lundi 8 mai 2017

PRIMAL AGE 'A silent wound'

2017 Primal Age - CD

Primal age, groupe ébroïcien (Evreux, dans l'Eure, pour ceux et celles qui ne sauraient pas - minute culturelle) qui, depuis 1993, distille un hardcore metal sans vraiment de concession, nous revient avec cet Ep de 4 titres qui s'avère, une fois encore, très intense.
Dans le détail, il y a trois titres qui sont du Primal age pur jus. évoluant musicalement depuis leur début, offrant à chaque fois de nouvelles facettes. Les titres sont vraiment très rapides, très intenses, toujours dans une lignée de la cause animale, de l'écologie, la surconsommation... qui sont leurs thématiques jamais reniées, apportant une éducation via une forme musicale.
Whistelblowers pose les bases de ce que seront les titres pur jus: une déflagration hardcore metal très direct, parfois allant vers une forme plus radicale par instant. Le chant de Didier est plus que jamais agressif, restant dans le fond hardcore mais avec un timbre plus rugueux. Musicalement, c'est très typé hardcore dans les rythmiques. On retrouve ce coté saccadé du style mais enrichi de diverses influences venant de divers courant du metal (et pas de courant mou du genou). Le mélange s'avère à la fois lourd et rapide, restant toujours percutant. Les chœurs renforcent encore plus cette notion de violence hardcore, ce coté sans concession.
Les deux autres titres sont dans la même lignée, brutale et efficace. Le groupe maîtrise son sujet dans le fond et la forme, apportant une dimension musicale supplémentaire par une densité presque palpable. On ressent la hargne et la colère face à une société assez abjecte dans sa nature. Les titres ne laissent pas de temps morts, impossible de décrocher un instant, le groupe captant chaque parcelle du cerveau.
La production est juste monstrueuse, comme à leur habitude, prenant soin d'offrir certes de la violence mais de qualité et audible.
Le dernier titre, To Jeff, est un très bel hommage à Jeff Hanneman, au travers d'un morceau reprenant des éléments de diverses chansons de Slayer, de Angel of death à Raining blood. Et qui force le respect.
Un Ep indispensable à tous fans de hardcore digne de ce nom!


CUT UP 'Wherever they may rot'

2017 METAL BLADE - CD digipack

Hop, on passe du suicide du passé au groupe qui s'assume pleinement. Dès les premières notes, c'est carré, direct et intense. Pas de concession et ça vise le carnage. Cut up déploie un death violent à la voix d'ogre sur les 11 titres de son offrandes à nos oreilles attentives. Et ça va vraiment vite, sans vraiment prendre le temps de poser de quelconques passages plus cool. Ils n'en ont rien à foutre de notre sensibilité et putain, ça fait du bien!
Les vocaux offrent parfois des relents très nauséabonds, m'évoquant les démons du film du même nom (celui de Lamberto Bava). Ici, comme dans le film, c'est réservé à ceux qui ont des tripes et pas aux effarouchés de toutes zones. C'est un véritable déferlement de violence, un album fait pour s'auto-démembrer. C'est très bourrin mais néanmoins très structuré, leur violence étant clairement maîtrisée.
J'avoue que j'ai menti plus haut. Il y a quelques petits moments où le groupe ralenti légèrement le tempo, juste pour rendre un malaise palpable, avant de revenir en force et rendre par opposition la violence plus intense.
Les thèmes sont dans la lignée de leur musique: meurtre et autres festivités (ce serait bizarre un groupe de death évoquant la floraison des cerisiers au Japon...).
Et c'est cela le fil rouge de l'album, cette violence exploitée par différents biais, juste pour mieux te démonter les neurones. Du courts et très intense 'Necrophagic madness' ou 'by hatred bound' au très structuré (et sans doute le plus complexe) 'Raped by the blade' (et de la poésie en plus!!!), Cut up ne prend pas de pincettes, en déployant un savoir faire certain. Le groupe joue vite et bien, se faisant plaisir et nous faisant aussi plaisir.
La production est juste nickelle, avec un petit coté un peu grumeleux dans le son, un coté sale volontaire, collant parfaitement à la déferlante du disque. Un album excellent, à conseiller.


SUICIDE SILENCE 'ST'

NUCLEAR BLAST 2017 - CD


J'eus découvert Suicide Silence par un heureux hasard, prenant une claque monumentale, au travers d'un deathcore bien intense, parfois proche du grind. Donc, voyant ce nouvel album (et gardant en tête le décès du précédent chanteur), je me suis dit, "tiens, je vais me faire plaisir." Et en 9 titres, on a une idée claire de ce que l'on écoute.
Deftones nous offre un album très sombre, dans la lignée des précédent. C'est bien fichu et c'est du Deftones pur jus, un poil plus metalcore que le précédent. Leur metal est très sombre, énervé et s'attache à des thèmes pas très joyeux.
Bon, ok, je me trompe de groupe. Deftones et Suicide Silence, c'est très différent, me direz-vous. Ha oui? Tu es sûr(e)? L'album est sympa, pass de problème. Mais il n'y a plus rien a voir avec le deathcore et la rage bien violente des précédents albums que j'ai pu avoir en main. Avec un album portant pour titre le nom du groupe, c'est clairement un changement de style qui est acté, au profit d'une sorte de metalcore qui lorgne vraiment vers ce qu'offre Deftones. C'est très surprenant, décevant un peu mais cela reste néanmoins pas mal. C'est très sombre, sans le moindre doute, très torturé, jusque dans le chant. Pour les amateurs du genre, à savoir un  metalcore assez conventionnel avec un soupçon de Deftones, ça devrait le faire. Pour les autres, dont je fais partie, c'est moins sûr, voire pas gagné du tout. C'est un virage sec, qui demandera plusieurs écoutes car il y a quand même des choses très accrocheuses qui suintent de cet album, notamment au travers du chant et des ambiances parfois sinistres. Une nouvelle ère s'ouvre pour Suicide mais je ne sais pas si je serais de ceux qui suivront. Ou par accident.

VENERE 'Demo 2017'

Venere 2017 - CDr

Jeune groupe sud cévenol formé en 2016, le groupe a eu l'idée sympa de graver sur CD les 3 titres de leur bandcamp, offrant un bien sympa confort d'écoute. D'où l'absence d'artwork.
Il en résulte 3 putain de titres foutrement efficaces, certes assez concis mais bien suffisant pour se faire une bonne idée de ce qu'offre le groupe (si tu ne les a jamais vu en concert). Oui mais voilà me demandes-tu, l'oeil hagard, quoi que qu'est-ce donc qu'ils jouent les 3 jeunes énervés?
On m'avait parlé de thrash à la Sepultura, bien old school. A l'écoute, je dis que ce n'est pas ça. On a affaire surtout à un crossover intense, que l'on peut rapprocher sans honte de groupe comme Soziedad Alkoholika, avec un petit peu de Ratos de Porao. Le mélange est addictif, le groupe ayant pris soin d'avoir aussi un son excellent.
La voix est juste terrible, bien agressif, avec des chœurs tout autant vindicatif, le tout sur une musique très rapide et assez sans concession. Certaines parties sont plus à la cool (bien que ça garde un fond agressif).
Certes, trois titres c'est peu mais allez sur leur bandcamp vous faire une idée et suivre des acharnés qui en veulent.

jeudi 4 mai 2017

The DEFRIBRILLATORS 'Electric fist'

2017 The Defibrillators - CD 


Avec un nom qui pourra faire penser à un groupe de thrash ou un vieux film d'horreur fauché, The Defibrillator nous embraque dans les couloirs du temps, au travers d'un rock'n'roll sale, un peu crasseux et surtout qui fleure bon celui des années 60. Voilà, pas de mystère à faire, le groupe le faisant sentir jusqu'au visuel.
Et là, on pourrait se dire: 'Ouais, c'est ça... Sur que la musique c'est un truc hyper calibré pour faire style...'. On met le disque, on appuie sur lecture (avec un air dubitatif et un peu renfrogné sur le gueule et... on prend une claque. Car c'est juste bon. Ce coté décalé et décadent (oui, c'est décadent!) fait du bien! C'est complètement à part de ce que l'on a normalement l'habitude d'entendre (crois moi, entre Vampire, Krabathor et Wormrot, ça change vraiment!!) et le truc, c'est que les gars maîtrisent leur sujet et que l'on se prend au jeu d’adhérer et de taper du pied. C'est certes simple mais eux, c'est dans la simplicité qu'ils sont efficaces. Alors oui, la base fait old school voire vintage (le mot est à la mode alors je me lâche et l'utilise, na!) mais avec un son néanmoins moderne et un petit coté stoner qui n'est pas déplaisant, suintant des différents titres offert par le groupe à nos oreilles. Le genre de groupe que l'on verrait bien dans une concentration ou une convention tatoo ou je ne sais trop quel univers pouvant coller à leur musique.
Le groupe balance la sauce sans hésiter, non sans une culture musicale solide dans le genre (à l'écoute, c'est très net, pas de doute à avoir), flirte avec le sulfureux (Suzy string, Prostitute), l'humour et n'oublie pas non plus les origines du genre, par le biais de l'excellent Dentist blues.
Et malgré le style du groupe, il y a des titres qui dégagent une certaine sauvagerie, très efficace et addictif comme Hymno de la mujer (excusez mon accent).
Tour a tour blues, rock'n'roll sale et un peu déjanté, cet Electric fist est très agréable, certains titres s'avérant quand même soutenu, compte tenu du style.
Il est bon d'évoquer la voix d'Iron Mut, complètement à part mais qui colle à merveille avec la musique. Alors oui, c'est un putain de voyage dans le temps, dans le sale rock'n'roll crasseux, tout en restant à notre époque. Une excellente surprise dans un genre que le groupe dépoussière quand même, en lui ajoutant ce coté stoner qui rend le truc gras. Et franchement, boire un coup entre potes avec ce genre de disque en écoute, c'est juste parfait.

ONE LAST SHOT 'Even cowboys have sundays'

2017 JFF records - Ellie Promotion - CD


Premier album des petits jeunes de One last shot, sorti en avril dernier, la pochette ne trompe pas sur le contenu. On a affaire à du rock'n'roll dans la lignée du truc mais nettement enrichi de diverses influences nourrissant le groupe. Influences qui se fondent dans l'album qui nous démontre avec force et bravoure le coté doués des 5 gars.
L'album s'ouvre sur un titre tout ce qu'il y a de plus conventionnel dans le rock, sans grande surprise certes, mais bien fichu. I'm a gambler se trouve être une bonne mise en bouche. Et cette mise en bouche permet de savourer des titres puisant dans d'autres essences musicales, nous ouvrant des perspectives nouvelles, comme Embrace the fire, titre vicieux à la mélodie accrocheuse qui te reste en tête, surtout le refrain. Il y a bien pire en titre qui reste dans la tête, on en conviendra bien.
Comme je le dis souvent, pour ceux qui lisent ce blog, ainsi que toi, cher abonné, avec ce disque, on se retrouve dans la configuration du disque fait pour brûler l'asphalte avec une moto, avec des titres comme le précédent ou encore Thou should be drunk, à l'esprit très hard rock, très catchy et accrocheur, qui lui aussi délivre par ses mélodies une efficacité que l'on ne penserait pas avoir de prime abord.
Et c'est ça qui est bon avec ce groupe. Les influences digérées créent des symbioses musicales pour le moins incongrues parfois, comme ce titre qui est une perle, Hell mariachi, et son fond de musique mexicaine, dégageant un exotisme énergique.
Quelque soit le titre, le groupe vise toujours, en développant son univers, une certaine efficacité et un sens de la construction très riche. Et n'hésitant pas à y aller franchement, en mélangeant avec cette base rock des courants pour le moins radicaux, comme le thrash, sur l'excellent et brut Live fast and die young.
Et même si je suis clairement un mordu de metal extrême, il faut bien avouer que des albums comme celui-ci, c'est oxygénant et rafraîchissant. Ajoutant à cela une production impeccable, je pense que tout amateurs de rock pur et dur devrait se pencher sur ce cas.

samedi 22 avril 2017

M.F. CREW 'First ride'

2017 M.F. CREW et Ellie promotion. CD


Je vous présente un disque qui sent le jack daniels, le cambouis, la poussière, l'huile de moteur et un paysage écrasé de soleil. Genre un désert. Bien étouffant et qu'il faut donc t'hydrater. Et le tout associé à un road trip digne de ce nom, avec des potes. Voilà, c'est ça MF Crew.
Les influences qui ponctuent l'ensemble ne sont pas dans ce que j'écoute le plus (stoner, heavy, rock sudiste...) mais le tout mélangé... ben même si ce n'est pas ce que j'écouterais tous les jours, je dois bien avoué que c'est dépaysant à l'écoute, comme ça, pour se changer les idées ou bien prendre la route avec un bon disque. Parce oui, malgré ça, le disque est bon. Et oui, la chronique risque d'être vraiment chelou.
Il y a du groove à ne plus savoir qu'en faire, avec un coté gras et épais dans leur musique, Ça commence dans un bar avec des potes, surement un coup dans le nez en trop et ça part dans un coté assez festif, sacrément burné dans l'esprit, digne de nous faire bouffer l'asphalte en moto (ou tricycle pour ceux qui préfèrent, notamment au fond...). On pense principalement au stoner (Karma to burn que ça m'évoque, ayant copulé avec ZZ top et... a merde, c'est une orgie, Black label society et autre chose que je connais mais sur lequel je n'arrive pas à remettre le nom, notamment par ce chant très caractéristique mais chaleureux, la voix chargé de bourbon (mais pas bourré le type, c'est juste la voix qui est à peine rocailleuse et chaude).
Ce sont des titres assez longs, prenant leur temps, pour te laisser le temps de te laisser pénétrer l'âme par la musique que distille tes enceintes ou ton casque ou tout ce qui te permet d'entendre de la musique. Et chaque titre se cale sur les autres dans le fond, celui du coté gras et chaleureux mais dont la forme peut néanmoins varier.
C'est aussi une ballade vers la frontière mexicaine, toujours dans cet esprit du ride. Une bande d'amis (ben oui, les potes sont devenus amis) carrée et pros, comme la musique que distille les titres de l'album. Et que l'on se prend à suivre la rythmique de putain-sa-mère-qu'elle-est-carrée!! de Paris is burning. Et c'est globalement là que tu sais que tu t'es fait attrapé(e) par le groupe qui t'enrole dans le voyage de ta vie.
First ride c'est aussi ce soleil de plomb qui te chauffe la couenne, sous la poussière du sable levé par le tracé des motos (oui parce que ceux aux tricycles sont à des kilomètres derrière...) et avec cette voix (putain, cette voix... vraiment excellente. Il faut savoir où en acheter une comme celle-ci!!!) qui te guide dans ce voyage qui pourrait être initiatique (et non inichiatique, ça n'a rien à voir...).
Et ce mélange lourd, poisseux mais chaleureux ne nous lâche pas sur le moindre titre de l'album. Ce genre d'album qui ne peut s'écouter que d'une traite, pour ne pas perdre cette sensation de ride, proche de l'onirisme des bikers.
Les titres sont certes lourds mais sans jamais être pesants ou chiants. On garde ce coté puissant même quand le groupe lève un peu le pied ou gagne en puissance au détour d'une brève accélération pour doubler un tocard qui se traîne sur leur route. Connard de lent.
Et on retrouve cet esprit indescriptible sur tout l'album, que l'on pourrait rapprocher à un hymne à la vie et aux amis, mais en le vivant sur un ruban d'asphalte, le vent et le soleil tannant les visages offerts à leur action. Et putain, que c'est bon!
Et quoi de mieux que de conclure sur un titre comme Ride with us, une pure invitation à les accompagner dans leurs virées? Quand ils veulent, ils viennent boire un bourbon avec moi!

BELLATOR 'I'

2017 Music Records - CD digipack


Premier album des gars de Bellator, trio angevin, I porte l'étendard du thrash. Mais pas d'un thrash vraiment rapide, plus dans une veine old school qui s'appuie surtout sur la rythmique percutante, aux cotés de solos de dingues et de passages parfois un peu plus soutenus. A noter une bizarrerie du revers de la couverture: les titres ne correspondent pas aux numéros présent sur la galette magique.
D'une façon plus détaillée, l'album s'ouvre sur le titre Epic (et collégram...), qui porte bien son nom et sert de présentation de ce qui nous attend dans l'album, musicalement parlant, car niveau univers exploré, pffffuit, c'est le grand inconnu, le titre étant un instrumental très bien foutu. Genre un extrait de bande musicale de film de genre, dira-t-on.
Puis enchaîne Padnom qui finit de poser enfin les bases manquantes: les vocaux et l'univers du groupe. On a un chant en français (youpi!Compréhension directe!!), doublé d'un autre en chœurs, des plus efficaces. Le principal chant est assez agressif, le second étant plus rugueux, voire guttural sur certains passages. Et le monde qu'explore Bellator n'est autre que la fantasy, ce monde avec des orcs, des guerriers, la guerre et tout ça. Et ça ne rigole pas, on sent que les gars ont du vivre de sacrées aventures dans un monde différent de celui dans lequel nous évoluons.
Et chaque titre explore un pan d'un morceau de bataille (Fromlor Agard, Petit orc...) jusqu'au morceau de bravoure que nous offre les Bellator avec l'efficace (et le meilleur titre avec Bellator) de la galette, le bien nommé Blood eagle. Et ce titre est un concentré du meilleur des autres titres. On y retrouve ce coté épique qui semble être un fil conducteur sur l'ensemble, avec le percutant des titres et le coté thrash nettement plus marqué, paroxysme de qui semble être une bataille au cœur de laquelle le groupe nous a mené contre notre gré. Le titre évoque clairement une bataille dans sa structure (sans compter les paroles...) de la mise en place jusqu'à la charge vindicative. Et aussi, l'utilisation de parties très martiales, renvoie vraiment à cet aspect.
Le dernier titre, Bellator, s'avère être la continuité du précédent, mais plus posé, comme un hymne à la liberté par le sang. Oui, plus posé car nettement  décidé à aller au bout de l'acte. Musicalement, on ressent ce coté plus posé mais déterminé.
Les titres oscillent entre 4 et 5'40'', avec une production soignée. L'aspect cool: on entend bien la basse! L'ensemble se tient bien et nous emmène avec lui dans le monde des Bellator, même si ce monde peut paraître étrange, nos guides font le travail. Quoi demander de plus?

dimanche 26 mars 2017

LIVE REPORT : Demi-Finale du Tremplin EMERGENZA

RENDEZ-VOUS AVEC LE CHAOS...



Pour cette demi-finale du tremplin Emergenza, un trio de groupes Métal a su prouver leur dextérité et férocité à travers leur musique : Sexplush, Eclypse et Nuclear Whisper ! Ayant été présent au concert, chacun d'entre eux a su défendre son steak et j'ai été littéralement émerveillé par la prestation de chacun ! Le plus drôle également dans un Tremplin pour moi, c'est de voir la réaction des gens lorsqu'ils découvrent un groupe de métal et ce soir, beaucoup furent captivés par l'escadron de l'extrême !

Lorsque Sexplush commence, l'intro nous plonge dans une atmosphère sombre et glauque, le ton est donné : ça vé dérouiller et ils le prouvent. Au premier morceau, les cymbales de Ben-j ouvrent le bal suivi des premiers riffs de guitares de Phil et Loris, la basse de Christophe les accompagne et le chant de Nico annonce la couleur. Nous avons affaire à un groupe dont la musique mêle la brutalité de Benighted avec une touche bourrinesque à la Napalm Death. Nico se montre particulièrement réceptif à la curiosité du public vis-à-vis de leur découverte du death métal et les invite à se rapprocher de la scène malgré les pogos qui ont été déclenché chez les métalleux du public ayant répondu à l'appel de cet hydre ! La coordination des guitares est absolument sans faille, étant soutenu par les grooves rythmiques de la basse, appuyée par les blast écrasants de la batterie. Le chant de Nico semble faible pour une mineure partie des métalleux mais pour les autres, il ne faiblit pas tel le cri de Léonidas, chef des 300 braves Spartiates : "Son cri est puissant". Quelques passages de la batterie me rappellent une connotation à la Cannibal Corpse avec un petit côté Necrophagist : c'est juste parfait ! Après leur set, le groupe a droit un joli salut du public et les mains se lèvent pour voter, je regarde par curiosité et cela s'annonçait bien.

3 groupes plus tard, c'est Eclypse qui passe avant-dernier et ils furent les plus attendus ! Je vais écourter leur set car dans mon précédent live report, j'avais décrit 3 de leurs morceaux et cette fois-ci, je m'intéresse à leur nouvelle intro et deux nouveaux morceaux tout neufs ! La tribu rentre sur scène, vêtus de leurs tenues vikings, acclamés d'entré par le public ; la nouvelle intro commence, nous sommes dans une ambiance guerrière et sombre, des tambours de guerre résonnent pour annoncer la venue de cette tribu du chaos. Puis le premier morceau commence et nous donne la sensation de nous trouver sur un champs de bataille, en plein milieu des combats ! Les riffs de Svart et Moon accompagnent la basse, dévastant tout sur leur passage, escortés par le chant walkyrique de Ambre ! Nous entrons dans un univers qui mêle littéralement du black métal à leur musique Pagan ! Belle réussite de la part de Eclypse et le public en complètement subjugué ! Lorsque le deuxième morceau retentit, leur nouveau batteur Benji, petit frère de Svart, montre sa place au sein de la tribu et motive les actions de la troupe en bourrinant ses toms tels des tambours de guerre comme pour donner le rythme aux coups d'épées et de haches, Nestor se montre particulièrement proche du public et va même dans la fosse pour pogoter, tel le Järl qu'il est au sein de Eclypse : son chant mêle du Ensiferum à du Himinbjorg et sa témérité ne fait qu'accroître sa soif de victoire au nom des dieux du panthéon nordique ! Lorsque leur set se termine, quelle acclamation ! Le public est charmé et conquis par la prestance du groupe et avant que le présentateur ne demande le début du vote, des mains sont déjà levées pour exprimer leur joie d'avoir découvert un tel groupe pour certains, d'autres pour exprimer leur fierté car Eclypse ne les a pas déçu !

Puis enfin, clou de la soirée : Nuclear Whisper ! Véritable escouade du thrash métal old school, le groupe mêle death, thrash et speed à leur musique métal et cela se prouve : les blast de Ben bourrinent tel Destruction, Greg et Vinzz balancent des riffs à la Death et Violator et Olive groove et chante dans l'esprit de Slayer ! Lorsque le morceau éponyme du groupe est joué, c'est le chaos total : la machine de guerre qu'est Nuclear Whisper dévaste tout sur son passage tel un rouleau compresseur avec une férocité qui rappelle à ma plus grande joie Hail Of Bullets ! Le groupe va même dans la fosse pour se rapprocher du public qui est complètement absorbé par ce vortex de violence et de guerre, nous plongeant dans une ambiance post-apocalyptique au rythme des véhicules de guerre de "Mad Max : Fury Road" ! Quelle prestance musicale putain ! Puis vient la fin de leur set et les résultats !

C'est un véritable triomphe et un grand moment d'émotion : Sexplush et Eclypse sont qualifiés pour la grande finale du 6 mai au Rockstore de Montpellier ! Même si Nuclear Whisper n'a pas pu être sélectionné, un grand bravo pour leur set car c'était apocalyptique ! En tout cas, la reconnaissance du public pour un tel show s'est bien faite sentir ! Merci à eux de nous avoir vendu du rêve et merci au public de s'être montré réceptif à la volonté des 3 groupes d'avoir voulu montrer ce que signifiait ce mot : Métal !


T H O R W A L D

dimanche 19 mars 2017

KILLSWITCH ENGAGE 'Incarnate'

2016 ROADRUNNER RECORDS - CD Digipack


Killswitch engage... J'avais entendu quelques titres ici et là, un peu par accident, me me transcendant pas plus que cela. Ben comme il y avait une offre à pas cher, c'est comme ça que j'ai acquis leur petit dernier en date. Donc me voilà à écouter du Killswitch engage. Bon. Oui. Voilà.
Alors ça me fait aborder un point essentiel: le metalcore. Je suis assez réfractaire au genre, fourre-tout, où il y a du bon, bien efficace (assez rare), du ouaip et de l'escroquerie (échelle personnelle évidemment). Je m'étais fait avoir avec le groupe Fear my through, avec un premier album bien bourrin et un second tout mou, pour mateur de blédina et après j'ai perdu de vu et d'oreilles.
Et là, je me retrouve avec un album que je classserai sans vergogne dans le ouaip.
Il y a des passages très bons, bien violent mais il y a cette putain de domination du chant clair, avec des passages vraiment mous du genou, dans la norme de ce que nous offre ce style (?) musical. il y a quinze titres mais aucun ne m'a vraiment marqué. Il y a des bonnes choses dedans mais quand la domination de la mélodie (putain, des fois ça frise la pop...) et du chant clair pour jouvencelles effarouchées, non merci, je passe mon tour. Alors que cette dualité de chants est à la base une bonne idée, exploité avec le revers d'une pelle (c'est pour la finesse de la subtilité musicale). Pas à jeter, c'est certain mais pas non plus vraiment un groupe que j'écouterais souvent. Alors, si tu lis cette chronique et que tu souhaites acquérir ce machin, contacte moi via le mail de la description du blog ou si tu me connais plus et que tu as mon téléphone, sms. Suis sur que ça pourrait te faire plaisir si tu apprécies le metalcore un peu fiotte.

WOLFHEART 'Tyhjyys'

2017 SPINEFARM RECORDS - CD digipack



Wolfheart, le groupe qui te fait penser aux loups ou au pire aux loup-garous (et douter un peu de notre bon sens éventuel...). Groupe finlandais totalement inconnu à mes oreilles et mon cerveau (genre Pfuiiit, jamais entendu parler) qui existe depuis, houlà, 2013 (ben ce n'est pas si vieux que ça en fait...), c'est donc sur le conseil judicieux de Mickaël le vendeur que je prend ce disque, juste avec l'avertissement: c'est sombre.
Passé l'étape de la découverte de la pochette qui, ma foi, est très festive pour un goth ou un dépressif (mais non sans dégager un esthétisme certain), la découverte de la musique est formelle, après une introduction à la guitare sèche, un peu comme du Richard Clayderman (est-il une marque déposée?), mais en vachement mieux, l'album démarre véritablement au second titre, le tout en festivité 'Boneyard'. Et on a enfin l'essence de l'album. Ce sera du death, où la noirceur domine, se teintant parfois de doom, déviant vers une sorte de doom death parfois franchement glauque. Et ça le fait bien ma foi.
Leur death est d'obédience assez tranquille, jamais vraiment pied au plancher, parcouru de passages très mélodiques, tout en subtilité mais sans jamais dévier vers quelque chose de vraiment joyeux. Et c'est aussi un point intéressant de cet objet justement. Car même si un titre peut évoquer la puissance ('The flood') le groupe reste dans cette veine, sur le fil du rasoir, sans jamais tomber dans du trop doom ou trop sombre (bien que ça l'est déjà foutrement pas mal). Des claviers ponctuent le disque, amenant une dimension quasi onirique (un peu comme la vision du macabre qu'avait Lucio Fulci dans ses films), à la lisière du rêve et du cauchemar.
Les titres pétant en majorité les 5 minutes permettent au groupe de pouvoir aller là où ils veulent, disséminant des ambiances franchement tristes mais sans que ce soit péjoratif pour la musique. Certains passages sont parfois éloignés du death, lorgnant vers une autre sphère musicale pas vraiment définie, ce qui participe au voyage qu'offre cet album, un voyage qui pourrait être initiatique quelque part.C'est parfois très puissant, pas seulement sur certains passages plus rentre-dedans (car le groupe n'oublie pas qu'il joue du death, hein, quand même, faut être sérieux!), histoire d'envoyer valser mamie dans le mur, mais plus dans l'émotionnel, flirtant parfois dans des lignes de guitare qui évoque un black mélodique assez inattendu dans ce disque.
Car le groupe touche l'âme même de l'auditeur, au travers de sa musique qui confine parfois à une musique qui pourrait convenir à un road trip sur une route dans un lieu perdu au milieu de nulle-part. et l'album est assez dense du fait de toutes les subtilités, les recoins qu'il offre. Ce n'est pas vraiment du death habituel au final, mais une sorte d'hybride, qui, une fois qu'il t'a saisit, ne te lâche plus jusqu'à la dernière note. Vraiment un beau disque à conseiller, histoire de se changer des groupes plus bourrins, pour ceux qui aiment les subtilités.

samedi 18 mars 2017

TAGADA JONES 'La peste et le choléra'

ENRAGE PRODUCTION 2017 - CD digipack


Le nouveau Tagada est arrivé. C'est du youpi ça, non? Je ne sais pas pour toi qui lit (ou toi ou encore toi, oui toi là!) mais moi, c'est un groupe que j'aime beaucoup. Donc j'attendais beaucoup un nouvel album (et j'essaierai de faire une interview aussi). Le précédent allait dans le direct. Celui est différent dans l'approche et la tonalité qu'il dégage. Pas de crainte à avoir, c'est un excellent album que nous servent les bretons.
L'approche est nettement plus sombre, avec une approche musicale qui se teinte de metal mais sans renier le punkcore qui les caractérise. Là où les précédents offraient d'entrée de jeu des hymnes mémorisables en une écoute par une approche percutante et assez violente, celui-ci, sans renier la violence (dire que l'album est mou serait pure ineptie) prend le temps avec les titres qui sont plus longs, plus structurés mais toujours avec les textes engagés et très incisifs, vraiment jouissif.
Le groupe, comme beaucoup, a été marqué par les attentats, comme le prouve le premier titre, On retrouve toujours ce qui fait l'essence de Tagada: les chœurs, les hymnes mais d'une façon plus subtile et affinée, sans doute liés aux événements évoqués dans l'album.
Le groupe, comme beaucoup, a été marqué par les attentats, comme le prouve le premier titre, Vendredi 13, très sombre et assez sobre, offrant à la fois un exutoire et un hommage aux victimes.
Avec cet album, on est plus dans le constat observatoire, au lieu du ressenti direct. Et le groupe reste fidèle à ses idées et opinions, pissant sur le racisme quelque soit sa forme (La peste et le choléraJe suis démocratie...) et met le doigt là où c'est franchement merdique (bon, plus le pied au cul en fait).
Et malgré ce que je disais de l'approche différente et des titres plus longs, on est rapidement surpris à se retrouver au sixième titre (malgré des durée oscillant en 3'30 et 4'10) qui marque une sorte de break avec les premiers titres en offrant un premier hymne pur et dur, bien punk dans l'esprit, foutant la banane, malgré toujours ce constat posé. Oui, Mort aux cons est un titre qui carbure, ouvrant la voix aux autres titres à l'approche musicale moins sombres, plus festives, dans ce que l'on a l'habitude avec Tagada.
Suit un titre assez rouleau compresseur, offrant un défouloir sur le disque. Le monde tourne à l'envers est rapide, énervé et colère. Pas de temps mort avec ce titre, il va à l'essentiel tout en prenant le temps de se déployer sur 4 minutes.
Enfant des rues offre un peu la même approche, avec une rythmique béton, limite martiale, qui s'avère très critique et qui là encore est fait pour dépoter sévère. et les titres qui suivent sont dans la même lignée mais en ajoutant un peu de l'essence présentes dans les premiers titres. Et tout ça, toute cette hargne, ces constats... se retrouve dans le titre Je suis démocratie qui s'avère être, à sa façon, un hymne à la liberté et à la cohésion, se branlant complètement des différences. On est tous humains.
Alors oui, les textes sont très fouillés, n'en déplaisent à ce qui disent le contraire. Et sont le regard des gens comme vous et moi, avec une mentalité qui disparaît, cette mentalité qui se trouve encore dans le punk ou le metal. Quoi qu'il en soit, Tagada Jones signe encore un coup de maître avec un album très adulte et assez sombre et ce, sans se renier.

EXTRAVASION 'Origins of magma'

2017 EXTRAVASION - CD digipack qu'il est beau. Avec Ellie Promotion



Groupe au line-up assez récent voire tout neuf (2015 alors que la formation du groupe est de 2011) originaire de l'Île de France, je ne savais point ce que c'était. Mais au logo, ça sentait foutrement bon le thrash.
Après une insertion respectueuse de la galette dans le mange-disque, une intro nommée 'Castle' au violon, d'une durée incroyable de 36 secondes, on passe au second titre 'Flammes of industry' et là, finit de rire. D'entrée, c'est un thrash incisif qui attaque direct, dans une veine old-school, en lorgnant vers des groupes comme Forbiden, Coroner ou Kreator, au chant agressif quelque part entre ceux de Slayer, Kreator et consorts. Bref, ça butte sévère! Le titre est assez concis au regard des autres dont certains sont assez épiques, aussi bien dans la durée que le fond. Ce titre offre quelques relents death qui renforce la brutalité '(et la dextérité) du thrash de ces messieurs.
'Origins of Magma' confirme bien la donne et offre une idée du potentiel du line-up, ce titre étant écrit justement par les membres actuels. Nettement plus long, offrant un petit coté épique pas dégueux, avec une basse qui claque sa mère (ou la fouette, c'est selon les goûts), la rythmique est assez soutenue, avec une montée en gamme foutrement jouissive. Le groupe s'avère être technique et doué, tout en gardant ce coté à l'ancienne qui donne le cachet aux compos du groupe.
Le reste de l'EP n'est pas en reste. renvoyant ici et là vers un passé glorieux du thrash mais pas que. D'autres ombres planent, offrant un large panel d'efficaces trouvailles et cela, sans jamais renier cet aspect thrash à l'ancienne. Et chaque titre butte. Le groupe nous mène là où il veut nous mener, sans jamais tomber dans la facilité ou une quelconque farniente. Non, non, non! Et quand le groupe monte dans les tours, il flirte avec une sauvagerie libératrice, une sorte d'exutoire primale mais pas simple, cherchant la difficulté, et révèlent des influences que le groupe a digéré.
La preuve avec l'épique 'Bankster', à l'intro jazzy louge qui déboule après une note d'humour pas si festive que ça (et qui aborde frontalement les thématiques qu'évoque la pochette dessinée par le Emil ( oui, celui de Emile et Image!! Putain de pc aux goûts douteux...), qui renvoie avec des riffs vers Slayer (le riff que l'on retrouve dans 'repentless'), du Megadeth (celui des années 80, le jouissif), très abouti et agressif aussi bien dans le fond que la forme, les breaks parsemant le morceau participant à leur manière en distillant une ambiance assez malsaine.
Et la force qu groupe, outre ce fameux thrash que je rabâche depuis le début de ma chronique se voit développer avec d'autres aspects par le seul titre en français, 'la nuit'. Et là, les gars ils font forts! Genre très forts. Car ce titre évoque un mélange entre Extravasion (et leur thrash perso) et Garwall (oui, le groupe de black en français, du moins avant de partir dans le heavy...), évocation se retrouvant aussi bien dans les rythmiques, les lignes mélodiques ou le chant MAIS sans renier un instant le thrash. Très déconcertant mais d'une putain d'efficacité redoutable en diable (hahahaha! Black, diable... que je suis cocasse...), avec des montées, des descentes de manches, des parties... putain, des parties jazz (presque manouche... ... tout en gardant l'essence de ce mélange impromptu et en restant dans le thème du titre. Et ce titre est assez hallucinant, les deux combos n'ayant semble-t-il pas de liens. Oui, effectivement, ce mélange m'a marqué.
Quoi dire d'autre? Ben soit utile à la société et au groupe en le soutenant par l'achat compulsif de ce disque, qui plus est avec un bonus qui fout le sourire que je vous laisserais découvrir.

mardi 28 février 2017

HOUR OF PENANCE 'Cast the first stone'

2017 Prosthetic records - CD


Vous remarquerez que j'en chie pour les covers des albums. Conne de lumière, con de tremblement et con de caméra... Enfin, bon, dissertons sur cet album.
Groupe que je découvre pour la première fois avec ce qui semble être leur septième album, les italiens balancent un brutal death très direct où la mélodie, en majorité, tu te la colles au cul. Au mieux. Au fond du cul pour les plus aventurier(ère)s aguerri(e)s.
D'entrée de jeu, l'album te pulvérise les neurones, sans crier gare (ou quoi que ce soit d'autre). Et c'est la guerre sur la rondelle. C'est très rapide, très direct, même si quelques rares moments plus "lents" (oui parce que la définition de lent ne correspond pas à ce que l'on entend). Et tout semble tourner autour de la thématique joyeuse et infinie de la guerre. Et là, ça tourne autour des croisades ou un truc du genre. Et alors que l'on aurait pu espérer des rythmiques martiales ou militaires, on n'en trouve peu ou prou. C'eut pu être une glorieuse idée donnant un impact supplémentaire.
qu'importe, les titres font le travail en démolissant bien le cerveau et les cervicales. Et le groupe le fait, en achevant les blessés en 9 titres aux guitares parfois ciselées d'un solo rapide mais classe.
Le groupe a aussi prit soin d'offrir un son massif pour mieux te niquer l'occiput dans la joie et l'allégresse. Alors, certes, il est vrai que les titres peuvent sembler parfois un peu répétitifs. Vu le rythme d'exécution de la chose, c'est sans doute là la cause. Car c'est pied au plancher, sans vraiment de répit, dans une masse compacte de murs de guitares. Donc, il est évident que les fans d'Epica ou de Nightwish risquent de ne pas trouver leur compte.
Plus concrètement, il est vrai que parfois, malgré la vitesse et la brutalité du disque, il y a une sorte d'étrange sentiment qui peut chercher à s’immiscer, une sorte d'ennui vicieux mais heureusement, ce fumier ne trouve pas le temps de s'installer.
Il y a aussi quelque chose qui montre l'humour du groupe. Dans le livret, il est écrit 'All lyrics and orchestrations by Paolo Pieri'. Soit. Mais honnêtement, je n'ai pas entendu l'ombre du moindre relent d'orchestration. Peut-être noyé dans le tout, ce qui est dommage, car ainsi le groupe aurait pu gagner en clarté et de pouvoir proposer des titres, tout en étant violent et dense. Bon, les orchestrations, en réalité, sont présentes. Mais vraiment perdu dans la masse, ce qui est dommage. La demi-heure du disque parait ainsi un peu plus mais en laissant un petit arrière goût d'inachevé quelque part. Bon, il y a pire, avouons le.


VADER 'The Empire'

2016 Nuclear Blast records - CD


J'avais toujours cru qu'il y avait un lien entre Star Wars et Vader (le fameux dark Vader). Après un long débat inutile et stérile, un combat à mort, j'ai été convaincu que défintivement non, Vader n'a rien à voir avec la saga spatiale dans une galaxie de trois planètes.
Donc, point d'incompréhension et pur hasard que ce nouvel opus s'appelle The empire. Quoiqu'un parallèle pourrait bien faire fumer le cerveau des fans de la saga dans le vide spatial.
Dès que le CD est mis dans le lecteur et que celui-ci le lit, on est surpris et étonné d'être très rapidement au quatrième titre. Quoi qu'est-ce donc cette étrange distorsion temporelle vous demanderez-vous, le regard plein d'étoiles. Le truc c'est que les titres, en majorité, ne dépassent pas les 3'30, dont 4 sous la barre des 3'. Et oui,Vader fait dans l'expéditif, visant l'essentiel avec un death de bonne facture, faisant parfois un peu pépère mais sans que cela ne gêne vraiment.
Mais cela ne les empêche pas de pondre des titres plus longs (plus de 4 minutes, presque du progressif non?) qui sont, paradoxalement, les plus efficaces (sans que les autres soient à chier...). Alors oui, quand même, ça blaste pas mal la mamie (et le papy aussi...).
Le chant est assez linéaire (un peu comme dans les groupes Statik et Linear, qui n'existe pas...), devenant parfois un poil monotone, ce qui, on en conviendra, est un peu problématique pour du death. Alors du coup, le groupe joue sur des rythmiques parfois martiales afin de contrer ce détail et pouvoir distiller une accroche pas inintéressante. Mais sans qu'un titre ressorte plus du lot qu'un autre.
Le disque passe du coup très bien avec sa demi heure, bien que l'on aimerait avoir plus de longueur. L'album put gagner en densité, sans rogner sur le coté rentre-dedans. Bon, on chipote pour rien alors qu'il suffit de relancer la lecture..

dimanche 26 février 2017

BENIGHTED 'Necrobreed'

2016 Season of mist - CD

Et hop, place à un condensé de tendresse et d'amour, avec les délicats Benighted, ces gentils crooners français. Pour ceux qui ne connaîtraient point ce groupe (Serait-ce possible?), si entre le titre, la pochette et le nom du groupe vous croyez avoir affaire à un quelconque groupe pour emballer, alors c'est mort (sauf si c'est pour emballer un cadavre mais on dit mettre en bière...).
Après une intro toute dérangeante avec cette comptine pour enfant dans une ambiance assez malsaine, le premier titre déboule et on a affaire à du Grand Benighted. Et ça fait très très mal, l'album tapant dans un brutal death dérapant parfois avec des rugosités grind. Le son est très massif, de très bonne qualité et, le truc fou, on ne voit pas l'album défiler.
Les 11 titres (plus l'intro) vont à l'essentiel: pilonner en règle vos neurones. Point. On pourrait avoir des soucis d'ailleurs si l'ONU considérait cette galette comme une arme de destruction massive de part l'intensité hallucinante qui s'en dégage. 38 minutes pour te péter les cervicales.
On a affaire à de vrais professionnels de l’équarrissage et il est certains que quelques uns risquent de se jeter sur les murs à l'écoute de cet album très jouissif.
Benighted fait partie des groupes qui se bonifient et deviennent de plus en plus intense en vieillissant et moi, c'est une évolution qui me plait bien. Et qui ne les empêche pas d'apporter de petites subtilités, comme des chœurs guerriers sur une fin de titres, sous forme de chant scandé (Psychosilence) ou des samples très malsains de crient de chiens bien à propos (Forgive me father) ou même un chant ultra gore bref ( à la Tumour).
Pourrait-on parler de folie? Surement. Mais quelle folie jouissive!
Les titres font dans la délicatesse et le bon goût: ils se branlent complètement du politiquement correct et chie sur les convenances. Deux titres offrent d'ailleurs la joie de comprendre les paroles, car chantés en français: le court Necrobreed, très proche du grind, très extrême dans le genre et Versipellis, plus peaufiné, prenant plus de temps (de façon toute relative) pour mieux déglinguer la gueule de l'auditeur.
Benigthed nous offre tout simplement une putain de bombe de death très brutal et ultra carré et efficace que tout amateur d'extrême se doit d'avoir.

OVERKILL 'The grinding wheel"

2017 Nuclear Blast - CD digipack


Le retour d'Overkill en ce début d'année 2017! Bon, point de mystère à faire les concernant, on a affaire à un album dans la lignée de ce que nous offre le groupe depuis leur début. Du heavy thrash qui n'a à rougir de rien. Alors certes, cet album me parait moins agressive que le précédent 'White devil armory' mais n'en est pas moins efficace.
Les titres sont efficaces, même si la majorité dépasse les 5 minutes, certains étant des titres fleuves, laissant le groupe développer sont savoir faire, avec des titres très catchy et assez vindicatifs. On retrouve ce qui fait qu'Overkill est Overkill, jusque dans la voix de Booby si caractéristique, bien que sur de nombreux passages, il adopte une voix claire plus posée, offrant une variation sur le chant.
Les morceaux apportent aussi des plages plus posées, laissant les mélodies dominer, offrant de la densité et un contraste assez percutant qui renforcent la violence des autres parties.
La chanson titre, The grinding wheel, résume à elle celle ce qu'est l'album: la voix claire qui évoque Bruce Dickinson, en appuie avec le chant habituel à la voix erraillée, les structures très travaillés, aux mélodies cisellées, pouvant ouvrir un passage plus intense, les rythmiques parfois assez martiales... L'essence même de ce qu'est Overkill transpire dans ce titre.
La version digipack se conclue avec un titre bonus, Emrald, qui après un morceau comme The grinding wheel, ferme l'album sur une touche plus posée et concise (étant le titre le plus court de la galette, moins de 4 minutes) et pas le plus marquant non plus, sans qu'il soit mauvais.
Je ne ferais pas une chronique plus longue, car étant un amateur d'Overkill et pour ceux qui connaissent le groupe, la meilleur façon d'en faire une chronique est de faire écouter le groupe.

dimanche 19 février 2017

INTERVIEW AVEC ROCH (MY SECRET SAFE)

Quand j'ai découvert que l'un des employés de Music 34, magasin de musique à Montpellier, était Roch du groupe de métalcore My Secret Safe, j'ai bondi comme le loup que je suis sur l'occasion de bavarder avec lui sur son groupe, sa passion, ses projets musicaux, son métier au sein de Music 34, etc.. C'est donc de bonne heure que je me suis levé pour foncer au magasin afin de réaliser l'interview que j'espérais tant depuis que je suis chez Margoth car ceci est ma première interview sur place, en vrai, en chair et en os !


Thorwald : Salut Roch ! Alors pour commencer les hostilités (rires), je vais te demander de me parler de ton groupe My Secret Safe : comment le projet est né et es-tu un de ces fondateurs ou tu es arrivé en cours de route ?

Roch : Alors, ce fut fondé en 2013 par hasard, du moins pour ma part car ce fut un vieux collègue de lycée qui m’a contacté pour me dire : « Ouais on a besoin d’un gratteux, es-ce que t’es intéressé ? » J’ai dit que oui donc y a eu un rendez-vous à l’Avion à St Jan de Védas et c’est là que j’ai rencontré David et avec lui, nous sommes les deux membres de la base ! Après, de fil en aiguille, on a rencontré Thomas, c’était quelques mois après au final. Ensuite, on a proposé Ben, notre cher Ben (rires), son frère en tant que chanteur ! On a conservé cette formation durant un bon moment et du coup on a bossé toutes nos compos et c’est ainsi qu’on a sorti notre premier EP "Forgiveness is Only Redemption", et on a tourné là-dessus un petit moment jusqu’à ce que Ben doive partir pour ses études, beaucoup plus loin pour le coup (rires), et il n’a pas pu rester mais on se voit souvent ! La deuxième période, c’est quand on a rencontré Pierre qui s’est mis au chant pour ensuite faire deux beaux singles qui sont toujours actuels : Lost Paradise, superbe clip qu’on a tourné au lac du Salagou car c’est vraiment un endroit génial : t’as l’impression d’être en Arizona alors que c’est le Gard, donc pas besoin d’aller loin, c’est la maison, t’es à côté et c’est parfait ! Le deuxième single c’est "Revocation" qu’on a sorti ya quelques mois et on a fait la video promo à Paloma !
 Voilà l’historique !

Roch, bassiste de My Secret Safe (Photo : Ellie Brightside Photographie)

Thorwald : Quels sont les thèmes des chansons de My Secret Safe principalement ? Car je voudrais savoir savoir si pour toi, la musique qui en émane exprime vraiment ce que les paroles veulent faire ressentir à ceux qui vont écouter un de vos morceaux ?

Roch : Alors ça c’est clair, moi je suis pas l’écrivain mais je peux t’en dire plus ! L’univers de MSS est sombre mais y a beaucoup d’espoir, tu regardes les titres cités, c’est très noir mais y a surtout de l’espoir qui est le principal thème de My Secret Safe, après pourquoi pas évoluer sur les derniers titres ? On va voir comment on fixe notre prochain thème, du coup oui la musique en général représente tout ça ! Que ce soit de bonnes mosh part ou des refrains bien pédés chantés à la Disney ! (rires)

Thorwald : Vous avez des influences particulières ?

Roch : Oui carrément, on est vraiment très différent dans le groupe ! Moi, mes influences ça va du jazz fusion au plus lourds des trucs que tu peux imaginer donc c’est très vaste, choses vraiment classiques comme Judas Priest (dédicace à Pierre keur) ! Dans le reste, Pierre, son influence est plus urbaine dans le style Emure, mais il aime vraiment de tout, c’est par exemple un grand amateur de blues mais c’est vraiment très très large ! Thomas et David eux, c’est la vraie influence metalcore de base ! C’est vraiment eux, car ils ont toutes les connaissances dedans ! Par exemple, moi mon groupe préféré c’est Mr. Big (il me montre son T-shirt), eux deux en général c’est je pense Trivium et Bring me The Horizon ! Le vrai métalcore de base c’est Trivium je pense, pour moi c’est ça après chacun ses opinions !

Thorwald : Parle-moi un peu de tes comparses stp ! Chacun d'entre vous y met du sien avec sa touche personnelle je suppose, comment définirais-tu ce petit ou gros plus qu'apportent Thomas, Dav, Ben dans la musique de My Secret Safe, sans oublier ta touche à toi bien évidemment !

Roch : Thomas, c’est celui qu compose les riffs, la base si tu veux des parties guitares, David lui c’est vraiment la structure et moi c’est, en plus de ma partie basse, c’et tous les ptits trucs je pense (rires), la finition en gros sur certains trucs ! J’ai un peu le même rôle que Pierre même s’il le fait mieux que moi je pense, après on est très très pointilleux limite lourd, des fois même on abuse (rires) !

*je passe un morceau de musique : Revocation*

Thorwald : Pour être tout à fait honnête avec toi, je n'avais jamais écouté la musique de ton groupe, j'ai donc commencé avec Lost Paradise mais ensuite j'ai vu votre clip live Revocation (qui est très réussi je trouve) et j'ai adhéré définitivement car je voyais toute mon adolescence resurgir d'un coup ! Peux-tu me parler un peu de ce morceau et de ce live stp ?

Roch : Putain ça c’est le top ! Paloma c’est génial, t’arrive tu as tous d’opérationnel, et c’est génial de voir les gens pogoter sur ton single et de voir toute la scène locale, notamment John de Hord par exemple mais pas que, vraiment tout le public ! C’est vraiment génial quand t’es sur scène car tu as ton son sur scène qui est plus puissant, avec Thomas on adore se taquiner sur le son, on a du matos de taré qui fait qu’on est limite des collectionneurs mais voilà quoi ! Revocation c’était géant ! Tristant de Weaksaw n’a pas pu être au concert mais on a fait un feat avec lui dans sa demeure, il a un son de malade, ce feat est parfaitement bien cadré et Tristant et Pierre se connaisse  bien !

Thorwald : Quel est point de vue personnel sur la musique métal aujourd’hui ?

Roch : Si tu veux, mon avis là-dessus, soit on est tous d’accord sur le fait que le metalcore soit plus accessible car on conçoit que c’est pas accessible à tout public donc nous, notre objectif c’est rendre notre musique et le metalcore en général accessible à tous car cette musique comme tu le sais est très mal vue en général, aujourd'hui y a des cons qui disent par exemple : « Ouais Metallica avec Lady Gaga, c’est n’importe quoi », alors qu’ils rendent la musique métal accessible, par exemple ! C'est dommage car dedans t’as des fous furieux qui disent que le métal c’est que du bruit alors qu’il est vrai que dans le lot ya des groupes de merde certes, mais pas tous ! C’est mon point de vue personnel !

Thorwald : Hormis My Secret Safe, as-tu d'autres projets musicaux en parallèle ?

Roch : Aucun ! Dans le groupe, notre objectif est My Secret Safe ! Après, j’aime bien faire ma musique car on fait des trucs pour nous ! Par exemple, j’aime bien le jazz fusion et tu fais tes compos, j’ai pas de projets particuliers mais pourquoi pas !

Thorwald : J'ai noté que vous seriez en première partie pour la dernière d'un groupe de métal français légendaire : The Arrs ! Dis-moi, ça fait quoi de se dire que vous allez ouvrir le bal du chaos pour un tel groupe ?

Roch : Tout simplement génial ! Mon chanteur les connaît et j’ai hâte de les rencontrer ! Ils ont beaucoup de choses à t’apprendre et ça fout la kikette de jouer avec de tels groupes ! Ils ont demandé une date pour leur dernière et on a été contacté ! Pierre malheureusement va devoir arrêter à cause de son taf, pas le temps de continuer donc pour lui, c’est aussi sa dernière mais avec un putain de groupe ! Pour le coup, on va se manger une bonne gifle mais on va quand même assurer, on est pas là la pour refaire la tapisserie comme dirait mon batteur!(rires) T’as des influences un peu metalcore aussi dedans, c’est les vrais patrons du métal français !

Thorwald : A part cette date, avez-vous d'autres concerts de prévus ? Votre album va-t-il voir le jour bientôt ?

Roch : Alors, sur septembre on aura deux tournées, c’est pas encore annoncé mais ça sera une semaine en Europe complète et une autre en Angleterre ! Niveau projet, on a un gros truc et ça s’annonce lourd, sombre et métal (rires) !

Thorwald : (rires) Parlons maintenant du magasin et donc de ton métier ! T'es rentré comment dedans et quel est ton sentiment quand tu viens y bosser ? Je sais que c'est en lien avec un élément que tu aimes et qui est la musique certes, mais peux-tu nous en dire plus stp ?

Roch : Je suis rentré dedans comme stagiaire en formation en vente spécialisé, BTS manager en IUT commercial, et j’avais besoin d’un stage donc je voulais un magasin qui me plaît du coup je suis passé chez Music34 ! J’ai été embauché ici en tant que vendeur et guitare tech. Du coup, ce qui me plaît en venant bosser ici, c’est que c’est ma passion, ce qui m’intéresse vraiment dedans c’est que je suis très bricoleur sur les guitares, c’est allier musique et réparation matos avec électronique en plus de l’aspect vente !

Thorwald : Peux-tu me résumer en trois mots ton côté zikos stp ? Oui je suis chiant désolé ! (rires)

Roch :  Oh putain ! (rires) Practice, Matos et « C’est ça le Rock » !

Thorwald : Cet espace t'es dédié ! Libre à toi de faire passer des messages personnels à ta famille, tes potes, les fans qui vous soutiennent !

Roch : Je remercie tous les fans, tous les potes, les collègues de Shoot the Girlfirst, Weaksaw, la scène du coin, la France et l’Europe ! Gros bisous à tous !

Thorwald : Merci à toi poulet !

Roch : Avec plaisir !

jeudi 2 février 2017

INTERVIEW DE BORN FROM LIE

Rappelez-vous, j'ai chroniqué, il y a quelques temps, le second opus de ces jeunes parisiens. Des questions avaient éclaté à la surface de mon esprit de guingois. Des questions dont certaines sont passées à la trappe parce que personne n'est aussi fou que moi pour les comprendre. Et que ce serait plus vers la métapsychologie que ce serait partie, domaine que peu d'entre vous doit comprendre (cela dit, ce sera toujours plus que moi). J'ai fait donc des questions auxquelles le groupe a pris le temps de répondre. Ça parle d'étiquettes, de migration, de choses sombres, d'écart mais pas que! Je vous laisse vous délecter avec le groupe qu'il est bien!

1- Bonjour à vous ! Comment allez-vous en ce froid janvier ? Commençons directement dans le
gras des questions : présentez donc Born From Lie. Sa vie, son oeuvre, sa raison, pourquoi,
comment qui et le prix de disneyland n’est-il pas prohibitif ? Pourquoi ce nom ?

Jérôme: Ca va bien merci!
Nous sommes quatre musiciens de la région parisienne, le groupe est né en 2014 suite au split de notre ancienne formation.
"Born from lie" est à la base le titre d'un de nos morceaux très autobiographique, lorsqu'on cherchait un nom, il s'est avéré que c'est celui qui a mis tout le monde d'accord.
"The promised land", sortit via le label Brennus music en juin est notre deuxième album.
Je ne savais pas qu'ils avaient augmenté les tarifs de Disneyland! Si c'est le cas c'est un scandale!

Niko : Je savais bien que Mickey n’était plus rock’n roll.. 

Pascal : pour disneyland pareil, un scandal !

2- Où pensez-vous vous situer musicalement et comment appréhendez-vous votre évolution ? Votre album ‘The promised land’ s’avère être à mi-chemin entre un rock consensuel et un metal assez agressif. Pourquoi avoir un tel écart musical au sein de la galette ? Êtes-vous d’accord si je vous dis que vous avez une vision de la musique qui vous est propre ?

Jérôme: Honnêtement, j'ai du mal à nous situer musicalement, même dans les différents papiers que l'on a eu sur l'album, on nous prête des styles très différents à chaque fois: rock alternatif, metal mélodique, hard rock, heavy metal... Du coup je ne sais pas du tout ou nous situer!
On écoute tous des choses assez différentes et il nous paraissait naturel de "varier " les plaisirs au sein de l'album. Personnellement parfois j'ai envie de jouer un gros riff metal et parfois du bon vieux rock'n roll!
Si tu penses qu'on a une vision de la musique qui nous est propre et bien on est est très honorés!

Niko : on reste heavy metal je pense.. alors heavy metal progressif peut être ?

David : L’une de nos chroniques parlait d’un style schizophrène, entre des parties très calmes et d’autres franchement agressives. Je trouve que c’est le terme qui nous définit le mieux.

Pascal : honnêtement je ne comprends pas trop le fait que l on nous qualifie de simplement rock. Que l’on est un style a part temps mieux et je pense que c'est une richesse, mais pour moi ça reste du metal, avec des influences diverses comme le heavy et le thrash ( nos influences principales), mais rock, je ne peux pas vous dire je n’en écoute pas ^^ lol.
Je suis le Richard Virenque de la musique, je fais du rock a l’insu de mon plein gré.

3- The promised land, malgré le coté musique super joyeuse, a une approche qui semble assez
sombre (renforcé par les passages assez post-metal). Ai-je bien compris que ce dont on parle touche à l’exil ? Pouvez-vous développer cet aspect que j’évoque ou me dire que, hahahahha, c’est cocasse, hahahahahaha, cocasse mais gênant car je me plante ?

Jérôme: Tu ne plantes pas du tout! No escape par exemple,raconte l'histoire d'un homme qui a quitté son pays sur un bateau en espérant trouver la "terre promise". J'ai écrit ce morceau en hommage aux migrants qui quittent leur pays et qui malgré les risques, gardent l'espoir de trouver une terre meilleure. Au vu des actualités, je ne conçois pas que l'album soit autrement que sombre.

Niko : l’album a des côtés sombres et a des relents schizophréniques (musique/voix), De cette manière, il colle aussi certainement bien avec notre époque.

Pascal : moi je ne vois pas beaucoup de rythmiques joyeuses dans cet album. Mais justement , les compos colle bien au concept !

4- L’une des forces de votre album est l’apparition de passages incluant du violon ou du saz.
Comment en êtes-vous venus à les incorporer ? La puissance émotive que dégage la sonorité de ces instruments est-elle la raison, en sus de la thématique choisie ?

Jérôme : L'idée du violon et du Saz sont venues une fois que les morceaux étaient composés.Pour illustrer No escape qui a des sonorités orientales, on recherchait un instrument qui pourrait renforcer le morceau, le Saz (luth turque) était l'instrument idéal pour ça! D'ailleurs depuis l'album je m'en suis acheté un!
Pour le violon c’était l'instrument parfait pour apporter la mélancolie et l'émotion dont les passages avaient besoin.

Pascal : je trouve aussi que c 'est une force ^^ ; l 'idée est bien sur venue de Jérôme mais on s 'est bien trouvé de ce coté la, car j’aime beaucoup les influences orientales dans le metal comme Orphaned land et Myrath et étant moi même un féru d 'histoire du moyen orient .
Et comme tu le dis si bien ça convient parfaitement au concept de l album car les pays sinistrés qui fournissent le plus de réfugiés sont bien sur les pays bombardés du moyen orient

5- Le chant et certaines structures de vos morceaux me font penser à Inepsys, un groupe de metal progressif. Hasard, coïncidence ou non, il y a un fan, c’est assumé et de toute façon, vous faites ce que vous voulez, z’êtes des warriors ?

Jérôme:Tu dis car leur chanteur s'appelle aussi Jérôme? ( je crois qu'ils ont changé maintenant d'ailleurs) NdB : Tout à fait, ils ont un nouveau chanteur.
Plus sérieusement, je connais Inepsys car ils sont comme nous chez Brennus music mais il me semble qu'ils sont bien plus progressifs que nous!


6- Le coté metal qui se dégage vraiment fait penser à du post metal. Est-ce aussi assumé ou c’est un hasard qui collait bien à l’univers des morceaux et au besoin d’extirper ce coté sombre de vos êtres (ça pète bien cette formulation…) ? Et est-ce en devenir de développer ce coté quelque peu
agressif ?

Jérôme:J'avoue ne pas me poser la question du style lorsque je compose! Quand je disais que chacun y voit un style différent, toi tu y vois du post metal!
David de par l'énergie de son jeu a su apporter l'énergie dont avaient besoin les morceaux et du coup ses influences sont très importantes dans notre musique.

David : C’est vrai qu’on a pris un côté beaucoup plus agressif pour cet album. Le jeu à la double pédale a un impact évident sur cette sensation de violence. J’essaye de la placer à des moments opportun pour apporter des contrastes dans les compositions. On va approfondir cet aspect pour le prochain EP…

Pascal : serait ce a cause de mon grand age, mais j ai bien peur de ne pas savoir ce qu 'est le post metal . Sûrement que j en écoute à l insu de mon plein gré encore une fois. (NdB : je te conseille Lessen ‘A redemptive decay’ pour t’en faire une bonne idée!)



7- Quelles sont vos goûts musicaux et rejaillissent-ils sur vos compositions ? Quelles identités
musicales vous définies?

Jérôme: Je suis fan de hard rock, de thrash old scool, de metal mélodique, de rock'n roll... Si je dois citer des influences majeures je dirai Megadeth et Iron Maiden pour leur sens du riff et de la mélodie.

Pascal : moi j ai commencé a écouter du métal avec le heavy et le thrash. J aime beaucoup le heavy progressive, melodique. Le death metal melodique aussi.
Sinon hors metal j’écoute du jazz oriental.

David : J’ai envie de citer des groupes comme Gojira et Machine Head qui sont mes principales sources d’inspiration. Ce sont des batteurs qui expérimentent beaucoup et qui donnent une véritable identité à leur groupe.



8- Quel est le public que vous voyez le plus ? Celui attiré par le rock, un plus metal ou tout simplement, un brassage ?

Jérôme: Je pense qu'on attire plus du public aimant du rock que du métal extrême en tous cas! Mais j'ai l'impression que dans l ensemble c'est un brassage.

Niko : notre public est un beau mélange des influences rock ; en nous voyant en concert, certains n’avaient pas imaginer qu’on pouvait être qualifié de metal ou heavy metal.

Pascal : venez et on vous dira qui vous êtes.



9- Vous sentez vous un peu comme l’était Therapy : trop metal pour les fans de rock et trop rock pour les fans de metal ?

Jérôme: Très bonne question! Forcèment on se sent un peu à l'écart de la scène actuelle mais on fait la musique que l'on aime avant tout et on n’a pas du tout envie d'en changer pour plaire ou mieux entrer dans un moule!
On se pose même souvent la question quand on a des propositions pour jouer avec tel ou tel groupe: est ce que leur public sera intéressé par notre musique?

David : C’est vrai que la diversité de nos compositions ne nous permet pas d’être rangés dans une catégorie bien spécifique. J’ai plutôt envie de voir ça comme l’opportunité de réunir un public multifacette !



10- Que faites-vous en marge du groupe ? Arrivez-vous à bien gérer boulot et musique ?

Jérôme: étant intermittent j'alterne des périodes très occupées à du temps libre ce qui me permet d'avoir la chance de me consacrer à la musique.

Niko : j’ai ma société ; cela me permet de gérer mon temps et de l’adapter aux « urgences musicales » !

pascal : je suis fonctionnaire dans l’enseignement supérieur. C 'est à dire que je laisse le boulot au boulot et suis frais et dispo pour la musique et la famille !



11- Merci à vous d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions à la volée. C’est à vous de conclure !


Jérôme: Merci à toi, comme je le dis souvent: venez nous voir sur scène! En plus on pourra boire des coups ensemble après le concert!

Niko : venez tenter l’expérience, vous ne serez pas déçus et ça ne fait pas mal.

Pascal : Merci et bon courage aussi a vous pour la suite et merci pour ce que vous faites pour la scène française


David: merci à toi.

samedi 28 janvier 2017

WILD MIGHTY FREAKS 'Gun's cookies'

Wild Mighty Freak 2016 - Ellie promotion - CD Digipack


Honnêtement, lorsque j'ai déballé le disque du groupe, avec les infos presse, j'ai été quelque peu dubitatif. N'étant pas vraiment amateur de hip-hop ni de trucs genre nu metal, j'ai marqué une grande hésitation et une certaine réticence à écouter le disque des jeunes parisien, formé en 2015.
Alors, par courage (mais surtout par respect que l'on m'a envoyé le disque), je l'ai mis dans le mange-disques de ma voiture en partant au boulot (oui, j'ai un mange-disques moi. C'est une option rare mais qu'elle est bien).
Alors, pour la première fois, je vais décortiquer un peu le disque par titre, car celui-ci, bien que de 6 titres pour une demi-heure, du fait du mélange sus-mentionné plus haut en deux fois. Ce qui est sur, c'est que le groupe utilise moult éléments hip-hop mais sans abus (vocoder et autre). L'imagerie du groupe est aussi interesante, renvoyant au hip-hop, avec des éléments qui disent 'Gars, crois pas que ça va être simple!'. Et c'est pas faux. Car le groupe prend le temps de développer ses titres.

THE LAST TIME ouvre le bal, avec ses riffs de guitare presque typés hardcore, sur une rythmique et un chant bien hip-hop. Et en moins d'une minute trente, le groupe m'a capté (ce qui était loin d'être le cas). Certes il y a un chant hip-hop, lié à un rythme lié au style. Mais rapidement, le groupe dévoile des subtilités et une approche très riche, aussi bien par le chant, qui ne se cantonne pas qu'au hip-hop mais peut être clair ou plus agressif, suivant alors des parties pouvant se rapprocher du hardcore. Mes références du genre étant limité, je rapprocherais ce mélange de Crazy Town (oubliez Limp Bizkit sans intérêt...) mais en plus accrocheurs car offrant plus de reliefs et d'approches dans leurs morceaux. Celui-ci est très catchy et m'a collé la banane d'un coup, dégageant un certain positivisme. Les parties typées métal sont très accrocheuses, parfois à la limite du hardcore mais tout en restant sur le fil, sans tomber dans la facilité.
FREAKS suit aussitôt, très hip-hop, les aspects métal étant plus en retrait. Le morceau est assez mélancolique, plus sombre mais sans être vraiment violent. Le groupe prend le temps de mener des éléments plus métal, en parcimonie, offrant un titre d'une grande richesse et touchant à l'émotionnelle, avec les riffs très subtiles et ce chant clair, tout en retenu, alternant avec celui clairement hip-hop. Le titre accroche justement avec cette retenu et la mélodie derrière. Les parties batteries, quand a elle, offre des sonorités tout aussi recherchées, pour ne pas détruire la trame que créent le chant et la mélodie. Efficace dans son genre.
EMPTY SKIES et son ouverture à la guitare sans distorsion, couplé au chant de base nous mène tranquillement vers le cœur du titre, mêlant retenue et une certaine tristesse, tout en dégageant par le chant hip-hop une énergie qui se dégage vers cette retenue très subtile. Et tout cela, dans le but d'amener une certaine colère contenu que l'on ressent dans la fin du titre où les éléments metal dominent mais sans noyer le reste dans un quelconque déluge de violence, qui ne serait pas du tout bien à propos.
HIGH est plus une sorte de poésie hip-hop posée sur un piano où ce qui est le plus important est le chant, par lequel Crazy Joe prouve clairement (si ce n'est pas déjà fait depuis le premier titre) un vrai talent, capable d'évoluer dans un même registre tout en émotion. Certainement le titre le plus contenu et posé, une sorte de pause très aérienne avant le titre suivant, mais aussi le titre le plus mélancolique que le groupe développe.
JUNGLE. Là, on a un titre où domine encore le hip-hop mais avec un mélange plus marqué avec le metal. Le titre prend le temps de poser les choses, amenant tranquillement l'auditeur, lors d'une longue montée en puissance (par le chant qui devient dur, couplé à la guitare et à la montée de la rythmique vers une certaine colère, d'abord contenue, prenant le temps de poser un break avant d'affirmer cette colère (ou ce constat?) dans une forme musicale vraiment plus énergique et apportant une approche résolument théâtrale par des chœurs d'opéra, posant une vision assez baroque loin d'être désagréable.
GET OUT MY WAY est le dernier titre. Et celui-ci est nettement le plus metal, les deux courant se mélangeant, fusionnant (là, je peux remettre en parallèle avec Crazy Town, mais en plus efficace, avec des breaks évoquant le hardcore. Le chant est un festival: hip-hop, clair ou agressif, chaque aspect étant lié au titre, auquel Crazy Joe ajoute des chœurs avec un chant crié. Il s'agit du morceau le plus long (le second est 'Jungle'). Divers breaks parsèment le morceau, ouvrant des horizons variés mais en gardant une cohérence indéniable. On retrouve cette trame mélancolique et cette colère qui semble marquer l'album, toujours avec cette subtilité et ce refus de faire simple que le groupe marque depuis le début du disque. La dominante est assez sombre et très prenante, ce titre bouclant un ep très intéressant, sans tomber dans des travers ou de la facilité.
Et pour moi, c'est clairement une découverte, le groupe gérant bien les deux univers musicaux, offrant un disque très intéressant, même si pour certains, une ouverture d'esprit doit être de rigueur. Mais perso, passer de courants radicaux à une oeuvre tout en subtilité comme celle-ci est vraiment une première, surtout que les gars font vraiment forts. Chapeau!

jeudi 26 janvier 2017

OBSCURA 'Akroasis'

2016 Relaspe records - CD


Dans la famille des groupes que je ne connais pas, je vous présente Obscura. Ça faisait un bout de temps que je lorgnais l'objet et d'un coup de folie, d'un seul, crac, je l'ai acquis. Ceci est le quatrième album des allemands de Munich. Vu la pochette et le logo, ça ne pouvait que taper dans le death. Et la mise en lecture de la galette magique ne fait que confirmer cela. Mais avec un bonus. Et pas des moindres.
Le groupe évolue dans son univers à lui, fait de réflexion philosophique et de l'espace (ce grand monde ouvert autour de la Terre. Musicalement, ça envoie pas mal le pâté, avec le kit complet. Mais leur death s'avère progressif et part parfois dans un registre bien au-delà du death, nous emmenant parfois dans un paysage spatial onirique. Et le premier titre annonce bien la couleur avec son introduction qui sera un des éléments primordiaux aux nombreux décrochages ponctuant l'oeuvre, principalement ces fameux passages relevant de l'onirisme.
La base est donc un death progressif, technique, avec des fulgurances bien senties, associés à un chant death à la voix gutturale parfois assez désincarnée. Et c'est une bonne chose d'avoir cette base qui lie l'ensemble, parce que le tout est dense. Très dense.
Et cette densité n'est pas gênante du tout, le groupe nous menant dans des contrées que seuls eux semblent explorés. Et ça se retrouve de part des sonorités, des effets vocaux, des breaks ou des lignes de guitares à 100000 lieues du registre musical de base. Et par moment, le groupe y va franco de port, en compilant ce qui rend leur death si particuliers, comme en usant de 3 chants différents simultanément: voix death, chant au vocoder et chant plus clair.
Et ça marche à chaque fois. Le groupe réussit son coup, créant une véritable atmosphère très prenante, nous laissant voir cet univers que les gars se créent depuis leur début.
La densité se retrouve aussi dans les structures: parfois, ça va très vite, en ayant des lignes assez aériennes mais quand il faut devenir résolument brutal, le groupe n'a pas à rougir. Maîtrisant le death de fort bonne manière, le groupe distille son savoir sans nous faire décrocher, bien au contraire, avec cette approche vraiment très alambiquée parfois.
Du coup, je me dis que ça valait bien l'achat de la rondelle!

lundi 23 janvier 2017

PROCHAINE INTERVIEW LUPIENNE

Le 11 Février précisément...


Nous en saurons plus sur un groupe qui mérite de se faire connaître de façon plus honorable : My Secret Safe
Le 11 février, je me rendrai dans un magasin montpelliérain qui est spécialisé dans le domaine de la musique : Music34. J'y consacrerai une interview au bassiste du groupe : Roch !

Roch, prochaine cible du loup de Margoth


Il nous parlera de sa passion, de son groupe et bien évidemment du magasin Music34 dans lequel il est l'un des employés ! SEE YOU SOON !

Lupiennement vôtre,

T H O R W A L D

mardi 10 janvier 2017

BORN FROM LIE 'The promised land'

2016 BRENNUS MUSIC - CD


Tout jeune groupe parisien formé en 2014 (et oui, tout tout jeune!), le groupe balance à nos oreilles sa deuxième offrande, avec un album assez dense par son approche et son contenu. Mais aussi la vision de la musique vu par le groupe.
Cela se traduit par 10 titres, scindés en deux parties d'égale durée en titres par un court interlude. dès que l'on a mis la touche play/lecture/vas-y Suzette en fonction, la musique se déploie et au début, ça m'a quelque peu déstabilisé, avec un rock assez loin de ce que j'écoute, un rock assez consensuel à mon avis. Et ça pourrait être une faiblesse (j'eus crains un album qui m'aurait fait reculer) mais en fait non. Car très vite apparaissent des éléments bien plus typés metal et place le groupe à mi-chemin entre un rock de bonne facture relativement sage et un metal qui dans ses terminaisons s'avère assez énervé et sombre. J'y reviens plus loin.
Un des aspects qui saute aux oreilles, c'est l'ajout de sonorités bienvenues: le violon (assez courant) et le saz (Ha! quoi qu'est-ce te dis-tu? Une bière (Ha non, c'est la saaz...)? Ben c'est une sorte de luth...), apportant une certaine touche assez sombre (doublé d'ambiances plus arabisantes avec le saz, faisant un peu pensé à Orphaned land). Car oui, cet album est plutôt sombre, malgré le chant qui peut paraître tranquille et positif. D'ailleurs, cet aspect sombre se voit dès la pochette, me demandant si il n'y a pas un fil conducteur sur la chose. Car il est clair que c'est loin d'être joyeux, l'exode et la migration semblant être le thème autour duquel ça tourne (sauf erreur de ma part).
La voix au début m'a un peu déconcerté aussi. Mais là, il y a des aspects qui m'ont accroché dans le chant, me faisant penser dans la façon de chanter au groupe Inepsys, élément revenant plusieurs fois. Et c'est aussi dans la facture des morceaux que je pense à Inepsys, certains passages rappelant un peu du progressif. Et c'est le point fort de BFL, ce brassage qui densifie sa musique avec un apport judicieux. Sans compter que le chant clair est parfois en opposition avec des vocaux très agressifs.
L'aspect rock est aussi bien dans le chant que les morceaux mais parfois, le groupe embraye et part plus dans un coté sombre du metal. Déjà par le chant, parfois agressif, proche d'un chant hurlé, collant parfaitement à ce coté sombre et douloureux qui se dégage de l'album, lorsqu'il n'est pas plaintif soudainement, au détour d'une ligne de chant clair. Et lorsque cela arrive, les sonorités changent clairement, passant à une forme de metal assez rugueux et agressif, au rythme nettement plus soutenu que le reste de l'album. Et qui fait penser à du post metal. Et ce contraste mélancolie/violence contenu fait mouche, car utilisé de façon judicieuse, sans jamais tomber dans l'outrance.
Le coté metal se retrouve aussi a travers les structures de l'album, au détour des parties plus calmes, très rock, offrant un contraste assez intéressant entre les deux formes. Alors oui, on est loin des groupes comme Benümb, très très très très très énervés. Mais c'est bien là une autre force de BFL, conjuguant ce contraste avec sa vision assez sombre sur l'album, sans non plus renier le rock qu'ils transpire. Le groupe délivre ainsi un album très riche mais assez mature, tapant là où on ne s'y attendrait pas, nous prenant à contresens mais sans que cela soit choquant car en fait, cela sert à offrir un moyen d'appréhender l'univers de l'album, loin d'être festif quand on s'y penche dessus. Et qui n'a rien d'un album bancal. Loin de là même, une logique se dégageant nettement de l'oeuvre sur la rondelle.
Une bonne découverte provoquant chez moi un désappointement au début, rapidement balayer par les multiples aspects de la bête et l'atmosphère qui se dégage. Et qui demande plusieurs écoutes pour capter toutes les subtilités.