dimanche 19 novembre 2017

ALL BORDERS KILL 'Nuclear dancing'

2017 All Borders Kill - Démo cd
On change de registre avec cette chronique. Venant de Montpellier, avec un tiers de Zoldier Noiz à l'intérieur, découvrez et prenez une claque avec ce groupe qui officie dans un registre punk metal mais punk avec une tendance crust quand même.
3 titres, juste ça. Mais alors qui dynamitent tout! Urgence des morceaux oblige, pas de place à la délicatesse. Ici, c'est juste pour tout défoncer, sans compromis. Trois titres sans concessions, fortement jouissif!
Le son est juste top, ça aussi c'est clair. Pas de compromis non plus ici avec les instruments, tous bien présent. Alors oui, c'est vraiment à cheval entre le punk, que l'on retrouve dans le chant et certaines lignes de guitares, mais un punk vers les extrêmes, lorgnant vers le crust et le metal où il y a le reste, mais un metal sérieux, pas de un metal calme. La rencontre des deux est explosive, violente et fait vraiment plaisir!
Sur la démo, on perd un peu de la folie en live mais qu'importe, car ça reste juste jouissif!

ARMOR 'Je n'ai pas les yeux des hommes'

2017 Custom West records

Mathieu Clobert est un artiste belge qui officiait sous son nom de 2010 à 2016. Et puis, zou, folie, il se créé l'identité Armor. Et sort un ep, du nom de 'Je n'ai pas les yeux des hommes'. Puis, il trouve mon mail et me contacte, complètement dans un accès de folie, pour soumettre son projet à mes oreilles et avoir une chronique. Quel courage, quelle abnégation!!!
La forme du projet est clairement la chose la plus abordable, musicalement, que j'ai eu à écouter. Dans une veine pop-rock, où la pop domine pas mal, Armor assure déjà sur une chose: l'aspect rock se retrouve dans le son (excellent!!!!) qui est assez brut (dans le registre) et puissant quand même. Citer des artistes pop pour situer l'auditeurs ne sera point possible, n'ayant franchement aucun repère pour cela. Le coté rock, il faut lorgner vers Noir Désir, Luke ou encore Saez. Les paroles sont en français, ce qui aide bien pour comprendre le sens des paroles, qui au-delà d'un premier abord consensuel, s'avère être réfléchie à ce qu'il me semble (face à ce que peuvent apporter les artistes radiophoniques). On ressent une certaine envie de tout défoncer, d'exploser ce monde aseptisé.
4 titres et une outro composent cet EP qui s'avère pas mal foutu. Les sonorités que l'artiste utilise sont assez accrocheuses, avec un coté industriel pas dégueulasse, bien au contraire.
Les titres alternent des passages très pop, c'est indéniable, tranquille, histoire de poser son constat. Mais lorsque ce sont les phases rock qui prennent le dessus, c'est beaucoup plus intense, proche d'une agressivité, jusque dans le chant qui est plus rugueux, va-t-on dire. Et c'est cet aspect qui me plait le plus. Parce qu'au fil des 4 titres, on a bien l'impression que le coté rock va prendre le dessus (l'outro renforce vraiment cette impression) et franchement, ça serait foutrement accrocheur.
Ce qui m'ennuie un peu, c'est qu'il n'y ait pas plus de titres. car il y en clairement une envie d'en découdre qui couve, certes dans une voie rock, mais putain, si l'évolution se fait dans un registre plus rock, on aura quelque chose de vraiment sympa à découvrir.
Et oui, dans les phases rock, le son est plus énergique et Armor y va même en poussant plus loin ses possibilités vocales. Certes, on est loin de tout ce qui est blast beat, descente de manches, shred et autres délicatesses sonores. Mais je dois bien avouer que c'est vraiment plaisant, ça change du grind ou du death mais ça change en étant intéressant. Les plus ouverts ou les amateurs de rock devraient pouvoir adhérer à la cause d'Armor.

mercredi 1 novembre 2017

WITH THE DEAD 'Love from With the dead'

2017 Rise Above records - CD 


Joie et bonheur de savoir quoi qu'est-ce: https://youtu.be/gJK7AEocCP8

En ce jour des morts, quoi de mieux qu'un peu de musique pour se mettre en joie? Et bien, jour de chance, j'ai ce qu'il vous faut!!! Voici les types les plus joyeux du jour, les guillerets With The Dead.
Et coté joie, c'est intense! 7 titres pour 65 minutes... Ah ben vous allez en manger de la joie!!
Derrière ce groupe on retrouve un certain Tim Bagshaw et un certain Lee Dorian. Donc, globalement, on sent que ça va pas être trop joyeux et le rythme risque d'être... assez lent. Et surtout d'une folle gaieté. Je vous l'ai dit non?
D'entrée de jeu, outre un son vraiment massif et puissant, bien lourd, on découvre, après une intro quelque peu rugueuse, un doom stoner où l'équilibre des deux genres se fait à l'idéal. D'un coté, la lenteur du doom, la lourdeur vraiment caractéristique, sans être étouffante et de l'autre, le stoner, avec une certaine chaleur dans le chant (mais en restant doom quand même hein, on ne va pas faire trop festif) et cette 'profondeur' que l'on croirait venu de loin, tout là bas (tend ton doigts à l'extérieur, vers un point perdu de l'horizon).
Si le son accroche d'entrée de jeu (malgré la lourdeur, il y a un coté chaleureux assez étonnant), c'est surtout la construction des morceaux et le rythme assez tranquille (voire vraiment lent mais toujours avec cette lourdeur) qui attrape vraiment pour ne plus nous lâcher. Bon, il faut dire qu'avec les deux gars cités, on est entre de très bonnes mains pour le genre.
Les titres prennent leur temps. Même un vieux en déambulateur va plus vite. Certes c'est lent mais cette lenteur a la vertu de leur laisser explorer leur univers et de faire ce qu'ils veulent, sans se trahir eux-même. Ils peuvent prendre un aspect fleuve mais sans être chiant, allant jusqu'au vice de la limite du sludge parfois mais sans jamais la franchir, restant sur cette lame de rasoir, en maîtrisant vraiment leur sujet.
Coté bonne humeur, ce n'est pas trop à l'ordre du jour. Les titres respirent une certaine noirceur mélancolique, pas dégueulasse, avec un sens très nette de la mélodie et de savoir poser l'élément qu'il faut au moment opportun. La section rythmique est d''une grosse importance, ainsi que cette envie de laminer mais d'une façon peut conventionnelle. Et ça fonctionne.
Le chant aussi vaut le détour. Clair mais quelque part entre un chant déclamatoire et incantatoire. On est assez proche de litanies, participant à l'ambiance particulière de l'album.
Et tout cet ensemble nous mène dans un voyage intense à sa façon, nous éloignant de nos ennuis quotidien à l'écoute de cet album. Les fans de doom doivent vraiment avoir cet album. Obligé.