mardi 27 mars 2018

WARKULT 'The Wrong Mood'

2017 WARKULT - Ep 5 titres


Warkult... Groupe dieppois formé en 2002 par le monsieur qui vocalise dans le micro (le chanteur quoi), il nous offre sa quatrième offrande, après avoir eu l'idée de nous contacté via la superbe page facebook du blog. Quand ma femme m'a parlé de normands et de metal extrême, mon sang normand n'a fait qu'un tour. Le groupe, dans sa mansuétude, a donc envoyé un cd à Hervé et moi-même. Voilà donc la fabuleuse histoire de comment ce disque est arrivé entre mes mains.

Cet Ep est intéressant, car avec les évolutions du line-up, les titres présentent une certaine évolution qu'elle est bien et vient placer Dieppe dans le domaine des fiefs où des énervés sévissent - pour notre plus grand bonheur (honnêtement, je n'aurais jamais pensé à Dieppe si on me demandait de nommer des villes où des barbares musicaux sévissent...). Au son d'un registre oscillant entre black, death et thrash. Rien que ça.
5 titres, c'est certes assez peu (surtout par rapport à la densité enfermée dedans) mais suffisamment pour se faire une bonne idée du potentiel barbare des descendants de vikings ( si ils sont tous normands. Au pire, on s'en fout. Ça dépote!). Le groupe exprime sa vision de notre société déliquescente jusque dans les replis de la scène metal, où il est vrai, les poseurs sont casse-couille (sans évoquer le cas des poseurs karaté dance des concerts...). Donc on va faire assez simple: un titre, un blabla.
Punishment of life: c'est un titre qui va direct dans la forme la plus accessible du metal extrême: le thrash. Et ils ne sont pas là pour faire dans la dentelle. Il n'en est pas moins rapide et agressif. Le titre est carré de chez carré et offre un sacré mordant, dont les 3 minutes ne se voient pas défiler (comme pour les autres titres d'ailleurs...). Le chant est très agressif, sortant du champs de registre purement thrash et allant voir vers des plans black/death vraiment pas dégueux.
Border line: Là, on part dans un registre plus violent, nettement plus brutal, lorgnant vers des choses douces et délicates comme le death, avec une rythmique faite pour briser des jambes (à minima). Foutrement agressif, au mur de guitares bien massif, il laisse venir des phases plus lentes, plus violentes de leur pachydermique lourdeurs (ouais, pléonasme!!!). Ici, on oublie le coté musicalité = festivité car on est plus dans brutalité = fisticité. Le titre fait encore plus mal que le premier.
Millions of millions: On reste dans un titre brutal, plus musical mais plus death encore, ce death que les années 90 offraient. Le titre est varié dans les rythmiques, avec des passages presque mélodique (mais pas mélodique tapette hein, cela s'entend). Il y a des phases très intense qui déboitent sévère, idéales pour se démembrer secouer le corps joyeusement. Les cervicales vont morfler avec lui!
War to gods: Une introduction mélodieuse commence le morceau pendant 20 secondes avant que commencent les hostilités. Ici, il y a des réminiscences black point honteuse, associé à des éléments death très efficace. Ben ouais, on peut parler de black death ici (même si le coté death domine mais les lignes de guitares qui sonnent black défoncent en règle), avec un titre vraiment très structuré qui distille une brutalité de bout en bout, au travers de différents segments offrant une efficacité redoutable. Des fulgurances jaillissent parfois, pures trouvailles pour mettre en lumière la virulence du morceau. Le morceau est le plus long avec ses 5'30'', offrant au groupe la possibilité de se lâcher.
Black jack: Le titre le plus sombre de l'Ep est ici. On oublie les fulgurances et autres accélérations bestiales. Ici, la violence est dans une certaine lenteur (non sans de brefs passages très intenses) assumée, un mid-tempo pas dégueux. Comme je l'ai dit, c'est très sombre, jusque dans les structures mélodiques, offrant ainsi une autre facette de Warkult.
Un des liens de tous les titres que je ne peux pas passer sous silence est le chant. Berdoune envoie du lourd avec un chant qui a un spectre assez large, passant du thrash au death, en faisant un détour par des choses plus alambiqué comme l'indus ou le black, quand il se fâche sévèrement. Il racle large mais racle bien et surtout, efficacement. Il n'est pas là pour faire de la figuration et participe aisément à la charge qu'offre Warkult.
Un très bon Ep pour découvrir un groupe au gros potentiel qui doit vraiment buter en live!

THE LUMP 'Pimple popper'

2017 THE LUMP - Ep

Haaaaaa, la Bretagne, sa mer, ses plages, Rennes et sa rue de la soif (Saint Michel) et... Et ça: The Lump. Un combo de slam death au chant bien guttural formé en 2015 et qui nous balance un premier Ep de malades mentaux (oui, parce qu'ils sont quand même 5 dedans...). 4 titres dont un faux qui est en fait une intro pour nous ouvrir les portes de leur monde assez dégueux, il faut bien le reconnaître.
Ici point de death ultra rapide mais plutôt posé où la violence se concentre dans le chant, ultra guttural et un rythme assez tranquille mais lancinant, un peu comme si une migraine persistait quinze jours avec une douleur au pied dû à un piège à loup, jeté innocemment juste avant le pas...
Même si le rythme est tranquille, le groupe n'en joue pas moins la hargne par une certaine lourdeur et un son assez caractéristique qui n'est pas sans évoquer les groupes découlant de Mortician (même si le son est là moins gras mais le lien semble présent) et de la scène gore d'alors.
Ok, c'est peut-être lent mais non sans une dextérité certaine, avec des titres assez longs quand même (entre 4 et 6 minutes) qui permettent d’aménager quelques fulgurances excitées. Mais cette lenteur, qui installe une certaine lourdeur est essentielle à l'esprit gravé sur la rondelle.
C'est poétique, à sa façon et ça regorge quand même d'intérêts, assez loin de ce qui se fait plus habituellement (du moins pour ceux qui fréquentent un death plus accessible). Car ici, mine de rien, on a un hommage en règle à la scène gore et death underground avec des titres joyeux et profonds, comme, au hasard, 'Pus in pussy'.
Le chant est très sympa, entre le guttural et l'éructé. Très profond (le chanteur doit avoir une gorge abyssale...), celui marque son empreinte dans la musique, lui donnant une part de son identité. Et l'ensemble fait mouche, en ce qui me concerne (puisque ça me renvoie directe à moult disque de ma discothèques). Très bonne découverte que je conseille aux aficionados de l'extrême.

dimanche 18 mars 2018

MINDLAG PROJECT 'Clinamen'

2017 Batcat Records - CD Avec Ellie Promotion

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Voici ce que j'appellerais un bien mystérieux mystère: un groupe qui ne m'évoque pas la moindre chose alors que le groupe existe depuis 1999 (bordel de merde! Déjà!), est de Vitrolles et dispose déjà de quelques productions (3 Ep et un album, en plus de celui-ci) dans les poches.
Musicalement... Bien c'est chaud avec ce groupe. Ça m'évoque des groupes comme l'esprit du Clan, Black Bomb A mais avec un coté death assez présent, d'autres influences diffuses et semblent donc régurgiter une sorte de metalcore avec les couilles du Géant vert. Ce qui est clair, c'est que ça avoine sévère et ne fais pas dans la tendresse (ou alors pour attendrir la viande, après l'avoir roué de coups?).
9 titres composent l'album qui ne fait pas dans dentelle et va à l'essentiel: poutrer, poutrer et poutrer mamie. Le chant, en français, est très agressif genre vraiment pas content mais avec une angine en prime (ce qui doit l'énerver encore plus...). Et bordel, qu'ils sont tous énervés!
La musique, comme dit plus haut, est assez dense du fait des influences qui transpirent et se dissolvent dedans. Même si l'ensemble est assez énergique (le contraire me parait improbable), il y a une certaine noirceur qui ressort, pour amplifier la violence que dégage le groupe. Et cela explique en partie le titre de l'album Clinamen (allez chercher la signification, c'est intéressant.). Alors, il y a très clairement un concept derrière tout ça, à mon avis.
L'album dure 29 minutes de folie que l'on ne voit pas passer. Parce oui, ça bastonne sévère papy et mamie mais ça le fait de manière structurée et de diverses manières avec un même but: défoncer.
Une certaine colère domine l'album, ce qui n'est pas déplaisant, renforçant un certain malaise qui dégouline des enceintes, histoire de bien te faire comprendre que non, ici ce n'est pas pour rigoler.
J'en reste à mon idée de metalcore, à défaut de trouver un terme plus abouti. Et le fait de quelques voix claires ici et là me confortent dans mon idée. Mais le groupe ne fait pas comme tout les groupes qui abusent des voix claires. ici, c'est juste une touche ici et là car la domination se fait par la voix agressive et chargée.
Même si la violence domine, le groupe n'hésite pas à balancer des moments plus posés mais qui participe aussi à la noirceur de la chose. On est vraiment dans une exploration des tréfonds de l'humain, de ce qu'il peut y avoir de plus noir. Et putain de merde, comment j'ai pu passer à coté d'un groupe qui a cette vision des choses et de la musique? Une putain de bonne découverte qui envoie la sauce, la saucière, le service de vaisselle et la table dans ta gueule. Ecouter donc cette sorte d'ovni!

ANTAGONISM 'Thrashocalypse'

2018 ANTAGONISM - CD avec Ellie Promotion

Ce qui est bien avec Ellie promotion, c'est la possibilité de faire de grands écarts musicaux. Et donc après de la délicatesse, on change de registre avec Antagonism et une vision du thrash qu'elle est bien.
D'abord, une mise au point: ici, on va parler de thrash tel qu'il était au début, avec des groupes comme Havok, Megadeath, Slayer... On parle de vieux thrash mais du gros thrash aussi.
Les petits jeunes nous offre un premier EP qui démarre fort avec un 'LxOxT' qui annonce la couleur très rapidement. Des groupes prestigieux ont dû bercer nos jeunes garnement à entendre ce qu'il nous offre.
Les 6 titres de la galettes sont très variés (attention, rien de mauvais la dedans, bien au contraire) et savent utiliser les règles du thrash comme un astrophysicien les équations à 70 inconnues. Les titres sont assez rapides, avec vraiment ce qui est caractéristique du thrash. On retrouve cet esprit typique mais avec un son bien actuel, assez gras (et ça aussi, c'est cool). Descentes de manches succèdent au remontées des dit manches, avec une rythmique implacable soutenue.
La voix est intéressante car elle est assez particulière mais colle vraiment à la musique que les gars s'arrachent des tripes. Des moments plus calmes succèdent à des sections rythmiques idéales pour se déboîter les cervicales. Même si il y a une ambiance bon enfant qui se dégage du disque, le groupe n'est pas là pour rigoler, faut pas déconner quand même (quoique...).
Les parties les plus marquantes sont clairement celles où les groupe se lâche complètement et que l'on sent que oui, ils se font plaisir!
La mélodie qui ouvre 'Speed hammer' me renvoie perpétuellement au groupe Zephyrous (black, groupe grec hélas disparu...) et son titre 'The serpent race'. Ecouter les deux, c'est juste bluffant comment un groupe peut, avec une mélodie renvoyer à un autre, à l'opposé. Et s'éloigner de ça pour offrir sans doute le titre le plus bulldozer de l'EP. Tout est dans le titre me direz-vous. Et c'est une putain de claque, pour se foutre sur la gueule en se pétant les cervicales.
Les garnements clôturent l'album avec une reprise efficace de Havok 'Point of no return', qui doit être clairement une de leurs influences.
Un premier EP qui donne vraiment faim et qu'on leur souhaite le meilleur!


CARMYN 'Sophomore'

2018 Autoproduction- CD Avec Ellie Promotion


Avec une voix gutturale, dire Carmyn pourrait faire death. Mais bon, en voyant la photo, vous vous doutez bien que ce ne sera pas le cas (sauf si... sauf si la dame cache bien son jeu...). Mais bon, comme c'est une honnête femme, elle ne le cache pas.
La dame, d'origine grecque, nous offre en offrande sa voix sur support physique. Et en même temps, une sorte de voyage temporel, ancré en 2018. Parce que oui, ça me fait vraiment cet effet. Je m'expliquerais plus loin.
Alors, là encore, on est loin de ce que j'écoute. Mais la dame nous offre 9 titres avec sa voix posée dessus et nous offre quelque chose quelque part entre Bon Jovi (le coté sirupeux), Bonnie Tyler et Pat Benatar (pour la voix) et tout ça, ça titille la fibre nostalgique des quadragénaires ou de ceux s'en rapprochant. Les autres, soit ça ne leur parle pas, soit ils ont une culture plus large.
Bon, les titres ne sont pas dans un registre soutenu mais offre une bonne voie pop rock, lorgnant vers les années 80, le son en bien plus riche. Point de titre vraiment catchy, ici Carmyn nous offre une vision posée de ce qu'elle est. Mais cela n'empêche pas les titres d'être réfléchis, la musique assez aboutie et le tout portant sa voix légèrement rauque (d'où cette impression entre Pat Benatar et Bonnie Tyler).
Ce qui marque aussi cet aspect nostalgique est l'utilisation des solos de guitare qui participent à ce voyage temporel pas cher, sans partir de chez toi. Pratique, avouons le.
Ce qui transpire pas mal dans l'ensemble, c'est une certaine mélancolie (mais là, pas d'aspect vraiment triste) qui touche toujours à cet aspect nostalgique. Je ne sais pas pourquoi mais c'est surement l'ensemble qui fait que ça prend et que l'on est capté par le disque (idéal d'ailleurs pour faire de la route).
La dame s'avère douée pour nous tenir, malgré le fait que les titres sont vraiment dans un tempo pépère (ce qui n'empêche pas de dégager une certaine énergie, ce qui est presque un paradoxe...). Cela dit, un titre comme 'Do me when you love me' est assez accrocheur, le coté rock y étant bien présent, sans non plus aller trop dedans. Un contraste subtil qui permet de mieux saisir la démarche de la dame et ce qu'elle est capable d'offrir, musicalement et vocalement.
Le dernier titre est une version Richard Clayderman du cinquième titre, 'Goodbye'. Oui, Clayderman car entièrement au piano, juste avec la voix de Carmyn. Dépouillé certes mais au moins, on peut vraiment porter son attention sur la voix (et accessoirement, admiré le jeu de Carmyn car c'est elle qui fait courir ses doigts sur l'voire des touches.
 On est vraiment loin du métal mais quelque part, il y a un lien ténu, peut-être dans l'essence même du disque, au cœur de ses entrailles ou tout simplement parce que Carmyn s'est fait plaisir et que ça vient du cœur. Et c'est peut-être là l'essentiel: savourer un disque, juste parce qu'il est différent mais fait avec l'âme. ceux qui sont ouverts d'esprit devraient tenter ce disque, ne serait que pour la voix assez accrocheuse de Carmyn.
Une très bonne surprise, qui offre une pause dans la barbarie environnante.

mardi 6 mars 2018

BEREFT OF LIGHT 'Hoinar'

2017 Loud Rage Music

                               Bereft of Light - Hoinar

Quoique qu'est-ce donc que ça? Ceci est Bereft of Light, un one man band mené par Daniel Neagoe, un roumain comme le son les gars de Negura Bunget, ce qui nous donne un bon point de départ.
L'album de 5 titres s'ouvre sur un Uitare de toute beauté, très loin du black metal, allant vers d'autres contrées, très aérienne, puisant son émotion dans les sensations de la nature et plaçant d'emblée les atmosphères en priorité sur l'album, partageant cet aspect avec Negura Bunget. Mais là où ces derniers sont plus dans un registre dark/pagan lié à un black atmosphérique.
Ici, dès le second titre (préparez vous à des titres longs, oscillant entre 6'10'' et 13 minutes), le style de base embraye direct: black metal. Bon ça va faire cliché, mais les black proposé est assez furieux, rapide, en total opposition au premier titre. Mais ce que l'on a dans le premier titre, on le retrouve dans beaucoup de passages qui explorent la trame amorcée avec le premier. Le black de Bereft of Light dégage aussi de la mélancolie, beaucoup et une certaine colère triste, que l'on retrouve plus dans un chant parfois plaintif, collant à merveille au coté sombre du morceau. Les presque 13 minutes de ce titre sont constitué de différentes phases qu'il n'est pas possible d'appréhender isolément, le coté atmosphérique et émotionnel opposé aux phases sombres sont inextricables les unes des autres.
La nature est une source d'inspiration pour le gars, les éléments dominants étant la pluie (et du coup, ceci engendre une certaine mélancolie), que Daniel fusionne avec des passages de guitare acoustique seule, sans la moindre once de faire sourire (mais dégageant une certaine plénitude). Et le bougre aime bien opposer ces phases assez reposantes aux frasques agressives de son black, même si un titre comme Pustiu n'est qu'un intermède où domine cette plénitude mélancolique, en total contraste avec le précédent titre dont je n'écrira pas le nom car il y a des lettres bizarres.
Freamant, renoue avec le coté black, mais toujours avec ce truc que donne Daniel. Mais au lieu de privilégier une approche brute, il choisit un angle plus posé où la violence est plus du coté du chant, particulièrement désincarné. ici pas de tempo rapide, rien de tout ça mais quelque chose de plus sombre. Et pour jouer encore plus sur les contrastes, il va même se laisser à un chant clair, offrant une ouverture vers autre chose qu'un simple black metal atmosphérique. Dans ce titre, le temps est un des éléments clé pour le savourer et le comprendre.
Târziu est a l'esprit de Freamant à son début. Mais dès la minute atteinte, le black reprend le controle, plus violent que sur le précèdent titre mais toujours avec cette mélancolie et cette colère triste qui pointe son nez. On retrouve alors le chant classique du black mais sans non plus être dans une course de vitesse. La encore, la notion de gestion du temps semble une composante de l'album. Car même si une certaine violence se fait pressante, elle n'est pas la clé de l'essence de cet album. C'est une idée qu'il exploite de bien belle manière, sans non plus tomber dans un black mou du gland.
Un bien bon album de black mais qui là encore rentre dans la catégorie de ceux qui peuvent aller au-delà du black. Et ça, c'est cool.

dimanche 4 mars 2018

ORIFICE '... better than sex!!!'

2009 REDRUM RECORDS - CD

Après un bon repas, rien ne vaut un peu de poésie, venant d'Italie. Orifice est un one man band où le type fait tout. Et avec un nom comme ça, vous vous doutez sûrement dans quel registre sévit le bougre. Un bon gros porngrind des familles, idéal à un baptême ou une communion (pour la rendre plus festive). Ce qui est dommage, c'est que le gars a jeté l'éponge après...
D'entrée de jeu, ce qui est remarqué (hors la cover des plus délicates et vous ne voyez pas l'esthétisme des inserts...) est le son, vraiment massif et point dégueulasse, même si le gars entretien un son rugueux pour l'esprit du genre, quand même.
Il nous offre donc 10 titres pour presque une demi-heure de symphonie gutturale, chanté dans la langue de Bud Spencer, avec la même finesse ce qui est un poil embêtant pour capter la profondeur des paroles pour deux titres. Attention, alerte spoiler!! Bon, ça tourne autour du cul et du sexe. Les autres sont dans la langue de Shakespeare, en moins fin sûrement et aborde des thèmes plus... ha non, du cul et du sexe.
Alors oui, il est à noter, pour les fans de metal symphonique égarés ici que c'est bourrin, ça ne fait pas dans la dentelle et le cadavre de mamie en prend pas mal pour son intégrité. Point de fioriture ici, c'est fait pour défoncer l'auditeur, dans la joie et la brutalité et ce, jusqu'au cou.
Les 10 titres offrent néanmoins une variété et ne se ressemblent pas, ce qui est plutôt sympa. Bon il ne faut pas chercher un niveau trop élevé quand même mais le gars se débrouille bien et nous en fout plein les oreilles, avec des riffs parfois assez positifs (comprenez qu'ils foutent la pêche).
La voix fait dans le registre guttural vomitif, offrant de petites rugosités pas dégueulasses et ainsi donne une petite variation dans le chant, parfois, un instant, presque scandé. Mais toujours dans cette optique gore. Remarque, ça évoque aussi le nom du projet, Orifice, avec ce coté caverneux...
Vu le registre, obligation de quelques samples valant le détour (surtout en été, en écoutant cet album dans ta voiture, vitre baissée et assez fort, pour observer le regards des gens découvrant autre chose de plus... piquant.
Une chose sympa est l'utilisation parcimonieuse de clavier, donnant à l'ensemble, lors de l'utilisation, un coté aérien, une sorte de heavengrind (ouais, c'est nouveau comme registre), mais pas trop, faut pas déconner de trop non plus. Les titres s'avèrent assez prenant pour certain et l'un d'eux est un hommage à une grande dame du cinéma pour adultes, Cytherea (et non pour la déesse du même nom...).
Dans le genre, c'est un bon album que tout amateur averti d'extrême croustillant devrait écouter.

KANTICA 'Reborn in esthetics'

2018 Revalve Records

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Ha, voilà mon premier promo que je chronique, les fameux promos par téléchargement. Partant du principe que la structure qui me bombarde de promos prend le temps quand même de le faire (oui, même si c'est sûrement automatisé) et que dans le tout, il y aura du très croustillant. Alors bon, pour celui-ci, on va essayer de faire simple. Et aussi court car j'ai un problème avec ce genre de style, le metal symphonique / power metal (mais pas comme Helloween, non.): ça m'emmerde prodigieusement musicalement. Et donc rester cool.
Kantica est un groupe italien qui signe ici son premier album. Alors, Epica, Nightwish Within temptation... tout ces groupes et les 34000 autres que je ne connais pas, c'est assez similaire pour moi.
Kantica est mené au chant par Chiara Manese, mise en avant sur les photos (je me demande bien pourquoi...). L'album nous offre 10 titres et une intro instrumentale, pour 49 minutes approximativement de musique.
Les amateurs du style devraient trouver leur compte, les titres étant fidèles aux codes du genres (que je ne vais pas détailler). Je mentirais si je disais que les titres sont les même, il y a quand même des différences notables mais putain que c'est chiant. Impossible d'écouter la chose en entier, ça me passe au-dessus de la tête, genre 3 km plus haut.
Alors il y a pleins de solo, une batterie épique (et pas collé-gram), du clavier en veux-tu en voilà (orgie de clavier parfois... pervers!!). Le chant est entre lyrique et symphonique, comme on l'apprend à l'école du style qu'affectionne le groupe.
La production est très correcte, même si pour entendre le clavier lors des passages types prévus dans le contrat de licence du style, la batterie est mise un peu en retrait. Voilà.
Pour ceux qui aiment ça. Sinon pour les autres, passer votre chemin.

AU-DESSUS 'End of chapter'

2017 Les Acteurs de l'ombre Production - CD digipack qui claque sa mère

Ha, la Lituanie et ses heu... paysages? Je ne sais pas. En tout cas, signé sur les Acteurs de l'ombre, ce groupe totalement inconnu par mes soins m'a attiré aussi bien par le nom que par la cover fortement inhabituelle dans la sphère métal, allant foutrement loin dans une certaine idée de l'esthétisme et collant bien à l'univers musical que nous dépeint le quatuor aux patronymes que ma langue est incapable de prononcer ou en écorchant les noms.
Cet album a aussi la bonne idée de porté en guise de titres des chiffres romains, de VI à XI avec l'exception de XII: END OF CHAPTER.
Lors de l'introduction du disque dans le logement prévu à la lecteur du-dit support suivant le terminal musical choisi, on est prit directement dans la particularité du groupe. La base est indéniablement du black, pas de doute à avoir mais le groupe se démarque fortement par l'adjonction de divers courant qui enrichissent la musique que le groupe nous offre.
Dès les premiers instant de VI, on est embarqué dans ce qui est plus apparenté à un voyage dans un monde émotionnelle qu'un simple album. Et l'on comprend très vite que le black n'est qu'un substrat pour proposer une musique que certains qualifié de post black (pourquoi pas...) mais qui, à mon avis, est bien plus complexe que ça et qui offrira dans un futur des groupes qui feront clairement évoluer ce style.
On y ressent plus la musique, le groupe explorant vraiment des atmosphères et de l'émotion, certes pas très festif (putain, c'est quand même du black, hein, faut ps déconner), parfois foutrement plus sombre. Mais en faisant dans la subtilité et la finesse, ce qui n'empêche pas non plus des passages vraiment bourrins. Et pour ce faire, les titres sont vraiment longs pour la plupart, pas en dessous des 6 minutes.
Pour offrir cette palette de ressentis, le groupe mêle sludge, hardcore et autre variations musicales qu'ils intègrent à la génétique de leur musique. Ouais, on est plus proche de manipulation génétique musicale que de simples morceaux quelconques.
Le chant aussi s'adapte à cette façon de faire. Bien que le chant typique black domine, un chant clair très aérien intervient ponctuellement, donnant une autre dimension au morceau dans un passage qui explose les limites que l'on peut se faire du black.
Un titre m'interpelle assez, c'est IX. Il m'est impossible de ne pas faire un lien avec Glorior Belli, groupe français qui mêle black metal et sonorité sudiste, blues. Et la trame de IX est exactement dans cet esprit, mais avec une mélange black plus virulent, offrant un titre furieux et sombre, nous menant parfois dans des bas-fonds pas trop fréquentables. Et c'est exactement ça que j'aime justement dans le black: soit un truc bourrin bien intense soit quelque chose de plus subtil qui va au-delà de la façon que l'on conçoit le black, suivant notre vision personnelle et notre conditionnement à ce style.
Au-dessus, en prenant l'angle d'aller au-delà du black nous offre donc une vision différente du black, sans renier ce style mais en le menant vers d'autres sphères, ouvrant des horizons sur des futurs qui s'avèrent riches. Et cet aspect est très simplement prouvé par le titre X.
X est une intro lancinante, assez lourde, au riff hypnotique qui laisse se développer une colère sourde sur près de 10 minutes, alternant déboitage en règle et passages plus posés mais toujours avec une part de ténèbres et une résignation à une colère contenue. Impression renforcée par le chant qui prend une tournure plus lente, très sombre. X est aussi un morceau complexe de par sa structure en différentes parties nous emmenant vers des recoins inattendus. Et toujours en privilégiant l'émotionnel, de part ces mêmes structures.
Je ne connaissais pas et j'ai tenté. Et bien m'en a pris. Un excellent album, très complexe, qui élève le black metal et lui ouvre des perspectives futures très intéressantes.