dimanche 26 novembre 2017

ATRYSTOS 'The fucking war'

2016 ATRYSTOS - CD digipack



Atrystos donne ça en live: https://youtu.be/xMNXAJq39QY
Atrystos... un mot obscur pour beaucoup sûrement. Il s'agit d'un groupe fort original dans la forme, à la musique assez directe (bien que...) et qui tient a rappeler des choses importantes.
Imaginez un groupe de cosplay thrash-death picard au concept post apocalypse futuriste qui ferait passer Terminator pour une fiotte...
The fucking war, c'est ce concept mis sur une rondelle pour diffuser la bonne parole du groupe. Chantant en anglais ou en français. Et c'est vraiment efficace! Car même si il y a un second degrés, le groupe n'est pas là pour faire de la dînette.
Après une rapide intro de sirène, le groupe démarre mode fast and furious avec My nation et son riff incisif, doublé d'une rythmique d'acier. Et on comprend très vite que la figuration, ce n'est pas pour eux.
Les autres titres (il y en a 5 au total pour 20 minutes d'un voyage dépaysant dans un futur relaté bien sombre) ne font pas non plus dans la dentelle de Calais (hahahahaha!!!) et s'avèrent très efficaces. Où ça devient franchement cool, c'est quand des relents épiques et un peu black viennent porté un trouble pas dégueulasse du tout. Et un autre élément est un rappel des origines du thrash car dans le chant, et associé parfois à la musique, il y a un coté punk qui ressort, donnant encore plus d'impact aux titres.
Un titre qui résume bien ça est l'excellent La marche avec ce riff incisif et cette rythmique martiale qui renvoie au concept même du groupe et au chant qui sonne vraiment punk. Mais punk de qualité.
Le chant a d'ailleurs une importance vitale pour les titres, qui est indissociable de la musique.
Ce qui est aussi cool dans la forme de thrash du groupe, c'est la forme qu'il revêt, avec un coté retour aux racines, qui colle au concept.
Mais attention, cela n'empêche pas le groupe d'avoir des parties vraiment rapides et de déboîtage en règle, lorgnant vers le death. Le futur n'est pas cool et Atrystos est là pour nous prévenir. Et il a choisi une voie idéale pour ce faire, via cette musique incisive et une rage d'en découdre.
La production déchire tout! Le groupe a pris soin d'offrir un disque puissant et très propre, pour tout péter chez toi et en concert.
C'est un état d'esprit et une musique que nous offre Atrystos. Car la musique que délivre ce groupe est plus près d'une philosophie de vie, un moyen de faire passer un message important, qu'un simple projet musical. Et ça, c'est cool aussi.

EYESTRAL 'Beyond'

2017 MUSIC RECORDS - CD digipack qui claque sa mère

C'est ça Eyestral: https://youtu.be/ii2TGA4ySLo
Bonjour les pas endormis du dimanche! Hop, on commence un petit lot de chroniques (ou pas) en ouvrant avec un quatuor normand qui va vous replonger un peu dans le passé, surtout pour les adeptes de Death (avec Chuck) et Megadeth (Les vieux albums qu'ils étaient bien). Puis d'autres aussi mais bon, le plus important est cité. Et aussi pour ceux qui aiment les trucs progressifs. Parce que... je vais y venir dans quelques lignes.
Originaire de la riante ville à la grosse horloge posée sur la Seine (Ben, oui, Rouen quoi...), le groupe s'est formé en 2012, par la rencontre de Ant et David. Une démo en 2014, un EP en 2016 et cette année, un premier album que voilà.
Un album qui est ma foi massif et très dense du fait des choix et goûts des petits garnements derrière. huit titres de folies ouvrant un fleuve de 55 minutes, dans un contexte de thrash mais voilà, du thrash progressive (ce type qui donne des migraines aux doigts et tout). Et le premier titre, après une intro qui pourrait provenir d'un film, démarre et autant le dire, ça ne fait pas dans la dentelle, ni la niaiserie.
Le groupe nous balance un thrash très ouvragé, aux multiples reliefs et recoins, avec tous les plaisirs que peut offrir ce courant mais en lorgnant vers le thrash plus proche de celui du début des années 90, avec un démarre à la double directe. Et c'est vraiment hallucinant car la musique évoque vraiment un mélange entre Megadeth et Death, sans la moindre honte, et le plaisir aussi que le groupe à sa créativité à nous offrir aussi. Un thrash qui sent la nostalgie pour nous en mettre plein les esgourdes.
Car d'un titre à l'autre, même si il y a toujours ce repère, le groupe nous pond des plans de fous, très complexe (pourquoi faire simple), avec des rythmiques qui sentent bon la difficulté.
Et il nous emmène dans un monde assez métaphysique et paranormal, un univers assez sombre mais que l'on est bien accompagné.
Les titres pètent les 5 minutes à l'aise, allant jusqu'au presque 10 minutes (Beyond sight (they are here) et Beyond comprehension), bien que cela n'empêche pas le groupe d'être posé sans non plus faire des passages tout mou du genou. Non, c'est plutôt l'inverse. Et c'est là que le progressif marque le pas, avec des changements impromptus, des cassures de rythmiques et tout ce qui densifient une musique déjà très épaisse musicalement. Mais sans non plus nous perdre dans des méandres trop obscures et tarabiscotés pour une santé mentale en danger.
Un autre élément qui s'avère l'autre partie de l'identité des Eyestral est la voix de Ant. Une voix un peu éraillée, pas dégueulasse, aux intonations et au timbre qui la place à mi-chemin entre celle de Chuck Chudliner et Dave Mustaine (et ça y est, tu comprends un peu plus le pourquoi de l'évocation des dits groupes plus haut...). Même lorsqu'il se laisse aller à une voix plus claire, celle-ci est à part. Mais l'effet est terrible quand on a l'impression que c'est presque un titre de Death que l'on a (Beyond comprehension en est un excellent exemple).
L'occultisme, qui semble le moteur de l'album, est le point de départ qui permet au groupe de créer aussi des ambiances sombres, dérangeantes (au-delà des intros des morceaux) au travers de la musique, avec une touche, parfois, de mélancolie. C'est vraiment un album à explorer, très riche dont pour capter les nombreuses facettes, de nombreuses écoutes seront nécessaires mais aucunement lassantes. Bravo les gars!!! Les adeptes de thrash complexes seront servis!


mardi 21 novembre 2017

MISERATION 'Tragedy has spoken'

2012 LIFEFORCE Records - Cd digipack

La Suède et ses montagnes, sa neige et pour se réchauffer, tu fais soit du black, soit du death. Dernier album en date, de 2012, le groupe ne fait pas dans la tendresse, avec un death très direct, limite brutal, même si il distille par moment des mélodies ou des dissonances étranges.
Le propos reste quand même très bestiale, avec les 42 minutes de cet album de 10 titres fait pour détruire les cerveaux.
Le son est juste énorme. Genre tu trouves une baleine bleue dans le bocal de ton poisson à la palce de ton Bubulle. Et putain, que c'est bon! Techniquement, pourquoi faire simple. Migraines de doigts, vélocité et violence dominent sans partage. Et ça le fait vraiment. Dès le premier titre, on est pris au piège et ça charge frontalement.
Même si on retrouve ici et là des moments de pure félicités mélodiques, ces derniers ne font pas redescendre la pression et le soufflet. Que nenni, pas du tout! L'ajout d'autres instruments, amenés de manières impromptu parfois créée des atmosphères parfois oniriques (brièvement) ou plus souvent un putain de malaise. C'est malsain à souhait parfois mais ça colle vraiment à la musique que distille le groupe.
Le chant est très variable, d'une voix death vers parfois un registre plus 'posé' (mais jamais longtemps ni dans la finesse). Lorsque que le chanteur s'essaie à la voix claire, mélodique, il faut avouer qu'il gère et que ça fait son effet au milieu de ce déferlement de brutalité!
Ils ne sont pas fous mais complètement tarés je pense.
Mais la densité dans les morceaux avec les éléments structurels qu'ils ont pondu fais qu'on les aime bien ces tarés.
Pas de temps mort dans l'album. Malgré des titres pouvant être longs, ils vont quand même à l'essentiel: pilonner les masses en règles! Comme je l'ai dit, ça bourrine! Les rythmiques sont vraiment bestiales, sans concession, allant parfois lorgner vers le brutal death, au niveau des structures. Les fans d’accélération de guitares trouveront aussi leur bonheur, des riffs ultra speed domine, venant soudainement donner plus de violence! Rhaaaaa!!! Que c'est un bon album ça!

HYPEREMESIS 'Mince gore'

2017 Bunch Greenade - CDr (limité à 10 copies... bon courage aux explorateurs!!)

Haaaaaa, le Canada et son folklore... Tant de finesse, de subtilités... Mais pas là. Nan. Pas là.Faut pas déconner non plus. Je vous avais promis du violent, en voilà!!!
Tout est donné dans le titre de cet album, un hymne à l'underground. 30 titres, pas moins, pour quand même 38 minutes de sauvagerie qui déchire vraiment. Du très bon, un mélange entre goregrind à la LDOH, de la harshnoise et surtout, de la grosse brutalité sans faille. Pour vous donner une idée, imaginez un double fist mais nasal. Voilà ce qui vous attend.
Après une intro assez courte, le premier titre enchaîne et là, on prend une claque car le duo prend soin du son. Ce n'est pas parce que c'est du gore violent que le son doit être pourri. C'est très massif, avec un petit coté sale. On pourrait parler de dirty gore grind sans honte. Le son est assez saturé sur les basses, donnant un impact imparable aux titres. D'ailleurs, on pense à faire un lien avec Mortician pour le son et un peu les vocaux, bien que foutrement gore. Et que les paroles, on s'en branle, il n'y en a pas. La voix sert aussi d'instrument, en adéquation avec le reste.
Alors, oui, je vois des voix qui vont s'élever :"Ouais, c'est pas de la musique! Et gnagnagnagna!" Sans crainte on pourra leur répondre :"Et Jul, c'en est peut-être?".
Plus sérieusement, même si les titres passent vite du fait de leur relative concision, cela n'empêche pas le duo de les faire différents les uns des autres, de par la guitare ou le jeu de la batterie, avec des rythmes certes rapides mais assez amenant de la variété (mais pas à la Claude François ou Céline Dion... Non, ici môssieu c'est du sérieux.
Et l'on se prend à chercher (et trouver ) des petites variations sympas, donnant du corps au propos (qui, d'un point de vue technique n'existe pas je le rappelle, comme il n'y a pas vraiment de paroles...).
A partir du 18ème titre, le son change avec une approche très live, là non plus pas dégueulasse du tout, donnant une autre idée de la folie de ces deux sympathiques troubadours bucherons.
Qu'importe, ça va vite, ça bourrine, c'est gore avec un son très agréable. Je ne peux que conseiller aux amateurs de brutalités goreuses d'y aller les yeux fermés et les oreilles ouvertes.

dimanche 19 novembre 2017

ALL BORDERS KILL 'Nuclear dancing'

2017 All Borders Kill - Démo cd
On change de registre avec cette chronique. Venant de Montpellier, avec un tiers de Zoldier Noiz à l'intérieur, découvrez et prenez une claque avec ce groupe qui officie dans un registre punk metal mais punk avec une tendance crust quand même.
3 titres, juste ça. Mais alors qui dynamitent tout! Urgence des morceaux oblige, pas de place à la délicatesse. Ici, c'est juste pour tout défoncer, sans compromis. Trois titres sans concessions, fortement jouissif!
Le son est juste top, ça aussi c'est clair. Pas de compromis non plus ici avec les instruments, tous bien présent. Alors oui, c'est vraiment à cheval entre le punk, que l'on retrouve dans le chant et certaines lignes de guitares, mais un punk vers les extrêmes, lorgnant vers le crust et le metal où il y a le reste, mais un metal sérieux, pas de un metal calme. La rencontre des deux est explosive, violente et fait vraiment plaisir!
Sur la démo, on perd un peu de la folie en live mais qu'importe, car ça reste juste jouissif!

ARMOR 'Je n'ai pas les yeux des hommes'

2017 Custom West records

Mathieu Clobert est un artiste belge qui officiait sous son nom de 2010 à 2016. Et puis, zou, folie, il se créé l'identité Armor. Et sort un ep, du nom de 'Je n'ai pas les yeux des hommes'. Puis, il trouve mon mail et me contacte, complètement dans un accès de folie, pour soumettre son projet à mes oreilles et avoir une chronique. Quel courage, quelle abnégation!!!
La forme du projet est clairement la chose la plus abordable, musicalement, que j'ai eu à écouter. Dans une veine pop-rock, où la pop domine pas mal, Armor assure déjà sur une chose: l'aspect rock se retrouve dans le son (excellent!!!!) qui est assez brut (dans le registre) et puissant quand même. Citer des artistes pop pour situer l'auditeurs ne sera point possible, n'ayant franchement aucun repère pour cela. Le coté rock, il faut lorgner vers Noir Désir, Luke ou encore Saez. Les paroles sont en français, ce qui aide bien pour comprendre le sens des paroles, qui au-delà d'un premier abord consensuel, s'avère être réfléchie à ce qu'il me semble (face à ce que peuvent apporter les artistes radiophoniques). On ressent une certaine envie de tout défoncer, d'exploser ce monde aseptisé.
4 titres et une outro composent cet EP qui s'avère pas mal foutu. Les sonorités que l'artiste utilise sont assez accrocheuses, avec un coté industriel pas dégueulasse, bien au contraire.
Les titres alternent des passages très pop, c'est indéniable, tranquille, histoire de poser son constat. Mais lorsque ce sont les phases rock qui prennent le dessus, c'est beaucoup plus intense, proche d'une agressivité, jusque dans le chant qui est plus rugueux, va-t-on dire. Et c'est cet aspect qui me plait le plus. Parce qu'au fil des 4 titres, on a bien l'impression que le coté rock va prendre le dessus (l'outro renforce vraiment cette impression) et franchement, ça serait foutrement accrocheur.
Ce qui m'ennuie un peu, c'est qu'il n'y ait pas plus de titres. car il y en clairement une envie d'en découdre qui couve, certes dans une voie rock, mais putain, si l'évolution se fait dans un registre plus rock, on aura quelque chose de vraiment sympa à découvrir.
Et oui, dans les phases rock, le son est plus énergique et Armor y va même en poussant plus loin ses possibilités vocales. Certes, on est loin de tout ce qui est blast beat, descente de manches, shred et autres délicatesses sonores. Mais je dois bien avouer que c'est vraiment plaisant, ça change du grind ou du death mais ça change en étant intéressant. Les plus ouverts ou les amateurs de rock devraient pouvoir adhérer à la cause d'Armor.

mercredi 1 novembre 2017

WITH THE DEAD 'Love from With the dead'

2017 Rise Above records - CD 


Joie et bonheur de savoir quoi qu'est-ce: https://youtu.be/gJK7AEocCP8

En ce jour des morts, quoi de mieux qu'un peu de musique pour se mettre en joie? Et bien, jour de chance, j'ai ce qu'il vous faut!!! Voici les types les plus joyeux du jour, les guillerets With The Dead.
Et coté joie, c'est intense! 7 titres pour 65 minutes... Ah ben vous allez en manger de la joie!!
Derrière ce groupe on retrouve un certain Tim Bagshaw et un certain Lee Dorian. Donc, globalement, on sent que ça va pas être trop joyeux et le rythme risque d'être... assez lent. Et surtout d'une folle gaieté. Je vous l'ai dit non?
D'entrée de jeu, outre un son vraiment massif et puissant, bien lourd, on découvre, après une intro quelque peu rugueuse, un doom stoner où l'équilibre des deux genres se fait à l'idéal. D'un coté, la lenteur du doom, la lourdeur vraiment caractéristique, sans être étouffante et de l'autre, le stoner, avec une certaine chaleur dans le chant (mais en restant doom quand même hein, on ne va pas faire trop festif) et cette 'profondeur' que l'on croirait venu de loin, tout là bas (tend ton doigts à l'extérieur, vers un point perdu de l'horizon).
Si le son accroche d'entrée de jeu (malgré la lourdeur, il y a un coté chaleureux assez étonnant), c'est surtout la construction des morceaux et le rythme assez tranquille (voire vraiment lent mais toujours avec cette lourdeur) qui attrape vraiment pour ne plus nous lâcher. Bon, il faut dire qu'avec les deux gars cités, on est entre de très bonnes mains pour le genre.
Les titres prennent leur temps. Même un vieux en déambulateur va plus vite. Certes c'est lent mais cette lenteur a la vertu de leur laisser explorer leur univers et de faire ce qu'ils veulent, sans se trahir eux-même. Ils peuvent prendre un aspect fleuve mais sans être chiant, allant jusqu'au vice de la limite du sludge parfois mais sans jamais la franchir, restant sur cette lame de rasoir, en maîtrisant vraiment leur sujet.
Coté bonne humeur, ce n'est pas trop à l'ordre du jour. Les titres respirent une certaine noirceur mélancolique, pas dégueulasse, avec un sens très nette de la mélodie et de savoir poser l'élément qu'il faut au moment opportun. La section rythmique est d''une grosse importance, ainsi que cette envie de laminer mais d'une façon peut conventionnelle. Et ça fonctionne.
Le chant aussi vaut le détour. Clair mais quelque part entre un chant déclamatoire et incantatoire. On est assez proche de litanies, participant à l'ambiance particulière de l'album.
Et tout cet ensemble nous mène dans un voyage intense à sa façon, nous éloignant de nos ennuis quotidien à l'écoute de cet album. Les fans de doom doivent vraiment avoir cet album. Obligé.