jeudi 15 février 2018

Necrotero /Subterfugio/Distraught/Impending anomalies 'Sublime sounds of agression and brutality 4 way split'

2015 Total noise records - CD

Un beau split de voyage que voici! 4 groupes, du brutal mais 4 visions différentes, le tout de l'Amérique du Sud. On commence par Necrotero qui nous vient du Brésil  avec trois titres au son massif, bien brutaux, quelque part en Krisiun et les vieux Sepultura. Bien qu'ils apprécient la violence et la rapidité, ils distillent quelques passages en rupture total avec le reste, pour mieux reconcentrer le retour de la brutalité à leur suite. La voix est assez particulière mais point dégueux et le groupe assure avec ses titres très percutants.
Enchaîne ensuite Subterfuigio, groupe Bolivien de brutal death, lui aussi aimant la vitesse mais injectant des éléments venant du hardcore dans les jeux de guitares. Dextérité et vélocité ne sont pas opposés à des tempos plus calmes, donnant une épaisseur à leur morceaux, même si le batteur se branche parfois en mode épilepsie. Le groupe ne fait pas non plus dans la dentelle, pour notre plus grand bonheur auditif, non sans une certaine mélodie loin d'être désagréable.
Distraught change la donne, en même temps que le pays. Direction l'Argentine et ses argentins. Le groupe nous offre 4 titres dont une intro, plus longue que les morceaux eux-même (2' contre des titres d'une minute!!). Place à la barbarie au son cru! Grindcore is the way! Après l'intro qui brosse ce qui nous attend, les trois défilent de façon supersonique, ultra brutal, dans une veine porngore grind, au son de garage. Les vocaux valent le détour, ultra gore, le type hésitant, en même temps entre l'ingurgitation et la régurgitation. Brutal et gore, pied au plancher!
Impending anomalies ( groupe éphémère qui a duré deux ans, avec ce split et deux démos...) ferme le split, avec un premier titre de 7'36''. Hein? De quoi? Du progressif? Après une intro sur le morceau très malsaine (si, franchement!), le morceau finit par démarrer vraiment au alentour des deux minutes. Et c'est un putain de rouleau compresseur de brutal death. Mais pas tout le temps! Car le morceau est très riche en structures, parfois assez déconcertantes et on se demande par instant où voulait nous mener le groupe. Les deux autres titres sont dans la même lignée, ayant cette caractéristique des structures assez étranges mais qui le font. La voix est certainement la vraie voix de Shrek car on a affaire à une voix d'ogre. Dommage que ce groupe ne soit que passé car le dernier titre est issu d'un live et donne vraiment envie d'en découdre!
Un split qui ouvre une fenêtre sur des groupes pas manchots et intéressants, à noter dans un coin de sa tête.

MORK 'Eremittens dal'

2017 MORK / Peaceville records - CD Digipack

Voilà un artiste avec des couilles grosses comme des mappemondes! Car en cette époque de folie musicale, celui-ci a choisit d'aller à contre courant.
Mork est un gentil norvégien, chantant dans la langue de Ludvig Holberg, le Molière norvégien. Du coup, à moins de maîtrisé cette langue, d'avoir un pote norvégien ou qui parle cette langue ou un traducteur personnel, le sens des paroles restera assez obscure. Juste que l'on pourra dire que le satanisme, la misanthropie, le paganisme et autres thèmes sont dans le jus du truc. Mork a fondé sson entité en 2004 et nous propose son 3è album. Oui, mais de quoi me direz-vous? Celui qui crie au fond black metal a raison mais pas dans le détail.
Car oui, je le disais, il va à contre courant. On a du true black d'offert, tel qu'il était aux origines du genre mais avec un son vraiment soigné (celui qui vient de dire que C'est un blasphème! sorte et aille se taper toute la vague de base avec le son tout pourri parce que c'est ça le true. Et quand tes oreilles auront saignées, tu reviendras t'asseoir sagement...)
Et ici, du coup, avoir cette approche avec un son moderne mais en gardant cet esprit underground dans l'essence (la batterie sonne terrible!!) offre la joie d'appréhender un courant que l'on avait pu ne pas connaître car trop jeune alors.
Mork joue sur la mélodie et les atmosphères, utilisant des tempos différents, osant des breaks fait pour des passages brise nuque en lenteur mesurée (Forsteinet I bat). Il n'hésite pas à aller là où plus trop de groupes ne vont, hélas.
Cela ne l'empêche pas de balancer des titres vraiment horde de mammouths en rut, pour bien rappeler que ce n'est pas un truc de tafioles que l'on a ici. Quand il en ressent le besoin, le titre est vraiment brutal, sans concession (Eremitens dal), toujours dans cette idée du true black.
Les titres qui ponctuent l'album, au nombre de 10 nous emmène donc dans un voyage temporel vraiment agréable. Mork nous offre un panel d'atmosphères vraiment prenantes, entre deux grosses raclées à coup de bracelet à clous de 160, se faisant plaisir dans sa vision du black.
Le chant est vraiment typique, avec cette voix éraillée comme si il avait bouffé des canettes de bières rouillées entre deux rasades de vodka à 150° (oui, celle-ci fait très mal). De temps à autre (plus à autre que des temps), il offre une légère variation dans la voix, pas piqué des hannetons (oui, là je n'ai pas de blague de merde en rapport avec le black...).
C'est un véritable pèlerinage dans les méandres de la vieille école, en même temps qu'un voyage temporel et émotionnel que nous offre Mork. Car les titres dégagent régulièrement des éléments qui touchent vraiment à l'âme, jouant avec nos émotions (sauf chez les fans de jul, nés sans émotions et qui d'ailleurs ne doivent pas connaître le true black...). Et à mon avis un album essentiel dans le genre, qui le remet sous les feux de la rampe.

MINCER 'The horror is from the macabre'

2016 Inhuman homicide records - CD

Direction l'Italie, avec un duo sautillant, à l'approche musicale très personnelle. Ici, point de true metal, ne serait que par des indices subtiles se dévoilant discrètement: la pochette, le nom et le titre de l'album.
Mincer, pour ceux qui ne connaîtraient point ce duo joyeux, existe depuis 20 ans cette année, toujours dans la voie musicale qui leur sied si bien, le death bien extrême, brutal et qui batifole avec le goregrind bien crade. Et une certaine approche de ce que pourrait être le sens de la vie (ou de la non vie?)
Les douze titres de la rondelle sont relativement longs pour la plupart. Seul l'intro de dépasse pas les 2 minutes et trois autres titres oscillent entre 2 et 3'. Les autres pètent les 3 minutes à l'aise Blaise, allant joyeusement vers un temps progressif (4'20'' pour le poétique Entombed into a grave of hatred).
L'univers personnel des deux gars surnage au milieu des films d'horreurs, des tueurs en série (et  non tueurs de séries, ce qui est différent) et autres festivités. Et cela se retrouve dans les titres, pour le moins explicites (Crusaders of rotting, Born to rot eternally...).
D'un point de vue purement musical, les gars n'ont pas nécessairement choisi un tempo pied au plancher. Certains titres adoptent un rythme plus lent, plus lourd, injectant une atmosphère lourde et macabre, collant vraiment à leur univers. On peut même faire un lien avec Mortician pour le chant, bien que là, il a forniqué avec celui de Tumour, offrant un chant assez caractéristique pas désagréable, dû moins pour les amateurs. Parfois assez dérangeant et ça, c'est cool, vu le registre du duo.
Les titres, même si il pourrait se faire craindre une certaine redondance, s'avère assez différents les uns des autres, même si certains plans se ressemblent un poil parfois. Qu'importe, ça ne dure jamais vraiment longtemps. Certains défouraillent vraiment, même avec la b-a-r, et ne sont pas fait pour faire dans la demi-mesure. Mais la force de Mincer réside justement dans cette approche parfois proche du mid-tempo, qui offre un contraste efficace avec le reste des titres ou du morceau (dans le cas où le tempo varie sur un même morceau).
Les titres longs offre vraiment un râteau (dans la gueule) de variété de structures. Oui ils font du bourrin mais assez intelligemment quand même. On peut être un grand dégueulasse et étoffé son propos.
Dégueulasse... ça me fait penser au son, qui n'est pas top mais c'est voulu, toujours rapport à l'univers coloré des deux ménestrels. Le son s'avère assez très identifiable mais sans non plus allez dans l'excès de la bouillie sonore indigeste. Les gars prennent soin que l'on a vraiment une identification des instruments et des notes.
Cela est résolument un album fait pour les goreux, fait par des dégueulasses festifs et qui le font très bien!

mardi 13 février 2018

LASTWARN

2017 LASTWARN - EP autoproduit (décembre 2017)

On enchaîne directement avec les collègues de DOILS, car ce groupe est lui aussi d'Angers. Coïncidence? Sûrement. Ou pas. On saura.
Ce jeune groupe, formé en 2016, nous balance directement, comme ça, sans prévenir, une démo sur CD, sous forme de Ep. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça le fait.
Le groupe évolue dans un thrash assez mélodique (et aussi qui renvoie à une période que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître (C. Aznavour, philosophe sur RFM)), mais pas trop quand même, il est assez agressif, qui n'est pas sans m'évoquer le groupe Hongrois Remorse, évoluant aussi dans ce registre. Pourquoi ça me l'évoque? Hein?! Pourquoi? Hahaha! Ha oui, c'est à moi de le dire. Et bien parce que les deux se ressemble pas mal, dans les entrailles de leur musique (mais pour les paroles, ne compter pas sur moi, je ne maîtrise point le hongrois)...
Le groupe propose à nos oreilles aguerries de quoi batifoler au son des 4 titres de la démo, le groupe ayant eut l'excellente idée de nommer ses titres. Donc on va vous raconter la rondelle par les titres. Ça vous va (De toute façon, je m'en fous, je fais comme je veux...)? Bon je ne parlerais pas des solos que l'on retrouve sur tous les titres (car c'est mélodique pour rappelle).
Burning out: Après une courte intro où le chanteur semble rire de nous, le morceau part sur les chapeaux de roue (mmmmh, drôle de comparaison)... Bien que le groupe soit dans un registre assez mélodique, le morceau est très carré, avec une rythmique foutrement soutenue. Le chant est une bonne surprise, car assez agressif (oui, alors j'en profite pour parler d'un problème semblant récurrent: c'est quoi cette manie de foutre une voix claire ultra mélodique limite fiotte sur des morceaux qui défouraillent?) et qui fait ressentir la colère qui semble habiter le groupe. La technique est aussi au rendes-vous et ça nous offre un premier titre très accrocheur.
Dust and blood: le morceau s'ouvre sur une rythmique de marteau pilon. Puis le tempo se calme pour poser la voix qui est quand même, au final, assez chargée de graviers ou de sable. Elle est un poil rugueuse d'aucun dirait. Le morceau est plus posé que le premier, avec une approche plus vicieuse (car non sans dégager une certaine violence au travers de la mélodie qui est plus marquée. On retrouve aussi sur la fin la section rythmique énervée du début, histoire de reprendre pied et de préparer le terrain pour le troisième titre.
Sweat and die: Rythmique assez martiale sur ce titre. Le morceau est plus catchy (oui correcteur, vas-y, souligne de rouge catchy) que le précédent. On a aussi affaire au titre le plus long, amenant un passage où le chant se rapproche d'un chant scandé. La rythmique martiale est ce qui mène le morceau. C'est assez soutenu et c'est celui, avec You're freak, qui m'évoque le plus Remorse.
You're freak: Rythmique typique du thrash en ouverture. Morceau assez rapide là encore, avec des brefs passages proche d'une raclée en règle. Ce morceau doit être fait pour taper du pied. Assez rouleau compresseur dans l'âme, seul le solo laisse un peu de répit pour respirer.
Une bien chouette découverte! Leur thrash est excellent, près à parier qu'il est calibré pour la scène où il doit prendre une tournure plus brutale. Le son est aussi à l'honneur: massif, très propre, avec une production qu'elle est bien! Les quatre titres sont une bonne mise en bouche. Aller sur leur bandcamp découvrir les titres ou acheter leur la démo.

DECOMPOSING SERENITY / DISGORGEMENT OF INTESTINAL LYMPHATIC SUPPURATION

2016 INHUMAN HOMICIDE RECORDS - CD

Voici le retour de la tendresse, de la douceur, des fleurs et des licornes. Le tout mort et décomposé. Avec l'odeur en prime!
Quel bien beau split, tout en finesse, qui propose deux groupes tout aussi sympathique et gai l'un que l'autre.
Sur les 13 premiers titres, on a droit à la partie de Decomposing Serenity, entité vétérante (depuis 1995!!) que l'on ne présente plus. Sauf si ça ne vous parle pas. Il s'agit d'un jeune ménestrel du Brunei qui après un passage dans le pays des animaux bizarres (l'Australie), s'est établi dans le Nevada et évoluant dans le goregrind le plus extrême, non sans une certaine touche de musicalité.
DS nous offre un florilège de son meilleur, avec des titres bien dégueulasse dans les vocaux (mais pas le son, qui est franchement très bon, comme à son habitude). Ça va vite (d'ailleurs, si tu es en voiture avec ce disque, une rumeur dit qu'un radar devant lequel tu rouleras se suicidera - info à prendre avec des pincettes), ça bastonne et ce n'est pas vraiment un disque pour un dîner aux chandelles (sauf si c'est au cimetière, avec plat à volonté... là, peut-être que...).
On retrouve la folie du gars, avec des titres qui sont ultra bourrins, avec cette bonne vieille batterie électronique qui est réglée sur le mode épilepsie. Niveau guitare ben le gars se fait vraiment plaisir, évoquant parfois le grindnoise à la Final Exit. Bon, ça ne trépane pas un maximum mais putain, c'est bon car c'est idéal pour s'aérer la tête.
Les fans de Metallica trouveront aussi une reprise pas piquée des hannetons mais plutôt des asticots avec un Fade to black des plus convaincant et tout en concision! Assez peu d'intro venant de films cette fois, la plupart allant directement au fond du pot de lard.
Suit ensuite, dès le 14è titre (excellente transition, non?) Disgorgement of intestinal lymphatic suppuration que nous renommerons pour l'occasion DOILS, tout aussi connu pour vous que DS. Non? Bon, il s'agit d'un trio d'Angers qui joue lui aussi du goregrind mais avec un son nettement plus gore, plus gras, existant depuis 11 ans cette année.
De prime abord, ça pourrait en rebuter plus d'un(e) car oui, je l'avoue, il faut quand même être un poil habitué à ces genres musicaux si raffiné si l'on prend le temps de s'y poser un peu. Alors oui, ce son pourrait poser problème éventuellement à des porteurs de prothèses auditives (larsen tout ça tout ça...). Mais au-delà de cet aspect, le groupe explore néanmoins son univers à lui, bien dégueulasse, en plus du fait que l'on a un duo guitare batterie, en plus du chanteur.
Les titres dont aussi dans le concis voire l'expéditif (Cadaveric porphyria et ses 0'34''). Et aussi pose une énigme à la limite du mysticisme: comment le batteur fait-il? Parce que oui, ça va vraiment très vite. Et sur les photos, il semble constitué normalement...
Mon regret est quand même le son qui gagnerait a être moins brouillon pour gagner en puissance et développer la violence de leur vision du goregrind. Néanmoins, leur vision de la musique reste bien agréable (pour les amateurs du genre cela dit) et fait ce qu'il faut pour te pulvériser la tête. Check!
Un split qui devrait ravir les grindfreaks et les amateurs d'exploration des extrêmes musicaux.

COMPLETE FAILURE 'Crossburner'

2017 Season of Mist - CD

                                      
Cela fait un petit moment que je n'ai point poser de chronique ou autre chose ici.Pour différentes raisons, qui n'ont pas d'importances ici (sauf qu'il y a l'idée du site, que je me démerde seul à faire, avec un autre site et du coup, faut que je capte tout...). Et donc, pour briser ce long silence d'hiver, que de mieux que ce petit disque, plein de tendresse?
Alors je vous propose cette rondelle qui nous vient de Pittsburgh (oui, la même ville où fut tourner la nuit des morts-vivants en 1968) qui, en 14 titres, va juste vous pulvériser, mais en prenant régulièrement plaisir à vous piétiner.
Et oui, les 4 gentils garçons du groupe balancent sans prévenir un grind bien violent mais en y ajoutant un distilla bien sympathique qui lorgne vers le doom/sludge dans les fameuses phases de piétinement.
Du coup, ça nous offre un disque avec des titres parfois longs pour le genre mais apportant cette variation de piétinement, renforcer par le chant très typé hardcore (ce qui renforce quand même un poil la violence).
Et ce coté je te défonce direct s'ouvre par un premier titre qui embraye direct, sans la moindre intro, avec une rythmique digne d'un acteur porno parkinsonien qui besogne. mais qui révèle aussi ce qui attend l'auditeur avec un passage très lent, ce fameux piétinement (par une horde d'éléphants en rut je pense) qui lorgne bigrement vers les sphères doom/sludge des plus festives.
La base du disque reste néanmoins ce bon vieux grind des familles, très indentifiable dès la première salve de notes.
Paradoxalement, les morceaux les plus intéressants sont les plus longs, offrant ce contraste parfois bien oppressant grind - doom/sludge, avec toujours ce chant hardcore. Suicide screed of total invincibility (4'155'') offre justement cet esprit, que dis-je, cette vision atypique qui permet au groupe de pouvoir expérimenter (quoique, c'est plus de l'exploration aguerrie) et d'apréhender la violence sous un angle différent et qui donne au groupe cette touche d'originalité qui lui permet de se détacher du lot. Son opposé est le très grind (1'11) Soft white and paid for, rapide, brutal et incisif. Et avec ces deux titres on a les deux extrêmes du disque, avec un juste milieu réparti sur le reste de la galette.
Coté son, la basse claque sa grand-mère! Le groupe laisse tout loisir à chacun de s'exprimer et ça aussi c'est cool.
Un disque point mal du tout, qui fait bien le travail. c'et déjà ça non?