mardi 30 mai 2017

BLISTERHEAD 'Border control'

2017 CRAMADA records - CD dispo depuis le 19 mai 2017

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Blisterhead... un autre groupe suédois, donnant aussi une offrande via le punk rock. ici, on a un Ep très concis (10 minutes pour 4 titres), carrément catchy et accrocheur! Pourquoi? Je ne sais pas, je demanderais à mamie. Néanmoins cela tient aussi bien des riffs que du son qui semble venir des années 60, vers le début. Du coup, mélanger à leur punk rock, dans la lignée de The offsprings, pour vous situer, le résultat est très percutant et remuant. Qui plus est, le groupe nous offre des titres en anglais, vachement plus facile à capter que le suédois, en ce qui me concerne!
Les 4 titres passent hélas trop vite et c'est frustrant comme une actrice porno sans orifice (ho la belle comparaison de merde...). L'énergie est bien présente, avec un coté 'je te fous la banane!!', à l'aide de riffs efficaces et de rythmiques bien soutenu pour le style. Le chant n'est pas en reste, plus agressif à mon sens que celui de Mähälium. Alors oui, on va dire que la Suède et le punk rock, globalement, c'est un peu étrange. Et voici donc un deuxième exemple que, ben non en fait, ça le fait (et sur qu'il y a des formations étranges de punk black, de punk rock black ou de death punk...).
Alors oui, c'est vrai que j'accroche plus avec ce groupe, du fait de cette approche très directe et plus incisive et de ce son très caractéristique que développe le groupe. Très bonne découverte pour moi, merci au label de m'avoir envoyer ça comme ça. Les gars, on va discuter ensemble!

MÄHÄLIUM 'Nâr verkligheten golvar dig'

2017 CRAMADA records - CD dispo depuis le 26 mai 2017

              
Groupe suédois de punk rock formé en 1998 et silencieux depuis 2001, le groupe revient avec ce nouvel album qui participe au concours du titre le plus imprononçable de l'année. Chantant dans la langue nationale de ce beau pays plus connu pour le black ou le death, il est vrai que, à moins de maîtriser cette langue, on ne capte pas un mot de ce qui est dit, ce qui s'avère un peu couillon, mais bon, on ne va pas se plaindre!
12 titres pour un peu plus de 34 minutes diffuse un punk rock à l'ancienne, plus marqué par le punk dans le chant et les chœurs, non sans renier ce coté rock dans les structures des morceaux. Morceaux qui sont dans l'ensemble relativement courts, évitant l'écueil d'un ennui quelconque, en dessous de 3 minutes.
Alors oui, cela pose un petit inconvénient, celui qui dessert un peu les titres, une certaine impression de ressemblance parfois entre tout ça. Argument qui se reçoit mais que le groupe essaie de détourner par la gnaque que dégage l'essentiel des titres. Et qui fait assez court au final, parfois semblant plus pop punk dans l'approche.
Néanmoins, des titres ressortent clairement du disque et valent le détour, comme l'excellent Under ditt skinn, à l'accroche très rock et permettant au chant d'être plus modulé et donc plus riche, avec une durée de plus de 3'30''.
L'autre titre s'avérant aussi très bon, toujours dans cette veine rock/punk, très positif dans sa musique, est le titre qui clôture l'album, au nom qui fait gagner au scrabble, Nâr verkligheten golvar dig, dégageant une ambiance très marquée, à travers principalement deux grosses parties, dont la seconde dégage une certaine mélancolie et pourrait être un titre collant à un film noir, à l'ambiance bien poisseuse.
Alors effectivement, moi, je ne connaissais point ce groupe et le label me permet de découvrir celui-ci, ainsi que le suivant dans la prochaine chronique. Les influences de Mähälium, globalement je n'en sais rien, car dans ma cdthèques, en punk rock, c'est limité à The Offsprings et quelques autres comme Dirty Wheels. A vous d'écouter pour vous faire une idée si vous connaissez plus ce style (Bad brains, No Fx, Green day...).
La production est très propre, dégageant ce que l'on attend de ce style: de l'énergie. Et c'est pas mal déjà tout ça!

lundi 8 mai 2017

PRIMAL AGE 'A silent wound'

2017 Primal Age - CD

Primal age, groupe ébroïcien (Evreux, dans l'Eure, pour ceux et celles qui ne sauraient pas - minute culturelle) qui, depuis 1993, distille un hardcore metal sans vraiment de concession, nous revient avec cet Ep de 4 titres qui s'avère, une fois encore, très intense.
Dans le détail, il y a trois titres qui sont du Primal age pur jus. évoluant musicalement depuis leur début, offrant à chaque fois de nouvelles facettes. Les titres sont vraiment très rapides, très intenses, toujours dans une lignée de la cause animale, de l'écologie, la surconsommation... qui sont leurs thématiques jamais reniées, apportant une éducation via une forme musicale.
Whistelblowers pose les bases de ce que seront les titres pur jus: une déflagration hardcore metal très direct, parfois allant vers une forme plus radicale par instant. Le chant de Didier est plus que jamais agressif, restant dans le fond hardcore mais avec un timbre plus rugueux. Musicalement, c'est très typé hardcore dans les rythmiques. On retrouve ce coté saccadé du style mais enrichi de diverses influences venant de divers courant du metal (et pas de courant mou du genou). Le mélange s'avère à la fois lourd et rapide, restant toujours percutant. Les chœurs renforcent encore plus cette notion de violence hardcore, ce coté sans concession.
Les deux autres titres sont dans la même lignée, brutale et efficace. Le groupe maîtrise son sujet dans le fond et la forme, apportant une dimension musicale supplémentaire par une densité presque palpable. On ressent la hargne et la colère face à une société assez abjecte dans sa nature. Les titres ne laissent pas de temps morts, impossible de décrocher un instant, le groupe captant chaque parcelle du cerveau.
La production est juste monstrueuse, comme à leur habitude, prenant soin d'offrir certes de la violence mais de qualité et audible.
Le dernier titre, To Jeff, est un très bel hommage à Jeff Hanneman, au travers d'un morceau reprenant des éléments de diverses chansons de Slayer, de Angel of death à Raining blood. Et qui force le respect.
Un Ep indispensable à tous fans de hardcore digne de ce nom!


CUT UP 'Wherever they may rot'

2017 METAL BLADE - CD digipack

Hop, on passe du suicide du passé au groupe qui s'assume pleinement. Dès les premières notes, c'est carré, direct et intense. Pas de concession et ça vise le carnage. Cut up déploie un death violent à la voix d'ogre sur les 11 titres de son offrandes à nos oreilles attentives. Et ça va vraiment vite, sans vraiment prendre le temps de poser de quelconques passages plus cool. Ils n'en ont rien à foutre de notre sensibilité et putain, ça fait du bien!
Les vocaux offrent parfois des relents très nauséabonds, m'évoquant les démons du film du même nom (celui de Lamberto Bava). Ici, comme dans le film, c'est réservé à ceux qui ont des tripes et pas aux effarouchés de toutes zones. C'est un véritable déferlement de violence, un album fait pour s'auto-démembrer. C'est très bourrin mais néanmoins très structuré, leur violence étant clairement maîtrisée.
J'avoue que j'ai menti plus haut. Il y a quelques petits moments où le groupe ralenti légèrement le tempo, juste pour rendre un malaise palpable, avant de revenir en force et rendre par opposition la violence plus intense.
Les thèmes sont dans la lignée de leur musique: meurtre et autres festivités (ce serait bizarre un groupe de death évoquant la floraison des cerisiers au Japon...).
Et c'est cela le fil rouge de l'album, cette violence exploitée par différents biais, juste pour mieux te démonter les neurones. Du courts et très intense 'Necrophagic madness' ou 'by hatred bound' au très structuré (et sans doute le plus complexe) 'Raped by the blade' (et de la poésie en plus!!!), Cut up ne prend pas de pincettes, en déployant un savoir faire certain. Le groupe joue vite et bien, se faisant plaisir et nous faisant aussi plaisir.
La production est juste nickelle, avec un petit coté un peu grumeleux dans le son, un coté sale volontaire, collant parfaitement à la déferlante du disque. Un album excellent, à conseiller.


SUICIDE SILENCE 'ST'

NUCLEAR BLAST 2017 - CD


J'eus découvert Suicide Silence par un heureux hasard, prenant une claque monumentale, au travers d'un deathcore bien intense, parfois proche du grind. Donc, voyant ce nouvel album (et gardant en tête le décès du précédent chanteur), je me suis dit, "tiens, je vais me faire plaisir." Et en 9 titres, on a une idée claire de ce que l'on écoute.
Deftones nous offre un album très sombre, dans la lignée des précédent. C'est bien fichu et c'est du Deftones pur jus, un poil plus metalcore que le précédent. Leur metal est très sombre, énervé et s'attache à des thèmes pas très joyeux.
Bon, ok, je me trompe de groupe. Deftones et Suicide Silence, c'est très différent, me direz-vous. Ha oui? Tu es sûr(e)? L'album est sympa, pass de problème. Mais il n'y a plus rien a voir avec le deathcore et la rage bien violente des précédents albums que j'ai pu avoir en main. Avec un album portant pour titre le nom du groupe, c'est clairement un changement de style qui est acté, au profit d'une sorte de metalcore qui lorgne vraiment vers ce qu'offre Deftones. C'est très surprenant, décevant un peu mais cela reste néanmoins pas mal. C'est très sombre, sans le moindre doute, très torturé, jusque dans le chant. Pour les amateurs du genre, à savoir un  metalcore assez conventionnel avec un soupçon de Deftones, ça devrait le faire. Pour les autres, dont je fais partie, c'est moins sûr, voire pas gagné du tout. C'est un virage sec, qui demandera plusieurs écoutes car il y a quand même des choses très accrocheuses qui suintent de cet album, notamment au travers du chant et des ambiances parfois sinistres. Une nouvelle ère s'ouvre pour Suicide mais je ne sais pas si je serais de ceux qui suivront. Ou par accident.

VENERE 'Demo 2017'

Venere 2017 - CDr

Jeune groupe sud cévenol formé en 2016, le groupe a eu l'idée sympa de graver sur CD les 3 titres de leur bandcamp, offrant un bien sympa confort d'écoute. D'où l'absence d'artwork.
Il en résulte 3 putain de titres foutrement efficaces, certes assez concis mais bien suffisant pour se faire une bonne idée de ce qu'offre le groupe (si tu ne les a jamais vu en concert). Oui mais voilà me demandes-tu, l'oeil hagard, quoi que qu'est-ce donc qu'ils jouent les 3 jeunes énervés?
On m'avait parlé de thrash à la Sepultura, bien old school. A l'écoute, je dis que ce n'est pas ça. On a affaire surtout à un crossover intense, que l'on peut rapprocher sans honte de groupe comme Soziedad Alkoholika, avec un petit peu de Ratos de Porao. Le mélange est addictif, le groupe ayant pris soin d'avoir aussi un son excellent.
La voix est juste terrible, bien agressif, avec des chœurs tout autant vindicatif, le tout sur une musique très rapide et assez sans concession. Certaines parties sont plus à la cool (bien que ça garde un fond agressif).
Certes, trois titres c'est peu mais allez sur leur bandcamp vous faire une idée et suivre des acharnés qui en veulent.

jeudi 4 mai 2017

The DEFRIBRILLATORS 'Electric fist'

2017 The Defibrillators - CD 


Avec un nom qui pourra faire penser à un groupe de thrash ou un vieux film d'horreur fauché, The Defibrillator nous embraque dans les couloirs du temps, au travers d'un rock'n'roll sale, un peu crasseux et surtout qui fleure bon celui des années 60. Voilà, pas de mystère à faire, le groupe le faisant sentir jusqu'au visuel.
Et là, on pourrait se dire: 'Ouais, c'est ça... Sur que la musique c'est un truc hyper calibré pour faire style...'. On met le disque, on appuie sur lecture (avec un air dubitatif et un peu renfrogné sur le gueule et... on prend une claque. Car c'est juste bon. Ce coté décalé et décadent (oui, c'est décadent!) fait du bien! C'est complètement à part de ce que l'on a normalement l'habitude d'entendre (crois moi, entre Vampire, Krabathor et Wormrot, ça change vraiment!!) et le truc, c'est que les gars maîtrisent leur sujet et que l'on se prend au jeu d’adhérer et de taper du pied. C'est certes simple mais eux, c'est dans la simplicité qu'ils sont efficaces. Alors oui, la base fait old school voire vintage (le mot est à la mode alors je me lâche et l'utilise, na!) mais avec un son néanmoins moderne et un petit coté stoner qui n'est pas déplaisant, suintant des différents titres offert par le groupe à nos oreilles. Le genre de groupe que l'on verrait bien dans une concentration ou une convention tatoo ou je ne sais trop quel univers pouvant coller à leur musique.
Le groupe balance la sauce sans hésiter, non sans une culture musicale solide dans le genre (à l'écoute, c'est très net, pas de doute à avoir), flirte avec le sulfureux (Suzy string, Prostitute), l'humour et n'oublie pas non plus les origines du genre, par le biais de l'excellent Dentist blues.
Et malgré le style du groupe, il y a des titres qui dégagent une certaine sauvagerie, très efficace et addictif comme Hymno de la mujer (excusez mon accent).
Tour a tour blues, rock'n'roll sale et un peu déjanté, cet Electric fist est très agréable, certains titres s'avérant quand même soutenu, compte tenu du style.
Il est bon d'évoquer la voix d'Iron Mut, complètement à part mais qui colle à merveille avec la musique. Alors oui, c'est un putain de voyage dans le temps, dans le sale rock'n'roll crasseux, tout en restant à notre époque. Une excellente surprise dans un genre que le groupe dépoussière quand même, en lui ajoutant ce coté stoner qui rend le truc gras. Et franchement, boire un coup entre potes avec ce genre de disque en écoute, c'est juste parfait.

ONE LAST SHOT 'Even cowboys have sundays'

2017 JFF records - Ellie Promotion - CD


Premier album des petits jeunes de One last shot, sorti en avril dernier, la pochette ne trompe pas sur le contenu. On a affaire à du rock'n'roll dans la lignée du truc mais nettement enrichi de diverses influences nourrissant le groupe. Influences qui se fondent dans l'album qui nous démontre avec force et bravoure le coté doués des 5 gars.
L'album s'ouvre sur un titre tout ce qu'il y a de plus conventionnel dans le rock, sans grande surprise certes, mais bien fichu. I'm a gambler se trouve être une bonne mise en bouche. Et cette mise en bouche permet de savourer des titres puisant dans d'autres essences musicales, nous ouvrant des perspectives nouvelles, comme Embrace the fire, titre vicieux à la mélodie accrocheuse qui te reste en tête, surtout le refrain. Il y a bien pire en titre qui reste dans la tête, on en conviendra bien.
Comme je le dis souvent, pour ceux qui lisent ce blog, ainsi que toi, cher abonné, avec ce disque, on se retrouve dans la configuration du disque fait pour brûler l'asphalte avec une moto, avec des titres comme le précédent ou encore Thou should be drunk, à l'esprit très hard rock, très catchy et accrocheur, qui lui aussi délivre par ses mélodies une efficacité que l'on ne penserait pas avoir de prime abord.
Et c'est ça qui est bon avec ce groupe. Les influences digérées créent des symbioses musicales pour le moins incongrues parfois, comme ce titre qui est une perle, Hell mariachi, et son fond de musique mexicaine, dégageant un exotisme énergique.
Quelque soit le titre, le groupe vise toujours, en développant son univers, une certaine efficacité et un sens de la construction très riche. Et n'hésitant pas à y aller franchement, en mélangeant avec cette base rock des courants pour le moins radicaux, comme le thrash, sur l'excellent et brut Live fast and die young.
Et même si je suis clairement un mordu de metal extrême, il faut bien avouer que des albums comme celui-ci, c'est oxygénant et rafraîchissant. Ajoutant à cela une production impeccable, je pense que tout amateurs de rock pur et dur devrait se pencher sur ce cas.