous !

G: D'accord !

C : Pour le moins atypiques.....merci à toi.

dimanche 4 juin 2017

IMMOLATION ' Atonement'

NUCLEAR BLAST 2017 - Superbe cd digipack

Hop, sans la moindre introduction ou quelconque transition, on va parler du nouvel album des incontournables IMMOLATION. Alors, d'entrée, comme ça, à froid, fans d'Epica, Nightwish et autres, ça risque de vous nettoyer les oreilles. Je dis ça, je ne dis rien. C'est juste pour vous prévenir, on ne sait jamais.
Ce groupe fait parti des vétérans de la scène death metal. Formé en 1986, ce groupe est donc âgé de 31 ans. Ha, ça calme, hein!?
12 titres (dont le dernier est un bonus de la version digipack) constitue l'offrande donnée à nos oreilles averties, pour presque 50 minutes de bonheur. Du moins, pour les amateurs de death.

Dès le premier titre, The distorting light, le ton est donné: ça va faire très mal. Le son, à l'image de leur death, est très massif, dégageant un coté très sombre, évoquant un peu du dark dans ce qu'il a de plus malsain. D'ailleurs, c'est ce que l'on ressent aussi à l'écoute: ce coté malsain, distillant un malaise presque palpable. Et c'est le lien qui ficelle l'album.
Musicalement, leur death est technique et il fait vraiment mal. Pas nécessairement bourrin de bout en bout, des passages plus posés (enfin par rapport aux autres parties hein, on ne parle pas de pop ici...) mais sachant, quand c'est utile voire essentiel, devenir franchement bourrin. Et quand ça le devient, avec ce coté sombre, ça prend une voie très intense et ne fais pas dans la dentelle (d'où vous voulez, parce qu'on s'en fout, ils ne font pas de dentelle que je viens de dire... suivez un peu, bande de coquin(e)s).
Et on se prend au jeu de suivre, comme des cons ou des amateurs avertis (c'est selon les points de vue) les rythmiques (parfois foutrement alambiquées) avec notre corps (ben oui, il y a moult possibilités de suivre un tempo, non?). Un exemple de mon propos? Ben écoutez donc Fostering the divide, aux passages parfois hypnotiques et martiaux ou l'énervé Rise the heretics, tout en virulence, même dans ces parties plus 'relaxantes'.
Et jusqu'au bout de l'album, il n'y a rien qui contredit ces arguments. Bien au contraire. Le groupe utilise son savoir faire pour créer des émotions noires, des ambiances glauques. Et le tout, en sachant quand bien te défoncer, le tout sans vraiment prévenir. Et ils ne mentent pas, cette recette étant la base de l'essence qu'est Immolation.
Destructive currents offre lui un coté surprenant. Car on y retrouve un riff thrash pur et dur qui sert de liant au morceau. Et ce riff est exactement le même que celui qui est l'essence de Reptenless de Slayer. Sauf que son utilisation va varier dans le morceau, histoire de bien nous laminer. Ceux qui pourrait penser à un pompage, sachant que les deux albums ont des sorties proches, oubliez cet argument. C'est juste un riff excellent que deux groupes de styles différents ont trouvé et qui, dans chacun des cas, s'avère efficace, le malaise en plus chez Immolation.
Le titre bonus, nommé Immolation est juste un putain de cadeau aux fans: il s'agit du premier titre de la démo de 1988, réenregistrée pour l'occasion et qui montre que déjà, aux débuts du groupe, tout était déjà là, bien que peaufiné par le temps. C'est clairement le morceau le plus rapide, un petit morceau d'histoire en somme.
L'artwork du digipack est à tomber. Il s'agit de l'artiste Rob Kimura, qui outre la cover couleur sublime, a créer dans le packaging d'autres oeuvres, elles en échelles de gris, collant parfaitement à l'ensemble. Un travail magnifique à signaler. Bref, c'est un album incontournable du death, que tout bon amateur de ce style devrait avoir dans sa cdthèque.

samedi 3 juin 2017

PRIMAL AGE

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Comme cela faisait longtemps qu'il n'y avait pas eu d'interview. Rassurez-vous, cela va se faire plus souvent, juste me laisser le temps (après tout, plus c'est long plus c'est bon, selon le dicton populaire...). Et du coup, en attendant une autre interview à venir, ce sont les normands de Primal Age qui ont joué le jeu, histoire d'éclairer un peu ce groupe et aussi pour la sortie de leur Ep A silent wound. Et c'est avec courage et rapidité que xDimitrix (basse) a répondu à mes quelques questions! Enjoy!


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1- Bonjour à vous, ô nobles membres de Primal Age ! Comment allez-vous ? Bon, on va commencer par une succincte présentation du groupe, pour ceux et celles qui ne vous connaîtraient pas.

OK, PxA 2017 c'est Didier au chant, Ben et Flo aux grattes, Mehdi à la batterie, et moi (Dimitri) à la basse. On tourne depuis 22 ans pendant lesquels on a joué dans 12 pays et sur 3 continents, 3 MCDs, 2 full albums, des centaines de concerts avec notamment le Helfest, Sonisphere, Hell on Earth, Paris Xtreme fest, Free Edge... sur lesquels on a eu la chance de jouer avec tous les groupes (presque tous) que l'on adore.


2- Depuis 1993, vous distiller un mélange détonnant de Hardcore metal. Avec la forme de 2017, quelle évolution y voyez-vous ? Partagez-vous l’impression d’une intensité de plus en plus marquée ? Comment percevez-vous cette évolution au regard de vos vies ?

Depuis nos débuts on a vu pas mal de nouvelles vagues arriver sans jamais céder à la tentation de les surfer, car on fait vraiment la musique qu'on ressent depuis nos débuts tant qu'on a la chance de trouver un public. Elle évolue forcément et heureusement car on n'aime pas refaire les mêmes morceaux. Ce qui a beaucoup évolué, c'est la qualité des prods ; aujourd'hui si tu n'arrives pas avec un gros son tu te fais laminer, avant avec des prods en carton tu t'en sortais)).

3- Votre nouveau Ep, A silent wound, comme à chacune de vos productions, marque une évolution par rapport à la précédente, toujours dans une optique d’intensité croissante. Quelle est la genèse de celui-ci ?

Il marque une transition particulière dans la mesure où on a connu le départ de Johann à la gratte qui a joué 10 ans avec nous, et que Ben et Flo sont venus le remplacer. C'est aussi pour cette raison qu'on a opté pour un format court, faute de temps et pour leur laisser prendre leurs marques. Un vieil ami du groupe (Sylvain de Seekers of the Truth) est venu prêter main forte à la composition, avec toute son expérience et s connaissance parfaite de notre son. Pour la prod on est également resté en terrain connu en re travaillant avec Thomas Tibéri, et un master de Chris Zeuss Harris( Sepultura, Hatebreed, Rob Zombie... ). On a pris beaucoup de plaisir, tout en se rassurant avec la nouvelle formation, la mayo a bien pris et on est repartis de l'avant, avec beaucoup d'envie et de projets.

4- Vous êtes depuis vos débuts engagés dans ce que l’on va nommer l’univers du véganisme (et ce que ça implique), l’écologie et les thèmes proches qui y sont liés. Ressentez-vous le passage du message (ou du moins, toucher les consciences) et quelles évolutions voyez-vous aussi par rapport à vos débuts ? Y-a-t-il une partie plus importante plus réceptive à ce message (je parle de façon globale car le domaine est vaste, on en conviendra) ? Et qu’est-ce qui vous pousse à cette persévérance (dont je ne me plains pas et qui force le respect) ?

Cela a énormément progressé et on s'en réjouit, enfin façon de parler car cela signifie que la situation est gravissime. On avait la sensation de s'adresser à un microcosme quand on a débuté, alors qu'aujourd'hui on a de nombreux retours, de personnes qui viennent en discuter après les concerts. On s'attache à avoir un discours positif et constructif par rapport à ça, car il est facile de rebuter les gens quand on attaque frontalement comme on a pu le faire il y a 20 ans. 

5- Quels thèmes abordent vos trois titres de A silent wound ? Y abordez-vous un domaine peut défricher auparavant ? Pourrait-il être une continuité dans un fil rouge commencé depuis vos débuts, au final ?

On a toujours ces thèmes en perspective mais que l'on aborde par différents biais. On a un morceau qui parle de la déforestation, un autre qui traite des "faussaires de la science" et un autre des lobbys pharmatico chimico industriels et leurs soutiens politiques et bancaires. 

6- Malgré la durée des titres qui dépasse les 3 minutes, ceux-ci passent très vite. Est-ce volontaire de rendre un poil frustrant la chose, histoire de faire baver encore plus l’auditeur ?

Non on n'a pas encore ce genre de perversité). Comme je te disais on fait ce qu'on ressent, si un titre doit faire 5 min il le fera, s'il doit durer 3 min c'est la même. L'important pour nous était de faire un bon album, et on est plus que satisfaits du résultat, et visiblement avec les chroniques qui sortent on a fait mouche, donc tout est OK. 

7- Le dernier titre est très à part. To Jeff est clairement un hommage à Jeff Hanneman. Représentait-il une influence pour vous ? Quel est le secret mystique qui se cache derrière ce titre qui est aussi une sorte de blind test du fan ?

Oui c'est une grosse influence pour nous, on est tous fans de Slayer. Jeff Hanneman est responsable des riffs les plus mythiques du metal et on a voulu faire un assemblage cohérent de certains d'entres eux. On a invité Julien Benighted et Koba Loyal to the Grave avec lequel on a joué à Tokyo pour ce morceau qui a une saveur particulière. 

8- On peut clairement vous mettre dans la grande famille du metal extrême. Dans l’esprit, vous offrez des ponts vers le grindcore et dans une certaine mesure, la powerviolence, de part, entre autre, votre engagement et votre intégrité. Votre évolution musicale pourrait elle un jour vous mener à la frontière ténue entre ces différents genres ? Quels sont vos regards et opinions sur ces scènes assez spécifiques ?

C'est franchement pas important, on ne s'attache pas à savoir dans quelle catégorie on va être classés quand on compose, tant que ça pète à nos oreilles, c'est tout ce qui compte. Sur certaines affiches de concerts on a tantôt vu : Primal Age (Hardcore), (Brutal Death), (Trash), (Metalcore)... alors on fait ce qu'on aime sans se soucier de l'étiquette qui va être posée sur la galette. Mais sur ce qu'on commence à composer pour la suite... il semblerait que ça reste du brutal)

9- Quels sont vos regards sur le hardcore metal depuis les débuts du style ? Quels groupes vous ont marqués, dans ce style et dans d’autres (on a tous des groupes qui nous ont marqué qui sont parfois loin du style nous fascinant) ?

Nos influences vont de Slayer à Hatebreed, en passant par Madball, Napalm Death, Sepultura, Morning Again, Arkangel... Le hardcore metal a la chance de passer les époques par rapport à certaines vagues qui retombent vite. C'est une des raisons qui nous ont fait passer de la scène purement hardcore à des shows plus metal dans lequel on se retrouve davantage. 

10- Que pensez-vous de cette montée du véganisme que l’on peut qualifié d’intégrisme ? Ne serait-ce pas une erreur de la part de ceux qui sont dans un mouvement radicale pour faire passer le message, au lieu d’avoir une disposition plutôt à échanger, moyen plus efficace et plus riche, pour faire avancer les choses ? Parfois, dans le cadre des tournées, n’est-ce pas un peu compliqué (oui, je sens que c’est un euphémisme) ? Y-a-t-il des pays plus réceptifs que d’autres, du fait de la culture ?

Comme je te disais plus haut, on a commis des erreurs à nos débuts avec un discours seulement accusateur qui ne nous semble pas productif. Il m'est arrivé de me prendre la tête avec des vegans (depuis 3 mois des fois lol) qui connaissent tout et sont dans le jugement et l'excès. J'en ai juste rien à foutre de ces mecs et trace mon chemin en fonction de mes convictions. Je laisse ceux qui font une compétition du véganisme de coté, se permettant de dire qu'un végétarien est une merde qui tue autant qu'un carniste... A mon sens ils font beaucoup de mal à cette cause car il vont rebuter beaucoup de monde. Il me semble plus intéressant de faire évoluer les consciences de masse que d'avoir un groupuscule vegan 100% irréprochable. Si l'ensemble de la population diminue déjà sa consommation de viande, cela fait des millions d'animaux sauvés. Tout ce qui va dans ce sens est une bonne chose et quand on laisse les gens prendre conscience de l'exploitation animale, ils sont amenés à évoluer, alors que si on les rebute dès leur arrivés ils peuvent décrocher directement.

11- Quels groupes pouvez-vous conseillez sur la région d’Evreux ? Je n’en connais que peu, alors qu’il doit y en avoir pas mal… Existe-il des labels, structures ou associations qui se bougent pour la scène metal/hardcore ?

Sur Evreux... on ne peut pas dire qu'il y ait grand chose de structuré dans ce domaine. Il y a bien sûr des groupes, mais on ne peut pas parler de plaque tournante du metal)) 

12- Du haut de votre expérience et carrière, quel est votre regard sur la scène actuelle et tout ceux qui essaient de la faire vivre et de la soutenir à leur façon ? L’évolution est-elle favorable ou trouvez-vous que c’est plus compliqué ?

Il y a du bon et du moins bon comme souvent. On constate une multitude d'assos qui organisent des fests et malheureusement peut-être trop parfois car beaucoup se plantent. On a vu dans des petites villes 4 ou 5 assos qui se tirent la bourre, et chacune organise son fest qui finit déficitaire. Sur ce genre de ville où le potentiel en public reste limité, il faudrait pouvoir se regrouper pour organiser 1 ou 2 événements viables. Une des difficultés que l'on constate est le manque de structures intermédiaires, où on va passer directement du café concert à la grosse salle de spectacle qui reste peu accessible à ces groupes de musiques extrêmes. 

13- Quels sont vos projets pour Primal Age ? Festivals et vacances ? Pas trop compliqué de conciliez vies privée / professionnelle et Primal Age ? Votre plus grands soutien n’est-il pas en fait vos familles / proches ?

Oh que oui c'est très compliqué de tout concilier, ça relève de l'exploit et il faut une grosse dose de passion pour continuer à avancer. Mais on a cette envie et donc plein de projets avec 2 perspectives de tournées lointaines, un album et d'ici là (car on se projette sur 3 ans), des tas de concerts pour prendre et donner du plaisir.

14- Merci à vous d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Je vous laisse le plaisir de boucler cette interview !


mardi 30 mai 2017

BLISTERHEAD 'Border control'

2017 CRAMADA records - CD dispo depuis le 19 mai 2017

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Blisterhead... un autre groupe suédois, donnant aussi une offrande via le punk rock. ici, on a un Ep très concis (10 minutes pour 4 titres), carrément catchy et accrocheur! Pourquoi? Je ne sais pas, je demanderais à mamie. Néanmoins cela tient aussi bien des riffs que du son qui semble venir des années 60, vers le début. Du coup, mélanger à leur punk rock, dans la lignée de The offsprings, pour vous situer, le résultat est très percutant et remuant. Qui plus est, le groupe nous offre des titres en anglais, vachement plus facile à capter que le suédois, en ce qui me concerne!
Les 4 titres passent hélas trop vite et c'est frustrant comme une actrice porno sans orifice (ho la belle comparaison de merde...). L'énergie est bien présente, avec un coté 'je te fous la banane!!', à l'aide de riffs efficaces et de rythmiques bien soutenu pour le style. Le chant n'est pas en reste, plus agressif à mon sens que celui de Mähälium. Alors oui, on va dire que la Suède et le punk rock, globalement, c'est un peu étrange. Et voici donc un deuxième exemple que, ben non en fait, ça le fait (et sur qu'il y a des formations étranges de punk black, de punk rock black ou de death punk...).
Alors oui, c'est vrai que j'accroche plus avec ce groupe, du fait de cette approche très directe et plus incisive et de ce son très caractéristique que développe le groupe. Très bonne découverte pour moi, merci au label de m'avoir envoyer ça comme ça. Les gars, on va discuter ensemble!

MÄHÄLIUM 'Nâr verkligheten golvar dig'

2017 CRAMADA records - CD dispo depuis le 26 mai 2017

              
Groupe suédois de punk rock formé en 1998 et silencieux depuis 2001, le groupe revient avec ce nouvel album qui participe au concours du titre le plus imprononçable de l'année. Chantant dans la langue nationale de ce beau pays plus connu pour le black ou le death, il est vrai que, à moins de maîtriser cette langue, on ne capte pas un mot de ce qui est dit, ce qui s'avère un peu couillon, mais bon, on ne va pas se plaindre!
12 titres pour un peu plus de 34 minutes diffuse un punk rock à l'ancienne, plus marqué par le punk dans le chant et les chœurs, non sans renier ce coté rock dans les structures des morceaux. Morceaux qui sont dans l'ensemble relativement courts, évitant l'écueil d'un ennui quelconque, en dessous de 3 minutes.
Alors oui, cela pose un petit inconvénient, celui qui dessert un peu les titres, une certaine impression de ressemblance parfois entre tout ça. Argument qui se reçoit mais que le groupe essaie de détourner par la gnaque que dégage l'essentiel des titres. Et qui fait assez court au final, parfois semblant plus pop punk dans l'approche.
Néanmoins, des titres ressortent clairement du disque et valent le détour, comme l'excellent Under ditt skinn, à l'accroche très rock et permettant au chant d'être plus modulé et donc plus riche, avec une durée de plus de 3'30''.
L'autre titre s'avérant aussi très bon, toujours dans cette veine rock/punk, très positif dans sa musique, est le titre qui clôture l'album, au nom qui fait gagner au scrabble, Nâr verkligheten golvar dig, dégageant une ambiance très marquée, à travers principalement deux grosses parties, dont la seconde dégage une certaine mélancolie et pourrait être un titre collant à un film noir, à l'ambiance bien poisseuse.
Alors effectivement, moi, je ne connaissais point ce groupe et le label me permet de découvrir celui-ci, ainsi que le suivant dans la prochaine chronique. Les influences de Mähälium, globalement je n'en sais rien, car dans ma cdthèques, en punk rock, c'est limité à The Offsprings et quelques autres comme Dirty Wheels. A vous d'écouter pour vous faire une idée si vous connaissez plus ce style (Bad brains, No Fx, Green day...).
La production est très propre, dégageant ce que l'on attend de ce style: de l'énergie. Et c'est pas mal déjà tout ça!

lundi 8 mai 2017

PRIMAL AGE 'A silent wound'

2017 Primal Age - CD

Primal age, groupe ébroïcien (Evreux, dans l'Eure, pour ceux et celles qui ne sauraient pas - minute culturelle) qui, depuis 1993, distille un hardcore metal sans vraiment de concession, nous revient avec cet Ep de 4 titres qui s'avère, une fois encore, très intense.
Dans le détail, il y a trois titres qui sont du Primal age pur jus. évoluant musicalement depuis leur début, offrant à chaque fois de nouvelles facettes. Les titres sont vraiment très rapides, très intenses, toujours dans une lignée de la cause animale, de l'écologie, la surconsommation... qui sont leurs thématiques jamais reniées, apportant une éducation via une forme musicale.
Whistelblowers pose les bases de ce que seront les titres pur jus: une déflagration hardcore metal très direct, parfois allant vers une forme plus radicale par instant. Le chant de Didier est plus que jamais agressif, restant dans le fond hardcore mais avec un timbre plus rugueux. Musicalement, c'est très typé hardcore dans les rythmiques. On retrouve ce coté saccadé du style mais enrichi de diverses influences venant de divers courant du metal (et pas de courant mou du genou). Le mélange s'avère à la fois lourd et rapide, restant toujours percutant. Les chœurs renforcent encore plus cette notion de violence hardcore, ce coté sans concession.
Les deux autres titres sont dans la même lignée, brutale et efficace. Le groupe maîtrise son sujet dans le fond et la forme, apportant une dimension musicale supplémentaire par une densité presque palpable. On ressent la hargne et la colère face à une société assez abjecte dans sa nature. Les titres ne laissent pas de temps morts, impossible de décrocher un instant, le groupe captant chaque parcelle du cerveau.
La production est juste monstrueuse, comme à leur habitude, prenant soin d'offrir certes de la violence mais de qualité et audible.
Le dernier titre, To Jeff, est un très bel hommage à Jeff Hanneman, au travers d'un morceau reprenant des éléments de diverses chansons de Slayer, de Angel of death à Raining blood. Et qui force le respect.
Un Ep indispensable à tous fans de hardcore digne de ce nom!


CUT UP 'Wherever they may rot'

2017 METAL BLADE - CD digipack

Hop, on passe du suicide du passé au groupe qui s'assume pleinement. Dès les premières notes, c'est carré, direct et intense. Pas de concession et ça vise le carnage. Cut up déploie un death violent à la voix d'ogre sur les 11 titres de son offrandes à nos oreilles attentives. Et ça va vraiment vite, sans vraiment prendre le temps de poser de quelconques passages plus cool. Ils n'en ont rien à foutre de notre sensibilité et putain, ça fait du bien!
Les vocaux offrent parfois des relents très nauséabonds, m'évoquant les démons du film du même nom (celui de Lamberto Bava). Ici, comme dans le film, c'est réservé à ceux qui ont des tripes et pas aux effarouchés de toutes zones. C'est un véritable déferlement de violence, un album fait pour s'auto-démembrer. C'est très bourrin mais néanmoins très structuré, leur violence étant clairement maîtrisée.
J'avoue que j'ai menti plus haut. Il y a quelques petits moments où le groupe ralenti légèrement le tempo, juste pour rendre un malaise palpable, avant de revenir en force et rendre par opposition la violence plus intense.
Les thèmes sont dans la lignée de leur musique: meurtre et autres festivités (ce serait bizarre un groupe de death évoquant la floraison des cerisiers au Japon...).
Et c'est cela le fil rouge de l'album, cette violence exploitée par différents biais, juste pour mieux te démonter les neurones. Du courts et très intense 'Necrophagic madness' ou 'by hatred bound' au très structuré (et sans doute le plus complexe) 'Raped by the blade' (et de la poésie en plus!!!), Cut up ne prend pas de pincettes, en déployant un savoir faire certain. Le groupe joue vite et bien, se faisant plaisir et nous faisant aussi plaisir.
La production est juste nickelle, avec un petit coté un peu grumeleux dans le son, un coté sale volontaire, collant parfaitement à la déferlante du disque. Un album excellent, à conseiller.


SUICIDE SILENCE 'ST'

NUCLEAR BLAST 2017 - CD


J'eus découvert Suicide Silence par un heureux hasard, prenant une claque monumentale, au travers d'un deathcore bien intense, parfois proche du grind. Donc, voyant ce nouvel album (et gardant en tête le décès du précédent chanteur), je me suis dit, "tiens, je vais me faire plaisir." Et en 9 titres, on a une idée claire de ce que l'on écoute.
Deftones nous offre un album très sombre, dans la lignée des précédent. C'est bien fichu et c'est du Deftones pur jus, un poil plus metalcore que le précédent. Leur metal est très sombre, énervé et s'attache à des thèmes pas très joyeux.
Bon, ok, je me trompe de groupe. Deftones et Suicide Silence, c'est très différent, me direz-vous. Ha oui? Tu es sûr(e)? L'album est sympa, pass de problème. Mais il n'y a plus rien a voir avec le deathcore et la rage bien violente des précédents albums que j'ai pu avoir en main. Avec un album portant pour titre le nom du groupe, c'est clairement un changement de style qui est acté, au profit d'une sorte de metalcore qui lorgne vraiment vers ce qu'offre Deftones. C'est très surprenant, décevant un peu mais cela reste néanmoins pas mal. C'est très sombre, sans le moindre doute, très torturé, jusque dans le chant. Pour les amateurs du genre, à savoir un  metalcore assez conventionnel avec un soupçon de Deftones, ça devrait le faire. Pour les autres, dont je fais partie, c'est moins sûr, voire pas gagné du tout. C'est un virage sec, qui demandera plusieurs écoutes car il y a quand même des choses très accrocheuses qui suintent de cet album, notamment au travers du chant et des ambiances parfois sinistres. Une nouvelle ère s'ouvre pour Suicide mais je ne sais pas si je serais de ceux qui suivront. Ou par accident.

VENERE 'Demo 2017'

Venere 2017 - CDr

Jeune groupe sud cévenol formé en 2016, le groupe a eu l'idée sympa de graver sur CD les 3 titres de leur bandcamp, offrant un bien sympa confort d'écoute. D'où l'absence d'artwork.
Il en résulte 3 putain de titres foutrement efficaces, certes assez concis mais bien suffisant pour se faire une bonne idée de ce qu'offre le groupe (si tu ne les a jamais vu en concert). Oui mais voilà me demandes-tu, l'oeil hagard, quoi que qu'est-ce donc qu'ils jouent les 3 jeunes énervés?
On m'avait parlé de thrash à la Sepultura, bien old school. A l'écoute, je dis que ce n'est pas ça. On a affaire surtout à un crossover intense, que l'on peut rapprocher sans honte de groupe comme Soziedad Alkoholika, avec un petit peu de Ratos de Porao. Le mélange est addictif, le groupe ayant pris soin d'avoir aussi un son excellent.
La voix est juste terrible, bien agressif, avec des chœurs tout autant vindicatif, le tout sur une musique très rapide et assez sans concession. Certaines parties sont plus à la cool (bien que ça garde un fond agressif).
Certes, trois titres c'est peu mais allez sur leur bandcamp vous faire une idée et suivre des acharnés qui en veulent.

jeudi 4 mai 2017

The DEFRIBRILLATORS 'Electric fist'

2017 The Defibrillators - CD 


Avec un nom qui pourra faire penser à un groupe de thrash ou un vieux film d'horreur fauché, The Defibrillator nous embraque dans les couloirs du temps, au travers d'un rock'n'roll sale, un peu crasseux et surtout qui fleure bon celui des années 60. Voilà, pas de mystère à faire, le groupe le faisant sentir jusqu'au visuel.
Et là, on pourrait se dire: 'Ouais, c'est ça... Sur que la musique c'est un truc hyper calibré pour faire style...'. On met le disque, on appuie sur lecture (avec un air dubitatif et un peu renfrogné sur le gueule et... on prend une claque. Car c'est juste bon. Ce coté décalé et décadent (oui, c'est décadent!) fait du bien! C'est complètement à part de ce que l'on a normalement l'habitude d'entendre (crois moi, entre Vampire, Krabathor et Wormrot, ça change vraiment!!) et le truc, c'est que les gars maîtrisent leur sujet et que l'on se prend au jeu d’adhérer et de taper du pied. C'est certes simple mais eux, c'est dans la simplicité qu'ils sont efficaces. Alors oui, la base fait old school voire vintage (le mot est à la mode alors je me lâche et l'utilise, na!) mais avec un son néanmoins moderne et un petit coté stoner qui n'est pas déplaisant, suintant des différents titres offert par le groupe à nos oreilles. Le genre de groupe que l'on verrait bien dans une concentration ou une convention tatoo ou je ne sais trop quel univers pouvant coller à leur musique.
Le groupe balance la sauce sans hésiter, non sans une culture musicale solide dans le genre (à l'écoute, c'est très net, pas de doute à avoir), flirte avec le sulfureux (Suzy string, Prostitute), l'humour et n'oublie pas non plus les origines du genre, par le biais de l'excellent Dentist blues.
Et malgré le style du groupe, il y a des titres qui dégagent une certaine sauvagerie, très efficace et addictif comme Hymno de la mujer (excusez mon accent).
Tour a tour blues, rock'n'roll sale et un peu déjanté, cet Electric fist est très agréable, certains titres s'avérant quand même soutenu, compte tenu du style.
Il est bon d'évoquer la voix d'Iron Mut, complètement à part mais qui colle à merveille avec la musique. Alors oui, c'est un putain de voyage dans le temps, dans le sale rock'n'roll crasseux, tout en restant à notre époque. Une excellente surprise dans un genre que le groupe dépoussière quand même, en lui ajoutant ce coté stoner qui rend le truc gras. Et franchement, boire un coup entre potes avec ce genre de disque en écoute, c'est juste parfait.

ONE LAST SHOT 'Even cowboys have sundays'

2017 JFF records - Ellie Promotion - CD


Premier album des petits jeunes de One last shot, sorti en avril dernier, la pochette ne trompe pas sur le contenu. On a affaire à du rock'n'roll dans la lignée du truc mais nettement enrichi de diverses influences nourrissant le groupe. Influences qui se fondent dans l'album qui nous démontre avec force et bravoure le coté doués des 5 gars.
L'album s'ouvre sur un titre tout ce qu'il y a de plus conventionnel dans le rock, sans grande surprise certes, mais bien fichu. I'm a gambler se trouve être une bonne mise en bouche. Et cette mise en bouche permet de savourer des titres puisant dans d'autres essences musicales, nous ouvrant des perspectives nouvelles, comme Embrace the fire, titre vicieux à la mélodie accrocheuse qui te reste en tête, surtout le refrain. Il y a bien pire en titre qui reste dans la tête, on en conviendra bien.
Comme je le dis souvent, pour ceux qui lisent ce blog, ainsi que toi, cher abonné, avec ce disque, on se retrouve dans la configuration du disque fait pour brûler l'asphalte avec une moto, avec des titres comme le précédent ou encore Thou should be drunk, à l'esprit très hard rock, très catchy et accrocheur, qui lui aussi délivre par ses mélodies une efficacité que l'on ne penserait pas avoir de prime abord.
Et c'est ça qui est bon avec ce groupe. Les influences digérées créent des symbioses musicales pour le moins incongrues parfois, comme ce titre qui est une perle, Hell mariachi, et son fond de musique mexicaine, dégageant un exotisme énergique.
Quelque soit le titre, le groupe vise toujours, en développant son univers, une certaine efficacité et un sens de la construction très riche. Et n'hésitant pas à y aller franchement, en mélangeant avec cette base rock des courants pour le moins radicaux, comme le thrash, sur l'excellent et brut Live fast and die young.
Et même si je suis clairement un mordu de metal extrême, il faut bien avouer que des albums comme celui-ci, c'est oxygénant et rafraîchissant. Ajoutant à cela une production impeccable, je pense que tout amateurs de rock pur et dur devrait se pencher sur ce cas.

samedi 22 avril 2017

M.F. CREW 'First ride'

2017 M.F. CREW et Ellie promotion. CD


Je vous présente un disque qui sent le jack daniels, le cambouis, la poussière, l'huile de moteur et un paysage écrasé de soleil. Genre un désert. Bien étouffant et qu'il faut donc t'hydrater. Et le tout associé à un road trip digne de ce nom, avec des potes. Voilà, c'est ça MF Crew.
Les influences qui ponctuent l'ensemble ne sont pas dans ce que j'écoute le plus (stoner, heavy, rock sudiste...) mais le tout mélangé... ben même si ce n'est pas ce que j'écouterais tous les jours, je dois bien avoué que c'est dépaysant à l'écoute, comme ça, pour se changer les idées ou bien prendre la route avec un bon disque. Parce oui, malgré ça, le disque est bon. Et oui, la chronique risque d'être vraiment chelou.
Il y a du groove à ne plus savoir qu'en faire, avec un coté gras et épais dans leur musique, Ça commence dans un bar avec des potes, surement un coup dans le nez en trop et ça part dans un coté assez festif, sacrément burné dans l'esprit, digne de nous faire bouffer l'asphalte en moto (ou tricycle pour ceux qui préfèrent, notamment au fond...). On pense principalement au stoner (Karma to burn que ça m'évoque, ayant copulé avec ZZ top et... a merde, c'est une orgie, Black label society et autre chose que je connais mais sur lequel je n'arrive pas à remettre le nom, notamment par ce chant très caractéristique mais chaleureux, la voix chargé de bourbon (mais pas bourré le type, c'est juste la voix qui est à peine rocailleuse et chaude).
Ce sont des titres assez longs, prenant leur temps, pour te laisser le temps de te laisser pénétrer l'âme par la musique que distille tes enceintes ou ton casque ou tout ce qui te permet d'entendre de la musique. Et chaque titre se cale sur les autres dans le fond, celui du coté gras et chaleureux mais dont la forme peut néanmoins varier.
C'est aussi une ballade vers la frontière mexicaine, toujours dans cet esprit du ride. Une bande d'amis (ben oui, les potes sont devenus amis) carrée et pros, comme la musique que distille les titres de l'album. Et que l'on se prend à suivre la rythmique de putain-sa-mère-qu'elle-est-carrée!! de Paris is burning. Et c'est globalement là que tu sais que tu t'es fait attrapé(e) par le groupe qui t'enrole dans le voyage de ta vie.
First ride c'est aussi ce soleil de plomb qui te chauffe la couenne, sous la poussière du sable levé par le tracé des motos (oui parce que ceux aux tricycles sont à des kilomètres derrière...) et avec cette voix (putain, cette voix... vraiment excellente. Il faut savoir où en acheter une comme celle-ci!!!) qui te guide dans ce voyage qui pourrait être initiatique (et non inichiatique, ça n'a rien à voir...).
Et ce mélange lourd, poisseux mais chaleureux ne nous lâche pas sur le moindre titre de l'album. Ce genre d'album qui ne peut s'écouter que d'une traite, pour ne pas perdre cette sensation de ride, proche de l'onirisme des bikers.
Les titres sont certes lourds mais sans jamais être pesants ou chiants. On garde ce coté puissant même quand le groupe lève un peu le pied ou gagne en puissance au détour d'une brève accélération pour doubler un tocard qui se traîne sur leur route. Connard de lent.
Et on retrouve cet esprit indescriptible sur tout l'album, que l'on pourrait rapprocher à un hymne à la vie et aux amis, mais en le vivant sur un ruban d'asphalte, le vent et le soleil tannant les visages offerts à leur action. Et putain, que c'est bon!
Et quoi de mieux que de conclure sur un titre comme Ride with us, une pure invitation à les accompagner dans leurs virées? Quand ils veulent, ils viennent boire un bourbon avec moi!

BELLATOR 'I'

2017 Music Records - CD digipack


Premier album des gars de Bellator, trio angevin, I porte l'étendard du thrash. Mais pas d'un thrash vraiment rapide, plus dans une veine old school qui s'appuie surtout sur la rythmique percutante, aux cotés de solos de dingues et de passages parfois un peu plus soutenus. A noter une bizarrerie du revers de la couverture: les titres ne correspondent pas aux numéros présent sur la galette magique.
D'une façon plus détaillée, l'album s'ouvre sur le titre Epic (et collégram...), qui porte bien son nom et sert de présentation de ce qui nous attend dans l'album, musicalement parlant, car niveau univers exploré, pffffuit, c'est le grand inconnu, le titre étant un instrumental très bien foutu. Genre un extrait de bande musicale de film de genre, dira-t-on.
Puis enchaîne Padnom qui finit de poser enfin les bases manquantes: les vocaux et l'univers du groupe. On a un chant en français (youpi!Compréhension directe!!), doublé d'un autre en chœurs, des plus efficaces. Le principal chant est assez agressif, le second étant plus rugueux, voire guttural sur certains passages. Et le monde qu'explore Bellator n'est autre que la fantasy, ce monde avec des orcs, des guerriers, la guerre et tout ça. Et ça ne rigole pas, on sent que les gars ont du vivre de sacrées aventures dans un monde différent de celui dans lequel nous évoluons.
Et chaque titre explore un pan d'un morceau de bataille (Fromlor Agard, Petit orc...) jusqu'au morceau de bravoure que nous offre les Bellator avec l'efficace (et le meilleur titre avec Bellator) de la galette, le bien nommé Blood eagle. Et ce titre est un concentré du meilleur des autres titres. On y retrouve ce coté épique qui semble être un fil conducteur sur l'ensemble, avec le percutant des titres et le coté thrash nettement plus marqué, paroxysme de qui semble être une bataille au cœur de laquelle le groupe nous a mené contre notre gré. Le titre évoque clairement une bataille dans sa structure (sans compter les paroles...) de la mise en place jusqu'à la charge vindicative. Et aussi, l'utilisation de parties très martiales, renvoie vraiment à cet aspect.
Le dernier titre, Bellator, s'avère être la continuité du précédent, mais plus posé, comme un hymne à la liberté par le sang. Oui, plus posé car nettement  décidé à aller au bout de l'acte. Musicalement, on ressent ce coté plus posé mais déterminé.
Les titres oscillent entre 4 et 5'40'', avec une production soignée. L'aspect cool: on entend bien la basse! L'ensemble se tient bien et nous emmène avec lui dans le monde des Bellator, même si ce monde peut paraître étrange, nos guides font le travail. Quoi demander de plus?

dimanche 26 mars 2017

LIVE REPORT : Demi-Finale du Tremplin EMERGENZA

RENDEZ-VOUS AVEC LE CHAOS...



Pour cette demi-finale du tremplin Emergenza, un trio de groupes Métal a su prouver leur dextérité et férocité à travers leur musique : Sexplush, Eclypse et Nuclear Whisper ! Ayant été présent au concert, chacun d'entre eux a su défendre son steak et j'ai été littéralement émerveillé par la prestation de chacun ! Le plus drôle également dans un Tremplin pour moi, c'est de voir la réaction des gens lorsqu'ils découvrent un groupe de métal et ce soir, beaucoup furent captivés par l'escadron de l'extrême !

Lorsque Sexplush commence, l'intro nous plonge dans une atmosphère sombre et glauque, le ton est donné : ça vé dérouiller et ils le prouvent. Au premier morceau, les cymbales de Ben-j ouvrent le bal suivi des premiers riffs de guitares de Phil et Loris, la basse de Christophe les accompagne et le chant de Nico annonce la couleur. Nous avons affaire à un groupe dont la musique mêle la brutalité de Benighted avec une touche bourrinesque à la Napalm Death. Nico se montre particulièrement réceptif à la curiosité du public vis-à-vis de leur découverte du death métal et les invite à se rapprocher de la scène malgré les pogos qui ont été déclenché chez les métalleux du public ayant répondu à l'appel de cet hydre ! La coordination des guitares est absolument sans faille, étant soutenu par les grooves rythmiques de la basse, appuyée par les blast écrasants de la batterie. Le chant de Nico semble faible pour une mineure partie des métalleux mais pour les autres, il ne faiblit pas tel le cri de Léonidas, chef des 300 braves Spartiates : "Son cri est puissant". Quelques passages de la batterie me rappellent une connotation à la Cannibal Corpse avec un petit côté Necrophagist : c'est juste parfait ! Après leur set, le groupe a droit un joli salut du public et les mains se lèvent pour voter, je regarde par curiosité et cela s'annonçait bien.

3 groupes plus tard, c'est Eclypse qui passe avant-dernier et ils furent les plus attendus ! Je vais écourter leur set car dans mon précédent live report, j'avais décrit 3 de leurs morceaux et cette fois-ci, je m'intéresse à leur nouvelle intro et deux nouveaux morceaux tout neufs ! La tribu rentre sur scène, vêtus de leurs tenues vikings, acclamés d'entré par le public ; la nouvelle intro commence, nous sommes dans une ambiance guerrière et sombre, des tambours de guerre résonnent pour annoncer la venue de cette tribu du chaos. Puis le premier morceau commence et nous donne la sensation de nous trouver sur un champs de bataille, en plein milieu des combats ! Les riffs de Svart et Moon accompagnent la basse, dévastant tout sur leur passage, escortés par le chant walkyrique de Ambre ! Nous entrons dans un univers qui mêle littéralement du black métal à leur musique Pagan ! Belle réussite de la part de Eclypse et le public en complètement subjugué ! Lorsque le deuxième morceau retentit, leur nouveau batteur Benji, petit frère de Svart, montre sa place au sein de la tribu et motive les actions de la troupe en bourrinant ses toms tels des tambours de guerre comme pour donner le rythme aux coups d'épées et de haches, Nestor se montre particulièrement proche du public et va même dans la fosse pour pogoter, tel le Järl qu'il est au sein de Eclypse : son chant mêle du Ensiferum à du Himinbjorg et sa témérité ne fait qu'accroître sa soif de victoire au nom des dieux du panthéon nordique ! Lorsque leur set se termine, quelle acclamation ! Le public est charmé et conquis par la prestance du groupe et avant que le présentateur ne demande le début du vote, des mains sont déjà levées pour exprimer leur joie d'avoir découvert un tel groupe pour certains, d'autres pour exprimer leur fierté car Eclypse ne les a pas déçu !

Puis enfin, clou de la soirée : Nuclear Whisper ! Véritable escouade du thrash métal old school, le groupe mêle death, thrash et speed à leur musique métal et cela se prouve : les blast de Ben bourrinent tel Destruction, Greg et Vinzz balancent des riffs à la Death et Violator et Olive groove et chante dans l'esprit de Slayer ! Lorsque le morceau éponyme du groupe est joué, c'est le chaos total : la machine de guerre qu'est Nuclear Whisper dévaste tout sur son passage tel un rouleau compresseur avec une férocité qui rappelle à ma plus grande joie Hail Of Bullets ! Le groupe va même dans la fosse pour se rapprocher du public qui est complètement absorbé par ce vortex de violence et de guerre, nous plongeant dans une ambiance post-apocalyptique au rythme des véhicules de guerre de "Mad Max : Fury Road" ! Quelle prestance musicale putain ! Puis vient la fin de leur set et les résultats !

C'est un véritable triomphe et un grand moment d'émotion : Sexplush et Eclypse sont qualifiés pour la grande finale du 6 mai au Rockstore de Montpellier ! Même si Nuclear Whisper n'a pas pu être sélectionné, un grand bravo pour leur set car c'était apocalyptique ! En tout cas, la reconnaissance du public pour un tel show s'est bien faite sentir ! Merci à eux de nous avoir vendu du rêve et merci au public de s'être montré réceptif à la volonté des 3 groupes d'avoir voulu montrer ce que signifiait ce mot : Métal !


T H O R W A L D

dimanche 19 mars 2017

KILLSWITCH ENGAGE 'Incarnate'

2016 ROADRUNNER RECORDS - CD Digipack


Killswitch engage... J'avais entendu quelques titres ici et là, un peu par accident, me me transcendant pas plus que cela. Ben comme il y avait une offre à pas cher, c'est comme ça que j'ai acquis leur petit dernier en date. Donc me voilà à écouter du Killswitch engage. Bon. Oui. Voilà.
Alors ça me fait aborder un point essentiel: le metalcore. Je suis assez réfractaire au genre, fourre-tout, où il y a du bon, bien efficace (assez rare), du ouaip et de l'escroquerie (échelle personnelle évidemment). Je m'étais fait avoir avec le groupe Fear my through, avec un premier album bien bourrin et un second tout mou, pour mateur de blédina et après j'ai perdu de vu et d'oreilles.
Et là, je me retrouve avec un album que je classserai sans vergogne dans le ouaip.
Il y a des passages très bons, bien violent mais il y a cette putain de domination du chant clair, avec des passages vraiment mous du genou, dans la norme de ce que nous offre ce style (?) musical. il y a quinze titres mais aucun ne m'a vraiment marqué. Il y a des bonnes choses dedans mais quand la domination de la mélodie (putain, des fois ça frise la pop...) et du chant clair pour jouvencelles effarouchées, non merci, je passe mon tour. Alors que cette dualité de chants est à la base une bonne idée, exploité avec le revers d'une pelle (c'est pour la finesse de la subtilité musicale). Pas à jeter, c'est certain mais pas non plus vraiment un groupe que j'écouterais souvent. Alors, si tu lis cette chronique et que tu souhaites acquérir ce machin, contacte moi via le mail de la description du blog ou si tu me connais plus et que tu as mon téléphone, sms. Suis sur que ça pourrait te faire plaisir si tu apprécies le metalcore un peu fiotte.

WOLFHEART 'Tyhjyys'

2017 SPINEFARM RECORDS - CD digipack



Wolfheart, le groupe qui te fait penser aux loups ou au pire aux loup-garous (et douter un peu de notre bon sens éventuel...). Groupe finlandais totalement inconnu à mes oreilles et mon cerveau (genre Pfuiiit, jamais entendu parler) qui existe depuis, houlà, 2013 (ben ce n'est pas si vieux que ça en fait...), c'est donc sur le conseil judicieux de Mickaël le vendeur que je prend ce disque, juste avec l'avertissement: c'est sombre.
Passé l'étape de la découverte de la pochette qui, ma foi, est très festive pour un goth ou un dépressif (mais non sans dégager un esthétisme certain), la découverte de la musique est formelle, après une introduction à la guitare sèche, un peu comme du Richard Clayderman (est-il une marque déposée?), mais en vachement mieux, l'album démarre véritablement au second titre, le tout en festivité 'Boneyard'. Et on a enfin l'essence de l'album. Ce sera du death, où la noirceur domine, se teintant parfois de doom, déviant vers une sorte de doom death parfois franchement glauque. Et ça le fait bien ma foi.
Leur death est d'obédience assez tranquille, jamais vraiment pied au plancher, parcouru de passages très mélodiques, tout en subtilité mais sans jamais dévier vers quelque chose de vraiment joyeux. Et c'est aussi un point intéressant de cet objet justement. Car même si un titre peut évoquer la puissance ('The flood') le groupe reste dans cette veine, sur le fil du rasoir, sans jamais tomber dans du trop doom ou trop sombre (bien que ça l'est déjà foutrement pas mal). Des claviers ponctuent le disque, amenant une dimension quasi onirique (un peu comme la vision du macabre qu'avait Lucio Fulci dans ses films), à la lisière du rêve et du cauchemar.
Les titres pétant en majorité les 5 minutes permettent au groupe de pouvoir aller là où ils veulent, disséminant des ambiances franchement tristes mais sans que ce soit péjoratif pour la musique. Certains passages sont parfois éloignés du death, lorgnant vers une autre sphère musicale pas vraiment définie, ce qui participe au voyage qu'offre cet album, un voyage qui pourrait être initiatique quelque part.C'est parfois très puissant, pas seulement sur certains passages plus rentre-dedans (car le groupe n'oublie pas qu'il joue du death, hein, quand même, faut être sérieux!), histoire d'envoyer valser mamie dans le mur, mais plus dans l'émotionnel, flirtant parfois dans des lignes de guitare qui évoque un black mélodique assez inattendu dans ce disque.
Car le groupe touche l'âme même de l'auditeur, au travers de sa musique qui confine parfois à une musique qui pourrait convenir à un road trip sur une route dans un lieu perdu au milieu de nulle-part. et l'album est assez dense du fait de toutes les subtilités, les recoins qu'il offre. Ce n'est pas vraiment du death habituel au final, mais une sorte d'hybride, qui, une fois qu'il t'a saisit, ne te lâche plus jusqu'à la dernière note. Vraiment un beau disque à conseiller, histoire de se changer des groupes plus bourrins, pour ceux qui aiment les subtilités.

samedi 18 mars 2017

TAGADA JONES 'La peste et le choléra'

ENRAGE PRODUCTION 2017 - CD digipack


Le nouveau Tagada est arrivé. C'est du youpi ça, non? Je ne sais pas pour toi qui lit (ou toi ou encore toi, oui toi là!) mais moi, c'est un groupe que j'aime beaucoup. Donc j'attendais beaucoup un nouvel album (et j'essaierai de faire une interview aussi). Le précédent allait dans le direct. Celui est différent dans l'approche et la tonalité qu'il dégage. Pas de crainte à avoir, c'est un excellent album que nous servent les bretons.
L'approche est nettement plus sombre, avec une approche musicale qui se teinte de metal mais sans renier le punkcore qui les caractérise. Là où les précédents offraient d'entrée de jeu des hymnes mémorisables en une écoute par une approche percutante et assez violente, celui-ci, sans renier la violence (dire que l'album est mou serait pure ineptie) prend le temps avec les titres qui sont plus longs, plus structurés mais toujours avec les textes engagés et très incisifs, vraiment jouissif.
Le groupe, comme beaucoup, a été marqué par les attentats, comme le prouve le premier titre, On retrouve toujours ce qui fait l'essence de Tagada: les chœurs, les hymnes mais d'une façon plus subtile et affinée, sans doute liés aux événements évoqués dans l'album.
Le groupe, comme beaucoup, a été marqué par les attentats, comme le prouve le premier titre, Vendredi 13, très sombre et assez sobre, offrant à la fois un exutoire et un hommage aux victimes.
Avec cet album, on est plus dans le constat observatoire, au lieu du ressenti direct. Et le groupe reste fidèle à ses idées et opinions, pissant sur le racisme quelque soit sa forme (La peste et le choléraJe suis démocratie...) et met le doigt là où c'est franchement merdique (bon, plus le pied au cul en fait).
Et malgré ce que je disais de l'approche différente et des titres plus longs, on est rapidement surpris à se retrouver au sixième titre (malgré des durée oscillant en 3'30 et 4'10) qui marque une sorte de break avec les premiers titres en offrant un premier hymne pur et dur, bien punk dans l'esprit, foutant la banane, malgré toujours ce constat posé. Oui, Mort aux cons est un titre qui carbure, ouvrant la voix aux autres titres à l'approche musicale moins sombres, plus festives, dans ce que l'on a l'habitude avec Tagada.
Suit un titre assez rouleau compresseur, offrant un défouloir sur le disque. Le monde tourne à l'envers est rapide, énervé et colère. Pas de temps mort avec ce titre, il va à l'essentiel tout en prenant le temps de se déployer sur 4 minutes.
Enfant des rues offre un peu la même approche, avec une rythmique béton, limite martiale, qui s'avère très critique et qui là encore est fait pour dépoter sévère. et les titres qui suivent sont dans la même lignée mais en ajoutant un peu de l'essence présentes dans les premiers titres. Et tout ça, toute cette hargne, ces constats... se retrouve dans le titre Je suis démocratie qui s'avère être, à sa façon, un hymne à la liberté et à la cohésion, se branlant complètement des différences. On est tous humains.
Alors oui, les textes sont très fouillés, n'en déplaisent à ce qui disent le contraire. Et sont le regard des gens comme vous et moi, avec une mentalité qui disparaît, cette mentalité qui se trouve encore dans le punk ou le metal. Quoi qu'il en soit, Tagada Jones signe encore un coup de maître avec un album très adulte et assez sombre et ce, sans se renier.

EXTRAVASION 'Origins of magma'

2017 EXTRAVASION - CD digipack qu'il est beau. Avec Ellie Promotion



Groupe au line-up assez récent voire tout neuf (2015 alors que la formation du groupe est de 2011) originaire de l'Île de France, je ne savais point ce que c'était. Mais au logo, ça sentait foutrement bon le thrash.
Après une insertion respectueuse de la galette dans le mange-disque, une intro nommée 'Castle' au violon, d'une durée incroyable de 36 secondes, on passe au second titre 'Flammes of industry' et là, finit de rire. D'entrée, c'est un thrash incisif qui attaque direct, dans une veine old-school, en lorgnant vers des groupes comme Forbiden, Coroner ou Kreator, au chant agressif quelque part entre ceux de Slayer, Kreator et consorts. Bref, ça butte sévère! Le titre est assez concis au regard des autres dont certains sont assez épiques, aussi bien dans la durée que le fond. Ce titre offre quelques relents death qui renforce la brutalité '(et la dextérité) du thrash de ces messieurs.
'Origins of Magma' confirme bien la donne et offre une idée du potentiel du line-up, ce titre étant écrit justement par les membres actuels. Nettement plus long, offrant un petit coté épique pas dégueux, avec une basse qui claque sa mère (ou la fouette, c'est selon les goûts), la rythmique est assez soutenue, avec une montée en gamme foutrement jouissive. Le groupe s'avère être technique et doué, tout en gardant ce coté à l'ancienne qui donne le cachet aux compos du groupe.
Le reste de l'EP n'est pas en reste. renvoyant ici et là vers un passé glorieux du thrash mais pas que. D'autres ombres planent, offrant un large panel d'efficaces trouvailles et cela, sans jamais renier cet aspect thrash à l'ancienne. Et chaque titre butte. Le groupe nous mène là où il veut nous mener, sans jamais tomber dans la facilité ou une quelconque farniente. Non, non, non! Et quand le groupe monte dans les tours, il flirte avec une sauvagerie libératrice, une sorte d'exutoire primale mais pas simple, cherchant la difficulté, et révèlent des influences que le groupe a digéré.
La preuve avec l'épique 'Bankster', à l'intro jazzy louge qui déboule après une note d'humour pas si festive que ça (et qui aborde frontalement les thématiques qu'évoque la pochette dessinée par le Emil ( oui, celui de Emile et Image!! Putain de pc aux goûts douteux...), qui renvoie avec des riffs vers Slayer (le riff que l'on retrouve dans 'repentless'), du Megadeth (celui des années 80, le jouissif), très abouti et agressif aussi bien dans le fond que la forme, les breaks parsemant le morceau participant à leur manière en distillant une ambiance assez malsaine.
Et la force qu groupe, outre ce fameux thrash que je rabâche depuis le début de ma chronique se voit développer avec d'autres aspects par le seul titre en français, 'la nuit'. Et là, les gars ils font forts! Genre très forts. Car ce titre évoque un mélange entre Extravasion (et leur thrash perso) et Garwall (oui, le groupe de black en français, du moins avant de partir dans le heavy...), évocation se retrouvant aussi bien dans les rythmiques, les lignes mélodiques ou le chant MAIS sans renier un instant le thrash. Très déconcertant mais d'une putain d'efficacité redoutable en diable (hahahaha! Black, diable... que je suis cocasse...), avec des montées, des descentes de manches, des parties... putain, des parties jazz (presque manouche... ... tout en gardant l'essence de ce mélange impromptu et en restant dans le thème du titre. Et ce titre est assez hallucinant, les deux combos n'ayant semble-t-il pas de liens. Oui, effectivement, ce mélange m'a marqué.
Quoi dire d'autre? Ben soit utile à la société et au groupe en le soutenant par l'achat compulsif de ce disque, qui plus est avec un bonus qui fout le sourire que je vous laisserais découvrir.

mardi 28 février 2017

HOUR OF PENANCE 'Cast the first stone'

2017 Prosthetic records - CD


Vous remarquerez que j'en chie pour les covers des albums. Conne de lumière, con de tremblement et con de caméra... Enfin, bon, dissertons sur cet album.
Groupe que je découvre pour la première fois avec ce qui semble être leur septième album, les italiens balancent un brutal death très direct où la mélodie, en majorité, tu te la colles au cul. Au mieux. Au fond du cul pour les plus aventurier(ère)s aguerri(e)s.
D'entrée de jeu, l'album te pulvérise les neurones, sans crier gare (ou quoi que ce soit d'autre). Et c'est la guerre sur la rondelle. C'est très rapide, très direct, même si quelques rares moments plus "lents" (oui parce que la définition de lent ne correspond pas à ce que l'on entend). Et tout semble tourner autour de la thématique joyeuse et infinie de la guerre. Et là, ça tourne autour des croisades ou un truc du genre. Et alors que l'on aurait pu espérer des rythmiques martiales ou militaires, on n'en trouve peu ou prou. C'eut pu être une glorieuse idée donnant un impact supplémentaire.
qu'importe, les titres font le travail en démolissant bien le cerveau et les cervicales. Et le groupe le fait, en achevant les blessés en 9 titres aux guitares parfois ciselées d'un solo rapide mais classe.
Le groupe a aussi prit soin d'offrir un son massif pour mieux te niquer l'occiput dans la joie et l'allégresse. Alors, certes, il est vrai que les titres peuvent sembler parfois un peu répétitifs. Vu le rythme d'exécution de la chose, c'est sans doute là la cause. Car c'est pied au plancher, sans vraiment de répit, dans une masse compacte de murs de guitares. Donc, il est évident que les fans d'Epica ou de Nightwish risquent de ne pas trouver leur compte.
Plus concrètement, il est vrai que parfois, malgré la vitesse et la brutalité du disque, il y a une sorte d'étrange sentiment qui peut chercher à s’immiscer, une sorte d'ennui vicieux mais heureusement, ce fumier ne trouve pas le temps de s'installer.
Il y a aussi quelque chose qui montre l'humour du groupe. Dans le livret, il est écrit 'All lyrics and orchestrations by Paolo Pieri'. Soit. Mais honnêtement, je n'ai pas entendu l'ombre du moindre relent d'orchestration. Peut-être noyé dans le tout, ce qui est dommage, car ainsi le groupe aurait pu gagner en clarté et de pouvoir proposer des titres, tout en étant violent et dense. Bon, les orchestrations, en réalité, sont présentes. Mais vraiment perdu dans la masse, ce qui est dommage. La demi-heure du disque parait ainsi un peu plus mais en laissant un petit arrière goût d'inachevé quelque part. Bon, il y a pire, avouons le.


VADER 'The Empire'

2016 Nuclear Blast records - CD


J'avais toujours cru qu'il y avait un lien entre Star Wars et Vader (le fameux dark Vader). Après un long débat inutile et stérile, un combat à mort, j'ai été convaincu que défintivement non, Vader n'a rien à voir avec la saga spatiale dans une galaxie de trois planètes.
Donc, point d'incompréhension et pur hasard que ce nouvel opus s'appelle The empire. Quoiqu'un parallèle pourrait bien faire fumer le cerveau des fans de la saga dans le vide spatial.
Dès que le CD est mis dans le lecteur et que celui-ci le lit, on est surpris et étonné d'être très rapidement au quatrième titre. Quoi qu'est-ce donc cette étrange distorsion temporelle vous demanderez-vous, le regard plein d'étoiles. Le truc c'est que les titres, en majorité, ne dépassent pas les 3'30, dont 4 sous la barre des 3'. Et oui,Vader fait dans l'expéditif, visant l'essentiel avec un death de bonne facture, faisant parfois un peu pépère mais sans que cela ne gêne vraiment.
Mais cela ne les empêche pas de pondre des titres plus longs (plus de 4 minutes, presque du progressif non?) qui sont, paradoxalement, les plus efficaces (sans que les autres soient à chier...). Alors oui, quand même, ça blaste pas mal la mamie (et le papy aussi...).
Le chant est assez linéaire (un peu comme dans les groupes Statik et Linear, qui n'existe pas...), devenant parfois un poil monotone, ce qui, on en conviendra, est un peu problématique pour du death. Alors du coup, le groupe joue sur des rythmiques parfois martiales afin de contrer ce détail et pouvoir distiller une accroche pas inintéressante. Mais sans qu'un titre ressorte plus du lot qu'un autre.
Le disque passe du coup très bien avec sa demi heure, bien que l'on aimerait avoir plus de longueur. L'album put gagner en densité, sans rogner sur le coté rentre-dedans. Bon, on chipote pour rien alors qu'il suffit de relancer la lecture..

dimanche 26 février 2017

BENIGHTED 'Necrobreed'

2016 Season of mist - CD

Et hop, place à un condensé de tendresse et d'amour, avec les délicats Benighted, ces gentils crooners français. Pour ceux qui ne connaîtraient point ce groupe (Serait-ce possible?), si entre le titre, la pochette et le nom du groupe vous croyez avoir affaire à un quelconque groupe pour emballer, alors c'est mort (sauf si c'est pour emballer un cadavre mais on dit mettre en bière...).
Après une intro toute dérangeante avec cette comptine pour enfant dans une ambiance assez malsaine, le premier titre déboule et on a affaire à du Grand Benighted. Et ça fait très très mal, l'album tapant dans un brutal death dérapant parfois avec des rugosités grind. Le son est très massif, de très bonne qualité et, le truc fou, on ne voit pas l'album défiler.
Les 11 titres (plus l'intro) vont à l'essentiel: pilonner en règle vos neurones. Point. On pourrait avoir des soucis d'ailleurs si l'ONU considérait cette galette comme une arme de destruction massive de part l'intensité hallucinante qui s'en dégage. 38 minutes pour te péter les cervicales.
On a affaire à de vrais professionnels de l’équarrissage et il est certains que quelques uns risquent de se jeter sur les murs à l'écoute de cet album très jouissif.
Benighted fait partie des groupes qui se bonifient et deviennent de plus en plus intense en vieillissant et moi, c'est une évolution qui me plait bien. Et qui ne les empêche pas d'apporter de petites subtilités, comme des chœurs guerriers sur une fin de titres, sous forme de chant scandé (Psychosilence) ou des samples très malsains de crient de chiens bien à propos (Forgive me father) ou même un chant ultra gore bref ( à la Tumour).
Pourrait-on parler de folie? Surement. Mais quelle folie jouissive!
Les titres font dans la délicatesse et le bon goût: ils se branlent complètement du politiquement correct et chie sur les convenances. Deux titres offrent d'ailleurs la joie de comprendre les paroles, car chantés en français: le court Necrobreed, très proche du grind, très extrême dans le genre et Versipellis, plus peaufiné, prenant plus de temps (de façon toute relative) pour mieux déglinguer la gueule de l'auditeur.
Benigthed nous offre tout simplement une putain de bombe de death très brutal et ultra carré et efficace que tout amateur d'extrême se doit d'avoir.

OVERKILL 'The grinding wheel"

2017 Nuclear Blast - CD digipack


Le retour d'Overkill en ce début d'année 2017! Bon, point de mystère à faire les concernant, on a affaire à un album dans la lignée de ce que nous offre le groupe depuis leur début. Du heavy thrash qui n'a à rougir de rien. Alors certes, cet album me parait moins agressive que le précédent 'White devil armory' mais n'en est pas moins efficace.
Les titres sont efficaces, même si la majorité dépasse les 5 minutes, certains étant des titres fleuves, laissant le groupe développer sont savoir faire, avec des titres très catchy et assez vindicatifs. On retrouve ce qui fait qu'Overkill est Overkill, jusque dans la voix de Booby si caractéristique, bien que sur de nombreux passages, il adopte une voix claire plus posée, offrant une variation sur le chant.
Les morceaux apportent aussi des plages plus posées, laissant les mélodies dominer, offrant de la densité et un contraste assez percutant qui renforcent la violence des autres parties.
La chanson titre, The grinding wheel, résume à elle celle ce qu'est l'album: la voix claire qui évoque Bruce Dickinson, en appuie avec le chant habituel à la voix erraillée, les structures très travaillés, aux mélodies cisellées, pouvant ouvrir un passage plus intense, les rythmiques parfois assez martiales... L'essence même de ce qu'est Overkill transpire dans ce titre.
La version digipack se conclue avec un titre bonus, Emrald, qui après un morceau comme The grinding wheel, ferme l'album sur une touche plus posée et concise (étant le titre le plus court de la galette, moins de 4 minutes) et pas le plus marquant non plus, sans qu'il soit mauvais.
Je ne ferais pas une chronique plus longue, car étant un amateur d'Overkill et pour ceux qui connaissent le groupe, la meilleur façon d'en faire une chronique est de faire écouter le groupe.