samedi 3 juin 2017

PRIMAL AGE

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Comme cela faisait longtemps qu'il n'y avait pas eu d'interview. Rassurez-vous, cela va se faire plus souvent, juste me laisser le temps (après tout, plus c'est long plus c'est bon, selon le dicton populaire...). Et du coup, en attendant une autre interview à venir, ce sont les normands de Primal Age qui ont joué le jeu, histoire d'éclairer un peu ce groupe et aussi pour la sortie de leur Ep A silent wound. Et c'est avec courage et rapidité que xDimitrix (basse) a répondu à mes quelques questions! Enjoy!


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1- Bonjour à vous, ô nobles membres de Primal Age ! Comment allez-vous ? Bon, on va commencer par une succincte présentation du groupe, pour ceux et celles qui ne vous connaîtraient pas.

OK, PxA 2017 c'est Didier au chant, Ben et Flo aux grattes, Mehdi à la batterie, et moi (Dimitri) à la basse. On tourne depuis 22 ans pendant lesquels on a joué dans 12 pays et sur 3 continents, 3 MCDs, 2 full albums, des centaines de concerts avec notamment le Helfest, Sonisphere, Hell on Earth, Paris Xtreme fest, Free Edge... sur lesquels on a eu la chance de jouer avec tous les groupes (presque tous) que l'on adore.


2- Depuis 1993, vous distiller un mélange détonnant de Hardcore metal. Avec la forme de 2017, quelle évolution y voyez-vous ? Partagez-vous l’impression d’une intensité de plus en plus marquée ? Comment percevez-vous cette évolution au regard de vos vies ?

Depuis nos débuts on a vu pas mal de nouvelles vagues arriver sans jamais céder à la tentation de les surfer, car on fait vraiment la musique qu'on ressent depuis nos débuts tant qu'on a la chance de trouver un public. Elle évolue forcément et heureusement car on n'aime pas refaire les mêmes morceaux. Ce qui a beaucoup évolué, c'est la qualité des prods ; aujourd'hui si tu n'arrives pas avec un gros son tu te fais laminer, avant avec des prods en carton tu t'en sortais)).

3- Votre nouveau Ep, A silent wound, comme à chacune de vos productions, marque une évolution par rapport à la précédente, toujours dans une optique d’intensité croissante. Quelle est la genèse de celui-ci ?

Il marque une transition particulière dans la mesure où on a connu le départ de Johann à la gratte qui a joué 10 ans avec nous, et que Ben et Flo sont venus le remplacer. C'est aussi pour cette raison qu'on a opté pour un format court, faute de temps et pour leur laisser prendre leurs marques. Un vieil ami du groupe (Sylvain de Seekers of the Truth) est venu prêter main forte à la composition, avec toute son expérience et s connaissance parfaite de notre son. Pour la prod on est également resté en terrain connu en re travaillant avec Thomas Tibéri, et un master de Chris Zeuss Harris( Sepultura, Hatebreed, Rob Zombie... ). On a pris beaucoup de plaisir, tout en se rassurant avec la nouvelle formation, la mayo a bien pris et on est repartis de l'avant, avec beaucoup d'envie et de projets.

4- Vous êtes depuis vos débuts engagés dans ce que l’on va nommer l’univers du véganisme (et ce que ça implique), l’écologie et les thèmes proches qui y sont liés. Ressentez-vous le passage du message (ou du moins, toucher les consciences) et quelles évolutions voyez-vous aussi par rapport à vos débuts ? Y-a-t-il une partie plus importante plus réceptive à ce message (je parle de façon globale car le domaine est vaste, on en conviendra) ? Et qu’est-ce qui vous pousse à cette persévérance (dont je ne me plains pas et qui force le respect) ?

Cela a énormément progressé et on s'en réjouit, enfin façon de parler car cela signifie que la situation est gravissime. On avait la sensation de s'adresser à un microcosme quand on a débuté, alors qu'aujourd'hui on a de nombreux retours, de personnes qui viennent en discuter après les concerts. On s'attache à avoir un discours positif et constructif par rapport à ça, car il est facile de rebuter les gens quand on attaque frontalement comme on a pu le faire il y a 20 ans. 

5- Quels thèmes abordent vos trois titres de A silent wound ? Y abordez-vous un domaine peut défricher auparavant ? Pourrait-il être une continuité dans un fil rouge commencé depuis vos débuts, au final ?

On a toujours ces thèmes en perspective mais que l'on aborde par différents biais. On a un morceau qui parle de la déforestation, un autre qui traite des "faussaires de la science" et un autre des lobbys pharmatico chimico industriels et leurs soutiens politiques et bancaires. 

6- Malgré la durée des titres qui dépasse les 3 minutes, ceux-ci passent très vite. Est-ce volontaire de rendre un poil frustrant la chose, histoire de faire baver encore plus l’auditeur ?

Non on n'a pas encore ce genre de perversité). Comme je te disais on fait ce qu'on ressent, si un titre doit faire 5 min il le fera, s'il doit durer 3 min c'est la même. L'important pour nous était de faire un bon album, et on est plus que satisfaits du résultat, et visiblement avec les chroniques qui sortent on a fait mouche, donc tout est OK. 

7- Le dernier titre est très à part. To Jeff est clairement un hommage à Jeff Hanneman. Représentait-il une influence pour vous ? Quel est le secret mystique qui se cache derrière ce titre qui est aussi une sorte de blind test du fan ?

Oui c'est une grosse influence pour nous, on est tous fans de Slayer. Jeff Hanneman est responsable des riffs les plus mythiques du metal et on a voulu faire un assemblage cohérent de certains d'entres eux. On a invité Julien Benighted et Koba Loyal to the Grave avec lequel on a joué à Tokyo pour ce morceau qui a une saveur particulière. 

8- On peut clairement vous mettre dans la grande famille du metal extrême. Dans l’esprit, vous offrez des ponts vers le grindcore et dans une certaine mesure, la powerviolence, de part, entre autre, votre engagement et votre intégrité. Votre évolution musicale pourrait elle un jour vous mener à la frontière ténue entre ces différents genres ? Quels sont vos regards et opinions sur ces scènes assez spécifiques ?

C'est franchement pas important, on ne s'attache pas à savoir dans quelle catégorie on va être classés quand on compose, tant que ça pète à nos oreilles, c'est tout ce qui compte. Sur certaines affiches de concerts on a tantôt vu : Primal Age (Hardcore), (Brutal Death), (Trash), (Metalcore)... alors on fait ce qu'on aime sans se soucier de l'étiquette qui va être posée sur la galette. Mais sur ce qu'on commence à composer pour la suite... il semblerait que ça reste du brutal)

9- Quels sont vos regards sur le hardcore metal depuis les débuts du style ? Quels groupes vous ont marqués, dans ce style et dans d’autres (on a tous des groupes qui nous ont marqué qui sont parfois loin du style nous fascinant) ?

Nos influences vont de Slayer à Hatebreed, en passant par Madball, Napalm Death, Sepultura, Morning Again, Arkangel... Le hardcore metal a la chance de passer les époques par rapport à certaines vagues qui retombent vite. C'est une des raisons qui nous ont fait passer de la scène purement hardcore à des shows plus metal dans lequel on se retrouve davantage. 

10- Que pensez-vous de cette montée du véganisme que l’on peut qualifié d’intégrisme ? Ne serait-ce pas une erreur de la part de ceux qui sont dans un mouvement radicale pour faire passer le message, au lieu d’avoir une disposition plutôt à échanger, moyen plus efficace et plus riche, pour faire avancer les choses ? Parfois, dans le cadre des tournées, n’est-ce pas un peu compliqué (oui, je sens que c’est un euphémisme) ? Y-a-t-il des pays plus réceptifs que d’autres, du fait de la culture ?

Comme je te disais plus haut, on a commis des erreurs à nos débuts avec un discours seulement accusateur qui ne nous semble pas productif. Il m'est arrivé de me prendre la tête avec des vegans (depuis 3 mois des fois lol) qui connaissent tout et sont dans le jugement et l'excès. J'en ai juste rien à foutre de ces mecs et trace mon chemin en fonction de mes convictions. Je laisse ceux qui font une compétition du véganisme de coté, se permettant de dire qu'un végétarien est une merde qui tue autant qu'un carniste... A mon sens ils font beaucoup de mal à cette cause car il vont rebuter beaucoup de monde. Il me semble plus intéressant de faire évoluer les consciences de masse que d'avoir un groupuscule vegan 100% irréprochable. Si l'ensemble de la population diminue déjà sa consommation de viande, cela fait des millions d'animaux sauvés. Tout ce qui va dans ce sens est une bonne chose et quand on laisse les gens prendre conscience de l'exploitation animale, ils sont amenés à évoluer, alors que si on les rebute dès leur arrivés ils peuvent décrocher directement.

11- Quels groupes pouvez-vous conseillez sur la région d’Evreux ? Je n’en connais que peu, alors qu’il doit y en avoir pas mal… Existe-il des labels, structures ou associations qui se bougent pour la scène metal/hardcore ?

Sur Evreux... on ne peut pas dire qu'il y ait grand chose de structuré dans ce domaine. Il y a bien sûr des groupes, mais on ne peut pas parler de plaque tournante du metal)) 

12- Du haut de votre expérience et carrière, quel est votre regard sur la scène actuelle et tout ceux qui essaient de la faire vivre et de la soutenir à leur façon ? L’évolution est-elle favorable ou trouvez-vous que c’est plus compliqué ?

Il y a du bon et du moins bon comme souvent. On constate une multitude d'assos qui organisent des fests et malheureusement peut-être trop parfois car beaucoup se plantent. On a vu dans des petites villes 4 ou 5 assos qui se tirent la bourre, et chacune organise son fest qui finit déficitaire. Sur ce genre de ville où le potentiel en public reste limité, il faudrait pouvoir se regrouper pour organiser 1 ou 2 événements viables. Une des difficultés que l'on constate est le manque de structures intermédiaires, où on va passer directement du café concert à la grosse salle de spectacle qui reste peu accessible à ces groupes de musiques extrêmes. 

13- Quels sont vos projets pour Primal Age ? Festivals et vacances ? Pas trop compliqué de conciliez vies privée / professionnelle et Primal Age ? Votre plus grands soutien n’est-il pas en fait vos familles / proches ?

Oh que oui c'est très compliqué de tout concilier, ça relève de l'exploit et il faut une grosse dose de passion pour continuer à avancer. Mais on a cette envie et donc plein de projets avec 2 perspectives de tournées lointaines, un album et d'ici là (car on se projette sur 3 ans), des tas de concerts pour prendre et donner du plaisir.

14- Merci à vous d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Je vous laisse le plaisir de boucler cette interview !


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